‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 58 sur 107 · III. — Dracnosric · texte numérisé non relu

III. — Dracnosric

L'amaigrissement, la fréquence des mictions et la douleur qui les accompagne constituent les signes initiaux les plus évidents. Les renseignements obtenus aidént au diagnostic; dans la plupart des cas, les symptômes sont observés peu de temps après le part, chez des vaches qui ont présenté quelque accident consécutif (rétention du placenta, traumatismes du vagin, catarrhe utérin.…..).

Un peu plus tard, on note la coloration brune ou rougeâtre de l’urine et la présence de petits flocons blanc sale, qui se déposent lentement au fond des vases. L’exploration rectale décèle l’hypertrophie et la sensibilité du rein, ainsi que les altérations, parfois considérables, de l’uretère correspondant. Lors d’envahissement du rein droit, le taxis extérieur, au niveau du flanc, provoque la voussure de la région et l'animal cherche

à fuir le contact (Hess).

La maladie ne peut être confondue qu'avec la cystite, avec les diverses formes d’hématurie et avec la tuberculose du rein. Un diagnostic précis est toujours possible par l'examen bactériologique de l'urine. Le liquide recueilli dans une éprouvette laisse déposer un sédiment floconneux, composé presque exclusivement par des amas de bacilles, faciles à mettre en évidence et à différencier après coloration par le Gram ou le Weigert.

Etiologie. — Etude expérimentale.

Modes de l'infection. — Le bacille pénètre par les voies urinaires

externes; l’envahissement s'opère de proche en proche, par une culture

dans les couches superficielles de la muqueuse de l’urètre, de la vessie, de l’uretère et du bassinet. L’infection initiale de l’urètre est consécutive à des traumatismes des parties voisines et l’on s'explique l’apparition des accidents après la parturition. Il résulte des observations de Hess que les plaies du vagin constituent l’une des causes prédisposantes les plus efficientes. Les catarrhes de la muqueuse, dus à la rétention du placenta, les abcès dans les parois de la vulve et du vagin ont la même influence. Les lésions locales sont plus rares chez le mâle; dans un cas

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observé par Hess, chez un taureau de sept mois, il existait une plaie ulcéreuse sur le prépuce. |

Le bacille est à coup sûr un microbe banal, répandu sur les sols ou contenu dans les déjections intestinales. La contagion ne se produit en aucun cas, bien que les bactéries soient rejetées en abondance avec l'urine. |

L'infection gagne de proche en proche toute la muqueuse urétrale, provoquant une inflammation catarrhale, peu grave chez la femelle en raison du court trajet du canal. La vessie est atteinte à son tour; une cystite évolue, exprimée par les troubles de la miction. L'extension s’épère ensuite à l’un des uretères, l’autre restant indemne pendant un temps plus ou moins long; les parois enflammées sont transformées en un épais manchon fibreux. La muqueuse du bassinet et celle des calices subissent des modifications analogues. Des lésions congestives de retentissement sont observées dans le rein, dès que les bacilles gagnent les canaux urinaires et gênent l’excrétion de l’urine. Les altérations s’accusent de plus en plus, tandis que les bacilles pénètrent plus profondément dans le parenchyme et qu'ils obstruent les tubes; la sclérose s’étend enfin à toutes les régions. Les bacilles ne pénètrent pas dans le parenchyme; on les trouve à la surface et dans les couches superficielles de la muqueuse. |

Une complication assez ordinaire est liée à l’obstruction de l’uretère en un point quelconque de son trajet; l'urine, accumulée dans le tronçon “central et dans le bassinet, provoque l’hydronéphrose avec ses conséquences habituelles.

Des microbes de la suppuration pénètrent en quelques cas jusque dans le rein, én suivant les mêmes étapes que le bacille spécifique; on trouve des foyers purulents dans les calices et dans les parties voisines.

Étude expérimentale. — La transmission au bœuf a été réalisée par “Hôflich, par l’inoculation directe de la culture dans les voies urinaires. Hess et Guillebeau n’ont eu que des résultats négatifs en inoculant l'urine ou des cultures pures à la chèvre, au bœuf, à la vache et au cheval, dans les veines, sous la peau et dans l’urètre.

L’inoculation sous-cutanée, intra-péritonéale ou intra-veineuse ne produit aucun effet chez la souris, le cobaye, le lapin. La pénétration dans la chambre antérieure de l'œil, chez le lapin, détermine une iritis qui disparaît après une semaine environ.

Traitement. — Prophylaxie.

La maladie n’est reconnue qu’à une période avancée, alors que le rein est envahi et le traitement ne peut donner aucun résultat. Il est indiqué de sacrifier le malade dès que le diagnostic est établi.

Les indications prophylactiques sont facilement prévues .d’ après les

TRAITEMENT. ——) PROPHELAEIESS 399

circonstances étiogéniques de l'infection. On doit pratiquer des irrigations fréquentes de la cavité du vagin lors d'accidents consécutifs à la parturition, rétention du placenta, catarrhe utérin, traumatisme. Les

plaies de la région seront irriguées, plusieurs fois par jour, avec des solutions antiseptiques. Même en l'absence de lésions sur la muqueuse

génitale, il est indiqué de placer les animaux sur des litières fraîches et de tenir la région de la vulve dans un état de propreté constante.

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