‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 86 sur 107 · PIROPLASMOSES · texte numérisé non relu

PIROPLASMOSES

L'inoculation de sang parasité dans le tissu conjonclif sous-cutané a les mêmes effets; il ne se produit pas de réaction locale; les premiers symptômes apparaissent après 6 à 10 jours; on a une maladie mortelle, à évolution rapide, ou des formes atténuées suivant le nombre des parasites introduits et la réceptivité des sujets. Il faut injecter 5 à 10 c. c. pour tuer à coup sûr; mais des doses de 1/10 et 1/20 de c..c. sont parfois suffisantes (Lignières).

Des procédés analogues sont réalisés dans la contagion naturelle. Les piroplasmes déposés en nombre suffisant dans les multiples morsures des tiques implantées assurent l’évolution.

L'inoculation intra-musculaire de sang virulent a les mêmes conséquences que le dépôt dans le tissu conjonctif.

Les voies digestives sont réfractaires; l’ingestion de sang ou de viscères virulents reste toujours sans résultat.

La transmission est inconstante après la pénétration dans les

séreuses (plèvre et péritoine), le poumon et le cerveau.

L'injection dans les veines est le procédé le plus certain; elle assure la transmission en séries indéfinies ; avec 10 c. c. de sang, Lignières arrive à tuer ainsi en # à 5 jours; la mort survient quelques heures après les premiers symptômes.

Pathogénie. — Les premières phases de l'invasion piroplasmique sont peu connues. Les parasites arrivent dans les vaisseaux par des voies indéterminées; ils circulent librement d’abord, puis ils pénètrent dans les hématies. L'attaque et l'invasion du ARS rouge s’opèrent sans doute dans les fins capillaires ; en ces points, la circulation est très ralentie, les globules comprimés et déformés, offrent une proie plus facile aux parasites. L'examen direct démontre la richesse exceptionnelle du sang des capillaires en piroplasmes; presque tous ou tous les globules sont parasités dans les capillaires de la rate, du rein, de la muqueuse intestinale et surtout du cerveau.

Au contraire, le sang des gros vaisseaux renferme toujours une

forte proportion d'hématies intactes et quelques parasites libres.

L'invasion du globule a pour conséquence son altération immédiate et sa destruction consécutive.

L'hématie détruite laisse dans le sang de l’hémoglobine dissoute et des débris de la substance globulaire. Dans les formes bénignes, l’'hémoglobine libérée est transformée en totalité dans l'organisme et l’on ne constate pas d’hémoglobinurie; au contraire, l’hémoglobine, dissoute en abondance dans les formes graves, est évacuée en partie par l'urine.

PIROPLASMOSE DU BŒUF. 991

La destruction globulaire s’opère avec une extrême rapidité dans les formes graves. Souvent, le nombre des globules rouges diminue de 1 à 2 millions dans les 24 heures qui suivent l'hyperthermie du début et de 4 et 5 millions dans les 24 heures suivantes. Dans un cas, Lignières voit le nombre des globules tomber de 8 200 000 à 1 800 000 le premier jour et à 51 000 le lendemain, quelques heures avant la mort.

L’altération est moins rapide et moins complète dans les formes bénignes. Le taux descend à 4 et 3 millions, avec des oseillations étendues; l’hémoglobine dissoute est transformée et éliminée sans passer en nature dans l'urine. Les variations dans le taux globulaire sont expliquées par une abondante néoformation, parallèle à la destruction; la réparation peut être assez active pour compenser, à certains moments, les pertes subies.

Les symptômes généraux apparaissent dès les premiers stades de l'invasion globulaire et leur pathogénie est incertaine. L'hypothèse d’une intoxication par les produits de désintégration des hématies est controuvée par le moment de leur manifestation; on peut les attribuer à des poisons sécrétés par les parasites ou à la thrombose des capillaires dans les centres nerveux.

L'hémoglobinémie précède toujours l’hémoglobinurie; elle persiste pendant quelques jours après la disparition de celle-ci. Le sérum a une teinte qui varie du rose au rouge foncé. Pendant la crise aiguë, le sang défibriné est foncé; une couche inférieure, rouge violacé, se forme très vite, tandis que le sérum coloré surnage. |

L’urine renferme une forte proportion d'hémoglobine au cours de l’évolution aiguë. L’albuminurie est constante (1 à 4 grammes par litre en moyenne); elle existe dans les formes bénignes, non hémoglobinuriques.

Les diverses lésions sont dues à dès thromboses capillaires par les globules parasités; ceux-ci paraissent perdre leur flexibilité et se comporter dans les vaisseaux comme des corps étrangers (Smith et Kilborne). Les embolies se produisent de préférence dans les fins capillaires du cerveau, de la rate, du rein, de la muqueuse digestive, du myocarde... R

Le sang du fœtus ne contient jamais de piroplasmes; mais les lésions d'intoxication sont constantes dans les formes graves. Le péricarde, la plèvre et le péritoine renferment un liquide rouge; les reins sont mous et foncés: le foie est congestionné et friable, le liquide de l’amnios a une teinte vineuse.

Page 1