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pour être assuré de la chute des tiques hébergées équivaut à la prohibition. L'examen du bétail et la recherche des parasites est illusoire; il est impossible de découvrir des larves dont le volume ne dépasse pas celui d’une tête d’épingle. Les bains donnent de meilleurs résultats et ils ont élé largement employés aux États- Unis ; mais 1ls soulèvent de grosses difficultés d'application et ils n'assurent point une destruction complète et certaine des tiques (1).
Le bétail infecté reste, en somme, dangereux dans toutes les con- ditions; la prohibition des importations suspectes constitue la seule mesure sanitaire efficace.
$ 2. — PIROPLASMOSE DU MOUTON
Historique. — En 1892, Babes (2) démontre la présence constante d'un parasite endoglobulaire chez les moutons affectés d'une forme : d'hémoglobinurie enzootique en Roumanie. « L'hématococcus du mouton, tout en étant très rapproché de celui du bœuf, montre quelques diffé-
rences en ce qui concerne la morphologie, la localisation et la marche ©
de la maladie qu'il provoque ».
Bonome (3) étudie la même affection dans la campagne de PE il rapproche le parasite de celui de l’hémoglobinurie du bœuf et propose de le dénommer Amæbo-sporidium polyphagum.
Laveran et Nicolle étudient les hématozoaires recueillis au cours d’une petite épizootie dans les environs de Constantinople.
Parasitologie (4). — Dans le sang, les parasites (Piroplasma ovis; Starcovici) sont toujours peu nombreux; en général, chaque globule infecté ne renferme qu'un parasite, arrondi ou ovalaire, mesurant 1 u à 11/2 de diamètre; les parasites associés par deux dans un même globule sont piriformes, avec une légère excavation des faces opposées (Motas). « Lorsque la coloration est bien faite (5), on distingue, dans chaque élément parasitaire, un caryosome arrondi ou allongé, coloré en rouge violet ; le protoplasme est coloré en bleu. Le caryosome est situé en général à la périphérie.
(1) Voir à ce sujet : NôrGAARD. Dipping cattle for destruction of ticks. U, $, ! Departm. of agriculture, 12% and 13" Reports of the Bureau of animal industry for 1895 and 1896. Washington, 1897, p. 119.
(2) BABes. L'étiologie d’une enzootie des moutons dénommée Carceag en Roumanie, C. R: de l’Académie des sciences, t. CXV, 1892, p. 359.
(3) Bonome. Ueber parasitire Ictero- MORE der Schafe. Ein Beitrag zum Studium der Amôübo- Sporidien. Archiv für pathol. Anatomie, 1895, t. CXXXIX, p. 1.
(4) LAVERAN et Nicozce. Hématozoaires endoglobulaires du mouton. GC. R. de la Société de biologie, 1899, p. 800.
(©) Employer le procédé de Laveran, sur le sang desséché ou les frottis de rate; les éléments, très petits, se voient difficilement dans le sang frais (V. la. technique, p. 536).
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« On trouve des éléments parasitaires libres, en petit nombre par rapport aux éléments endoglobulaires. Les parasites ne sont jamais pigmentés. Certains éléments endoglobulaires ou libres sont manifestement en voie de division ; le caryosome s'allonge, puis se divise en deux parties qui deviennent indépendantes; le protoplasme se divise à son tour.
« Dans le frottis de rate, les éléments parasitaires sont beaucoup plus nombreux que dans le sang de la grande circulation; ils se Poe sentent d’ailleurs sous les mêmes aspects; il est à noter cleriont qu'on trouve dans la rate des parasites un peu plus grands que dans le sang (mais ne dépassant pas 2 4 de diamètre) et que les formes en voie de division y sont plus communes que dans le sang de la HE circulation. » (Laveran et Nicolle.)
Epidémiologie. — La piroplasmose du mouton n’est reconnue avec certitude que sur quelques points, mais il est probable qu'elle sévit en de nombreuses régions.
En Roumanie, le « carceag » cause des pertes considérables, en certaines années, dans les vallées marécageuses du bas Danube, qui hébergent des centaines de milliers de moutons indigènes ou importés de la Transylvanie.
En Italie, plusieurs épizooties sont observées dans les environs de Padoue (Bonome); la maladie sévit aussi dans la campagne de Rome (Koch). La présence de l'affection en Turquie est démontrée par les observations de Nicolle. :
La piroplasmose est signalée en France (Indre) par Leblanc et Savigné (1); elle sévit pendant plusieurs années dans un même troupeau, sous une forme enzootique (2).
Étude clinique (5).
SyMPpTÔMESs. — Le début est brusque; il est marqué par de la fièvre, avec frissons, abattement et inappétence complète. Le malade reste
(1) D’après Moussu, les auteurs « paraissent avoir confondu l’hémoglobinurie toxique de la maladie des pulpes avec l’hémoglobinurie parasitaire de la piroplasmose ». Le travail renferme cependant une affirmation très «netse de la présence des parasites et une description suffisante de ceux-ci.
LEBLANC et SAviGNÉ. Sur l'hémoglobinémie du mouton. Journal de médecine vétérin., 14899, p. 105. — Moussu. Traité des maladies du bélail, 1902, p. 418.
(2) Des « plasmodies » endoglobulaires sont trouvées par Robertson dans la « fièvre catarrhale » du mouton, la « snottziekte » des Boers, observée au Transvaal et caractérisée par un écoulement nasal persistant. La preuve du rôle pathogène des parasites n’est point apportée toutefois.
Hurcueon. Malarial catarrhal fever of sheep. The veterinary Record, t. si 1902, p. 629.
(3) Les descriptions cliniques données jusqu'ici sont très incomplètes. Nous résumons les indications fournies par Babes et par Bonome.
560 . PIROPLASMOSES.
couché; la respiration est pénible et plaintive. Après 1 ou 2 jours, il se produit de l'ictère ; les selles sont hémorragiques et diarrhéiques; parfois, mais rarement, l’urime est colorée en rouge brun par l'hémoglobine.
La mort est précédée d’une période de collapsus, avec abaissement de la température vers 55-51°. L'évolution est complète en 2 à 3 jours; la guérison se produit dans la moitié des cas environ, après une convalescence de plusieurs semaines.
Lésions. — Le tissu conjonctif sous-cutané et le médiastin sont infiltrés par un liquide jaune. Le sang est aqueux, rosé. Les muscles sont pâles, flasques et œdématiés; tous les ganglions sont tuméfiés. Les . muqueuses du pharynx, dela caillette et des intestins sont congestionnées et parfois hémorragiques. La foie est petit, mou, jaunâtre. La rate, un peu tuméfiée, renferme une pulpe lie de vin; ses follicules sont .très apparents. Les reins sont mous et friables; il existe de la néphrite parenchymateuse, avec réplétion des tubes par des coagula fibrineux et accumulation de leucocytes autour des vaisseaux.
Dracnosric. — L’hémoglobinurie et l’ictère chez certains malades, la ‘rapidité de l’évolution et le caractère enzootique des accidents précisent le diagnostic. La piroplasmose ne pourrait être confondue qu'avec certaines intoxications alimentaires (pulpes, tourteaux).
Les lésions ne ressemblent en rien à celles de la fièvre charbonneuse. La recherche des parasites, dans le frottis de rate ou de foie, assure le diagnostic.
Étiologie. — Étude expérimentale.
On peut prévoir que l’étiologie de la piroplasmose du mouton est analogue à celle de la piroplasmose du bœuf; mais l’on ne possède que peu de documents à cet égard.
= Motas a réussi à transmettre la maladie en déposant, sur la toison de moutons sains, des tiques prélevées sur des agneaux malades (Communication inédite). -
D’après Babes, « les agneaux ne prennent pas la maladie. » Motas a constaté, au contraire, que les agneaux de 3 à 4 mois sont très sensibles
au carceag; un troupeau ne perd qne 2 ou 53 moutons âgés de plus :
d’un an, tandis que plus de 80 agneaux succombent. « Les moutons indigènes sont. plus résistants que ceux qui arrivent des régions indemnes. » (Babes, Motas).
L'étude expérimentale est à peine ébauchée. Babes obtient l'infection de 2 moutons sur # par l’inoculation (?) du sang de la rate (10 grammes); il se produit, le 9 et le 10° jour, de la fièvre, de l'abattement et les parasites sont trouvés dans les globules rouges. Laveran et Nicolle injectent, dans les veines d’un mouton de 6 mois, 1 c. c. de pulpe splénique diluée, provenant d’un mouton fortement infecté; les hématozoaires ne se
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montrent pas dans le sang et aucun symptôme n’est observé. « Les souris et les lapins inoculés avec le sang des animaux morts de la maladie ont survécu ; 2 lapins seulement ont présenté un peu de fièvre, 8 jours après naculation: » (Babes.) Motas transmet aisément la maladie, à la condition d'opérer sur des agneaux et d’inoculer par la voie veineuse plusieurs centimètres cubes de sang parasité; il constate la rigoureuse spécificité du piroplasme du mouton, qui n’est pathogène pour aucun autre mammifère.
$S 3. — PIROPLASMOSE DU CHEVAL
Historique. — La piroplasmose du cheval est sans doute décrite sous différents noms dans diverses littératures, mais il est difficile de lui rapporter à coup sûr les observations publiées.
La maladie est signalée en 1883 dans le Natal, par Wiltshire (1); elle est ensuite décrite par Hutcheon, qui l'observe dans la colonie du Cap, sous le nom de « fièvre bilieuse » du cheval.
La découverte des parasites endoglobulaires du cheval appartient à Guglielmi (2) qui publie, en 1899, une observation complète de « malaria du cheval ». L'hématozoaire est observé par Bordet et Danisz « chez un grand nombre de chevaux du Transvaal ».
Rickmann (5) trouve des plasmodies dans le sang de chevaux ayant succombé à la « horse-sickness » et il croit tout d’abord à la nature malarique de celle-ci.
Theïler (4) donne une bonne description de la maladie, bien étudiée
par lui dans l'Afrique australe. Nous empruntons à sa monographie presque tous les éléments de cette étude (5).
Parasitologie (6).— Le piroplasme du cheval (Piroplasmaequi; Laveran) est voisin de Piroplasma bigeminum ; 1l se présente sous l'aspect de petits éléments sphériques ou allongés, ovalaires, plus rarement piri-
(A) WiLcTsuiRE. Anthrax fever. Natal Almanac, 1885 (cité par Theiler).
(2) GUGLIELMI. Un caso di malaria nel cavallo. Clinica veterinaria, 1899, p. 220 Ét 229.
(5) Rickmann. Südafrikanische Pferdesterbe. Berliner thierärztl. Wochenschrift, 1902, p. 4 (avec bibliogr.).
(4) Tueicer. Die Pferde-Malaria. Thèse de Berne et Schweizer-Archiv für
Thierheilkunde, 1901, p. 253.
. (5) Il est impossible de reconnaître la piroplasmose dans les affections du Soudan décrites sous le nom de malaria ou de paludisme par les vétérinaires français. Dans les observations de Dupuy et de Pierre, l'ictère est précédé par des accidents typhoïdes; il est probable qu'il s’agit d’une infection spéciale, analogue au « typhus » observé en Abyssinie par les vétérinaires italiens.
Voir notamment : Dupuy. Malaria des chevaux algériens en Sénégambie. Recueil de médecine vétérin., 1888, p. 535 et 1889, p. 253. — PreRRE. Du paludisme chez le cheval. Bulletin de la docistà centr. de médecine vétérin., 1896, p. 148.
(6) TueiLer. Loc. cit. — LavERan. Contribution à l’élude de Piroplasma equi. C. R. de la Société de biologie, 1901, p. 585.
Nocarp et LEGLAINCHE. — 9° édit. — IT. 36