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A LA DA

(1) Edington, chargé tout récemment d’une enquête à ce sujet, croit à l'existence ancienne de la maladie, subitement exacerbée par des influences indéterminées. (?)

(2) A la suite d’une communication de Laveran et Nocard, l’Académie de médecine a émis le vœu :

« Que l'importation, en France ou dans les colonies françaises, d'animaux provenant de pays où règnent le surra, le nagana, ou d’autres maladies à trypanosomes, soit interdite ou sévèrement réglementée. »

LavEerAN et Nocarp. Mesures prophylactiques à prendre contre les maladies à trypanosomes. Bulletin de l'Académie de médecine, t. XLVIII, 1+ juillet 1902, p. 27.

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SURRA. 987

$ {. — SURRA

Historique (1). — En 1881, l'inspecteur vétérinaire Evans (2), de l'armée anglaise de l'Inde, publie une longue étude sur une maladie commune au cheval, au mulet et au chameau, désignée par les indigènes sous le nom de « surra » (3). Il démontre la présence constante, dans le sang des malades, d’un parasite analogue à celui qui était rencontré, quelques années auparavant, dans le sang des rats, par Lewis, de Calcutta. Le parasite n’est jamais trouvé dans le sang, en dehors du surra; l'inoculation du sang parasité, sous la peau du cheval et du chien,

transmet la maladie.

Steel (4) retrouve les hématozoaires dans une épizootie qui décime les mulets du corps expéditionnaire de la Birmanie; il rapproche le parasite

du spirochète d'Obermeier et propose de désigner le surra sous le nom de « fièvre récurrente du cheval ».

Crookshank (5) étudie le parasite du surra à Londres, sur des préparations de sang de chameau, envoyées par Evans; il le rapproche des

Hæmatomonas flagellés des poissons et le confond avec ceux-ci dans le genre Trichomonas.

Le surra est encore plusieurs fois étudié par les vétérinaires anglais dans l'Inde. Gunn (6) confirme les observations antérieures, tandis que

Burke et Ranking (7) s'efforcent de rapprocher l'affection de la malaria de l’homme.

Les travaux de Lingard (8) apportent des indications nombreuses

(4) En 1901, le surra est constaté aux Philippines par le service de santé de l'armée américaine; en réponse à une demande de renseignements du département de la guerre, le « Bureau de l’industrie animale » rédige un rapport qui renferme une analyse de tous les travaux concernant le surra et un index bibliographique très complet.

SALMON et STILES. Emergency Report on Surra. Bureau of animal industry. Bulletin n° 42, Washington, 1902 (avec planches et figures).

(2) Evans. Loc. cit. et On a horse disease in India known as « surra » probably due : to a hæmatozoon. The veterinary Journal, 1881, p. 1.…., 326 et 1882, p. 97 et 181.

(3) Le mot « surra» désigne tout ce qui est corrompu. Les indigènes lappliquent, par extension, à toute maladie chronique, à terminaison fatale, r'on désignée spécialement dans le langage (Evans).

(4) STEEL. An investigalion into an obscure and fatal disease among transport mules in British Burmah, 1885.

(5) CrooksHank. flagellated Protozoa in the blood of diseased and apparently healthy animals. Journal of the R. microsc. Society, 1886, p. 915.

(6) Gunx. Equine relapsing fever in Kohat. The quaterly Journal of veterinary science in India, t. V, 1887, p. 259.

(1) Burke. The tropical diseases of the horse, 2% ed., 1888, p. 25; 5" ed., 1892, p. %. — RanxiING. À preliminary note on surra. The veterinary Journal, t. XXXII, LA p. 399.

(8) LixGarp. Report on horse surra. Bombay, 1893. — Annuals Reports of the inperial bacteriologist for 1895-1896 et 1896-1897. — Surra Report (appendices, cas cli-

et précises sur tous les points; ils renferment, avec une description clinique de la maladie, des documents sur l’histoire et l’étiologie du surra, ainsi que le compte rendu de minutieuses recherches expérimentales.

Koch (1) consacre une courte mention au surra, qu’il observe au cours d’un voyage dans l’Inde; il le croit identique au nagana d'Afrique.

Les intéressantes recherches de Rogers (2) démontrent la transmissibilité du surra par l'intermédiaire des mouches et en précisent les conditions.

Parasitologie. — Le trypanosome du surra (Trypanosoma Evansi) ressemble beaucoup à celui du rat; il s’en distingue surtout par son extrémité postérieure moins effilée; la pointe en est ordinairement émoussée et parfois comme tronquée. Il diffère du Trypanosoma Brucei en ce qu'il ne présente pas comme lui des grains chromatiques nombreux dans le segment postérieur de la partie renflée ; d'autre part, au moment où la division va s’opérer, le corps s'allonge sans s’élargir sensiblement; le parasite paraît ainsi plus élancé que celui du nagana; il est pourtant moins long, car il ne mesure guère plus de 25 à 28 u.

La division longitudinale a seule été observée jusqu'ici.

Espèces affectées. — Le surra atteint de préférence le cheval, l'âne et le mulet; mais il est signalé aussi sur le chameau, l'éléphant, le chat et le chien. Le bœuf est sur la limite de la réceptivité; il paraît être atteint sous une forme très légère et souvent méconnue.

Curry (1902) constate la maladie aux Philippines sur le kerabaw (Bubalis kerabau).

Les oiseaux et l’homme sont réfractaires.

Épidémiologie. — Les renseignements recueillis par Lingard montrent que le surra sévit, de temps immémorial, dans une grande partie de l’Asie centrale. Dans l'Inde, il est rencontré dans le Kohat, la haute Birmamie, l’île de Bombay, les provinces du nord-ouest, de Konkan, de Meerut, de Berars, de Cachar et d'Assam. On le signale aussi en Perse et vers le golfe Persique. Les dommages éprouvés sont considérables; en certaines années, les villages perdent 80 ou 90 pour 100 des chevaux et

niques, diagrammes, figures). Bombay, 1898. — Report on surra in equines, bovines, buffaloes, and canines, together with an account of experiments conducted with the Trypanosoma of rats, bandicoots, and fish. Bombay, 1899.

(1) Kocx. Reise-Berichte über Rinderpest,.… Tsetse- oder Surrakrankheit.…… Berlin,

(2) RoGers. The transmission of the Trypanosoma Evansi by horse flies.… Proceedings of the Royal Society, t. LXVIIT, 1904, p. 163.

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des mulets. Les régiments cantonnés dans les régions à surra subissent des pertes élevées et les convois laissent presque tous leurs animaux dans la traversée de certaines contrées(1). Les chameaux et les éléphants sont exposés; de 1891 à 1894, les districts de Shutra-Khäna et de Gangu Risald perdent 740 chameaux; en 1895, la compagnie Bombay-Burmah perd 24 éléphants, représentant une valeur de 112 000 francs (2).

En 1901, la maladie est découverte aux Philippines, dans l'île de Luzon, occupée par les troupes américaines; elle paraît avoir été importée depuis peu de temps (3).

En 1902, le surra tue un grand nombre de chevaux et de bœufs sur différents points de l'ile Maurice. IL semble que la contagion ait été importée par des bœufs provenant de l'Inde.

Étude clinique.

Î. — SymprTômes (4).

a) Gheval et mulet. — Les premiers signes n'ont rien de particulier ; la peau est chaude; il existe un peu de fièvre; l'appétit est diminué,; la marche est pénible et trébuchante. Dès ce moment apparait une urticaire, localisée ou généralisée, qui présente une grande importance pour le diagnostic. Le sang, d'apparence normale, renferme, dans la majorité des cas, des trypanosomes faciles à déceler. Si le parasite n’est pas touvé dans le sang pendant quelques jours, les accidents précités sont seuls observés en général et disparaissent bientôt.

En d'autres cas, les symptômes s’aggravent; l'animal est abattu;

(4) Les premières observations d'Evans sont faites dans le 5° régiment de cavalerie du Punjab qui perd 532 chevaux de 1878 à 1881; pendant le même temps, le 5° régiment, cantonné à Arsene, perd 550 chevaux.

(2) En 1886, Blanchard observe au Tonkin (Hong-hoa), sur les mulets d’une batterie d'artillerie, une maladie à trypanosome qui ressemble au surra; peut-être s'agit-il de l'infection étudiée par Carougeau à Nha-Trang.

BLANcHARD. Étude sur une maladie spéciale des mulets importés au Tonkin pour le service de l'armée... Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1888, p. 694.

(3) Les premiers résultats de l’enquête sur l’origine de la maladie tendent à montrer qu’elle a été importée en Chine par les troupes anglaises de l’Inde, puis rapportée de là par les troupes américaines envoyées directement aux Philippines. D’après une autre opinion, le surra serait Connu dans l’archipel depuis plusieurs années.

Joux SLEE. Votes on a new disease of horses. American veterinary Review, t. XXV, p. 819. — Curry. Report on a parasitic disease in horses, mules, and caribao in the Philippine Islands. The veterinary Journal, t. LIV, 1902, p. 297,

(4) La description la plus complèle est donnée par LiNGarn. Report on horse surra, 1893, p. 62. Nous la reproduisons à peu près textuellement.

590 MALADIES À TRYPANOSOMES.

la peau est chaude ; la température varie entre 58°7 et 40°; le pouls est vite (56 à 64 pulsations par minute); les muqueuses sont normales, mais la conjonctive présente des ecchymoses rouge foncé, localisées de préférence sur le corps clignotant. L’appétit est diminué; les grains et les fourrages verts sont encore acceptés, tandis que les fourrages secs sont refusés. Il se produit du larmoiement et un faible écoulement nasal muqueux. Parfois, les glandes sousmaxillaires sont tuméfiées et sensibles à l'exploration. Des œdèmes se développent à l'extrémité des membres, en général entre le boulet et lejarret et gagnent ensuite le fourreau; la pression laisse une empreinte, mais ellen’est pas douloureuse. Si la fièvre coexiste avec les autres symptômes, on remarque une émaciation musculaire qui fait en quelques jours des progrès énormes. Le sang renferme peu de parasites au début de la poussée fébrile; leur nombre augmente à mesure que la température s'élève.

Après un temps variable (un à six jours), la température tombe subitement à la normale ou au-dessous de celle-ci; tous les symptômes rétrocèdent en même temps; la vivacité reparaît; l’appétit est excellent; les œdèmes se résorbent en partie; les pétéchies s’effacent; le sang ne renferme plus de parasites. L’atrophie musculaire et l’'empâtement des régions œdématiées dénoncent seuls la maladie à un examen sommaire; toutefois le pouls reste faible et filant.

L'amélioration n’est que passagère; après un à six jours, la température remonte subitement à son plus haut point; le malade est faible et somnolent. Dès le lendemain, les muqueuses sont jaunes et de larges ecchymoses rouge brun couvrent la conjonctive; le pouls est faible, filant; il existe du pouls veineux des jugulaires. La respiration est précipitée et irrégulière, de type plutôt abdominal; il se produit sept ou huit inspirations courtes, suivies d’une inspiration profonde et sonore. Les membres sont envahis par un œdème considérable qui gagne la région inguinale, puis la face inférieure de l’abdomen. Pendant toute cette période, l'appétit est conservé ou exagéré et les fonctions digestives s’opèrent normalement. L’urine est presque toujours albumineuse. Le sang renferme à nouveau des hématozoaires qui disparaissent encore dès que la fièvre vient à cesser.

Les périodes fébriles et apyrétiques alternent ainsi pendant plusieurs mois. La marche de la maladie varie suivant chaque sujet; mais, en tous les cas, chaque nouvel accès marque un degré de plus dans la gravité des symptômes. La teinte jaune des muqueuses

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est augmentée; de nouvelles pétéchies couvrent la conjonctive; un amas de matière gélatineuse s’accumule à l'angle interne de l'œil et prend une couleur rouge par son mélange avec du sang; l'examen y révèle les hématozoaires. Les œdèmes gagnent la région de l’ars et la face inférieure du thorax. L'atrophie musculaire progresse; elle affecte surtout les muscles des machoires, de la hanche et de la fesse.

Dans une dernière période, il se produit une parésie croissante du train postérieur; la marche est difficile; l'animal vacille et tombe. Ce symptôme parait dû à la compression de la moelle par un exsudat déposé dans les méninges (Lingard). Souvent, les battements du cœur deviennent d’une violence extrême peu avant la mort; un bruit sourd est perçu à distance. En quelques cas, la mort survient subitement; en d’autres, l’émaciation et la faiblesse sont telles que le malade s’affaisse et meurt après une courte agonie. En d’autres cas enfin, le cheval tombe et manifeste une douleur aiguë; il se débat avec violence ; des sueurs couvrent le corps; la respiration est dyspnéique; parfois, il se produit des rémissions, puis l'agitation recommence et persiste jusqu’à la mort (1).

Dans les formes aiguës, la mort paraît due à la fièvre intense et continue; dans les formes chroniques, elle résulte d'un arrêt du cœur, de la formation d’un caillot intra-ventriculaire ou encore d’une perforation de l'estomac.

La durée de l’évolution est très variable: le terme le plus ordinaire est compris entre 45 et60 jours (2). Les formes suraiguës sont exceptionnelles ; la marche lente typique est retrouvée dans

(1) En outre de ces signes habituels, divers accidents sont signalés. On mentionne ainsi des hémorragies dans la chambre antérieure de l’œil, l'opacité de la cornée dans les dernières LISE des pétéchies et des ulcères sur la pituitaire, des épistaxis.

Des altérations de la muqueuse génitale sont souvent relevées; elles présentent un certain intérêt quant à la comparaison du surra et de la dourine :

« Si l’on écarte les lèvres de la vulve, dit Evans, on voit que la muqueuse du vagin est nettement jaune, avec des pétéchies encore plus marquées que dans l'œil.» — « La présence de pétéchies très nettes sur la vulve des juments est un indice du surra.…. Une effusion séreuse n’est pas rare sur la vulve des juments. » (Lingard.) — « En réalité, il existe toujours dans cette maladie un faible écoulement rouge brun par la vulve; il persiste après l'attaque. Une altération correspondante est observée chez le mâle qui montre de fréquentes érections du pénis, dues à une excitation de la moelle, mais peut-être aussi à la formation de caillots dans le tissu érectile, qui reste volumineux et tendu après les crises, ou encore à des embolies vasculaires. » (Steel.)

() Burke prétend que certaines formes fhént en 1 à 2 semaines au plus; Evans admet un délai moyen de 45 jours; d’après Pease, la survie est d’un mois ou plus dans presque tous les cas; Gunn donne une durée moyenne de 52 jours.

592 MALADIES À TRYPANOSOMES.

96 pour 100 des cas. La mort est la terminaison constante, à moins d'un traitement approprié.

Des complications diverses sont observées. La pneumonie et l'emphysème du poumon sont les plus fréquentes. La pleurésie est plus rare.

En quelques cas, la mort se produit subitement, dès le début de l’évolution, par die cérébrale.

b) Chameau. — Les symptômes correspondent de tous As à ce que l’on observe chez le cheval. Des périodes fébriles, traduites par des symptômes généraux graves, alternent avec des rémissions assez longues. La température s'élève jusqu'à 41 degrés pendant les accès. L’anémie et l’amaigrissement font des progrès constants; le malade est réduit à l’état squelettique et cependant l'appétit est conservé presque toujours. Des œdèmes se développent sous le thorax et sous le ventre, dans les régions du fourreau ou des mamelles ; ils sont envahis par des abcès qui renferment une quantité énorme de pus, épais et crémeux.

La mort n'est pas fatale : une faible proportion des malades résistent pendant longtemps et finissent par guérir (1).

ILE LEÉSIONS

Le cadavre est amaigri et émacié à un degré extrême. Tous les tissus sont pâles, infiltrés par une sérosité gélatineuse. Leur teinte est souvent jaunâtre. La décoloration des tissus, l’émaciation mus- ‘culaire et un épanchement séreux dans l’abdomen constituent parfois les seules altérations.

Les muscles atrophiés sont jaunâtres et lavés, ou rouge foncé dans le cas de mort par asphyxie. Le tissu conjonctif sous-cutané et intermusculaire est le siège d’une infiltration gélatineuse. Les os sont colorés en jaune.

La muqueuse buccale est jaune; elle porte quelquefois, au niveau de la langue, de petites plaies d'apparence ulcéreuse, dues à une desquamation épithéliale.

La muqueuse du cul-de-sac gauche de l'estomac est congestionnée et parfois ulcérée (2). L’intestin est couvert d’ecchymoses,

(1) Les chameliers hindous croient que la guérison n’est complète qu'après trois années, d’où le nom populaire de « maladie de trois ans » donné au surra du chameau.

(2) Steel trouve des ulcérations dans les trois quarts des cas. Burke les donne

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SURRA. 593

congestionné dans toutes ses parties dans les formes aiguës ou en des zones limitées dans les formes chroniques. Le foie est seulement congestionné. La rate est tuméfiée si la mort survient pendant une période fébrile et pendant une invasion parasitaire; elle est normale ou affaissée si on l’examine quelque temps après l'accès ; la capsule montre des ecchymoses rouge brique; le tissu est ferme et de couleur normale. Les reins sont pâles, ecchymosés à la surface; il existe des lésions de néphrite parenchymateuse diffuse; l’urine est albumineuse; elle renferme une proportion très variable d’hémoglobine et de pigments biliaires. Le péritoine contient un transsudat séreux ou gélatineux jaune.

Les poumons sont souvent perméables dans toutes les parties ; les lobules sont entourés par un exsudat gélatineux qui infiltre le tissu conjoncüf; l'aspect rappelle celui du poumon péripneumonique. En quelques cas, on rencontre des foyers de pneumonie, localisés à un seul poumon et répartis sous la plèvre, en des points

» très variables; parfois aussi, les lésions affectent la forme d’une broncho-pneumonie disséminée. La muqueuse de la trachée est congestionnée et couverte de mucus. La plèvre ecchymosée renferme un transsudat séreux peu abondant, ou, par exception, un exsudat inflammatoire. |

Le péricarde contient un peu de liquide séreux, ambré ou orange. La base du cœur est ecchymosée et recouverte d’un dépôt gélatineux. Le myocarde est souvent pâle et friable. Les cavités droites dilatées logent des caillots de couleur et de consistance variables, suivant les conditions de la mort.

Les méninges cérébrales sont normales ; le cerveau et le cervelet sont pâles; il existe souvent de l’hydropisie des ventricules latéraux. En certains cas, le canal rachidien renferme un excès de liquide; en d’autres, des masses gélatineuses sont accumulées dans les régions dorsale et lombaire.

comme fréquentes dans l’épizootie sur les mulets de transport en Birmanie. Gurn ne les rencontre en aucun cas et les lésions qu'il décrit sont d’origine parasitaire. Lingard n’observe que 2 cas d’ulcère et il les croit dus à des parasites; la congestion de la muqueuse est signalée dans 5 cas de surra naturel, 9 de surra inoculé et dans 2 cas de surra de la chèvre. Evans apporte au contraire une affirmation formelle : « I am of the opinion that in all cases of death from chronic surra; or in animals that have been destroyed after the disease has been in existence for some time, that ulceration of the stomach, more or less extensive, will be seen post mortem ». | 20)

Nocarp et LECLAINCHE. — 5° éd. — IT. 5$

594 MALADIES A TRYPANOSOMES.

HP" DrAGNOSTIC:

L'’anémie, la fièvre intermittente, la coloration des muqueuses et l’'émaciation rapide, coïncidant avec la conservation ou l’exagération de l'appétit, constituent un syndrome caractéristique.

Le diagnostic peut toujours être assuré, pendant les accès fébriles, par l'examen du sang. « Les périodes de rémission de la fièvre variant de un à six Jours, il est indiqué de pratiquer des examens quotidiens, pendant dix jours. Si le résultat de ces épreuves est négatif, on peut éliminer le surra. On doit faire chaque fois plusieurs préparations, pour être assuré qu’il n'existe pas de parasites. Ceux-ci peuvent être assez rares et on ne trouvera qu’un seul trypanosome dans deux ou trois préparations : il en est ainsi surtout au commencement ou à la fin d’un long paroxysme, au cours du surra chronique. » (Lingard.)

Étiologie. — Étude expérimentale.

Matières virulentes. — Les trypanosomes sont présents dans le sang pendant les accès fébriles; la virulence est d'autant plus marquée que les parasites sont plus nombreux. Les sérosités renferment aussi les hématozoaires ; Lingard démontre la virulence du liquide céphalo-rachidien et des sérosités péricardique et péritonéale. La bile ne contient jamais de parasites. L’urine n’est pas virulente (Geo. Evans).

Réceptivité. — Le cheval et le mulet sont surtout frappés. L’âne résiste beaucoup mieux. Les chevaux d’origine étrangère (australiens) sont plus exposés que les indigènes. L'influence de l’âge est mal établie ; les statistiques tendent à prouver que le jeune âge est peu favorable à l’évolution. Les animaux de robe blanche ou grise sont bien plus souvent affectés que ceux de robe foncée. Une première atteinte ne paraît pas conférer l’immunité (V. Immunisation).

Le bœuf et le buffle sont peu sensibles au surra ; l’évolution accidentelle est exprimée chez eux par des symptômes passagers peu graves et elle ne laisse aucune trace. Le bison indien (gaur) y échappe tout à fait, bien qu'il vive en permanence dans la jungle (Evans). |

La maladie est transmise par inoculation au mouton, à la chèvre,

SURRA. 995

au lapin, au cobaye, au rat gris (Mus decumanus), au rat musqué (Nesokia providens) et aux singes.

Les oiseaux, les reptiles, les amphibies et les poissons paraissent réfractaires.

Modes de l'infection. — a) Le surra est transmis d’un animal à

un autre par l'intermédiaire d'insectes armés (1) et notamment du taon des tropiques (Tabanus tropicus).

Lingard (1890) démontre la présence fréquente des trypanosomes dans le sang et dans les liquides organiques des mouches recueillies sur des chevaux ou des chiens affectés. 11 recherche les parasites dans les pays à surra, à la fois pendant la saison chaude, où l’affection est très rare et au début de la saison des pluies où elle est commune; de très nombreux spécimens, appartenant à plusieurs espèces de diptères et de tiques, sont examinés sans que les parasites puissent être décelés.

Les expériences de Rogers (2) démontrent le rôle des mouches dans le transport et l’inoculation du trypanosome. Le taon qui vient de piquer un animal infecté transmet la maladie s'il est porté sur un animal sain; la transmission ne s'opère plus s'il s’est écoulé plus d’un jour entre les deux piqûres ; aucun stage d’évolution du parasite ne s'effectue dans les tissus de la mouche.

Le rôle de simple véhicule dévolu aux insectes rend admissible l'intervention de diverses espèces. Tous les insectes armés pourront réaliser l’inoculation et la transmission esl à craindre sous toutes les latitudes. D’après Curry, le surra serait répandu aux Philippines par Stomoxys calcitrans; il trouve plusieurs fois des trypanosomes sur le rostre et dans l'estomac des insectes.

. D'autres intermédiaires ont été soupçonnés : Lingard croit à la contagion par les corbeaux, qui déchirent les cadavres et vont souvent se percher sur le dos des animaux en liberté. La transmission directe par souillure d’une surface absorbante est sans doute réalisée en quelques circonstances et par divers procédés.

b) Il n’est pas prouvé que le surra procède en tous les cas de la contagion, directe ou indirecte, et si la théorie de la transmission

() Les indigènes des districts à surra, dit Evans, croient à l'intervention d’une mouche appelée Bhura-dhang. D’après Ets, le bœuf et l’âne ne souffrent pas de la piqûre ; l'homme présente une tuméfaction douloureuse; le cheval et le chameau prennent la maladie mortelle dite £hanhog, -doaia ou surra, d’après sa gravité.

(2) Rocers. The transmission of the Trypanosoma Evansi by horse flies, and other experiments pointing to the probable identity of surra of India and nagana or tsetse-fly disease of Africa. Proceedings of the Royal Society, t. LXVIIT, 1901, p. 165.

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