LUE
596 MALADIES A TRYPANOSOMES.
par les mouches s'accorde avec les données de l'observation elle laisse inexpliquées nombre de parlicularités. Nous ne savons rien de l’évolution du trypanosome et 1l est admissible que celui-ci passe certaines phases chez des hôtes insoupçonnés ou dans le milieu extérieur. Lingard, et avec lui tous les observateurs, admettent comme certaine une relation entre l'apparition du surra et certaines conditions climatériques. L'affection est exceptionnelle pendant la saison chaude, bien que les mouches soient présentes ; elle éclate en juillet et en août, peu après le début de la saison des pluies. La distribution géographique de la maladie démontre qu'elle sévit de préférence dans les localités basses et humides, sur les rives des rivières ou des canaux, surtout après les inondations. Les fourrages verts provenant des mêmes localités sont réputés dangereux; des observations précises tendent à démontrer la nocivité de certaines eaux.
Sans doute, ces influences peuvent être interprétées en faveur de la transmission par les mouches. Les larves de taons se développent dans les sols humides et dans les eaux; elles sont déposées à la surface des herbes et peuvent être transportées avec elles. Cependant les incertitudes de l'étiogénie sont évidentes et il est possible que l’inoculation par les insectes représente seulement l’un des procédés de l'infection.
Modes de la pénétration du virus. — L'inoculation d'une
trace de sang virulent, par effraction de la peau ou des muqueuses, assure l’évolution chez les animaux très sensibles. L'inoculation sous-cutanée a les mêmes conséquences. Chez le cheval, on voit, après 24 heures, une petite tumeur au point de pénétration; après 48 heures, la région est tendue, douloureuse et ædémateuse; les symptômes locaux s’aggravent encore pendant quelques jours, puis restent stationnaires et disparaissent en 10 à 14 jours. La fièvre débute subitement, 2 à 6 jours après l’inoculation; dès le lendemain, on constate, avec les symptômes généraux habituels, des pétéchies sur la conjonctive, du larmoiement, un léger jetage muqueux et des œdèmes à l'extrémité des membres et au fourreau. L'évolution est ensuite identique à celle de la maladie accidentelle ; la mort arrive après un nombre de paroxysmes variable suivant la qualité du virus introduit et la résistance du sujet. | |
Les voies digestives sont favorables à la pénétration, si l'on fait ingérer une dose massive de sang virulent. Dans une expérience
mors à ra
SURRA. | SCA !
d'Evans un cheval qui ingère 20 onces de sang frais est infecté le sixième jour. Les ingestions répétées de petites quantités de sang dilué dans l’eau (1/2 à 2 ec. c.) sont sans effet chez un cheval; le même animal recoit ensuite 13 c. c. de sang dilué : les hématozoaires apparaissent dans le sang 75 jours plus tard. (?) (Lingard.) Dans les expériences de Rogers, les rats résistent à l'ingestion de sang virulent; ils succombent si le museau est écorché, grâce à une inoculation directe par la plaie. On peut supposer que les résultats positifs observés chez le cheval sont dus à une pénétration par la peau ou la muqueuse des premières voies digestives.
L'inection intra-veineuse de sang frais est le moyen le plus sûr de la transmission; les parasiles sont trouvés dans le sang 5 à 6 Jours après.
Pathogénie. — Les procédés de l’envahissement sont à peu près indéterminés. Après l’inoculation sous-cutanée, le parasite paraît cultiver sur place, déterminant un œdème chaud dans la région. Les trypanosomes n'apparaissent dans le sang qu'après un temps variable suivant les espèces et suivant la quantité ét l'énergie du virus. D'après les recherches de Lingard{t), la période d’incubation est d'autant plus courte que le produit injecté est plus riche en parasites ; le sang prélevé sur l’animal vivant, pendant un accès, est plus actif que le sang recueilli sur le cadavre. Chez le cheval inoculé dans les veines ou sous la peau, avec 1/10 de c. c.à 5 c. c. de sang, les hématozoaires se montrent dans le sang après 4 à 7 jours. La période d’incubation approximative, dans les mêmes conditions, est de 7 jours chez le taureau et chez la chèvre, 5 à 9 Jours chez le lapin, 9 à 12 jours chez le cobaye, 1 à 2 jours chez le rat
(Mus decumanus), 2 à 5 jours chez le rat musqué (Nesokia providens).
Les pullulations successives des parasites laissent des altérations persistantes qui semblent devoir être rapportées à une intoxication de certains éléments; mais la pathogénie des accidents est tout à fait inconnue à l'heure actuelle (2).
Immunisation. — D'après les observations recueillies, une
a) LinGarp. Report on horse surra, 1895, p. 55. 3 (2) La bile des malades détruit les trypanosomes en 5 minutes dans une dilution à 40 p. 100; elle est inactive en dilution à 6 p. 100 (Schilling). II est à prévoir qu'il s’agit, comme pour le nagana, d’une propriété toxique indépendante de l’évolution et que la bile des animaux sains exerce Ja mêrne action. (V. NAGANA; Pathogénie).
598 MALADIES A TRYPANOSOMES.
première atteinte de surra, guérie après traitement, ne confère pas l’immunité. Lingard cite l'exemple d’un cheval réinfecté 12 mois après sa guérison et succombant à cette seconde attaque.
Les recherches récentes de Lingard (1901) sur la préparation d’un sérum immunisant n'ont pas donné jusqu'ici de résultats utilisables. Rost, qui avait employé le sérum de chèvre avec avantage, déclare ensuite (1) que la méthode est insuffisante.
Traitement.
De toutes les médications utilisées, l’arsenic seul s’est montré efficace (2). On prescrit l'acide arsénieux à doses croissantes : on débute par 30 centigr., matin et soir, pendant 2 jours; on élève ensuite la dose de 5 centigr. tous les deux jours, jusqu’à 50 centigr. Cette dose est continuée pendant 7 Jours, puis réduite de 5 à 10 centigr. chaque jour, suivant l’état du malade, jusqu’à 25 centigr. On reprend le traitement après un repos de 2 jours, et ainsi de suite jusqu'à la guérison. On suspend la médication dès que des signes d'intoxication se manifestent, pour la reprendre après quelques jours (3).
Le traitement est complété par une alimentation abondante et choisie, de courtes promenades et le massage des engorgements.
Prophylaxie.
a) Les seules indications précises tendent à éviter l’inoculation par les mouches.
Les méthodes générales de préservation contre les mouches sont ainsi appréciées par Osborn (4). La production de fumée dans les
(1) Rosr. Report on the possibilily of treating «surra» by injection of an antiparasitie serum. Journal of Pathology and Bacteriology, t. VII, 1901, p. 285.
(2) Tous les auteurs sont d’accord sur ce point. Lingard a expérimenté les agents préconisés ou théoriquement indiqués : «Le bichlorure de mercure, injecté sous la peau ou dans les veines, n’a aucune action; il en est de même pour l’iode et l’iodure de potassium (voies trachéale et sous-cutanée), l’iodoforme, l’essence de térébenthine (peau et veines), le bichromate de potasse, la quinine à toutes les doses, l’iodure de mercure, la santonine, la potasse. »
LiNGARD. The disease surra in solipeds and camels. The veterinary Journal, 1894, p. 174.
(3) D’après une circulaire du quartier général américain aux Philippines, les injections intra-veineuses de liqueur de Fowler se seraient montrées plus actives que la méthode de Lingard.
Rapporté par SALMON et Srices. Loc. cit., p. 94.
(4) OSBoRx. Insects affecting domestic animals; U. S. Department of Agricult., Div. Entomol., Bulletin n° 5, p. 155.
STATE eee de ltfr,
D or
SURRA. 599
prairies et dans le voisinage des habitations est un moyen efficace pour éloigner les mouches; mais il n’est utilisable que sous certaines conditions. Un second procédé consiste à enduire les animaux de substances propres à repousser les insectes; les décoctions de feuilles de saule, de tabac ou d’autres herbes sont sans action; les insecticides, comme la poudre de pyrèthre, le sulfure de carbone. n’éloignent les mouches que pour une ou deux heures au plus. |
Les meilleurs préservatifs sont les corps gras, huiles ou graisses ; les applications doivent être renouvelées deux fois par Jour, l'odeur protectrice ayant disparu après 5 ou 6 heures. L'huile de goudron peut être adoptée; on dépose du goudron de houille dans un bassin qui est rempli d'eau additionnée d'une petite quantité d'huile de goudron ou de térébenthine; les animaux sont enduits aussi souvent qu’il est nécessaire.
Dans les écuries, le dégagement de vapeurs ammoniacales est très efficace (1).
Les méthodes de prévention essayées dans l’Inde n'ont pas donné de résultat. Les indications fournies comportaient notamment : l'emploi d’une eau de boisson bouillie, la proscription des fourrages verts et des feuilles pendant la saison dangereuse, le musellement pendant le séjour dans les prairies, l’isolement des malades, la destruction des cadavres (2).
b) L’importation du surra est toujours à craindre. L'histoire de
la maladie paraît démontrer que son aire géographique n’a cessé de
s'étendre (3)et que des convois infectés apportent la contagion! dans des régions indemnes. L'introduction récente de la maladie aux Philippines et à Maurice prouve les dangers du transport à grande distance des animaux infectés et appelle des mesures de pro-
tection (4).
(4) Des mesures spéciales sont indiquées en ce qui concerne la protection des convois ou des troupes dans les régions infectées. Les précautions suivantes ont été recommandées par Salmon et Smith pour le corps d'occupation des Philippines : Rte |
4. Employer pour les transports des ânes et des bœufs. 2. Eviter l'introduction de chevaux américains. 5. Employer de préférence des animaux de robe foncée moins sujets aux attaques des mouches. 4. Isoler les malades et les protéger: contre les mouches, surtout s'ils portent des plaies (huile de goudron, huile de lin...). 5. Protéger les animaux contre les mouches, pendant la saison des pluies, par la fumée et les onctions de graisses.
(2) Lingard a expérimenté le traitement préventif par l’arsenic dans les régions exposées ; les effets de la médication ne sont pas encore connus.
(3) Un cas mortei de surra du bœuf a été constaté à la Réunion.
(4) Lavera et Nocarp. Loc. cit., p. 30.
600 MALADIES A TRYPANOSOMES.
Les États-Unis ont donné l'exemple de l'intervention en prohibant l'importation de tout animal provenant des Philippines. Si l'interdiction absolue de l'entrée d'animaux suspects rencontre de trop grosses difficultés, on peut au moins assurer la surveillance sanitaire aux ports de débarquement.
Législation. — États-Unis. Un ordre du 15 décembre 1901 prohibe l'expédition de toutes espèces d'animaux des Philippines à destination des États-Unis et des îles Havaï.
& 2. — NAGANA
Historique. — Tous les voyageurs visitant l'Afrique centrale signalent une maladie des animaux domestiques qui rend tout élevage impossible en nombre de régions et nécessite l'emploi exclusif de l'homme pour la formation des convois. Les indigènes savent qu’elle est due à la piqûre d'une mouche, la tsétsé, et elle reçoit, dans tous les dialectes, le nom de « maladie de la tsétsé »(1).
Livingstone dénonce la mouche comme l’un des plus grands obstacles à la pénétration et à l'installation des Européens dans le « continent noir ». Les relations des explorateurs apportent de nombreux documents sur la distribution géographique de l'affection et sur les modes de sa diffusion.
En 1886, Bruce(?2) étudie la « maladie de la tsétsé » dans le Zoulouland, à la requête du gouvernement du Natal. Elle est connue dans la région sous le nom de « nagana », qui lui est appliqué depuis par tous les ayteurs.(5) Bruce reconnaît la présence constante, dans le sang des malades, d’un trypanosome analogue à celui du surra. Ses constatations précisent le rôle de la tsétsé dans la transmission et celui des animaux sauvages dans la conservalion du virus.
L'étude expérimentale est continuée, en Angleterre, par Kanthack,
(1) D’après OEfele, le nagana correspondrait à la fièvre catarrhale pernicieuse mentionnée dans le papyrus de Kahoun (1796 à 1775 ans av. J.-C.). Le rôle de la tsétsé dans la transmission permet d'interpréter un passage resté douteux du texte de. Kahoun. Le hiéroglyphe de la « dent » signifie à la fois les dents, la morsure et le prurit. La seconde acception semblait la plus probable, mais on ne discernait pas le rôle de la morsure dans l’étiologie des accidents décrits. il faut conclure que les anciens Égyptiens connaissaient le rôle de la mouche et la quatrième
plaie d'Égypte, dite kinnim dans le texte hébraïque, ne serait autre chose que le:
nagana. (?)
OËrELE. Nagana vor drei- bis viertausend Jahren. Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1899, p. 355.
(2) Bruce. Preliminary report on the tsetse-fly disease or nagana, in Zululand. Durban, 1895.
(3) Le mot zoulou nagana exprime l’état d’abattement des malades.
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NAGANA. 60I
Durham et Blandford (1) qui reçoivent un chien nagané envoyé par Bruce. Leurs recherches concernent la biologie du trypanosome et les effets de l'inoculation aux diverses espèces animales. Koch(2) observe quelques cas de nagana dans l'Afrique orientale (Usambara) et signale la résistance des ânes de Massaï à l'infection naturelle ou expérimentale. Plimmer et Bradford(5) étudient la morphologie du parasite, son cycle évolutif et sa distribution dans l'organisme. Theiler(4) publie une étude générale du surra et les résultats obtenus par l’inoculation à divers animaux. Schilling (5) observe l'affection dans le Togo allemand; ses « rapports » renferment des indications sur la morphologie des hématozoaires, les suites de l'inoculation et les propriétés du sérum des immunisés.
Les travaux de Laveran et Mesnil (6) complètent l'étude DR gique du trypanosome et fournissent des données précises sur l’évolution de la maladie expérimentale chez les diverses espèces.
Parasitologie (7). — Le trypanosome du nagana (Trypanosoma Brucei) a des caractères assez nets. Il mesure, chez le cheval et chez l'âne, 28 à 55 p de longueur (y compris le flagelle) sur À & et demi à 2 y et demi de largeur; chez le rat, la souris, le cobaye, le lapin et Fe chien, la longueur est de 26 à 27 x ele ttent L’extrémité postérieure est tantôt effilée, tantôt arrondie ou en tronc de cône. Les mouvements sont vifs, mais peu étendus. On trouve souvent des formes massives, qui semblent pourvues d'une double membrane ondulante ; ce sont des parasites en voie de division. Après coloration par le procédé de Laveran , le protoplasme, teinté en bleu, montre, dans sa parlie postérieure, de nombreuses granulations plus foncées; le noyau, situé vers le tiers postérieur, est allongé et granuleux. Près de l'extrémité antérieure, le centro-
(1) KaxTHACcKk, DurHaM et BLANDFORD. On nagana or tsetse-fly disease. Proceedings of the Royal Society, t. LXIV, 1898, p. 100.
(2) Kocu. Loc. cit., p. 69.
(5) PLimmer et BrApFroRD. À preliminary note on the morphology and distribution of the organism found in the tselse fly disease. The Veterinarian, t. LXXII, 1899, p. 648.
(4) Teicer. Die Tsetse-Krankheit. Schweizer-Archiv für Thierheïlk., 1901, p. 97 et 153.
. (5) ScnizzinG. Bericht über die Surra-Krankheit der Pferde. Centralblatt für Bakteriol., t. XXX (orig.), 1901, p. 545. Zweiter Bericht über die Surra-Krankheit der Pferde und Rinder im Schutzgebiete Togo. Id., t. XXXI (orig.), 1902, p. 452.
(6) Laveran et MEsxic. Recherches morphologiques et expérimentales sur le trypanosome du nagana ou maladie de la mouche tsétsé. Annales de l’Institut Pasteur, 1902, p. 1 (avec bibliogr.). De l’évolution du nagana et de sa variabilité suivant les espèces animales. Bulletin de l’Académie de médecine, t. XLVII, 1902, p. 646.
(7) Certains points concernant la morphologie et la biologie du parasite sont encore discutés. Nous avons adopté systématiquement ici les indications données par Laverax et Mesxiz. Loc. cil., p. 11.
Pas,
602 MALADIES À TRYPANOSOMES.
some arrondi est fortement coloré et souvent entouré d’une petite zone claire. Le flagelle aboutit nettement au centrosome. |
Le trypanosome se multiplie par division longitudinale (1); il grossit tout d’abord, puis la segmentation commence; elle débute ordinairement par le centrosome et la partie adjacente du flagelle et se continue par le noyau, puis par le protoplasma. Après être restés accolés pendant quelque temps les deux parasites se séparent (2).
Le phénomène de l’agglomération est observé en diverses conditions; on le provoque en additionnant le sang parasité de rat ou de souris avec un égal volume d’un sérum étranger. Les sérums de cheval et de mouton sont les plus actifs; celui de chèvre est moins favorable ; les sérums d'homme, de rat, de poule et d’oie sont indifférents. L’addition à quelques gouttes de sang riche en trypanosomes d’une goutte d’eau légèrement acidulée par l'acide acétique provoque une agglomération rapide et la déformation des éléments. Les parasites morts tendent aussi à se réunir en amas irréguliers.
Des formes d’involution se produisent si les infusoires sont placés dans des conditions de vie défavorables. L’addition au sang parasité d’un sérum étranger, le chauffage à 41° ou 42° pendant
une heure et plus, la congélation, le dépôt dans le péritoine ou
le tissu conjonctif d'animaux réfractaires (oiseaux), l'addition d’arsenic au sang de rat... déterminent ces modifications. Les trypanosomes restent immobiles ; ils se raccourcissent et se mettent en boules qui peuvent former des agglomérats. La mort survient, après un temps variable, si l'influence nocive se prolonge; le protoplasma ne se colore plus; la ligne de contour s’efface; le noyau pàlit; un peu plus tard le protoplasma et le noyau ont disparu et l’on ne voit plus que le flagelle, avec le centrosome qui forme un renflement à une extrémité.
Espèces affectées. — Le nagana affecte surtout le cheval, le mulet, l'âne, le zèbre et ses croisements avec le cheval et l'âne.
(1) Lavera et MESxIL. Sur le mode de multiplication du trypanosome du nagana. C. R. de la Société de biologie, 1901, p. 326.
(2) D’après Plimmer et Bradford, il existerait en outre une division transversale directe et une reproduction par conjugaison, avec formation de corps amiboïdes et de plasmodes; ces derniers corps donneraient, par segmentation, des éléments flagellés. Laveran et Mesnil n’ont pas retrouvé ces formes: ils tendent à admettre qu’elles sont constituées en réalité par des agglomérats de formes d'involution. Les formes attribuées à une conjugaison sont probablement la phase ultime de la segmentation longitudinale, pendant laquelle les deux éléments néoformés ne sont plus soudés que par l’extrémité postérieure.
DO De DT
NAGANA. 603
Le dromadaire etle bœuf sont aussi exposés, tandis que le mouton et la chèvre résistent assez bien.
L'homme et les oiseaux sont réfractaires.
Epidémiologie. — Le nagana sévit dans presque toute l'Afrique; mais 1l reste localisé, en général, dans les parties basses et marécageuses, sur les côtes, dans le voisinage des lacs et sur le parcours des grands fleuves.
On le signale sur les rives du Zambèse (Livingstone); il rend tout élevage impossible dans le pays bas de Gaza, entre les bouches du Limpopo et le delta du Zambèse. Les possessions anglaises et allemandes de l’est sont envahies en divers points. Koch décèle le surra au Dares-Salam et Haslam dans l’île de Mombasa(1).
Dans le sud, le surra sévissait jusqu'en ces derniers temps dans le Natal et le Transvaal.
On le retrouve au Soudan, dans le bassin du Tchad, sur les rives du Chari et de ses affluents, au Togo (Schilling), dans le Congo belge
(Scloss), dans le pays des Somalis (Brumpt) et probablement dans la Nubie et l’Abyssinie.
De nombreux terriloires ont été déjà « conquis sur la mouche » ; mais les ravages causés à l’heure actuelle sont encore considérables,
et les récits des voyageurs n'ont pas grossi sensiblement l'importance de la maladie.
Étude clinique.
a) Cheval. — La maladie débute par des symptômes généraux graves ; le malade est abattu; le poil est piqué; il existe du larmoiement et un jetage muqueux. Peu après, des œdèmes envahissent les membres, le fourreau et la partie inférieure de l’abdomen. L'appétit est conservé ; mais l’amaigrissement est très rapide.
Dans une seconde période, l'état général s'aggrave; les muscles sont émaciés. Les muqueuses sont pâles; la conjonctive et la pituitaire sont le siège d’un catarrhe purulent. Des œdèmes durs occupent les membres et la partie inférieure du tronc; le pénis, à demi érigé,
(1) D’après Stordy, les dommages causés par le nagana dans l'Afrique britannique de l’est ont été grandement exagérés.
Srorpy. Report as to the causes which tend to render the Island of Mombasa uninhabilable for horses and donkeys. The Veterinarian, t. LXXII, 1899, p. 385.
(2) On ne trouve que des indications très sommaires sur l'étude clinique de la maladie naturelle. Nous rapportons les quelques symptômes mentionnés par Bruce et par Schilling.
604 MALADIES A TRYPANOSOMES.
est entouré, au niveau du gland, par un bourrelet dur, formé par le fourreau œdématié (Schilling). L'incision donne un liquide ambré, limpide. Le sang renferme les parasites en abondance (1). La température oscille, suivant une courbe irrégulière, entre 38°2 et 40°. Vers la fin de l’évolution, l’animal est dans un état d’anémie et de cachexie extrêmes ; les muscles sont atrophiés et les déplacements deviennent impossibles ; les muqueuses sont décolorées:; ilse produit de l’æœdème de la cornée et parfois des ulcérations. Cependant l’appétit est encore conservé et le malade ne paraît pas souffrir. La mort
survient, par épuisement el par asphyxie, après une courte période
de décubitus.
b) Bœuf. — « Les symptômes généraux sont moins marqués que chez le cheval ou le chien. Le malade maigrit; les poils s’arrachent facilement; on remarque du larmoiement et un écoulement muqueux par les narines, de l’œdème du fanon et un peu de diarrhée. Les hématozoaires sont peu nombreux et difficiles à trouver dans le sang. |
La durée de l’évolution varie entre 15 jours et6 mois. La guérison est très rare. » (Bruce). |
c) Mouton et chèvre. — D'après Bruce(?2), la maladie est exprimée par des symptômes vagues d’anémie et de cachexie; elle est confondue avec d’autres maladies chroniques (Geelbek, Dikkop) et attribuée aux infestations vermineuses surajoutées.
FÉMESNLEMONS
Les lésions n'ont rien de spécial. Tous les tissus sont anémiés et infiltrés; les séreuses ecchymosées renferment un transsudat ambré ; on trouve des coagula gélatineux, jaunes ou rosés dans le tissu conjonctif sous-cutané et inter-musculaire. Les ganglions sont tuméfiés, mous, gorgés de lymphe. Les régions œdématées
laissent échapper, sur la coupe, un liquide citrin ; elles renferment …
parfois des abcès. La moelle des os est rouge el ramollie.
La rate est le plus souvent grossie, de teinte et de consistance normales. Le foie et les reins sont peu altérés. Les organes thoraciques sont indemnes.
(1) Schilling ne les trouve pas dans le liquide de l’œdème, chez le cheval examiné.
(2) Communication orale rapportée par Theiler. Loc. cit. p. 161.
NAGANA. 605
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