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III. État des réflexes

Dans toutes les 3.nesth.ésies péripJiériqKes , il y a abolition de tous les mouvements réflexes dont l'excitation initiale tombe dans la zone cutaiiée intéressée.

Dans les anesthésies centrales dues à une lésion de la substance grise de la moelle il y a également abolition des réflexes par suite de l'interruption anatomique des arcs nerveux correspondants (fig 94).

Dans les anesthésies centrales dues soit à une lésion de la substance blanche de la moelle (fig. 97), soit à une lésion du tronc cérébral ou du cerveau, il y a conservation de tous les réflexes cutanés et tendineux qui trouvent leur point de départ dans la zone cutanée anesthésiée.

Anesthésies fonctionnelles.

A côté de ces diverses formes d'anesthésie organique on peut voir survenir des anesthésies fonctionnelles ou anesthésies hystériques. Celles-ci^euvent être ou des anesthésies totales, ou des anesthésies partielles, et simuler sous ce rapport, comme sous celui de leur mode de distribution, les anesthésies organiques.

Les anesthésies hystériques étendues peuvent intéresser toute la surface cutanée, ou bien se présenter sous forme d'hémianesthésie. Dans les anesthésies limitées intéressant les membres, le mode de distribution est tout à fait particulier; la surface anesthésiée ne correspond ni à la distribution anatomique d'un ou plusieurs nerfs, ni à celle d'une ou plusieurs racines : elle se trouve limitée, c'està-dire séparée de la surface à sensibilité normale, par des lignes horizontales plus ou moins perpendiculaires à l'axe du membre.

Quel que soit le mode de distribution périphérique des anesthésies hystériques, deux caractères importants permettent de les reconnaître etT^e les di^érencier des anesthésies organiques :

1° Dans les anesthésies hystériques les réflexes sont toujours conservés, à l'exception toutefois du réflexe plantaire;

2° Dans les anesthésies hystériques on ne voit jamais survenir

— Soles lésions cutanées ni les troubles dus à l'absence de sensibilité qui sont caractéristiques des anesthésies organiques. C'est ainsi qu'une malade atteinte d'anesthésie hystérique des membres supé- - rieurs se servira de ses mains comme une personne normale, alors / que dans l'anesthésie organique tout travail manuel est devenu iml possible. Demême une personne atteinte d'anesthésie hystérique ne 1 se~Eressera pas plus qu'une personne normale, alors que dans l'anesthésie organique les malades se blessent et se brûlent sans le savoir V

Étiologie.

L'anesthésie cutanée est organique om fonctionnelle .

1^' anesthésie organique peut être due :

1° A une lésion des tej'minaisons nerveuses périphériques. Dansjces conditions l'anesthésie est toujours limitée. Elle peut être produite par congélation, par application sur la peau de liquides caustiques (acide phénique^, par injection sous-cutanée d'anesthésiques ^cocaïne, alypine, etc.), par anémie spastique des petits vaisseaux. Cette anémie est surtout fréquente aux doigts où elle peut se produire soit spontanément, soit par un séjour prolongé dans l'eau chaude (buandières).

2° A une lésion des nerfs périphériques déterminée par une cause externe (section accidentelle, rupture, écrasement ou compression très forte), ou par une cause interne : cause locale (compression ou névrite) ou cause générale intoxication ou infection provoquant une polynévrite).

3° A une maladie organique de la moelle épinière (tabès, syringomyélie, myélite, compression médullaire, etc.).

4° A une maladie organique du tronc cérébral qic du cerveau intéressant^ les voies de sensibilité ou leur zone corticale de terminaison.

U anesthésie fonctionnelle ou hystérique peut survenir spontanément, sans cause apparente. Le plus souvent elle est consécutive soit à un traumatisme physique hystéro-traumatisme), soit à un traumatisme moral.

Diagnostic.

Le diagnostic n'offre aucune difficulté surtout si l'on tient compte des considérations que nous avons fait valoir sur les causes différentes des anesthésies et sur leurs caractères différentiels.

Pronostic.

U anesthésie due à une lésion des terminaisons nerveuses est généralement transitoire et disparait avec la cause qui l'a produite.

Uanesthésie due à une lésion des nerfs est transitoire dans les simples cas de compression. Elle est définitive eiTcas^de rupture violente et

d'arrachement^u nerf. En cas de section nerveuse tout dépend de la façon dont les deux bouts vont se comporter. Si les deux bouts parviennent à se mettre en contact, le nerf peut se régénérer et la sensibilité lentement revenir dans le domaine cutané correspondant.

U anesthésie due à îin£ maladie organique de la moelle épinière ou de l'encéphale partage le sort de la lésion qui l'a produite. Si les fibres nerveuses ne sont que comprimées et que la compression cesse, l'anesthésie peut disparaître complètement. C'est ce que l'on peut voir survenir dans les cas de compression médullaire, lorsque la compression cesse avant que les fibres de sensibilité aient été interrompues anatomiquement. Si les fibres nerv^euses ont été interrompues l'anesthésie produite sera définitive.

Uanesthésie hystérique est susceptible de guérison complète comme tout autre phénomène hystérique.

LES PARESTHÉSIES.

Les paresthésies sont des troubles subjectifs de la sensibilité de nature variée, pouvant survenir dans une zone cutanée d'étendue variable et consistant en sensations de fourmillements, de picotements, de brûlure, de froid, de chaud, ou même en sensations vagues que les malades décrivent souvent comme comparables à la sensation que produirait une coulée d'eau chaude dans l'intérieur des membres.

Ces paresthésies peuvent être d'origine centrale ou d'origine périphérique.

Les paresthésies centrales s'observent fréquemment soit comme symptôme avant coureur, soit comme reliquat d'une hémiplégie, quelquefois aussi comme symptôme initial d'une crise d'épilepsie jacksonienne ou même d'épilepsie essentielle. Dans les cas de lésion de la couche optique entraînant de l'hémianesthésie accompagnée ou non d'hémiplégie, les malades se plaignent souvent d'une sensation de brûlure insupportable dans le côté anesthésié.

Les paresthésies périphériques sont le symptôme initial de la compression dun nerf. L'exemple le plus typique est celui du pied qui dort que tout le monde a ressenti, c'est-à-dire la sensation de picotement sur toute l'étendue de la plante du pied après une légère compression du nerf sciatique poplité interne dans le creux poplité, lorsqu'on est resté un certain temps avec les jambes croisées et le pied pendant.

Une forme particulière de paresthésie est celle qui peut survenir, sans cause apparente, dans les extrémités des membres supérieurs, de préférence les doigts et les mains, remontant plus ou moins

haut le long de l'avant-bras ; on la désigne sous le nom d'acroparesthésie ou paresthésie des extrémités.

Cette acroparesthésie survient généralement chez la femme. Elle a de caractéristique qu'elle survient la nuit, éveillant la malade, l'obligeant à sortir du lit et à se frotter ou à agiter les mains pendant un temps variable. Rentrée au lit la malade doit laisser les mains au-dessus des couvertures, car la chaleur augmente ou fait revenir les fourmillements. Les malades accusent en même temps une sensation de gonflement des doigts et une certaine raideur ou difficulté pour les mouvements.

L'examen objectif ne révèle rien de particulier ni du côté de la sensibilité, ni du côté de la motilité, ni du côté vasomoteur ou trophique.

La nature et la cause de cette acroparesthésie sont inconnues.

Le traitement est purement symptomatique.

Dans quelques cas la brosse faradique nous a donné des résultats incontestables.

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