‹ Les maladies nerveuses; cours professé à l'Université de LouvainChapitre 22 sur 66 · HT · texte numérisé non relu

HT

FiG. 17g.

Schéma montrant la constitution anatomique des voies réflexes reliant la rétine

aux muscles oculaires et aux muscles de la face.

•CH ; Chiasma optique.

BO : Bandelette optique dont quelques fibres se terminent dans le tubercule quadrijumeau supérieur.

FTB : Faisceau tecto-bulbaire dont les fibres se terminent dans les noyaux d'origine des nerfs oculaires (III, IV et VI) et du nerf facial (VII). GC : Ganglion ciliaire dans lequel se terminent quelques fibres du nerf III. NC : Nerf ciliaire.

la pupille ou mydriase, puisque les fibres cilio-spinales sont conservées. Or l'abolition du réflexe coïncide généralement avec un resserrement de la pupille à l'extrême amenant le myosis.

Uhypotonie musculaire peut être considérée comme la conséquence directe des lésions des racines postérieures de la moelle. On sait, en eflet, que le tonus musculaire normal n'est qu'un état d'emprunt, la traduction au dehors de l'état d'excitation des cellules de la corne antérieure de la moelle connu sous le nom de to7tus nerveux. Or ce tonus des cellules motrices est lui-même la résultante de toutes les excitations et de toutes les inhibitions qui y sout amenées par les fibres cortico-spinales, par les fibres rubro-spinales, réticulo-spinales, vestibulo-spinales et surtout par les fibres des racines postérieures. Les impulsions centripètes amenées par les fibres des

racines postérieures jouent, dans le mécanisme du tonus nerveux et du tonus musculaire, un rôle primordial. Ce qui le prouve, c'est que la section unilatérale des racines postérieures de la moelle lombo-sacrée, avec intégrité des racines antérieures, est suivie de l'atonie des muscles du membre inférieur correspondant (fig. i8o et i8i). La diminution dans l'apport des excitations centripètes, parsuite de l'atrophie d'un nombre plus ou moins considérable de fibres radiculaires postérieures, explique donc bien l'hypotonie musculaire dans le tabès.

\Jatrophie des muscles ne survient que tardivement. On l'attribue généralement à des névrites périphériques.

Uataxie doit être considérée comme la conséquence physiologique immédiate de l'abolition de la sensibilité profonde jointe à Vhypotonie des muscles. La diminution de la sensibilité cutanée ne joue dans ce phénomène qu'un rôle tout à fait secondaire. Il existe, en effet, des tabétiques atteints d'ataxie manifeste sans troubles bien apparents de la sensibilité cutanée. La diminution de la sensibilité cutanée intervient pour une part dans l'hypotonie des muscles et ainsi, indirectement, dans les phénomènes ataxiques. L'ataxie n'est, en effet, rien d'autre que l'absence de coordination lors des mouvements volontaires.

La coordination des mouvements est un phénomène très complexe. Pour qu'un mouvement un peu compliqué puisse s'exécuter normalement, il faut qu'une innervation motrice soit lancée, par le système nerveux central, dans tous les muscles qui interviennent, à quelque degré que ce soit, dans l'exécution de ce mouvement. Il faut de plus que cette innervation motrice soit exactement dosée, afin que chaque muscle reçoive la quantité d'innervation en rapport étroit avec la part qu'il prend dans le mouvement à effectuer. 11 faut plus encore : tout mouvement nécessite pour pouvoir se produire le raccourcissement des muscles actifs ou protagonistes, et le relâchement correspondant des muscles passifs ou antagonistes. A côté

FiG. i8o.

Section des racines postérieures de la patte droite. Hypotonie.

Page 1