C. Vertige labyrinthique pathologique d'origine centrale
Le vertige labyrinthique accompagne donc généralement les affections aiguës ou chroniques du labyrinthe.
Le nystagmus par lequel se traduit cliniquement le vertige accompagnant ces affections (nystagmus spontané périphérique) est toujours de courte durée.
Le vertige labyrinthique peut encore survenir dans de nombreuses affections centrales intéressant directement ou indirectement les noyaux vestibulaires et les voies nerveuses qui en proviennent. Le nystagmus qui le caractérise cliniquement (nystagmus spontané central) persiste alors longtemps sans modifications appréciables. Sa forme est variable.
On peut le voir survenir dans la maladie de Friedreich, la sclérose en plaques, la syringobulbie, les lésions vasculaires du bulbe intéressant la racine descendante du nerf vestibulaire, les tumeurs du bulbe et cela par lésion directe des voies vestibulaires.
On peut l'observer encore dans diverses affections du cervelet comprimant à distance les noyaux vestibulaires.
Dans les affections du cerveau on peut observer un nystagmus vestibulaire provoqué à distance par augmentation de tension dans les fosses occipitales inférieures. Il existe cependant un nystagmus cérébral vrai dont on ignore complètement la pathogénie. C'est ainsi que dans un cas récent de tumeur du lobe frontal droit^ sans symptômes de compression, vu que l'on avait pratiqué une large brèche osseuse dans la région frontale droite, nous avons vu survenir de la parésie dans le domaine du facial inférieur du côté gauche, avec
la déviation conjuguée des yeux et de la tête vers la droite. La malade pouvait ramener les yeux jusque dans le plan médian. A ce moment elle présentait un nystagmus vertical tout à fait typique. Quand les yeux reprenaient ou exagéraient leur position de déviation vers la droite, ils présentaient du nystagmus horizontal dont la phase brusque était dirigée vers la gauche.