‹ Les maladies nerveuses; cours professé à l'Université de LouvainChapitre 53 sur 66 · PARALYSIE AGITANTE · texte numérisé non relu

PARALYSIE AGITANTE

Étiologie.

La paralysie agitante est une maladie de l'âge mùr. débutant rarement avant l'âge de 40 ans. Elle peut cependant survenir beaucoup plus tôt. C'est ainsi que chez un de nos malades artnellement âgé de 28 ans et chez lequel le diagnostic de la maladie ne'peut laisser auc"ûn doute, l'afYecti^on a commencé vers l'âge de 24 ans. On la décrit sous le nom à^ forme juvénile.

La cause en est inconnue. Les émotions et les traumatismes paraissent iouer un rôle incontestable. Chez un de nos malades, âgé de 43 ans, la maladie a débuté quelques mois après un traumatisme violent.

Dans la forme juvénile que nous avons observée, l'affection a commencé quelque temps après une émotion profonde, la crainte inspirée par l'idée que des voleurs s'étaient introduits dans la maison de ses parents. L'hérédité n'a été signalée que dans un petit nombre de cas .

Anatomie pathologique.

La lésion anatomo-pathologique est inconnue. On a étudié successivement les muscles, les nerfs périphériques, le système nerveux central, les diverses glandes à sécrétion interne sans d écouvrir nuUepart des lésions que l'on puisse raisonnablement considérer comme la cause de la paralysie agitante. On ignore donc à la fois et la nature des lésions et leur siège. Ce qui semble prouver que la lésion doit être cérébrale c'est que, dans quelques cas de paralysie agitante compliqués d'hémiplégie, on a vu le tremblement disparaître dans le côté paralysé.

Dans ces derniers temps, en a décrit une affection particulière de nature familiale, sans être ni congénitale, ni héréditaire, survenant généralement entre l'âge de 10 et l'âge de 20 ans, caractérisée cliniquement par une hypertonie musculaire généralisée sans paralysie véritable accompagnée de mouvements involontaires survenant dans les quatre membres, quelquefois même dans le tronc et la tête. L'amplitude de ces mouvements est variable.

Le plus souvent il s'agit d'un tremblement régulier, rythmique, augmentant lors des mouvements volontaires. L'hypertonicité musculaire du début peut devenir plus tard de la contracture permanente avec rétraction fibro-tendineuse des muscles amenant les quatre membres dans une position caractéristique de flexion et d'adduction. Cette affection reconnaît pour cause un ramollissement bilatéral du noyau lenticulaire, d'où le nom de dégénérescence lenticulaire progressive, qui lui a été donné (KinnierWilson). D'après cet auteur, les voies pyramidales sont intactes, de là l'intégrité des réflexes cutanés et tendineux. Les symptômes cliniques doivent être attribués à une lésion des voies motrices extrapyramidales, très probablement la voie lenticulo-rubro-spinale.

Comme dans cette affection on rencontre essentiellement les deux S3^mptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson : le tremblement et la contracture, et que ces deux symptômes sont dus à une lésion cérébrale, on peut en déduire que plus que probablement la pathogénie de la paralysie agitante doit être rattachée à une lésion inconnue dans sa nature de l'un ou l'autre ganglion gris de la base.

Symptomatologie .

Dans le plus grand nombre des cas, la maladie se caractérise essentiellement par deux symptômes fondamentaux :

1° un tremblement particulier et

2° une hypertonie des muscles striés se traduisant cliniquement par une contracture permanente et plus ou moins généralisée .

1° Tremblement. Le tremblement peut être le symptôme initial de la maladie. Il peut occuper les quatre membres. Tl est le plus prononcé dans les muscles des extrémités des membres et s'atténue progressivement au fur et à mesure que l'on remonte vers les racines des membres. Il débute d'ordinaire dans une main pour envahir lentement le membre inférieur du côté correspon.dailt, puis les membres du côté opposé. Il est le plus constant aux membres supérieurs, surtout à la main et aux doigts où il est tout à fait caractéristique. Il consiste en oscillations rythmiques assez lentes, survenant en moyenne quatre ou cinq fois par seconde. Tantôt les doigts, en extension dans les diverses articulations phalangiennes, se meuvent en bloc dans les articulations métacarpophalangiennes, exécutant des mouvements alternatifs de flexion et d'extension d'étendue variable. D'autres fois, le tremblement prédominedans le pouce et l'indicateur, (jui frottent l'un contre l'autre comme dans l'acte de compter de l'argent ou de rouler une pilule.

Dans ces conditions, la seconde phalan.ye du pouce est en h^-perextensionsur la première, de manière que le pouce est lég^èrement concave du coté de sa face dorsale. Quelquefois, la main tout entière exécute des mouvements de flexion et d'extension, soit des mouvements de pronation et de supination. Dans les cas avancés, on voit même survenir des mouvements de flexion et d'extension de Tavant-bras sur le bras, en même temps que de légers mouvements d'abduction, d'adduction et de rotation du bras dans l'arti-

rnlatinn r\e. Vépaide.

Aux membres inférieurs, le tremblement prédomine également dans les muscles des extrémités. Il survient tout d'abord dans l'articulation tibio-tarsienne. Quand le malade est assis et que la pointe des pieds repose seule sur le sol, le tremblement se manifestepar un tapotement du talon contre le sol, plus ou moins isochrone avec le tremblement des doigts et de la main. Dans les muscles de la cuisse, il provoque des mouvements d'adduction et d'abduction, se passant dans l'articulation coxo-fémorale.

Dans les cas avancés, le tremblement peut envahir les muscles d u cou, p rovoquant des mouveme njts alternatifs de flexion et d'extension de la tète sur la colonne vertébrale. Il envahit également les muscles jie la face, amenant tantôt un mouvement d'abaissement et d'élévation de la mâchoire inférieure, tantôt un mouvement particulier des lèvres avant plus ou moins de ressemblance avec ceux qu'exécutent les enfants dans l'acte de sucer, tantôt un mouvement permanent de clignotement des paupières. Le tremblement parkinsonien peut même envahir les muscles de la j angue.

Onels qne ,^nip,rit '^Qti siège et son étendue, il présente certains caractères qui permettent facilement de le reconnaître :

1° il est d'une lenteur rpjatiyp^ pn moyenne quatre ou cinq moiiyements alternatifs par seconde ;

2° les oscillations sont toujours limitées, peu étendues;

3° elles sont invariablement les mêmes, c'est-à-dire que les mêmes mouvements se répètent pendant des journées entières;

4*^ le tremblement parkinsonien se produit au repos.

Il peut s'atténuer et même disparaître momentanément pendant un mouvement volontaire de peu de durée. Quand le mouvement vojontaire se prolon^, le tremblement revient et même s'exa^^ère. C'est ce qui rend l'écriture excessivement difficile et lui donne, nn caractère particulier tellement caractéristique ^|ue 1^ vue seule de. l'écriture peut permettre, dans un bon nombre de cas, de porter le diagnostic. ~~

T.etremblementparkinsonien existe donc principalement a?n'g/)05. Il n'est cependant pas permanent. Il présente des moments de rémission spontanée de durée variable.

'5° le tremblement est fortement influencé par les émotions. H. diminue considérablement et peut même disparaître totalement pendant le. sommeil

Le tremblement débute d'ordinaire dans une main, quelquefois dans le pouce, et peut y rester localisé pendant un temps variable. Il augmente progressivement dans le membre supérieur primitivement atteint, pour envahir ensuite le membre inférieur du même côté et puis les membres du côté opposé, ou bien il envahit d'abord les deux membres supérieurs avant de se montrer dans les membres inTérieurs. Il peut aussi exister d'abord dans les mains, la tête et la face et respecter les membres inférieurs. Un phénomène curieux qui mérite d'être relevé, c'est que si, de par sa volonté, le malade résiste au tremblement parkinsonien d'une main, on voit le tremblement surgir ou s'accentuer soit dans la main du côté opposé, soit dans les membres inférieurs.

2° Hvpertonie musculaire ou contracture. L'hypertonie musculaire esMe symptôme le plus important. Il existe presque toujours et peut constituer à lui seul toute la maladie, puisque le tremblement peut faire complètement défaut. D'ailleurs, dans un grand nombre de cas, la contracture est le symptôme initial. C'est elle d'ailleurs qui explique presque tous les symptômes secondaires de la maladie. Elle débute d'ordinaire par les muscles du tronc pour envahir ensuite progressivement tous les muscles striés du corps.

Dans les cas avancés, elle donne aux différentes parties du corps une attitude en flexion tout à fait caractéristique. La tête est flécMe sur le tronc et le dos est voûté, ce qui amène une flexion en avant de toute la partie supérieure du corps, flexion variable d'un iTTa.lade à l'autre. Les membres supérieurs prennent une position typique en flexion et adduction : les bras sont serrés contre la poitrine, les avant-bras en légère flexion sur les bras, les^ mains, rapprochées l'une de l'autre au devant du tronc, sont en légère extension sur les avant-bras, les doigts serrés l'un contre l'autre sont fléchis sur les métacarpiens, comme des baguettes rigides, par suite de l'extension des phalanges l'une sur l'autre. Le pouce est appliqué contre le bord externe de l'indicateur.

Les membres inférieurs sont légèrement fléchis dans les différentes articulations,

La face est immobile, tous les muscles semblent rigides, toute mimique est abolie. C'est un masque dans lequel il n'}^ a de vivant

que le regard. Ce qui augmente cet aspect particulier de la face, connu so"ïïne nom de faciès parkinsonien, c'est la grande rareté du clignotement des paupières. Ce faciès est tellement caractéristique qu'il perjneHûuelquefois, à lui seul, de faire le diagnostic, expression fixe du regard, traits immobiles, attitude^jaide et en flexion du tronc et des membres, tout cela donne à ces malades une apparence de statue hautement caractéristique.

La contracture musculaire se traduit cliniquement par de la raideur lors des "mouvements passits. Cette résistance que les

ilifr-^

FiG. 389.

FiG. 3go.

Attitude de parkinsonien.

segments de membre opposent aux mouvements passifs de flexion, d'extension, de pronation, de supination, etc., est un symptôme important qui peut exister seul longtemps avant le tremblement. Elle se distingue de la rigidité musculaire due à une lésion cérébrale (hémiplégie) ou médullaire (paraplégie spastique) par ce triple caractère : 1° elle ne diminue pas avec les mouvements passifs mais reste toujours identique à elle-même ; 2" elle existe sans modification aucune du côté des réflexes tendineux et cutanés; 3" elle envahit à la fois tous les muscles des différents segments de membre.

L'hypertonicité musculaire s'accompagne encore de difficulté et dé lenteur pour l'exécution des mouvements actifs et volontaires.

Au début de l'affection, la difficulté dans l'exécution des mouvements volontaires s'observe surtout pour les muscles du tronc et du cou. Ceux-ci sont tellement en contraction qu'ils semblent faire corps commun avec la colonne vertébrale, qui se meut tout d'une pièce. Cela devient surtout apparent quand le malade, pendant sa

marche, doit se retourner : il le fait avec une lenteur extrême et il le fait sur place, comme si tout son corps ne formait qu'un bloc rigide. La difficulté des mouvements volontaires s'observe d'ailleurs dans l'exécution de tous les actes un peu compliqués : se lever d'une chaise, s'asseoir, s'habiller, se déshabiller, etc.

Les mouvements s'exécutent, de plus, avec une lenteur désespérante. On dirait que les muscles, en contracture, se refusent à obéir à l'impulsion corticale. C'est surtout le début du mouvement volontaire qui s'exécute difficilement, car dès que le mouvement a

FiG. 3(ji,

I''iG. 3g2.

Attitude de parkinsonien.

commencé à se faire, il s'achève plus ou moins normalement. C'est ce que, dans les cas avancés, on peut observer très nettement pour la parole. Quand on pose une question au malade, il iaut attendre quelquefois quinze à vingt secondes avant que le premier mot de la réponse soit articulé, mais dès que ce mot a passé les lèvres, tous les autres suivent sans difficulté apparente. Ce n'est pas là un trouble cérébral, car l'intelligence est intacte et si on observe bien le malade on peut se rendre compte que la réponse à la question posée est prête aussi rapidement que dans les conditions normales. Ce qui empêche le malade d'articuler rapidement les mots qu'il veu^ prononcer, c'est le trouble musculaire dû à la contracture p réexistante que sa volonté doit vaincre avant tou t .

Un phénomène analogue peut s'observer pour la marche, surtout quand la raideur est plus ou moins généralisée. De par la contracture des musclas, le tronc se trouve plus ou moins incliné en avant sur les membres inférieurs. Quand le malade veut marcher, il commence par accentuer ce mouvement d'inclinaison du tronc en

avant et comme il lui faut un certain temps avant que les muscles des membres inférieurs obéissent à la volonté, il menace de tomber en avant, entrainé par le déplacement du centre de gravité au devant de la base de sustentation.

Survient alors le déplacement des membres inférieurs qui a pour but de ramener la base de sustentation en dessous du centre de gravité; dans les conditions normales, il suffirait d'allonger un peu le pas pour rétablir l'équilibre; chez le parkinsonien, les pas sont trop courts pour que l'équilibre se rétablisse, aussi les pas se

FiG. 3g3. FiG. 3g4.

Attitude de parkinsonien.

précipitent-ils. On assiste alors à ce spectacle étrange de voir le malade courir en avant à petits pas précipités jusquà ce qu'il rencontre un obstacle auquel il puisse s'accrocher. C'est le mouvement d'antéropulsion, surtout accentué quand la marche se fait sur un terrain en pente ou bien quand, à l'improviste, on pousse passivement par un mouvement brusque le malade en avant.

Quand ce phénomène se produit, le malade a l'air de courir après son centre de gravité, suivant l'expression consacrée. Un mouvement en arrière du même genre peut se produire quand on tire un peu brusquement le malade en arrière, de manière à ce que le centre de gravité du corps dépasse en arrière la base de sustentation. C'est le phénomène de rétropuhion. Dans quelques cas même, un mouvement analogue peut se produire dans le sens latéral [latéropitlsion).

D'après certains auteurs, ces mouvements ne seraient pas la •cons'^quence de la contraction musculaire et de la lenteur des

mouvements volontaires (|ui en est la conséfiuence; ils seraient plutôt dus à un trouble de la coordination.

Nous inclinons à donner la préférence à la première explication. En effet, un de nos malades qui présentait à un haut degré le mouvement de latéropulsion parvenait à y remédier en faisant un saut brus(|ue, comme pour ramener en une f(Ms la base de sustentation en dessous du centre de gravité. D'ailleurs, un léger degré de mouvement d'antéropulsion s'observe presque chez tous les parkinsoniens au moment où, étant assis, ils veulent se lever et marcher. Pour se lever, ils inclinent déjà le corps en avant, cette inclinaison fait (jue les premiers pas sont toujours un peu précipités juscju'à ce (]uc l'équilibre soit normal.

Quand la ri^ridité mus- C nbiiro est très prono n - Cée, les n-in]fidr^s dnvic n nent impotents. Ils sont alors forcés de irarder le

lit ou sont cloues dans un fauteuil, f Issont dans l'impossibilité absoliie ■de faire h; moindre mou vement et ils se laissent manipuler comme de véritables statues.

C'est là une situation excessivement pénible. Un de nos malades, âgé d'une soixantaine d'années, homme d'une haute intelligence et d'une activité inlassable (]ui avait eu toute sa vie comme devise (jue le corps devait obéir à l'esprit, a été ainsi cloué dans son fauteuil pendant plus de six ans, les facultés intellectuelles intactes, mais le corps refusant toute obéissance. Xon seulement on devait le nourrir, tourner les pages du livre (|u'il avait ouvert devant lui, mais la contracture permanente de ses muscles lui devenait une gêne intolérable au point (jue toutes les dix minutes on l'entendait dire à la personne (jui le soignait - je t'en prie, déplace un peu ma main droite; déplace un peu ma main gauche; mon j^icd droit; mon pied gauche -.

A côté de ces deux symptômes objectifs, hautement caractéristiques de la maladie de Parkinson, les malades se plaitj:nent encore d'hypersécrétion salivaire, ou plutôt d'écoulement de la salive par les commissures labiales. Cet écoulement ne parait pas être la consé(|uence d'une hypersécrétion des glandes salivaires, mais

FiG. 395.

Position des mains.

bien le résultat immédiat de la contracture des muscles qui fait en sorte que les mouvements automatiques de déglutition de la salive se iont plus rares de même que le mouvement de clignotement des paupières.

Cornme symptômes subjectifs on signale les douleurs dans les muscles en contraction. Cette h3^pertonicité leur donne la sensation de l'existence dans leurs membres de cordes rigides qui s'opposent aux mouvements volontaires .

Les malades se plaignent encore d'une sensation interne de chaleur accompagnée quelquefois de sueurs profuses. Ces sensations

désagréables viennent surtout la nuit au point qu'ils ont une tendance à se découvrir.

L'évolution clinique de la maladie de Parkinson est excessivement varia-

BMHI'''- Ê^^mJ^-- /^^^^^^^H^iS casion d'examiner un BIIHpk.^H^H|| -'^SII^^^^IH gi'^nd nombre de par- ^ *ii5^^^^^ii^MHife-7^^'^^^^H kinsoniens, on arrive

bientôt à se convaincre que, au point de vue clinique, il y a trois formes de paralysie agitante : celle où le symptôme prédominant est la contracture sans tremblement apparent ou à tremblement tardif, celle où le tremblement constitue le symptôme initial et prédominant, et la forme mixte où dès le début on observe les deux symptômes essentiels. La première de ces formes est la plus difficile à reconnaître, surtout à son début, d'autant plus que la contracture peut être diversement localisée. Elle débutera tantôt par les muscles du tronc, tantôt par ceux d'un membre supérieur ou même d'un segment de membre. Elle peut aussi se présenter sous forme hémiplégique. Dans de rares cas, elle semble envahir à la fois tous les muscles du corps. Dans les cas douteux, c'est encore la marche qui nous paraît être le symptôme le plus expressif. Elle est en effet lourde, quelque peu cadencée, en quelque sorte mécanique, un certain intervalle, toujours le même, séparant les deux pas successifs, le malade semblant tomber de tout le poids de son corps tantôt sur le pied droit, tantôt sur le pied gauche. C'est cette marche caractéristique, le corps légèrement incliné en

FiG. 3g6.

Faciès Parkinsonien.

avant, qui nous a permis tout récemment de soupçonner la maladie chez une femme d'une quarantaine d'années entrée dans notre service hospitalier pour des crises épileptiques et chez laquelle aucun autre symptôme ne pouvait faire penser à la possibilité d'une maladie de Parkinson. Ce diagnostic probable n'est devenu définitif qu'au bout de quelques mois à la suite de l'apparition, par moments, d'un léger tremblement dans le pouce et l'indicateur.

Quand la raideur musculaire n'atteint que les muscles d'un côté, elle s'accompagne généralement d'une tendance à la chute du corps du côté corres-

pondant. Ces malades ^ ^^^^ ^^.,>,- ,.,^,^^

font au premier abord r ■' ' ^'^"''^■

l'impression de présen- . * > e:,^ a^ \

ter une marche cérébel- ^^^""^'^ A^^ '^ ^"'^ ^^/^«./^— : leuse. Chez un de nos i

malades atteint de cette Fig. 897.

forme particulière de maladie de Parkinson, nous ^ ^ ^

avions, lors d'un premier c^^^^i^^^ (^-^^^^^^^ tz:^ ^^y^.,^^ examen, pensé à la possi- ^ ^ , . bilité d'une affection cérébelleuse, lorsque — à un examen ultérieur ayant . ^

i j 11 11 Ecriture de parkinsonien.

entendu marcher le malade

de ce pas lourd et cadencé décrit plus haut — le diagnostic de

maladie de Parkinson a pu être nettement établi.

Un élément qui nous parait avoir une certaine importance dans le diagnostic de cette forme particulière de paralysie agitante constituée par de la contracture sans tremblement apparent, c'est la douleur dont les malades se plaignent dans les muscles contractures et qui nous parait être la conséquence de cette crampe musculaire permanente.

Marche, durée, terminaison.

Le début est généralement insidieux, quel que soit le symptôme initial, tremblement ou raideur musculaire. La marche est excessivement lente. La maladie peut durer quinze à vingt ans et même plus, avant que le malade soit immobilisé au lit. C'est surtout la forme dans lacjuelle le tremblement est le symptôme prédominant qui a cette évolution lente. Quand la contracture est le symptôme"jirincipal ou en apparence unique, la marche de la-.

maladie parait plus rapide et peut conduii:e^ à l'impotence au hont de quatre ou cinq ans. La mort survient généralement par suite d'une maladie intercurrente.

Diagnostic.

Le diao^nostic est facile, surtout dans les cas où le tremblement caractéristique existe. C'est seulement dans les cas où la contracture existe seule, lorsque cette contracture n'envahit que les muscles d'un côté du corps, que le diagnostic peut présenter de la difficulté réelle. Il n'y a pourtant pas moyen de confondre ces cas de Parkinson unilatéral avec de l'hémiplégie progressive à cause de l'absence totale de modification dans l'état des réflexes.

Pronostic.

Le pronostic est favorable qiioad vitaiii. La maladie est inévitablement progressive bien que l'évolution soit lente et varie d'un individu à l'autre. La guérison est impossible.

Traitement.

L'arsenal pharmaceutique ne renferme pas de médicament ayant la propriété d'agir d'une façon efficace et durable ni sur le tremblement parkinsonien, ni sur la contracture. Dans l'impossibilité où il se trouve de guérir ces deux symptômes cardinaux de la maladie, toute l'activité du médecin doit se borner à les affaiblir afin de soulager dans la même mesure les malheureux parkinsoniens.

L'observation clinique du malade nous révèle que le tremblement augmente par les érnotions, tandis qu'il diminue considérablement et disparait même complètement pendant le sommeil. Ce sont là des indications que le médecin doit utiliser dans le traitement. Les malades atteints de paralysie agitante doivent mener une vie calme et tranquille, au milieu de personnes qui leur sont familières, qui connaissent leur mal et qui leur évitent toute excitation ou toute préoccupation. La vie à la campagne, dans une localité quelque peu retirée, est de loin préférable à un séjour dans une ville d'eaux ou dans un milieu un peu mondain.

Vu la suspension du tremblement pendant le sommeil, il est bon aussi de recourir à tous les moyens anodins qui peuvent leur procurer un sommeil prolongé.

A cause de l'état permanent d'hypertonicité musculaire que toute excitation cutanée peut exagérer encore puisque le tonus musculaire normal lui-même n'est qu'un réflexe permanent dans le— mécanisme duquel interviennent toutes les excitations du dehors, il est de la plus haute importance d'éviter toute théra-

peutique excitante. Il faut donc s'abstenir d'hydrothérapie froide,, de massage violent et de traitement électrique excitant, mais on peut recourir à des bains tièdes prolongés, à des frictions don(;;es avec de l'eau attiédie^ à de légers mouvements passifs et même si l'on veut à des bains électriques.

Commemédicaments, on £eut prescrire du bromure de potassium, soit une dose unique de 2 ou 3 gramnies le soir, soit une dose de 2 orrammes le soir et une de i gramme le matin. Pour diminuer

le tremblement et. dans une certaine mesure^ la contracture, les seuls médicaments efficaces sont le sulfate de duboisine, l'hyosciamme et l'hyoscme.

Le sulfate de duboisine se prescrit en pilules de un quart de milligramme à raison de trois ou quatre pilules par jour.

Le sulfate de duboisine peut aussi se donner en injection souscutanée :

Duboisine i centigr. ; Eau distillée 10 ce.

De deux à cinq dixièmes de centimètre cube tous les jours.

L'hyosciamine se prescrit le mieux de la façon suivante : R. Hyosciamine cristallisée i milligr. ; Solanine i centigr. ; Extr. de quinquina 10 centigr.

p. f. une pilule.

On prescrit une pilule tous les matins. L'hyoscine peut se prescrire soit par la bouche, soit en injection sous-cutanée en commençant par des doses faibles, 1/4 ou i 3 de milligramme une ou deux fois par jour. Il est bon d'avoir toujours la solution aussi fraîche que possible. Le mieux est de recourir à une injection sous-cutanée tous les deux jours et de donner dans l'intervalle le médicament par la bouche.

Dans les cas avancés^on peut recourir à un mélange d'hyoscine et de morphine.

La contracture du parkinsonien diffère de la contracture posthémiplégique par son mode de répartition. Dans l'hémiplégie classique, elle intéresse, en effet, certains groupes fonctionnels de muscles : les fléchisseurs et les rotateurs internes au membre supérieur, les extenseurs et les rotateurs externes au membre inférieur, tout en respectant complètement les groupes musculaires antagonistes

Dans la maladie de Parkinson, la contracture envahit au même degré tous les muscles d'un membre ou d'un segment de membre. Sous ce rapport, elle se rapproche de l'hypertonicité musculaire

-qui caractérise la paraplégie spastique. Bien que le mécanisme de la contracture ne doit pas être le même dans la paral3^sie agitante et la paraplégie spastique puisque dans la première affection l'intégrité des réflexes cutanés et tendineux tend à montrer que la voie pyramidale est intacte, alors que cette voie est lésée dans la paraplégie spastique, nous avons cependant, nous basant sur les iDons résultats de la ra^\rr>fnm\e. pnsté]-iemY dans cette dernière affection, émis l'idée qu'il serait logique d'essayer la même intervention opératoire dans les cas de paralysie agitante où la contracture musculaire est particulièrement prononcée. Nous n'avons pas osé, en présence de la gravité de cette intervention opératoire, la proposer à nos malades. Mais un chirurgien français, le D^ Leriche, plus audacieux que nous, a suivi notre conseil et déclare en avoir obtenu pour son malade un bénéfice réel. Nous ignorons complètement si ce bénéfice sera durable, vu notre ignorance complète dans laquelle nous sommes concernant la nature et le siège de la lésion initiale. Nous estimons toutefois que l'on pourrait y recourir dans des cas graves, alors que le malade, désespéré de son état, demande à tout prix une inter- "vention pouvant lui donner un espoir sérieux d'amélioration.

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