‹ Les maladies nerveuses; cours professé à l'Université de LouvainChapitre 57 sur 66 · Petite attaque conrulsive · texte numérisé non relu

Petite attaque conrulsive

Elle peut exister seule au début de l'épilepsie avant l'apparition ■des grandes crises; elle peut aussi exister en même temps que ces dernières ou bien les remplacer quan'd^l'épilepsie s'atténue. Elle 5e caractérise par ce fait que des deux éléments cardinaux de la grande crise : l'élément psychique et l'élément moteur, le dernier n existe qu'à un faible degré, de telle sorte que le trouble psycEiqUeprédomine et semble former à lui seul toute l'attaque. Vu lé peu cl^Tntënsité de l'élément moteur qui peut consister dans un bégaiement transitoire, un bâillement répété, une courte contraction tonique dans certains groupes musculaires, principalement du cou et dejajtéta^__les phénomènes d'épuisement post-paroxysmaux ne s'observent guère.

La petite attaque convulsive peut se présenter sous les formes les plus variées.

On peuLxfincontrer le vertis^e épileptigiie : perte subite de connaissance avec menace de chute, le malade doit s'arrêter ou s'accrocher à un mur ou un meuble,. Il se produit en même temps quelques légers mouvements convulsifs qui peuvent passer inaperçus^: -secousse de la tête, déviation des yeux, mouvement brusque djes lèvres, etc.

On voit quelquefois se produire Vidus apoplediforme, chute lourde ^u r le sol avec perte de connaissance, sans convulsion apparente, mais la chute est suivie d'un état de stertor qui peut durerassez longtemps.-

La forme la plus commune de la petite attaque convulsive est ce qu on appelle Vabsence épiieptiçijër Elle consiste uniquement dans une perte de connaissance de très courte durée, sans chute et sans excitation motrice apparente, précédée ou non d'une légère aura. L'abse^ice survient brusquement au milieu d'une occirpadon (|uelconque, pendant la promenade, le jeu, une conversation. etc. La face pâlit, le regard devient fixe, le malade est dans^une sorte d'extase, insensible à ce qui se passe autour de lui. En même temps il mâchonne, remue les lèvres, marmotte <]uelquesrnots incompréhensibles, exécute l'un ou l'autre mouve-

ment automatique, laisse^tomber l'objet qu'il a en main, etc. Quelquefois il continue l'acte qu'il était en train d'accomplir : en rue, il continue à marcher, mais se trompe de rue ou de maison eTne s'en aperçoit que q^and l'accès est passé. Cela duje quelques secondes, puis il revient à lui, continuant soit la conversation interrompue, sort l'acte qu'il était en train d'accomplir. Ces absences sont parfois tellement courtes qu'elles échappent à l'observation des personnes non averties.

Si l'absence se prolonge, le malade peut se déplacer, faire des actesd^Hctueux, se déshabiller, faire de l'exhibitionisme sans en avoir conscience et sans en garder le moindre souvenir.

Les absences existent en nombre variable. Elles surviennent en général plusieurs fois par jour. On peut les voir revenir trente, cinquante, jusque cent fois par jour. Dans rertRins ra^, ^es peuvent se succéder avec des intervalles lucides tellement courts quYlenj;^su1te un Yént2ih]^Jtaide petit mal. C'est ainsi qu'une de nos malades, une femme de 47 ans, présente tous les huit jours une période d'une durée de vingt-quatre heures pendant laquelle les absences sont pour ainsi dire continues, interrompues de temps en temps par un moment de lucidité relative. A chaque absence, elle présente quelques secousses dans les muscles sourciliers ou dans ceux de la tête, ou bien elle mâchonne et prononce quelques mots incompréhensibles. Quand elle est lucide, dans l'intervalle des absences, elle veut parler mais elle ne sait plus ce qu'elle doit dire, elle veut exécuter un acte mais a oublié la façon de l'exécuter.

La petite attaque convulsive peut se présenter encore sous forme à^épilepsie procursive et sous forme d'automatisme ambulatoire .

L'épilepsie procursive survient surtout chez l'enfant. C'est une attaque épileptique pendant laquelle le malade se met à marcher ou à courir sans en avoir conscience, peut se blesser aux obstacles qu'il rencontre pour finalement tomber à terre. Cette course épileptique peut constituer toute l'attaque ou bien elle peut précéder (aura procursive) ou bien suivre (phénomène postparoxystique) la grande attaque convulsive.

Quand l'impulsion procursive se prolonge, le malade peut faire inconsciemment de véritables fugues dont la durée peut être de plusieurs heures et même, dans de rares cas, de plusieurs jours. C'est V automatisme ambulatoire. Sans aura, ou bien après de vagues malaises, le malade quitte son domicile, entreprend des voyages en chemin de fer, descend à l'hôtel, paye ses dépenses sans présenter aucun symptôme anormal, puis brusquement il revient

à lui, ignore où il se trouve, comment il y est arrivé, dans l'ignorance complète de tout ce qu'il a fait ou dit pendant toute la durée de son absence épileptique. Dans ces états d'automatisme il peut se livrer à des actes incohérents et même commettre de véritables délits sans encourir de ce chef aucune responsabilité. Dans ces différentes formes d'attaques épileptiques légères on retrouve jusqu'à un certain degré les deux symptômes cardinaux de l'attaque convulsive typique : i° la simple obnubilation de la conscience remplace la perte complète de connaissance, c'est l'élément psychique ; 2'-" les légers mouvements d'excitation motrice remplacent les périodes de convulsions toniques et cloniques, c'est l'élément moteur ou convulsif.

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