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L'anesthésie peut s'étendre aux parties profondes : les muscles,. les aponévroses, les tendons, les troncs nerveux, les os. Dans cescas on peut traverser avec une épingle des plis cutanés, ou bien percer d'outre en outre tout un membre sans provoquer la moindre douleur. Cette anesthésie totale de la peau et des tissus profonds a été considérée pendant longtemps comme la marque des sorciers ou un stigmate du diable.
Etendue. Quel que soit le mode d'anesthésie cutanée, celle-ci peut être généralisée, c'est-à-dire envahir toute l'étendue du tégument externe et des muqueuses, ce qui est excessivement rare. Le plus souvent l'anesthésie est limitée. Elle peut présenter alors les localisations les plus variées qui toutes peuvent être ramenées à trois types principaux : Vhémianesthésic, Vanesthésie en seginefit géométrique et Vanesthésie en îlots.
Uhémianesthésie est fréquente. Elle peut s'arrêter exactement sur la ligne médiane. Tantôt elle respecte les organes des sens, d'autres fois elle coexiste avec l'abolition du goût, de l'odorat, de l'ouïe, quelquefois même de la vue du même côté, produisant de Vhémianesthésie sensitivo-sensorielle qui doit toujours être considérée comme étant de nature hystérique.
Uanesthésie en segment géométrique peut affecter les régions les plus diverses. D'après la région et d'après l'étendue de la surface cutanée intéressées, on parle d'anesthésie en doigt de gant, en gant,, en bracelet, en manche de veste, en caleçon, etc.
Ces anesthésies en segment ont de caractéristique d'être toujours limitées par des lignes régulières, perpendiculaires à l'axe du membre, véritables lignes d'amputation, de façon à limiter un territoire cutané qui ne correspond à la distribution périphérique ni d'un ou de plusieurs nerfs, ni d'une ou de plusieurs racines.
Les anesthésies en ilôts sont disséminées sans ordre aucun sur toute l'étendue de la surface cutanée.
L'anesthésie hystérique, quel que soit son mode de répartition et sa nature, présente certains caractères particuliers qui permettent de la reconnaître.
Tout d'abord, et c'est là un caractère important, elle ne s'accompagne jamais de l'abolition des réflexes, ni cutanés, ni tendineux, dont la zone d'excitation cutanée se trouve dans le territoire anesthésie, ce qui serait inévitablement le cas si l'anesthésie était due à une lésion des nerfs périphériques, à une lésion des racines (tahès) ou à une lésion de la substance grise de la moelle (syringomyélLe). Il n'y a d'exception que pour le réflexe plantaire, le
réflexe pharyngien et le réflexe palpébral qui sont très souvent abolis dans l'hystérie, mais cette abolition est toujours bilatérale, alors que les troubles de la sensibilité cutanée ne surgissent d'ordinaire que dans une moitié du corps.
La zone de distribution périphérique de l'anesthésie hystérique ne correspond, avons-nous vu, à la distribution périphérique ni des nerfs, ni des racines, abstraction faite des cas d'hémianesthésie. De plus, la limite de l'anesthésie est souvent variable, suivant qu'on explore la sensibilité de la zone anesthésiée vers la zone normale ou de la zone normale vers la zone anesthésiée.
Enfin, l'anesthésie hystérique'ne s'accompagne d'aucun trouble fonctionnel, elle ne gêne en rien le fonctionnement du membre qui en est atteint. Cela est tellement vrai que le plus souvent le malade ignore l'existence de l'anesthésie. Les hystériques se comportent d'ailleurs dans leur vie ordinaire comme si l'anesthésie n'existait pas. Ils ne présentent jamais les troubles consécutifs à une anesthésie organique, pas de blessure, pas de brûlure. Ils prennent en main les objets les plus petits et les plus délicats et s'en servent comme des personnes normales. Ils ne présentent donc pas l'astéréognosie si caractéristique dans les affections organiques. Celle-ci n'est mise en évidence que par l'examen médical. Certains auteurs •croient même que l'anesthésie ne surgit qu'au moment de l'examen médical par une espèce de suggestion inconsciente exercée par le médecin lui-même.
L'anesthésie des hystériques explique jusqu'à un certain point les mutilations volontaires auxquelles plusieurs d'entre elles se soumettent tout en ne voulant jamais en convenir, comme si l'acte de la mutilation avait lieu en un moment d'absence hystérique. C'est ainsi qu'une de nos malades a commencé la longue série de ses manifestations hystériques par se faire des brûlures sur toute l'étendue du membre supérieur gauche, brûlures probablement occasionnées par l'application d'acide nitrique et dont elle n'a jamais voulu convenir.
Une autre de nos malades, jeune religieuse de 22 ans, prétendait rencontrer le diable lors de ses promenades solitaires dans le jardin de son couvent et comme preuve de ses rencontres elle en rapportait des traces de griffes sur la poitrine.
L'hyperesthésie est excessivement fréquente. Elle peut être étendue à toute la surface cutanée, au point que le moindre
attouchement provoque de la douleur. Cette hyperesthésie peut s'étendre aux muscles et rendre tout mouvement impossible. On parle alors d'akinésie douloureuse. L'hyperesthésie peut être limitée à certaines régions de la surface cutanée, dont la pression éveille une douleur plus ou moins vive. Ce sont les zones d' hyperesthésie auxquelles on a, dans le temps, attribué une importance considérable, parce qu'on croyait avoir observé qu'une pression un peu forte exercée à ces niveaux pouvait déclancher, chez certains malades, une crise convulsive, d'où le nom de zones hystérogènes, sous lequel on les a encore désignées. Chose curieuse, chez une personne en pleine crise convulsive, la pression de l'une ou l'autre de ces zones serait capable d'arrêter la crise.
Les plus communes de ces zones hystérogènes sont : le sommet de la tête (clou hystérique), la face antérieure du thorax, en dessous et au-dessus du sein (point sous- et sus-mammaire), les fosses iliaques (point ovarique)^ l'espace interscapulaire.
A côté de ces douleurs provoquées, dues à l'hyperesthésie deja peau et des tissus sous-cutanés, on peut encore voir survenir des douleurs spontanées, dans n'importe quelle région du corps. Les plus fréquentes de ces douleurs sont :
la céphalalgie caractérisée par des maux de tête tenaces, souvent accompagnés d'hyperesthésie en casque de tout le cuir chevelu ;
le chu hystérique, douleur localisée au sommet de la tête ou dans la région temporale, survenant par crises et pouvant exister pendant des journées entières. Quand cette douleur est accom- __ pagnée de vertige et de vomissements, elle peut faire croire à rexj stence d'une augmentation de tension intracranienne^ par tunieur du ^ervea^J;-
ïhémwrmiie, pouvant exister pendant des semaines et même desmois;
la douleur ijderr.nstqle ;
la rachialgie (irritation spinale des hystériques), consistant dans une douleur persistante tout le long de la colonne vertébrale, ou bien localisée, soit dans la région dorsale supérieure, soit dans la région lombaire;
la pseudo-névralgie du trijumeau dont nous avons observé un cas tout à fait typique chez une hystérique, dont la mère avait souffert de tic douloureux de la face. Cette névralgie avait de caractéristique que, par persuasion, on pouvait faire naître les points douloureux là où il ne pouvait pas en exister, tandis que la pressiou au niveau des points d'émergence des filets nerveux n'éveiira"it aucune douleur.
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Des douleurs peuvent se localiser encore dans le mamelon ou dans tout le sein (sein hystérique), au niveau du sacrum (sacrodynie), du coccyx, etc. Elles peuvent se manifester encore dans les différentes articulations, principalement dans celle de la hanche et celle du genou, s'accompagner de contracture réflexe des muscles périarticulaires, et simuler alors ou une coxalgie ou une tumeur blanche du genou.
Toutes ces douleurs ne s'accompagnent généralement pas de modifications locales. Elles sont d'origine psychique. Ce sont de véritables hallucinations douloureuses.
Sens musculaire. Du côté du sens musculaire on peut observer la perte de la sensibilité profonde, entrainant la perte de la notion du poids des objets, de même que la perte de la notion de position des différents segments de membre.
Mais sous ce rapport encore, le déficit est exclusivement psychique, car si la perte du sens des attitudes segmentaires existait en réalité, le malade serait dans l'impossibilité de se servir de ses membres. Il présenterait de l'incoordination motrice, comme cela s'observe clans le tabès. Or, cela n'est pas. Cette perte du sens des attitudes segmentaires est sans influence aucune sur les actes ordinaires, volontaires ou réflexes. Ce qui prouve d'ailleurs que tous les troubles sont psychiques chez l'hystérique, que les impressions de sensibilité arrivent au cerveau comme chez l'homme normal, mais que leur utilisation par les centres psychiques se fait d'une façon anormale, c'est que des dissociations peuvent se produire, qui sont anatomiquement et physiologiquement inexplicables ; c'est que certains auteurs ont observé la perte de la sensation du mouvement, avec conservation de la sensation de position des membres; de même, certains hystériques déclarent avoir perdu la sensation que provoque le passage du courant électrique, malgré la conservation de toutes les autres sensibilités.
Manifestations d'ordre sensoriel.
Les troubles du goût sont généralement unilatéraux. On les observe le plus souvent dans l'hémianesthésie sensitivo-sensorielle. Ils consistent le plus souvent dans la perte complète du sens gustatif, quelquefois aussi dans une perversion de ce sens, sans que ces troubles exercent cependant une influence bien grande sur l'appétit des malades.
Les troubles de Vodorat sont moins fréquents.
Du coté de Voii'ie on peut observer de la surdité unilntéra|e^ plosrarement de la surdité complète .
La surdité hystérique est souvent difficile à différencier de la -surdité organique. Ce qui plaide en faveur de la surdité fnnrtionnelle, c'est la coexistence d'unejjn^sthésie de la face externe c\q la membrane du tympan, et même du conduit auditif externe. Dans les cas de soupçon de surdité hystérique, alors que l'appareil de •conduction des ondes sonores parait normal^ l'examen de l'appareil vestibulaire pourra donner des renseignements utiles. Car il serait difficile d'admettre une lésion isolée et bilatérale du nerf •^cochléaire, avec intégrité complète du fonctionnement du neri vestibulaire.
Vue. Les troubles hystériques du côté de la vue sont excessivement fréquents. Cette fréquence n'est que relative. Elle est due -surtout à ce fait que, pour l'analyse du fonctionnement normal de l'organe de la vue, nous disposons de moyens de recherche beaucoup plus précis que pour les autres organes des sens. L'examen du fond de l'œil, la recherche du champ visuel, l'examen de la perception des couleurs, et surtout l'observation de la pupille et du réflexe pupillaire sont des éléments d'une extrême précision pour établir le diagnostic différentiel entre une affection organique et une affection fonctionnelle.
Le trouble hystérique le plus profond, mais heureusement d'une grande rareté, est Yamaiirose^ ou Vamblyopie, qui peut survenir brusquement, comme toute manifestation hystérique, soit à la suite d'une attaque, soit à la suite d'un trauma. Cette amaurose s'accompagne de persistance du réflexe pupillaire à la lumière.
On signale encore : le rétrécissement concentrique du champ visuel, mais quelque importante qu'elle puisse être, la réduction du champ visuel n'entraine aucun trouble apparent;
les troubles dans la perception des couleurs connus sous le nom d^achromatopsie ou perte totale de la vue des couleurs, ou ■dyschromatopsie, conservation de la perception de certaines couleurs, et perte de perception pour les autres. La perception des couleurs disparaît d'ordinaire en allant du violet vers le rouge. Cette dernière couleur est perçue le plus longtemps ;
la diplopie, plus rarement encore la polyopie monoculaire, pouvant s'accompagner de micropsie et de macropsic.
. Manifestations dordre moteur.
■ — Du côté de la motilité on peut voir survenir des manifestatjons hystériques variées, dont les unes, frappant directement le regard, peuvent être rangées dans le groupe des accidents, tandis (]ue les
autreSj__ne se laissant mettre en évidence que par un examen médical attentif, rentrent plutôt dans le groupe des symptômes désignés sous i'ëliom de stif^matcs.
Les stigmates d'ordre moteur sont beaucoup moins fréquents et beaucoup plus difficiles à mettre en évidence. Les deux principaux sont leralentissement des inoiivements volontaires et surtout la faiblesse de ces mêmes mouvements : la myasthénie hystérique . Ces troubles de la motilité volontaire semblent être sans influence dans la vie normale du sujet. Un malade atteint de myasthénie hystérique d'un membre supérieur, par exemple, se servira de ce membre comme un homme normal, dans^l'accomplissement des actes automatiques, mais dès qu'^n lui demande d'exécuter un mouvement volontaire • déterminé il s^ déclare incapable ou ne l'exécute. apparemment du moins, qu'au prix des plus grands efforts. C'est au point que certains auteurs croient que, de même que pour l'anesthésie hystérique, la myasthénie hystérique est, en quelque sorte, suggérée par le médecin, ou du moins surgit au moment de l'examen médical, c'est-à-dire au moment où le médecin invite le malade à faire un acte d'une façon volontaire et personnelle.
Les troubles moteurs considérésjcomme des accidents peuvent consister cliniquement ou dans un affaiblissement du tonus normal des muscles produisant les paralysies hystériques, ou dans une exagération de ce même tonus se traduisant, soit par ung contraction tonique ou contracture, soit par des contractions ^lani^^i^ successives, les convidsions ou les crises hystériques.
Paralysies.
Les paralysies peuvent être le reliquat d'une crise convulsive, ou bien elles peuvent survenir spontanément à la suite d'un traumatisme ou d'un choc moral ou physique. Dans ces conditions, la paralysie atteint le membre ou le segment de membre traumatisé, soit immédiatement à la suite de la commotion, soit graduellement après une période de quelques jours, que l'on désigne souvent sous le nom de période d'incubation ou période de méditation.
Les paralysies hystériques sont des paralysies psychiques , véritables paralysies de la volonté. Ce sont des paralysies riasc|ues. Elles peuvent se présenter sous les formes les plus diverses. Chose ■curieuse : ce^ sont généralement des paralysies segmentaires, atteignant tous les muscles d'un ou de plusieurs segments de membre, et jamais des paralysies musculaires isolées. Xous avons •observé un certain nombre de ces paralysies hystériques. Le cas
le plus récent se rapporte à une jeune fille de r8 ans, atteinte de paralysie flasque de tous les muscles de la main et de l'avant-bras du côté gauche.
On subdivise les paralysies en monoplé^ies, paraplégies et hémiplégies^ Ce qui les caractérise d'une manière générale et ce qui permet de les difl'érencier d'une paralysie organique, c'est qu'elles existent, sans trouble aucun, du côté des réflexes cutanés et tendineux, sans modifications dans les réactions électriques des muscles et des nerfs, le plus souvent aussi sans troubles graves dans l'état nutritif des muscles, bien que, à la longue, un certain degré d'atrophie puisse les envahir. Un symptôme diflerentiel important encore à signaler, c'est que les paralysies hystériques sont très souvent accompagnées d'anesthésip. hyjfJ.nqiip. , dont le mode de répartition permet de reconnaître la nature. C'est ainsi que, chez la jeune fille dont nous avons parlé plus haut, la paralysie flasque des muscles de la main et de l'avant-bras gauche était accompagnée d'anesthésie en gant.
Toute anesthésie hystérique accompagnant une paralvsie ne peut cependant pas faire conclure à la nature hystérique, de rette dernière Elle constitue simplement une présomption en faveur d'une paralysie hystérique. Il faut donc analyser la paralysie en elle-même, car un malade h3^stérique peut présenter des affections organiques comme tout homme normal. C'est ainsi que nous avons observé, tout récemment, un milicien ayant reçu une balle dans les muscles du mollet gauche, avec atrophie considérable de ces muscles (29 12a gauche, 33 à droite), et qui avait amené une anesthésie du membre inférieur, limitée par une ligne horizontale passant par le milieu du genou, immédiatement au-dessus de la rotule.
...Ce qui permet plus particulièrement de différencier Vhémiplégie hystérique de V hémiplégie organique, abstraction faite de l'état des réflexes et des troubles de la sensibilité cutanée, c'est le mode de distribution de la paralysie qui affecte, de préférence, les muscles des racines des membres dans l'hystérie, alors qu'elle prédomine dans les muscles des extrémités des membres dans l'hémiplégie vraie. Dans cette dernière^ grâce à la conservation d'un certain degré de motilité volontaire, à la racine du membre et à la
contracture post-hémiplégique, qui survient dans certains autres muscles, la marche du malade devient tout à fait typique : il s'appuie surtout sur son membre sain, et décrit avec la pointe du pied du membre m alade des arcs de cercle; il fauche, suivant l'expression consacrée. DajisThystérie^ la paralysie atteint tous les
muscles, surtout ceux de la racine du membre, aussi pendant la marche le membre est-il inerte et le malade le traîne après lui. Il en est de même pour le membre supérieur, où la contracture donne à ce membre une position caractéristique dans l'hémiplégie organique avec conservation d'un certain degré de motilité volontaire dans les muscles de l'épaule, tandis que la contracture fait défaut dans l'hystérie, de même que la mobilité dans l'épaule.
Un élément qui peut encore être utilisé au point de vue du diagnostic différentiel, c'est l'absence de paralysie dans le domaine du facial, quelquefois aussi l'apparition d'un hémispasme glossolabial du même côté, ou du côté opposé. Dans ce dernier cas, on pourrait croire à une hémiplégie complète.
La parapléc^ie peut être flasque ; elle est le plus souvent spastique, accompagnée ou non d'anesthésie cutanée. Nous venons d'en observer un cas tout récent chez un soldat.
Les deux membres inférieurs sont en contracture, en extension, toute motilité volontaire est abolie, à part un léger mouvement de flexion et d'extension du gros orteil. Les réflexes tendineux et cutanés sont cependant tous normaux. L'anesthésie cutanée remonte en avant jusqu'au niveau du pli de l'aine, tandis qu'en arrière elle remonte jusque vers le milieu du dos. La rétention des urines et des matières fécales est complète depuis quatre semaines, nécessitant le cathétérisme. Cette rétention d'urines est due à un spasme tonique du sphincter vésical. C'est là une caractéristique de la paraplégie hystérique, c'est qu'elle n'entraîne jamais de l'incontinence, comme cela est la règle dans la plupart des paraplégies organiques, dans lesquelles la rétention du début ne persiste que pendant quelques jours.
La paralysie peu^aussi survenir dans les muscles du larynx et entraîner la paralysie des cordes vocales, donnant lieu à de V aphonie hystérique, qui est un symptôme relativement fréquent. Les malades ne parviennent plus à contracter les cordes vocales, mais sont encore en état de parler en chuchotant. Dans quelques cas même, toute articulation de mot est suspendue.
Il y a le mutisme hystérique que l'on a désigné, quelquefois improprement, du nom de aphasie hystérique. Ces troubles de la parole, dus à la paralysie des muscles du larynx, sont généralement accompagnés d'anesthésie du pharynx et du larynx.
Les paralysies hystériques ont une durée variable, elles peuvent persister de quelques heures à plusieurs années. Elles sont sujettes à récidive.
Au lieu d'intéresser tous les muscles d'un membre ou même
d'un segment de membre, la paralysie h3^stérique peut avoir un caractère nettement systématique et consister uniquement dans la perte des mouvements nécessaires pour faire un acte déterminé, toujours le même, alors que tous les autres mouvements volontaires sont conservés. C'est ainsi que l'on voit survenir de Vastasie ou l'impossibilité absolue pour le malade de se tenir debout; de Vabasieoxi l'impossibilité, étant debout, de faire un pas, quelquefois même les deux troubles fonctionnels existent ensemble chez le même malade, amenant de Vastasie-abasie.
CqjUractures.
La c ontracture peut exister seule ou bien être combinée avec une paralysie plus ou moins étendue. Elle consiste dans^june contraction musculaire tonique excessivement puissante, pouvant survenir dans un muscle isolé, dans un groupe fonctionnel de muscles, dans les muscles d'un ou de plusieurs segments de membre. C'est ainsi, que l'on voit survenir la contracture hystérique du muscle carré lombaire amenant de la scoliose, la contracture du muscle tibial antérieur amenant la flexion du pied avec relèvement de son bord interne, la contracture des muscles biceps et brachial antérieur amenant la flexion douloureuse de l'avantbras sur le bras, la contracture en flexion de la jambe sur la cuisse et de la cuisse sur le tronc, la contracture en extension de tous les muscles d'un membre inférieur, la contracture de tous les muscles entourant une articulation de façon à l'immobiliser complètement (coxalgie hystérique), etc.
La contracture hystérique se distingue de la contracture organique :
1° par ^intensité de la contracture qui ne se laisse vaincre qu'avec les plus grands efforts. Il semble même que la contracture augmente d'intensité avec la force déployée pour la vaincre ;
2° par la persistance des réflexes ciifaiiés, alors que les réflexes tendineux, si on parvient à les mettre en évidence, sont normaux ou exagérés;
3° par la coexistence d'autres troubles hystériques, notamment l'anesthésie avec son mode de distribution tout à fait caractéristique.
Parmi les contractures hystériques, quelques-unes, plus fréquentes que les autres, méritent d'être signalées ; telles sont :
le blépharospasme hystérique, le plus souvent unilatéral. Ouand on écarte les paupières on trouve le globe oculaire dévié convulsivement en haut et en dedans, comme lors de la crise convulsive typique ;
Vhémispasme glosso-labié qui peut en imposer au début pour une paralysie faciale du côté opposé;
le trismiis hystérique ou contraction tonique des masseters, etc.
Contractions cloniques.
Au lieu de produire une contraction tonique persistante, l'hystérie peut se manifester par des contractions cloniques, aussi variées dans leur localisation que dans leur fréquence et dans leur rythme. C'est ainsi qu'on peut voir survenir de la chorée hystérique, sur laquelle nous avons insisté antérieurement, surtout caractérisée par des mouvements coordonnés en vue de l'accomplissement d'un acte déterminé. Xous avons vu un cas typique de chorée salutatoire chez une jeune fille de i5 ans, guérie par suggestion, et qui consistait dans un mouvement de balancement du tronc à grande amplitude, accompagné d'un mouvement de flexion dans le genou gauche. La chorée hystérique ne consiste pas toujours dans des mouvements rythmiques aussi nettement caractérisés. Elle peut se rapprocher de la chorée ordinaire, mais les secousses musculaires ne sont jamais si désordonnées, elles gardent toujours une apparence de mouvements intentionnels ; de plus, l'examen de la sensibilité révèle souvent l'existence d'une anesthésie hystéricjue indiscutable.
Les secousses cLoniques peuvent également survenir par accès et par crises et simuler à s'y méprendre une crise d'épiiepsie jacksoniPMne. ([ne de nos malades, jeune fille de 21 ans, présentait ainsi des crises d'épilepsie jacksonienne débutant par le pied droit et envahissant progressivement tout le membre inférieur. Chaque crise durait pendant deux ou trois minutes et se répétait en moyenne tous les quarts d heure. Le diagnostic d'épilepsie corticale posé par les médecins traitants paraissait d'autant plus probable que, dans l'enfance, la malade avait été atteinte d'une affection cérébrale de l'hémisphère gauche ayant laissé après elle un léger raccourcissement du membre avec pied-bot, clonus du pied et signe de Babinsky. Il n'y avait aucun trouble de la sensibilité cutanée permettant de penser à une manifestation hystérique.
En prenant le film cinématographique d'une de ces crises, nous avons constaté, à notre grand étonnement, que, pendant l'accès convulsif, la jeune malade avait, du côté des membres supérieurs, des mouvements involontaires tendant à se découvrir jusqu'à la ceinture. Ce fait nous a permis de faire le diagnostic d'hystérie, de déconseiller l'intervention opératoire qui avait déjà été proposée et d'arriver à une guérison complète par simple suggestion.
Comme troubles moteurs on peut observer encore parmi une
foule de manifestations impossibles à énumérer, le tremblement hystérique : il est le plus souvent partiel, limité soit à un côté du corps, soit à un membre supérieur ; le hoquet hystérique, dû à la contraction spasmodique du muscle diaphragme. Chez une de nos malades, ce hoquet a persisté pendant six mois, ne se suspendant que pendant le sommeil ; le tic hystérique, qui peut se présenter sous les formes les plus variées. Il est caractérisé par des mouvements rapides qui, comme tout phénomène moteur hystérique, ont l'apparence d'être systématiques, coordonnés, appropriés à un but : clignement des paupières, haussement des épaules, mouvement de sursaut occasionné par une frayeur vive, etc. ; le bégayement hystérique, imitant à s'y méprendre le bégavement ordinaire.
Crises hystériques.
L'accident moteur le mieux connu et le plus fréquent constitue l'attaque ou la crise hystérique dont la forme, la violence et la nature sont tellement variables qu'elle échappe à toute description.
La forme la plus commune, ou forme atténuée, consiste dans une sensation d'oppression ou d'angoisse accompag^née de palpitations cardiaques, puis survient la sensation connue sous le nom de boule hystérique. Elle consiste tantôt en une sensation de pression s'exerçant à la partie inférieure du cou et paraissant occasionnée par la présence d'un corps étrangler, le plus souvent une boule; tantôt la sensation de boule surgit dans le bas-ventre ou encore à l'épi castre pour remonter de là jusqu'à la région antérieure du cou. Cette sensation est suivie d'un affaissement complet qui peut durer plusieurs minutes et pendant lequel surviennent de l'accélération de la respiration, un clignotement incessant des paupières, du tremblement généralise.
Pendant tout ce temps, le malade porte les deux mains au cou comme s'il voulait se débarrasser de la sensation d'étouffement provoqué par la boule hystérique que l'on peut attribuer, jusqu'à un certain point du moins, à un spasme de l'œsophage remontant jusqu'au pharynx. Au bout de quelques minutes tout se calme et l'attaque se termine généralement par une crise dèTà'fmes.
'La. forme grave de la crise hystérique a une durée beaucoup plus longue, elle peut durer plusieurs heures Elle échappe à toute description. Il n'est pas rare de Rencontrer des hystériques qui présentent, dans l'espace d'une heure, une série de rj-isp.g; ropvnlsives toutes différentes^'une de l'autre et toutes caractérisées par des mouvements désordonnés de toute forme et de toute nature. UrTcfelîbs malades, mimédiatement après sa chute, se roulait à terre, s'enveloppait de ses couvertures", "se redressait presque debou
sur la tête pour retomber encore et tout cela en changeant de place (fig. 402). Une jeune femme de 22 ans, pendant sa crise, se comportait d'une façon plus ou moins identique, mais pendant ses mouvements désordonnés elle avait l'intention manifeste de découvrir les organes génitaux et elle en avait conscience car, comme je lui avais exprimé l'intention de la photographier pendant sa crise (film cinématographique), elle m'avait prié de faire partir le jeune domestique qui m'accompagnait, alléguant qu'elle se découvrait pendant son attaque. Cette tendance à l'exhibitionnisme pendant la crise hystérique nous paraît d'ailleurs un phénomène excessivement fréquent. Nous l'avons signalé déjà à propos d'un cas de chorée hystérique, de même qu'à l'occasion d'un cas de pseudo-épilepsie jacksonienne pour lequel cette tendance à l'exhibitionnisme pendant la crise nous a permis de faire le diagnostic. Il y a d'ailleurs lieu de faire remarquer que pendant la crise convulsive, la femme hystérique exécute des mouvements particuliers avec les muscles abdominaux et les muscles de la partie inférieure du tronc qui doivent avoir leur point de départ dans des hallucinations sexuelles.
Les auteurs français, influencés par l'enseignement de Charcot, donnent de la grande crise convulsive une description assez uniforme en la subdivisant schématiquement en plusieurs périodes se succédant avec plus ou moins de régularité. Nous leur empruntons cette description uniquement pour donner une idée approximative de ce que, dans certains cas rares, la grande attaque convulsive pourrait être. Nous ne l'avons jamais observée telle qu'elle est décrite, mais chacun des éléments qui la constitue peut être à lui seul une crise complète.
En rapprochant la crise hystérique de ce qui se passe presque régulièrement dans la crise épileptique, ils ont subdivisé la première en période prodromique, période de convulsions toniques, période de convulsions cloniques et période d'épuisement ou de stertor.
Période prodromique. Tantôt le malade devient triste et recherche la solitude, tantôt il est irritable, pris d'un besoin irrésistible de marcher et de parler. Puis surviennent des palpitations, une sensation d'angoisse suivie de ce qu'ils appellent Vaura hystérimi^. Celle-ci consiste en une douleur sourde ou lancinante de la région ovarienne gauche accompagnée de la sensation d'un corps arrondi , qui se déplace dans l'abdomen remontant vers l'épigastre. Cette sensation augmente les palpitations, provoque des envies de vomir. La boule hystérTque s'élève alors jusqu'à la région anté-
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rieure du cou produisant la sensation de strangulation ou de suttocation. £n même temps la face devient rouge, le malade se plaint de'sifflements dans les oreilles, de battements dans les tempes, la vue s'obscurcit, le vertige survient entrainant la chute avec perte^de connaissance. La chute est d'ordinaire moins brusque que la chute épileptique, le malade choisit en quelque sorte la place^où elle doit se faire. C'est là le motif pour lequel cette chute se fait d'ordinaire sans blessure aucune.
Période épileptoïde. Maintenant commence la véritable attaque convulsive. Elle débute par une période épileptoïde ayant beaucoup de ressemblance avec le début de la crise épileptique et cela parce qu'on peut y observer une période très courte de convulsions toniques ou de raideur tétanique avec cyanose de la face, suivie d'une période de convulsions cloniques pendant laquelle peut se produire la morsure de la langue^ le plus souvent la morsure des lèvres ou de la joue et l'émission involontaire d'urine. La période des convulsions cloniques se transforme rapidement en période de contorsion, de clozvnisme ou de grands jnouveincnts, pendant laquelle le malade exécute les mouvements les plus désordonnés et prend les attitudes les plus invraisemblables tout en remuant dans tous les sens la tête, les bras et les jambes. Tantôt le tronc est soulevé en arc de cercle (opisthotonos), de telle façon quele corps ne repose sur le sol que par la tête et les pieds, tantôt il se roule sur le sol autour de son axe longitudinal, tantôt il se redresse ^njrjaj-ête, les jambes en l'ai r .
Pendant l'exécution de tous ces mouvements, véritable rage musculaire^ le malade pousse des cris, lance des injures, pleure, rit, se découvre, déchire ses vêtements, prend des attitudes de colère ou de terreur. A le voir on le dirait en proie aux hallucinationsjes plus effrayantes.
Lentement, après un temps variable, les grands mouvements se calment et la crise peut cesser.
D'aiitres fois, elle continue sous une autre forme : c'est la période des attitudes passionnelles. On dirait que le malade vit comme dans un rêveet qu'il traduit par l'expression de la figure, par ses gestes et ses poses les sensations produites en lui par tout ce que son imagination maladive fait dérouler devant ses yeux (colèj;e, angoisse, extase, etc.). Pendant cette jpériode le malade est t^ès suggestionnable. 11 présente alors une période de délire tranquille fQrmé surtout par des hallucinations d animaux. Puis, peu à peu, il se calme (période d'assoupissement) et, après quelque temps d'immobilité d'une durée variable, il se réveille, un peu fatigué,
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mais ayant recouvré toute sa connaissance. Souvent la crise se termine par des larmes, par des rires ou du hoquet. D'autres fois, elle laisse après elle, ou de la paralysie, ou de la contracture. On n'observe jamais la période de stertor si caractéristique de la crise d'épilepsie, mais quelquefois un état léthargique de durée variable. La durée d'une grande attaque est excessivement variable. Elle est en moyenne de qumze à trente minutes. La troisième période^ ou période dêsattitudes passionnelles, peut se prolonger pendant des heures.
^ntre les deux formes extrêmes que nous venons de décrire, on peut observer une série infinie de formes intermédiaires. On peut observer des crises unilatérales, simulant une épilepsie jacksonienne se répétant toutes les quinze minutes et cela pendant des journées et des semaines. D'autres fois, les crises sont moins fréquentes, mais elles reviennent tous les jours à une heure fixée d'avance. Dans ces cas, la crise est toujours identique à elle-même. C'est ainsi que tout récemment nous avons observé une jeune fille de i8 ans présentant tous les jours à 8 heures du matin, à i heure et à 7 heures du soir la même crise hystérique : déviation des yeux en haut et en dedans, mouvements intenses de mastication ou mieux de déplacement dans tous les sens de la mâchoire inférieure avec mouvements de flexion et d'extension de l'avant-bras sur le bras. Par moments les mouvements s'arrêtaient et la figure prenait l'aspect d'une personne en extase.
Pendant la crise, la malade exécutait tous les mouvements qu'on lui demandait de faire : ouvrir les yeux, fermer les yeux, ouvrir la bouche, donner la main, etc.
On peut observer encore comme crise hystérique : des attaques de sommeil ou de léthargie pouvant d^urer plusieurs jours: ces accès peuvent faire suite à une crise convulsive ou exister seuls : comme manifestation hystérique des attaques de catalepsie, le malade reste alors dans l'immobilité absolue, incapable de Faire le moindre mouvement II entend et il voit tout. Quand on lui déplace passivement un membre, il garde indéfiniment la position prise, quelque fatigante qu'elle puisse être. C'est ce qui constitue Je phénomène dç. flexibilité cireuse.
On peut observer encore des attaques de somnambulisme^ d'aiitomahsuîë ambulatoire comme dans l'épilepsie. Dans ces périodes de crise, le malade peut faire les actes les plus compliqués et se comporter en apparence comme une personne normale. Lorsque cet état se prolonge pendant des jours et des semainÊS^j.1 constitue le phénomène de double m€>-ou de
■dédoublement de la personnalité. Chose curieuse, le malade qui passe ainsi d'une, période de vie normale à une période de vie hystéri que, si on peut s'exprimer ainsi, ne garde le souvenir, dans chacun de ces deux états, que des phénomènes qui se sont passés dans chaque état; il ignore complètement l'état second avec les pViéïïomèng.s qui l'ont caractérisé.
De toutes ces attaques hystériques, la plus commune est la petite attaque, comprenant essentiellement le stade prodromal, une période convulsive caractérisée par des secousses toniques, cloniques et des mouvements plus ou moins coordonnés, se terminant par une crise de larmes ou un accès de rire qui •constitue la période finale.
Manifestations d'ordre viscéral .
Elles sont^très nombreuses. Lesplus fréquentes sont :
du côté des voies disfestives : l'anorexie, les vomissements, la faim canine, le météorisme, la polydipsie, la dyspepsie, les coliques, la constipation opiniâtre, etc. ;
dîT^ôté des voies respiratoires : l'aphonie, le mutisme, le bégavement. la toux, la dyspnée ;
du rôtéjjes organes génitaux : le yaginisme ;
du côté des voies urinaires : la dysurie par spasme du sphincter de la vessie, pouvant aller jusqu'à l'ischurie pendant plusieurs jours; la polyurie.
Manifestations d'ordre irophigue et rasn-nioteur.
On signale comme telles :
des éruptions érythémateuses et même vésiculeuses, le dermpgraphisme ;
roedème.^soit de l'œdème bleu, consistant dans la cyanose de la peau avec gonflement, c'est un œdème dur la pression du doigt ne laisse a-ucune empreinte ^soit de V œdème blanc. Nous avons cependant observé un cas typique d'œdème véritable, avec gonflement considérable, ayant débuté dans le pied droit et qui a envahi rapidement tout le membre inférieur. A un moment donné cet œdème a même envahi les deux membres, véritable hydropisie accompagnée d'ascite, ayant amené une augmentation de poids d'environ 20 kilogrammes. Le tout a guéri par l'administration d'une potion de vin diurétique.
Chez cette même malade est survenue de Y asphyxie locale du dos du pied droit avec gangrène, ayant résisté pendant deux ans à tous les traitements et ayant nécessité, devant l'amaigrissement
progressif de la malade et l'infection permanente, avec fièvre oscillant entre 38 et 39°, l'amputation du pied.
Dans de rares cas on peut encore voir survenir : le sein hystérique, avec gonflement considérable de la glande mammaire ;
la grossesse hystérique ou tumeur fantôme dont nous avons observé un cas typique : la femme croyait être au septième mois de la grossesse, les seins étaient hypertrophiés, le ventre fortement développé, les règles suspendues. La malade affirmait sentir les déplacements du fœtus. A l'examen la matrice était vide. C'était une veuve qui avait eu des relations avec un homme d'un certain âge, qui était disposé à l'épouser en cas de grossesse;
des rétractions fibro-tendineuses pouvant survenir à la longue dans les muscles en état de contracture;
et même un certain degré d'atrophie musculaire en cas de paralysie prolongée.
Manifestations d'ordre psychique .
Il est généralement admis jue, au sortir d'une attaque convulsive, quelles qu'en soient d'ailleurs l'intensité et la durée, l'hystérique n'a pas perdu complètement le souvenir de ce qui s'est passé pendant la crise. C'est là d'ailleurs un des caractères différentiels, des plus importants, entre la crise hystérique et la •crise épileptique car, dans cette dernière, la perte de la conscience a été totale. Cette conservation du souvenir varie d'ailleurs considérablement d'un malade à l'autre. Elle prouve en tout cas que, pendant la crise hystérique, il y a conservation de la conscience. Ce qui prouve d'âîtreurs que la perte de connaissance n'existe pas, •c'est que, même au beau milieu de la crise, on peut obtenir de la malade qu'elle exécute les ordres qu'on lui donne. Il en était ainsi dans le cas de crise hystérique dont nous avons parlé plus haut. Un autre exemple remarquable concerne une stigmatisée, que nous avons eu l'occasion d'observer une fois, il y a une dizaine d'années. Il s'agissait d'une jeune campagnarde d'une vingtaine d'années qui, tous les vendredis à 5 heures du matin, tombait en catalepsie et présentait des stigmates au front. Le jour où nous l'avons visitée nous l'avons trouvée dans son lit, en état de catalepsie, les membres inférieurs en extension, les bras en croix sur la poitrine, un chapelet entre les doigts. Elle avait sur le front des taches rouges ressemblant à du sang coagulé. Il m'a été interdit de la soumettre à un examen médical, tout ce que j'ai pu constater, c'est qu'elle ne réagissait pas à la piqûre d'une épingle. Après avoir affirmé à la malade que je savais très bien {[u'elle m'entendait, et lui avoir donné l'ordre formel d'exécuter les ordres que
j'allais lui donner, j'ai ordonné de me donner le chapelet, d'ouvrir les yeux, de plier les jambes. Malgré mes instances, je n'ai pa obtenir aucune réponse. La mère et la sœur présentes à l'examen déclaraient d'ailleurs, à haute voix, que la malade n'entendait rien. J'étais allé voir cette stigmatisée à la demande de son confesseur, qui en avait informé la malade. L'idée m'est venue alors de formuler mes ordres de la façon suivante : « je sais cjue vous m'entendez, vous devez m'obéir, vous avez promis à votre confesseur de faire tout ce que je vous aurais demandé, donnez-moi ce chapelet! ». Sur le-champ, par un mouvement brusque d'automate, le chapelet mest tendu, je répète l'ordre : « Ouvrez les yeux l. ouvrez les yeux! « Je n'obtiens aucune réponse. « Vous avez promis à votre confesseur de faire tout ce que je vous aurais demandé, ouvrez les yeux! » Sur-le-champ les yeux s'ouvrent.
Sur le coup de midi, la malade se jette hors du lit sur le sol, elle se relève puis retombe et cela par trois fois, reproduisant ainsi les trois chutes de Notre-Seigneur. Après quoi elle reste étendue sur le dos, les bras en croix. Dans cette position encore, elle exécute les ordres que je lui donne, chaque fois que j'emploie l'heureuse formule magique. Je l'ai quittée à ce moment. Quand je suis revenu une heure plus tard, elle était sortie de son état de catalepsie et se trouvait paralysée au lit.
Pendant la crise h3^stérique il n'v a donc jamais perte de la conscience. C'est là un point important dont le médecin doit bien se pénétreTj afin d'empêcher que des paroles imprudentes ne soient prononcées pa,r lui ou par l'entourage de la malade, et qui pourraient constituer pour cette dernière une suggestion inconsciente. Bien plus, il y a tout lieu de croire c|ue pendant la crise il y a hyperesthésie généralisée, même pour les organesdes sens, de telle sorte que les malades perçoivent dans cet état des bruits, des gestes, des mouvements, des contacts qui, dans les conditions normales, n'arriveraient pas dans le champde la conscience.
Si au sortir de la crise, l'amnésie de ce qui s'est passé pendant la crise paraît complète, cela ne prouve pas encore qu'il y a eu perte de la conscience, mais uniquement un dédoublement de la personnalité, car on sait par expérience que si on parvient à mettre ces malades dans l'état hypnotique et à leur faire souvenir de la crise, la mémoire revient.
Amnésie. L'amnésie est d'ailleurs une manifestation psychique fréquente de l'hystérie, qui peut exister comme telle, c'est à-dire comme seul phénomène hystérique. Il résulte de^ce fait (]ue les.
récits faits par ces malades peuvent être incomplets ou contradictoires et les faire soupçonner de simulation ou de mensonge, alors (|ue tout doit être attiibué à une amnésie temporaire.
[.'amnésie hystéri(iue survient cependant le plus souvent après une ou j)lusieurs attaques convulsives. Au lieu d'être temporaire elle [)eut être de lon^jue durée. L'amnésie peut être systématisée^ se rapportant à un groupe de souvenirs ou à une personne déterminée, ou à un événement particulier. Les paralysies hystéri(jues ne sont peut-être rien d'autre cjue la consé(]uence de l'oubli momentané des images, d(\s mouvements nécessaires j)our faire mouvoir les membres.
L'amnésie peut être localisée, et se rapporter à tous les souvenirs ac(|uis pendant une période déterminée de la vie, soit antérieure à la crise (amnésie rétrograde), scjit au moment de la crise ou à celui qui l'a suivie immédiatement.
L'amnésie peut aussi être (générale, se rapportant à toute la vie passée.
Une autre forme de troubles de la mémoire consiste dans le fait que les souvenirs ne semblent pas se fixer dans le cerveau, et disparaissent, en apparence du moins, avec les objets qui les ont fait naître. C'est ainsi (ju'une de nos malades se C(jmpoitait, lors d'une visite, comme si toute image surgissant dans son cerveau y disparaissait sur-le-champ, sans laisser de trace; elle oubliait à cliaciue instant ce (ju'elle venait de voir, de dire, d'entendre, de sentir le moment précédent.
Il est cependant à remar(]uer (jue cette amnésie hystérique n'amène aucun trouble dans le fonctionnement cérébral, pas plus que l'anesthésie hystérifjue n'entraine de; trouble dans la vie somatique.
Nous avons dit, en parlant de l'anesthésie hystéri(]ue, (pie nous dev(jns admettre que les impressions cutanées arrivent jusque •dans l'écorce cérébrale, et règlent la vie ordinaire de l'individu sans ([ue ces sensations arrivent dans le domaine de la conscience. De même pour l'amnésie hystêricjue, tout porte à faire croire <}ue les souvenirs s'amassent et se conservent dans les cellules cérébrales, mais que le malade, pour un motif ou par un mécanisme fjui nous échappe, est incapable de les faire revivre. Il se trouve d'une façon plus ou moins permanente dans la même disposition que certains étudiants ciui, au moment de l'examen, subjugués par la crainte de ne pas réussir, sentent en (lueUjue sorte le vide se faire dans leur cerveau, et n'ont plus aucune conscience des souvenirs cjue le travail intellectuel de tous les jours
y a laissés ; ou comme l'orateur novice qui, obligé de dire quelques phrases à une réunion de famille, phrases qu'il a longuement préparées et apprises par cœur, sent, au moment où il se lève, sa mémoire l'abandonner complètement comme si une éponge avait brusquement effacé dans ses cellules cérébrales tout ce que lentement et péniblement il y avait accumulé. Ce qui prouve bien que, dans les cas d'amnésie hystérique, les souvenirs se sont réellement conservés, c'est qu'on peut souvent les faire revivre dans l'état d'h3"pnotisme ou de somnambulisme provoqué, absolument comme la mémoire revient chez l'étudiant lorsqu'il a quitté la table de l'examinateur.
Aboulie. A côté de l'amnésie h3^stérique on peut rencontrer, comme manifestation psychique, un affaiblissement de la volonté connu sous le nom d^aboiiiie, soit de Vaboidie motrice ou difficulté pour apprendre à exécuter un nouveau travail, soit de V aboulie intellectuelle, difficulté ou incapacité de fixer l'attention.
Les malades atteints d'aboulie intellectuelle écoutent une conversation sans l'entendre, lisent une page sans la comprendre, et cela parce que le sens du mot à peine éveillé en eux disparaît et s'efface.
Suggestibilité. Ce q^ui caractérise encore l'hystérie, c'est V extrême siiggestibilité non seulement à l'état de veille, mais surtout pendant les crises. La plupart des hystériques acceptent avec une extrême facilité toutes les idées qu'un tiers, en qui ils ont confiance ou bien qui leur en impose, leur suggère et cela sans qu'ils aient conscience de la suggestion faite.
Comme accidents d'ordre psychique on peut voir survenir : 1° des angoisses ou des états anxieux. Ces états peuvent constituer le début d'une crise convulsive, ou former à eux seuls tout l'accès. Beaucoup de malades se plaignent, en effet, d'une angoisse brusque qui les saisit, accompagnée de palpitations cardiaques et de sensation de pesanteur dans la région du cœur;
2° du délire hallucinatoire, accès de durée variable pendant lequel le malade, sous l'influence d'hallucinations les plus variées qu'il prend pour des réalités, semble se débattre contre elles, et traduit extérieurement cette lutte par ses grimaces, ses gestes et toute sa façon d'être.
Marche, durée, terminaison.
Le début de l'affection peuLêtr^jent eL-insidieux à la suite d'une sériÊji!émotions morales légères se renouvelant à plusieurs reprises sans être suivies^ de manifestations réactionnelles. Il est le plus souvent brusque surtout à la suite d'une émotion morale
intense. La durée est variable. Il y a des malades qui ne présentent, pendant toute leur vie, que des symptômes subjectifs; d'autres présentent, à côté de ces S3^mptômes, une ou deux crises; d'autres, au contraire, présentent des crises qui se renouvellent avec une fréquence variable pendant des années.
La caractéristique de toutes les manifestations h^^stériques, c'est qu'elles peuve nt disparaître b r u squement quelle que soit leur gravité apparente. De la disparition d'un symptôme alarmant, on ne peut toutefois pas conclure à la disparition ou à la guérison de l'hystérie. Celle ci peut, en effet, revenir sous une autre forme à l'occasion de la moindre émotion morale. C'est là un fait qui ne doit pas surprendre, si l'on ne perd pas de vue que l'hystérie ne consiste pas dans les symptômes apparents, mais qu'elle constitue une maladie, une maladie psychique, une maladie des centres nerveux supérieurs dont le symptôme objectif momentané, quel qu'il soit, ne constitue qu'un accident ou une manifestation.
Diagnostic.
Le diagnostic est facile dans le plus grand nombre des cas surtout quand les accidents sont multiples ou qu'ils portent en eux-mêmes la caractéristique de l'affection.
Dans les cas légers, sans crises convulsives, où les symptômes subjectifs existent seuls ou bien dans les cas d'hystérie monosymptomatique, le diagnostic peut présenter les plus grandes difficultés.
Dans tous les cas, le diagnostic doit se faire par exclusion. Il faut tout d'abord considérer le symptôme apparent comme pouvant être dû à une affection organique et, par conséquent, examiner attentivement le malade et explorer tous ses organes pour rechercher si le diagnostic d'affection organique est possible. Si ce diagnostic est contredit par les faits, on doit penser à la possibilité de l'hystérie et rechercher alors s'il n'existe pas des symptômes caractéristiques du côté de la sensibilité qui viennent confirmer le diagnostic ou bien si la malade n'a pas présenté antérieurement soit des crises convulsives soit d'autres symptômes plus démonstratifs de l'hystérie.
Si le diagnostic d'affection organique s'impose de par les lésions que l'examen médical a permis de mettre en évidence et si, en plus, le malade présente des manifestations qui sont incontestablement de nature hystérique, il faut bien se garder de rejeter le diagnostic d'affection organique, car une personne hystérique peut être atteinte d'affection organique aussi bien (ju'une personne
normale et ce n'est pas parce qu'elle est hystérique que tous les troubles qu'elle peut présenter doivent être attribués à la grande névrose. C'est là un fait capital qu'on fait bien de ne jamais perdre de vue. Nous nous rappelons avoir été appelé à examiner une malade âgée de 60 ans atteinte depuis plusieurs années de paraplégie spastique, que de nombreux médecins avaient considérée comme étant de la paraplégie hystérique et cela parce que, pendant de longues années, la malade avait présenté de nombreuses manifestations hystériques. Elle avait été envoyée et soignée dans divers sanatoriums pour paraplégie hystérique. Moi-même j'avais été appelé uniquement dans le but d'influencer son état psychique et de guérir sa paraplégie par suggestion indirecte. Mon examen m'a fait conclure à l'existence d'une paraplégie organique, probablement par tumeur intrarachidienne, ce que l'intervention opératoire est venue complètement confirmer.
Nous avons vu que l'hystérie peut simuler ou reproduire la plupart des symptômes caractéristiques des diverses affections ■organiques des centres nerveux. Il semblerait donc, a priori, que l'examen des symptômes en eux-mêmes ne peut pas beaucoup contribuer au diagnostic dans un cas donné. Ici, plus que dans aucune autre affection, il faut tenir compte plus de l'ensemble des symptômes présents et passés que d'un symptôme déterminé. Il existe cependant certains troubles organiques qui n'ont jamais été observés dans l'hystérie et dont la présence permet donc d'exclure à coup sur la névrose; ce sont, parmi beaucoup d'autres, des lésions du nerf optique visibles à Tophtalmoscope, l'abolition du réflexe pupillaire à la lumière, une paralysie monomusculaire des muscles extrinsèques des globes oculaires, l'abolition du réflexe rotulien, les modifications caractéristiques de la réaction de dégénérescence, l'hémianopsie persistante, etc.
Les affections organiques qui pourraient présenter quelques difficultés au point de vue du diagnostic sont essentiellement : la sclérose en plaques au moins aussi longtemps qu il n'y a pas de lésion du nerf optique, mais le tremblement intentionnel que l'hystérie pourrait imiter varie alors d'un moment à l'autre et augmente par les émotions;
la tumeur cérébrale aussi longtemps qu'il y a absence de papille de stase, mais les maux de tête dans l'hystérie n'affectent pas l'état général au même point que la céphalée véritable de la tumeur cérébrale ;
la lésion transversale complète ou incomplète de la moelle, soit par myélite, soit par compression entraînant de la paraplégie spastique
OU flasque; mais dans l'hystérie il n'y a jamais d'incontinence, mais toujours de la rétention par spasme; de plus, les troubles de la sensibilité cutanée ne correspondent pas aux troubles moteurs. De plus, dans le mal de Pott, la douleur est limitée à une ou deux vertèbres, tandis que dans l'hystérie la rachialgie intéresse toute la colonne vertébrale qui est sensible à la pression et à la percussion sur toute sa hauteur.
Le diagnostic différentiel qui offre souvent le plus de difficulté est celui entre une attaque épileptique et une attaque hystérique, surtout lorsque la crise n'est pas franche et que le médecin n'a pas assisté à la crise. Xous avons vu antérieurement les caractères différentiels sur lesquels on peut se baser et dont les deux les plus importants sont incontestablement Vabolition du réflexe pupillaire à la lumière qui est constante dans l'épilepsie et qui est exceptionnelle bien que possible dans de rares cas d'hystérie, et encore \d, perte de la conscience qui est totale dans l'épilepsie au point que, après la crise, quelle que soit son intensité ou sa durée, le malade ignore complètement ce qui s'est passé.
Pronostic.
Le pronostic est favorable, quelle que soit la nature de l'accident, bien que l'hystérie comme telle guérisse rarement. Tous les syrn2t^ômes Jiy^téri^ues sont lîonc^usceptibles^ de guéris^n, soit spontanément, soit sous l'influence du traitement médical. La guerison sera d'autant plus rapide que le symptôme est plus récent, la confiance dans le médecin plus grande, le désir de guén^^plus sincère .
Les attaques convulsives sont assez tenaces. Les contractures durent généralement très longtemps.
Traitement.
Pour que le traitement soit efficace, il faut que le médecin soit bien pénétré de l'idée que l'hystérie est une maladie psychique et que toutes ses manifestations ont leur origine non dans les organes périphériques dans lesquels elles se produisent, mais dans le~cerveau où elles s'élaborent. Il est donc tout à fait irrationnel de traiter l'organe siège de la manifestation hystérique. Le traitement symptomatique ne peut se faire que pour autant que l'on puisse par là satisfaire le malade. Le seul traitement efficace doit être moral ou Psychique^ quelle que soit la forme sous laquelle gii 1 'applique.
Pour que ce traitement puisse donner les meilleurs résultats, le médecin doit tout mettre en œuvre pour gagner avant tout la
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confiance de ses malades. Dans ce__but^il doit les écouter attentiyemeiitjians l'exposé de leurs souffrances, reconnaître ces dernières comme existant en réalité et bien se__garder__de Jes considérer comme imaginaires. La douleur et les angoisses sont des symptômes subjectifs dont le malade seul peut affirmer l'existence, le médecin, quelque profonde que soit sa conviction sur l'origine psychique de ces souffrances, n'a pas le droit de les déclarer non existantes. Il doit donc les accepter telles que le malade les lui décrit, et si, alors, après un examen attentif, il déclare que tout ce dont lejnajade se plaint et dont il a reconnu la réalité, la gravité et j/étendue peut js^uérir, il aura déjà fait un grand pas vers la g;uérison promJse.
Dans le traitement ultérieur il doit s'efforcer d'être logique avec lui-même et avec les paroles qu'il a prononcées.
Contre les symptômes subjectifs, il devra donc recourir à uji traitement interne. On j^eut donner e^ prescrire tout ce qu'on veut, à la condition de ne jamais oublier que la parole, qui accompagne la recette, est seule efficace et que le médicament n'est là que pour rappeler au malade l'espoir de guérison que le médecin a fait naître. Il est donc inutile de prescrire des médicaments violents. Des pilules de micapanis ou des poudres de sucre blanc~serônt souvent plus efficaces poui^combattre une douleur ou vaincre une insomnie quejes analgésiques ou les hypnotiques les. plùs"VioIênts, à la condition de bien insister sur Ja^ valeur thérapeutique du médicament prescrit et d'indiquer exactement le nombre de pilules ou de poudres que l'on ne peut pas dépasser.
Contre les symptômes objectifs d'ordre moteur (aphonie, paralysie, tremblement, hoquet, etc.), un traitement externe est indispensable. Le malade comprendra mieux, dans ces conditions, l'utilité d'un traitement appliqué directement contre le symptôme qui constitue à ses yeux toute la maladie.
U électricité, sous n'importe quelle forme, mais surfont sous forme de brosse faradiq ne, fera le plus d'effet, à la condition que le traitement soit institué par le médecin lui-même^ dont la parole pourra suggérer l'amélioration progressive.
En cas de contracture on aura plutôt recours au massage et aux mouvements passifs que__le médecin devra également exécuter 1 unnême afin d'en augmenter l'influence suggestive .
Au moment des crises convulsives, il faut s'abstenir de toute intervention, tout au plus peut-on recourir à une pression dans les régTons ovariques en affirmant à haute voix que cette manœuvre fera cesser la crise. Quelque violente que soit d'ailleurs cette
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dernière, l'essentiel est de ne pas perdre son sang-froid, d'écarter du malade les parents ou les amis qui pourraient s'inquiéter et par leurs paroles ou leurs cris augmenter ou prolonger la crise.
Dans lès cas^'h3'stérie grave ou quandTaccident ne cède pas au traitement institué, il faut recourir à Visolement.
En dehors des crises, il faut instituer un traitement général^ l'hydrothérapie, et prescrire des tonifiants (arsenic, fer).
S'il est difficile de dire tout ce que l'on peut faire, il est plus facile et plus important dè~dirë~ce qu'il ne faut pas faire. Il y a quatre choses dont il faut surtout s'abstenir :
\2l violence^;
la inorphine :
les interventions opératoires : pas d'appareils plâtrés ;
pas de sections de tendons ; pas d'interventions sur les organes génitaux, à moins d'indications absolument indiscutables;
les visites fréquentes , que le malade soit traité à domicile ou dans un établissement spécial.
Lejnédecin doit tout mettre en œuvre pour localiser le niai, mais le localiser sur un organe sans importance.
Si vous guérissez un accident hystérique par une intervention opératoire, vous n'avez pas guéri l'hystérie et vous avez fixé dans le cerveau de votre malade l'effet curatjf des opérations chirurgicales. A l'avenir elle viendra vous demander une intervention ' opératoire pour tout accident hystérique, vous aurez créé chez elle Vobsession de^l'intervention opératoire.
Une question se pose encore, c'est la valeur du bromure. Comme l'hystérique présente des crises cbnviîTsrv^es plus ou moins analogues à l'épilepsie, on donne également ]^^j<B£dansJ'hystérie. C'est irrationnel. Le K Br calme l'irritabilité de l'écorce. Dans l'hystérie, cette irritabilité corticale n'existe pas. L'hystérie£st psychique ; le K Br ne peut donc avoir d'effet. Il peut même servir de diagnostic différentiel entre l'hystérie et répilepsie.