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LES MALADIES PAR CARENCE ET L'ÊRE EXPÉRIMENTALE

C'est à propos du béribéri que les auteurs entreprirent résolument de solutionner le problème aux clartés de l'expérimentation.

C'est Eykman qui, le premier, en 1897, soumettant des poules, des canards et des pigeons à une alimentation exclusive par le riz poli, constate chez ces animaux, après une période d'amaigrissement et de cachexie, l'apparition de troubles nerveux se rapprochant beaucoup de ceux observés chez l'homme, en particulier une paralysie des pattes, puis des ailes, bientôt suivie d’une contracture permanente des muscles du cou. Des accidents cérébraux analogues à ceux des expériences de Flourens, viennent parfois s'ajouter à cette Polyneurilis qallinarum. Les animaux dans cet élat meurent au bout de douze ou vingt-quatre heures. À l'autopsie, on trouve des lésions identiques à celles du béribéri. Si à Ja nourrilure de ces animaux.on ajoute du paddi, c'est-à-dire le tégument des graines éliminé par le polissage, les accidents n'apparaissent pas.

En 1900, Fraser et Stanton, expérimentant sur des poules, arrivent aux mêmes résultats. Nous avons vu

qu'ils incriminent l'insuffisance des phosphates dans la genèse des accidents.

Les recherches se multiplient; nous devons citer entre autres les travaux de Gryns (1901-1909), pour qui le béribéri est une maladie de la nutrition due à l'absence, dans les aliments, de substances indispensables au métabolisme propre des nerfs périphériques ; les recherches de Holstet Frolich (1909), qui étudient les effets de la stérilisation à très haute température sur la nourriture des animaux en expérience.

D'ailleurs, on ne secontente plus d'exprimenter avec des graines décortiquées : c'est avec toutes sortes d’aliments que les auteurs effectuent leurs recherches : des choux, des betteraves, des pommes de terre, jusqu’à de la viande sont successivement employés après avoir subi une soigneuse stérilisation et de ces recherches découlent les mêmes conclusions. D'autre part, ce n’est plus seulement sur les oiseaux que portent les expériences, mais sur des lapins, des rats, des chats. Chose assez curieuse, tandis que: chez les oiseaux les troubles constatés sont plutôt du type béribérique, chez les mammifières, on observe de préférence des lésions osseuses assez analogues à celles du scorbut.

. Hopkins (1912; prend des jeunes rats qu'il divise en deux lots et auxquels il donne uniformément une nourriture très polymorphe, composée de caséine, d’amidon, de saccharose, de saindoux et de sels minéraux, le tout dans des proportions déterminées. L'un des lots reçoit en outre 3 cm°de lait par jour, dose comme nous le voyons insignifiante et représentant en calories un apport nutritif tout à fait négligeable. Or, les animaux de ce dernier lot doublent rapidement de poids, tandis que Îles autres succombent avec des syplômes de polynévrite.

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Fait très intéressant, les animaux malades se remettenb assez rapidement par l'injection d'extrait aqueux de paille de riz ou par l’ingestion de ce déchet.

Vernon L. Andrews. en 1912, cherchant à élucider la nature et la pathogénie du béribéri infantile, constate que la mère qui nourrit l'enfant présente presque constamment des symptômes plus ou moins accusés de béribéri. On peut préserver ou guérir l'enfant soit en supprimant le sein et en lui donnant une nourriture artificielle, soiten modifiant le régime alimentaire de la mère. Le lait maternel doit donc ici être mis en cause; d’ailleurs de jeunes chiens, nourris avec ce lait, meurent avec des symptômes très net de béribéri.

L'étude des particularités cliniques de la carence alimentaire expérimentale devait être poussée très loin, par MM. Weill et Mouriquant grâce, à une analyse rigoureuse des manifestations pathologiques présentées par les animaux soumis à leurs expériences.

Ces auteurs étudient, d’abord sur le pigeon, les effets d'une alimentation exclusive par des céréales et des légumineuses décortiquées et stérilisées. Les troubles apparaissent avec une régularité quasi mathématique et offrent un parallélisme frappant avec certaines manifestalions cliniques humaines.

Le pigeon carencé présente des troubles de la nutrition, des manifestations cutanées, enfin des troubles nerveux.

Les premiers consistent en une diminution de l’appétit, qui survient une dizaine de jours après le début de l'expérience : lPappétit revient, d'ailleurs, très vite si on donne au pigeon une petite quantité de graines cortiquées. Les selles sont d'aspect très variable, aqueuses, à colora-

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