‹ Les maladies qu'on soigne à BerckChapitre 48 sur 60 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Coxalgie.

Sommaire : La lre question des parents qui vous amènent un enfant coxalgique est celle-ci :

TABLE DES MATIÈRES

Vous guérirez mon enfant, n’est-ce pas ?

La 2* question : Vous le guérirez sans boiterie ?

La 3e question : Lui conserverez-vous ses mouvements ?

On peut répondre oui à la lr° question.

On guérira certainement tout coxalgique qui viendra au début de la maladie.

On guérira même tout coxalgique qui, venu longtemps après ce début, se présente avec des déviations et même des abcès, pourvu que ces abcès ne soient pas ouverts.

On guérira même souvent ceux qui arrivent avec des abcès ouverts mais pourvu qu’ils n’arrivent pas trop tard, c’est-à-dire lorsque déjà cette ouverture a produit des infections septiques et des dégénérescences viscérales.

On les guérira, mais à la condition de les traiter par des méthodes conservatrices (antisepsie et injections modificatrices) et non par la résection de la hanche qui doit être absolument proscrite.

Quant à guérir le malade sans boiterie, avec des mouvements, on le peut quelquefois, si le coxalgique nous arrive à la toute première période, au premier signal de la maladie, sans attitude vicieuse.

En ce cas on le soignera par le repos absolu dans la position couchée sans appareil plâtré ; si la guérison se fait trop attendre il est permis de chercher à la hâter en faisant dans sa hanche quelques injections modificatrices avec de Fiodoforme ou de la créosote dans l’huile d’olives.

Si le coxalgique n’est arrivé qu’à la période des attitudes vicieuses ou si malgré le traitement précédent une attitude vicieuse s’est produite, les chances de guérir en conservant les mouvements de la hanche sont petites.

Ou plutôt il n’y a plus que des chances très petites de sauvegarder à la fois la bonne attitude et la mobilité de la hanche ; or entre deux jambes dont l’une est raide mais sans déviation et l’autre mobile mais avec une attitude vicieuse, la première est préférable et assure beaucoup mieux la correction de la marche.

Comme les chances sont petites d’unir la mobilité et la

bonne attitude, et qu’en recherchant la première on peut compromettre la seconde, je conseille toujours, pour l’hôpital et d’une manière générale pour les coxalgies de la ville, de mettre l’enfant dans mon grand appareil plâtré (que j’ai décrit longuement dans mon livre de la coxalgie).

Cependant si les familles en ville désirent qu’on essaie de tout sauvegarder et de conserver la mobilité, on peut essayer d’atteindre ce résultat parfait.

En ce cas, le malade est au repos complet dans la position couchée ; on corrigera son attitude vicieuse par l’extension continue ; il faut être organisé pour surveiller ce traitement du matin au soir, sans quoi on se refusera même à l’entreprendre, car il échouera sûrement sans cette surveillance incessante. En outre en se rendant au désir des parents on leur déclarera que si après 6, 8, 10 mois, il est démontré -qu’on ne peut pas arriver à obtenir à la fois une correction de la déviation et une mobilité de la jointure, il faudra en venir à l’appareil plâtré que l’on n’abandonnera plus.

Pour corriger la déviation lorsqu’on use de l’appareil plâtré (qui est le traitement de l'immense majorité des cas) l’on procédera en plusieurs étapes si la déviation est trop rebelle; l’on s’en tiendra chaque fois à la correction que donnent sous la résolution chloroformique des manœuvres douces et très courtes. Car je crois que les longues et violentes manœuvres de redressement ne vont pas sans entraîner quelque risque d’ino- Culation (et de méningite par cette inoculation), surtout dans les coxalgies très douloureuses.

On pourrait encore ici faire des injections modificatrices préalables dans la jointure, pour supprimer ou atténuer tout au moins la virulence des fongosités.

Mon grand appareil plâtré, comme je l’ai montré le premier, est le remède héroïque, souverain dans les coxalgies douloureuses qui résistent aux autres traitements.

I/appareil plâtré conserve des jambes solides, en bonne attitude et assure de bonnes guérisons. On n’en saurai

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dire autant, d’une manière générale, de l’extention continue.

L’appareil plâtré' a donc marqué un très grand progrès dans le traitement de la coxalgie.

Les abcès et les fistules de la coxalgie se guérissent par les moyens conservateurs que nous avons fait connaître ailleurs.

La résection de la hanche est une opération malfaisante, elle doit être proscrite ; car elle ne guérit pas généralement et mutile toujours.

Pendant la convalescence, si le malade a guéri en bonne attitude avec des mouvements, on le fera marcher sans appareil.

S’il a guéri avec une jambe raide et qu’il ait tendance à se dévier, il faut ie faire marcher avec un petit appareil plâtré inamovible, allant de l’ombilic au-dessus du genou, et plus tard avec un appareil amovible en celluloïde qui permet les massages quotidiens.

Lorsque sans rechute véritable, l’attitude paraît se compromettre longtemps après la guérison, il faut, par des tractions faites quotidiennement à l’aide de poids et de poulies appliqués dans le sens indiqué par la déviation, corriger celle-ci petit à petit.

C’est une affaire d’attention et d’ingéniosité de la part des parents à qui l’on confie la surveillance de ces tractions et de ces pesées.

Que ferons-nous contre les ankylosés que laisse la coxalgie ?

Les ankylosés en mauvaise atlitude doivent être traitées.

Si elles sont fibreuses, elles seront corrigées en plusieurs étapes, en s’aidant de la rupture des tendons adducteurs par des pressions digitales faites à travers la peau.

Les ankylosés complètes ou à peu près complètes seront corrigées par une ostéotomie sous-cutanée faite, avec un ciseau a froid coupant le col au ras de l’os iliaque. Cette ostéotomie se fait en deux ou trois minutes. C’est la seule qui n’entraîne aucun risque.

Si l’ankylose est en bonne position, il ne faut pas y toucher, même si les parents demandent la mobilisation, à moins que la jambe n’ait une longueur et une muscula-

ture normales, ce qui est bien rare et ce qui ne se voit que lorsque la raideur s’est produite dans une coxalgie bénigne après quelques mois seulement de traitement.

Dans le cas contraire (muscles iaibles et raccourcissement), la mobilité pourrait être obtenue, mais aux dépens de la correction dans la marche.

Le malade arriverait à s’asseoir plus facilement mais boiterait d’une manière plus disgracieuse et le bénéfice serait négatif. Jjj . 237

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