Leabhar sgeulaigheachta, pp
c'était son habitude, et elle de se mettre à soupirer : & Hélas! sans moi à l'Ouest! » Mais aussi vite qu'il la trouva ainsi occupée, il sortit, et chanta ce quatrain pour l'imiter et la tourner en
dérision :
Hélas! sans moi à l'Ouest, hélas! sans moi à l'Ouest! L'endroit où la chèvre est attachée à une courroie, La tête de la vieille sur le billot 1
Et de la fiente de poule sur sa mâchoire.
La lecon lui suflit, et je garantis qu'il n’entendit plus : « Hélas! sans moi à l'Ouest! » sortir encore de sa bouche, aussi longtemps qu'ils furent en vie.
Les trois questions ?.
Il y avait trois orphelins, et le roi les prit avec lui. C’étaient les enfants de la sœur du roi. Is furent chez lui jusqu’à ce qu'ils devinssent des adolescents. Le roi avait un beau jardin. Le roi ne devait jamais mourir que si on lui posait trois questions qu’il pe pourrait résoudre.
Il se promenait dans le jardin un jour où il faisait beau. Quand il fut fatigué de marcher, il s’assit. Il tomba dans un profond sommeil. Il rêva que ce seraient les trois jeunes gens qui étaient chez lui qui le tueraient. Il les bannit. Ils partirent pour l'éviter. Le roi envoya sa garde à leur poursuite. Quand ils virent la garde s'approcher : — « Eh bien, » dit le plus âgé, «allons nous battre dans ce bois, et quand le roi arrivera, nous prétendrons que nous nous battons, en sorte que nous lui poserons trois questions qu'il ne pourra résoudre. »
Le roi les vit se battre et entra dans le bois pour les séparer. — « Pourquoi vous battez-vous? » dit le roi. — « C’est au sujet
1. C'est-à-dire que la vieille à un billot pour oreiller. 2, Ce conte a été recueilli dans le comté de Donegal.
ar san righ. — « Is i dtaoïibh na coille seo, atämaoid troïid, » ar san fear budh $ine aca, « d'fàig m'athair an choill seo agamsa, crion agus glas. » Dubhairt an dara fear gur fàg a athair an oiread aige-sean — « Cad é ’n chaoi a bhfuigfeadh sé dadamh
agad-sa, agus an choill uile fâgäilt aige se0? — Cad é an chaoi ar” fag sé an oiread agad-sa? » — « Is cuma liomsa cad é an
chaoi ar’ fig sé aige é, d’ fag sé a raibh cam agus direach agam. » Ar san triomhadh fear : « d’ fag sé oiread agamsa le ceachtar aca. » — « Cad é an chaoi ar’ fig sé agadsa? d’ fig sé a raibh crion agus glas ag an fear budh sine; d’ fag sé a raibh cam agus direach ag an dara fear, cad é an chaoï bhfuigfeadh sé dadamh agadsa? » — « Tà! Innsidh mé sin duit, d’ fag sé agam a raibh faoi ’n talamh agus os a chionn. »
Dubhairt an righ : « Nil fios agam cia agaibh a dtriur a ndeunfaidh mé an choill d6, acht cia b’é air bith agaibhé is sinne, deunfaidh mé an choill do. » — « Tà mise », ar fear aca. — « Cad é an aois agadsa? ÿ — « Tà mé chomh sean go bhfuair me län slüip de räsüir, nior phronn mé aon cheann aca, nior chaïll mé aon cheann aca, acht a gcathadh uile go léir ag baint na feusoige dhiom. » — « Tà mise chomh sean leis, » dubhairt an dara fear. — « Cad é an aois agadsa? Ni thiucfadh leat bheith chomh sean leis an fear üdi. » — « Tà mé chomh sean, go bhfuair mé lucht sluip de mheurachäin, nior chaill mé ceann aca, nior phronn ceann aca, acht a gcathadh uile go léir ag täilliuracht. > — « Tä mise chowh sean leis, » ar san triomhadh duine. — « Cad é an chaoï a dtiucfadh leatsa bheith chomh sean leosan? Cad é an aois atà agad? > — « Fuair mé lucht slüip de snäthadaibh cruaidhe, nior chaïll mé ceann aca, agus nior phronn mé ceann aca, acht à gcathadh lig go léir ag corughadh mo chuid eudaigh. »
« Nil fios agam, » dubhairt an righ, « cé agaibh a ndeunfaidh mé an choill do; acht cé agaibh is gasta? >» — «Tä mise, » dubhairt an cheud fear. — « Cad é an ghastacht thiucfadh leat a dheunamh? » — « An beathach is gasta rith ariamh, chuirfinn crüdh air, agus é air a râsa. >» — « Tà mise chomh gasta leis, » ar san
CONTES IRLANDAIS MODERNES. 105 de ce bois-ci, que nous nous battons, » dit le plus âgé d’entre eux. « Mon père m'a laissé ce bois-ci, le sec et le vert. » Le second dit que son père Jui en avait laissé autant. — « Comment, » dit le roi, « comment aurait-il pu t'en laisser un brin, et laisser le bois tout entier à celui-ci? Comment t'en-a-t-il laissé autant? » — « Peu m'importe comment il le lui a laissé, il m'a laissé à moi ce qui était courbe et ce qui était droit. » Le troisième dit: « Il m'en a laissé à moi autant qu'aux deux autres. » — « Comment te l’a-t-il laissé? I] à laissé ce qui était sec et vert à l'aîné; il a laissé ce qui était courbe et droit au second, comment aurait-il pu t'en laisser un brin? » — « Si, je vais te le dire; il m'a laissé ce qui était dessous et dessus le sol. »
Le roi dit : «Je ne sais auquel de vous trois attribuer ce bois, mais quel que soit le plus âgé d'entre vous, c’est à celui-là que j'attribuerai le bois. >» — « C'est moi, » dit l’un. — « Quel âge as-tu ? » — « Je suis si vieux que je me suis procuré plein un sloop de rasoirs ; je n’en ai pas donné un, je n’en ai pas perdu un, mais je les usés tous sans exception à me couper la barbe. » — « Je suis aussi vieux que lui, » dit le second. — « Quel âge as-tu? Tu ne peux pas être aussi vieux que cet homme-là. » — « Je suis si vieux que je me suis procuré plusieurs sloops remplis de dés ; je n’en ai pas perdu un, je n’en ai pas donné un, mais je les ai usés tous sans exception à faire des vêtements. » — « Je suis aussi vieux que Jui, » dit le troisième. — « Comment pourrais-tu être aussi vieux qu'eux ? Quel âge as-tu ? >» — « Je me suis procuré plusieurs sloops pleins d’aiguilles d’acier, je n’en ai pas perdu une, et je n’en ai pas donné une, mais je les ai usées toutes sans exception à arranger mes habits. » |
—- « Je ne sais pas, » dit le roi « auquel de vous j’attribuerai
le bois; mais quel est le plus actif d’entre vous? » — « C'est moi, » dit le premier. — « Quel tour d'activité pourrais-tu faire? » — « La bête la plus rapide qui ait jamais couru,
je la ferrerai pendant qu'elle court, » — « Je suis aussi
dara fear. — « Cad éan ghastacht thiucfadh leatsa a dheunamh? » — « Dà mbeidhadh teach fada agad, leag bonn a dhà thaobhbhalla, agus a dhä bhinn; nà fàg ’nna seasamh acht ceithre coirnéil : lion län eunach dä chuid an chnuic: thiucfainn thart air na ceithre coirneul chomh gasta, nach leigfinn aon cheann amach nach mbéarfainn air. » — « Tä tu gasta, » dubhairt an righ. — « Tä mise chomh gasta leis, » ar san triomhadh fear. > — « Nior bhféidir duit bheith chomh gasta ; cad é an ghastacht a thiuc{adh leat a dheunamh? — « Tabhair leat mäla chluimh go dti an cnoc is airde; sgaoi]l amach é là gaoithe moire ; chruinneôchainn iad, agus ni chaillfinn aon cheann amhäin d'à raibh ann san mäla. »
« Ni] fios agamsa, » ar san righ, « cia aca a ndeunfaidh mé an choill dô, acht cia b’é air bith agaibhis fallsa. » — « Tà mise, » dubhairt an cheud fear. — « Ni féidir a radh go bhfuil tusa fallsa agus tu chomh gasta a'’s bhi tu air ball! cadéan fallsacht is m6 a dheunfä? » — « Dä bhfägfaidhe mé ’mo luidhe i sean-teach suithche, ni leigfeadh m° fallsacht mo süil a dhruid, go dtuitfeadh braon süitche asteach ann mo $ûil agus go ligh-
feadh sé ant-sûil as mo cheann. 3» — « Täà mise chomh fallsa leis, » ar san dara fear. — « Cad éan fallsacht a thiucfadh leatsa a dheunamh? » — « Däi bhfägfaidhe mé mo luidhe ann äit a
raibh tri bheallach casta air a chéile, luidhfinn air chül mo chinn, agus ni leigfeadh m'fallsacht dam corrughadh go dtiucfadh na cartacha air mo mhullach agus go marbhfadh siad mé. » — « Tà mise chomh fallsa leis, » ar san triomhadh duine. — « Cad é an fallsacht a thiucfadh leatsa a dheunamh? >» — « Dà bhfigfaidhe me mo $easamh ag taoibh chruaiche mhôna, cuir teine ann a ceann, agus ni leigfeadh m’ fallsacht dam corrughadh. » |
— « Nil fios agam cia agaibh a ndeunfaidh mé an choill
actif que lui, » dit le second. — « Quel tour d'activité pourrais-tu faire? » — « Si tu avais une maison longue et que tu jettasses par terre la partie inférieure des deux murs et les deux pignons; si tu ne laisses debout que les quatre angles, si tu remplis les deux tiers de la colline ! plein d'oiseaux; je tournerai autour des quatre angles si rapidement que je n’en laisserai pas un sans l’attraper. — « Tu es actif, » dit le roi. — < Je suis aussi actif que lui, » dit le troisième. >» — Il n'est pas possible que tu sois aussi actif; quel est le tour d'activité que tu pourrais faire? >» — « Emporte avec toi un sac de plume jusqu’à la colline la plus élevée; dissémine-les un jour de grand vent; je les rassemblerai et je ne perdrai pas une de celles qui étaient dans le sac. »
— « Je ne sais pas, » dit le roi, « auquel de vous j'attribuerai le bois, mais je l’attribuerai à celui d’entre vous, n'importe lequel, qui est le plus indolent, 3 — «C'est moi, » dit le premier. — « Tu ne peux pas dire que tu es indoleni toi qui étais si actif à l’instant même. Quel est le plus grand acte d’indolence que tu accomplirais? > — « Si on me laissait coucher dans une vieille maison en suie, mon indolence ne me permettrait pas de fermer l'œil, en sorte qu’une pincée de suie tomberait dans mon œil et qu'elle ferait couler mon œil hors de ma tête. » — « Je suis aussi indolent que lui, » dit le second. — « Quel est l’acte d’indolence que tu accomplirais? > — « Si on me laissait me coucher dans un endroit où seraient trois chemins embranchés les uns sur les autres je me coucherais sur le derrière de ma tête et mon indolence ne me permettrait pas de bouger jusqu’au moment où les voitures passeraient sur ma tête et me tueraient. » — « Je suis aussi indolent que lui, » dit le troisième. — « Quel est l’acte d’indolence que tu accomplirais? » — « Si on me laissait me tenir à côté d’un monceau de tourbe, mets-y le feu et l’indolence ne me permettrait pas de bouger. »
— « Je ne sais auquel de vous attribuer le bois. » Il ne put
1. Sans doute à l’intérieur de l'enceinte formée par les murs de la maison.
dô. » Ni thäinig leis na tri ceiste d’ fuasgailt agus thuit sé as a seasamh. Fuair sé bäs. Chuaïdh an triuür air ais. Bhi siad ’nna gcomhnuidhe i gcuirt an righ.
Caiïlleach na fiacla fada agus an mac righ !.
Bhi righ 1 gConnacht à bhfad 6 soin. Bhi sé bliadhain agus fiche pôsta, gan aon duine cloinne do bheith ag an mbainrioghain, agus saoil sé nach mbeidheadh aon oidhre aige.
Bhi sé siubhal amach aon là amhäin, nuair thâinig fairrge mhér uisge timchioll air. Ni raibh fios aige creud do dheunfadh sé, nuair thäinig cailleach chuige agus dubhairt : « Cad tà tu ag jarraidh? » — « Slighe éigin a bhéarfas amach as an äit se mé, » ar san righ. — « Béarfaidh mise amach thu, » ar san Chailleach, « maà thugann tu dham do mhac is sine. » — « Ni ‘ aon mhac agam, » ar san righ, « tà mé bliadhain agus fiche posta, agus ni cosmhuil go mbéidh aon oidhre agam anois. » — « Tabhair d’ focal dam go dtiubhraidh tu dham do cheud mhac nuair a bhéidh sé bliadhain agus fiche d’aois, » ar san chailleach. — « Bheirim m' focal duit, » ar san righ.
Annsin, do tharraing an chailleach meuracän amach, agus rinne bäd dé. Chuaidh si féin agus an righ asteach ’sa’mbäd, agus tharraing an chailleach dà fiacail amach agus rinne maididh ramha dhiobh. D'oibrigh si iad i féin, agus nior bhfada go dtug si an righ tar an uisge. D’imhigh an righ abhaïile lionta d'iongantas.
Nior bhfada go raibh mac 6g ag an mbainrioghain. D’fàs an mac righ suas, ’nna fear Jûthmhar Jäidir, go raibh sé bliadhain agus fiche d’aois. Thäinig brôn mor air an righ, mar bhi fios
1, Leabhar syeulaigheachta, pp. 144-148.
résoudre les trois questions et il tomba de son haut !. Il mourut. Les trois frères revinrent. Ils demeurèrent à la cour du roi.
La vieille aux longues dents et le fils du roi :.
Il y avait un roi en Connaught, il y a longtemps. Il était marié depuis vingt et un ans, sans que la reine eût eu un enfant, et il pensait qu'il n'aurait pas d'héritier.
Un beau jour il se promenait quand un océan d’eau vint l’entourer. Il ne savait que faire quand une vieille vint à lui et lui dit : « Que cherches-tu? » — « Une route qui me conduise hors d'ici, » dit le roi. — « Je te conduirai hors d'ici, » dit la vieille, «si tu me donnes ton fils aîné, > — « Je n’ai pas un seul fils, » dit le roi, «il y a vingt et un ans que je suis marié, et il n’est pas vraisemblable que j'aie maintenant un héritier. » — — « Donne-moi ta parole que tu me donneras ton premier fils quand il aura vingt et un ans d'âge, » dit la vieille. — « Je te donne ma parole, » dit le roi.
Alors, la vieille ôta son dé à coudre et en fit un bateau. Elle et le roi entrèrent dans le bateau ; la vieille se tira deux dents et en fit des rames. Elle les fit manœuvrer elle-même, et elle ne mit pas longtemps à faire traverser l'eau au roi. Le roi retourna chez lui, plein d’étonnement.
Peu de temps après, la reine eut un fils. Le fils du roi grandit et devint un homme vigoureux et fort, en sorte qu'il atteignit l’âge de vingt et un ans. Un grand chagrin s’empara du roi, car