‹ Les Malouins à terre-neuveChapitre 2 sur 22 · MONSIEUR LE MINISTRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE MINISTRE

> J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre dépêche » du 2 mai courant.

» Nous possédons dans les Archives communales, un certain » nombre de pièces fort intéressantes concernant la pêche de la » morue à Terre-Neuve, où les Malouins ont, depuis une époque » fort éloignée, envoyé un grand nombre de navires. Je fais » analyser ces documents, dont quelques-uns remontent à 1615, » et vous expédierai, sous quelques jours, le résultat de ce » travail.

» La création de la Chambre de commerce de Saint-Malo date » de 1728 seulement ; il est donc peu probable qu’elle possède » des documents relatifs à la pêche de Terre-Neuve, antérieurs » au traité d'Utrecht.

> Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de > mon profond respect.

» Le Maire, Conseiller général d'Ille-et- Vilaine,

» (Signé) Louis MARTIN. »

Je me mis incontinent à l’œuvre, et, après avoir dépouillé un nombre considérable de documents de toutes sortes ayant trait à l'exploitation des pêcheries de Terre-Neuve, j'arrivai à ce résultat d'acquérir la certitude que Terre-Neuve, en tant que lieu de pêche, avait été fondée par nos pères, et que les Malouins exerçaient une souveraineté sur toute l'étendue du littoral de l'ile.

Lorsque j'eus soigneusement analysé toutes les pièces que J'avais sous les yeux, en me reportant à la carte marine de l'île de Terre-Neuve, pour y retrouver les havres et baies dont il était question dans ces pièces, je rédigeai un rapport que le maire adressa au Ministre, et dont il lui fut accusé réception dans les termes suivants :

« Paris, le S juin 1891.

> Monsieur le Maire, j'ai l'honneur de vous accuser réception » de l’intéressant mémoire que vous m'avez envoyé, le 26 mai

» dernier, relativement aux pêcheries et établissements francais » de Terre-Neuve.

» Je vous remercie de l’empressement que vous avez bien » voulu mettre à répondre à la demande que je vous ai adressée » au nom de mon collègue des Affaires étrangères.

» Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération

» très distinguée.

» Le Ministre de l'Instruction publique et » des Beaux-Arts,

» (Signé) Léon BourGEo1is. »

M. Martin me fit aussitôt part de cette lettre, en me disant, avec cette courtoisie dont il avait le secret, que c'était à moi qu'elle s’adressait, et m'invita à prendre copie de toutes les pièces concernant cette affaire, pour en faire tel usage qu'il me conviendrait. ..

C'est lui qui m’engagea à prendre part, avec ce rapport, au concours littéraire de « la Pomme, » en 1891, où j'obtins une médaille grand module.

Après avoir communiqué à plusieurs personnes compétentes le résultat de mes recherches concernant l'action malouine à Terre-Neuve, j'ai, sur leurs conseils, consenti à publier ce travail qui, je l'espère, intéressera toute la population maritime de nos côtes, dont chaque famille compte un ou plusieurs membres parmi ceux qui se livrent au dur métier de pêcheur de morues.

HARVUT.

Avril 1893.

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