‹ Les mammifères de la province de QuébecChapitre 23 sur 97 · Genre ARCTOMYX, Schreber · texte numérisé non relu

Genre ARCTOMYX, Schreber

Ces animaux sont de taille assez forte ; le corps est lourd et trapu ; les jambes sont courtes ; les ongles sont adaptés pour creuser dans le sol ; la tête est large et aplatie ; les abajoues sont peu développées : la queue est plutôt courte, aplatie et touffue ; les oreilles petites.

Arctomyx monax, (Linné).

I/a Marmotte du Canada.

Pelage entremêlé de noir brunâtre, de gris et de fauve. avec le sommet de la tête, le devant des pattes et la queue d'un noir brunâtre, mélangé quelquefois de grisâtre ; le dessous du corps variant du roux jaunâtre au brunâtre ; les oreilles arrondies et ordinairement grisâtres. Longueur, ij\.}4 ; queue, 63|.

La Marmotte, que Ton nomme communément Siffleur^ se rencontre dans l'est de l'Amérique du Nord, jusqu'à la Baie d'Hudson au nord. Elle se plaît particulièrement dans les endroits recouverts

de roches, sur le versant des montagnes ou des petites collines, à la lisière des bois, dans les champs et même dans la forêt. Quoiqu'elle s'apprivoise très bien en captivité, elle est pourtant très farouche à l'état sauvage ; elle ne sort de son trou qu'avec beaucoup de prudence, elle en inspecte les alentours, se dresse sur ses pattes de derrière, écoute et regarde de tous côtés afin de s'assurer que tout est tranquille dans son canton, et, si rien ne décèle la présence d'un ennemi, elle se décide alors à aller à la recherche de sa nourriture, sans toutefois s'éloigner trop de son gîte, afin de pouvoir y entrer au moindre danger.

La Marmotte vit de bourgeons de diverses sortes, de feuilles, d'herbes de toutes espèces ; mais sa nourriture favorite est le trèfle. Elle ne dédaigne pas non plus les céréales, voilà pourquoi on la rencontre fréquemment dans les prairies et les champs cultivés. Lorsqu'elle mange, elle s'assied sur son train de derrière, dans une position verticale.

La Marmotte, à l'encontre des autres espèces de sa famille, ne grimpe pas ou, si elle le fait, ce n'est que bien maladroitement et sur les branches inférieures des arbres seulement ; là elle se tapit pour y demeurer des heures quand elle n'est pas dérangée. Elle habite un terrier qui est presque toujours situé sur le versant de quelque montagne ; l'entrée en est ordinairement sous une roche ou entre les racines d'un arbre. Ce trou varie dans sa direction ; il est d'abord creusé obliquement en montant, puis il

prend une direction horizontale pour se continuer jusqu'à une vingtaine de pieds en décrivant une courbe quelconque, pour se terminer en un élargissement ou chambre d'environ un pied de diamètre ou plus. C'est dans cette chambre, tapissée de feuilles et d'herbes sèches, que la Marmotte vit isolée ou par couple, et dans laquelle elle dort durant l'hiver, enroulée sur elle-même, le nez entre les pattes de derrière et la queue ramenée sur ces dernières. La galerie principale peut avoir deux ou plusieurs couloirs latéraux, dans lesquels elle dépose ses excréments.

Lorsque la Marmotte est surprise elle laisse échapper un sifflement aigu, fort et strident, qui choque l'oreille ; de là vient le nom de Siffleur qu'on lui donne.

Elle met bas de quatre à six petits, de bonne heure en été.

La Marmotte sort aussi bien le jour que la nuit ; elle passe souvent la plus grande partie de la journée à dormir à l'entrée de sa demeure, se chauffant au soleil. Lorsqu'elle est attaquée, elle se défend courageusement et ses morsures sont considérables. On la capture facilement au moyen de pièges tendus près de son trou.

Une sous-espèce A. m. canadensis^ (ErxIv.) se verrait depuis Québec et l'ouest d'Ontario vers le nord ; elle serait plus petite et à pelage plus foncé.

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