Genre TAMIAS, Illiger
Dos ayant de trois à cinq bandes noires ; queue plus courte que le corps, non touffue ; abajoues très développées ; oreilles de grandeur nio3'enne ou petites ; corps plus trapu que dans les espèces qui suivent.
Tamias striatus, (Linné).
Le Tamias rayé.
Pelage d'un jaune roux, passant au grisâtre sur les épaules et le dCvSsus du cou ; cinq bandes longitudinales noires se voient sur le dos, les trois du centre sont séparées par deux bandes grises ; les deux dernières, par une bande
Vig. II. — L,e Tamias rayé.
blanche sur chaque côté du corps ; le dessous de ce dernier est blanchâtre ; la queue est noirâtre, mélangée de roux clair ; une bande blanche se voit au-dessus et au-dessous de l'œil.
Ce gentil petit animal, que l'on nomme vulgairement le Suisse, est commun dans presque toutes nos forêts ; la beauté de son pelage, ainsi que la légèreté et la vivacité de ses mouvements, en font un des plus jolis mammifères de nos régions boisées. Il habite un terrier qu'il creuse sous des souches, des troncs d'arbres renversés, sous des amas de branches et autres endroits où il puisse se trouver en sûreté. D'ordinaire il ne grimpe pas, mais lorsqu'il est poursuivi par un animal, s'il ne peut trouver de trou pour se cacher, il grimpe sur un arbre, à une certaine distance de terre ; mais dans cette position, il se trouve si mal à l'aise que souvent il commence à descendre lors même qu'on le guette encore, et c'est alors qu'il tombe dans la gueule de son ennemi qui l'attend au pied de l'arbre.
Le Suisse est curieux ; il aime à se rendre compte de ce qui se passe autour de lui ; mais au moindre bruit, il court se réfugier au milieu des broussailles, dans un trou ou autres endroits. Lorsqu'il est surpris, il jette un cri que l'on peut traduire par ces notes : Chip^ /r, r, r, r, puis il se sauve avec toute la rapidité dont il est capable.
L'automne est pour ce petit animal l'époque du travail ; aussi avec quelle activité transporte-t-il dans ses magasins les provisions qu'il y amasse pour la saison de l'hiver. L'observateur peut alors le voir se diriger prestement et avec une certaine satisfaction vers son trou, les abajoues distendues et remplies de graines, souvent de grain volé dans les.
champs voisins, lorsque la forêt ne lui en fournit pas suffisamment. La quantité de graines qu'il s'amasse est considérable, souvent beaucoup plus qu'il ne peut en consommer durant l'hiver. Non content d'en remplir les chambres de son terrier, il fait encore des amas ailleurs, sous des feuilles sèches, des racines, etc., pour les oublier la plupart du temps. Ces provisions consistent en glands, faînes, noix, noisettes, céréales et autres. Tard à l'automne, il ferme l'entrée de son terrier et passe l'hiver à l'intérieur, sans souci du froid et des ouragans qui se déchaînent au-dessus de lui ; il n'en sort qu'au printem.ps suivant.
On dit qu'en captivité le Suisse devient morose et méchant. Il ronge tout et mord au moindre agacement et il ne vit pas longtemps ainsi privé de sa liberté. Il met bas en mai de quatre ou cinq petits.
Ses ennemis sont les petits carnassiers, les oiseaux de proie et les renards. On le capture facilement au moyen de trappes ou de pièges.
Comme les teintes de ce petit animal varient, on en a fait deux variétés, dont la sous-espèce, lysteri (Richardso7i)^ serait celle qui habite l'est et le nord de l'Amérique ; elle est de coloration plus pâle et de taille plus forte.