Sous-famille MELIX
Molaire de la mâchoire supérieure très grosse, sub-triangulaire, tuberculeuse ; ongles des doigts antérieurs très allongés, disposés pour fouir ; doigts non-rétractiles.
Ces animaux ont une démarche presque rampante ; leurs habitudes sont nocturnes ; ils ne grimpent pas ; ils se creusent des terriers. La longueur démesurée des ongulés des doigfts antérieurs les distinguent facilement des autres espèces de cette famille.
Genre TAXIDEA, Waterhouse.
Formule dentaire. — i. ''-^ c. ~ pm. ^—^ m. ^^
Corps court et trapu, bas sur jambes ; pelage long et lâche ; queue très courte.
Taxidea araericana, (Boddaert).
I<e Blaireau d'Amérique.
Pelage variant, comme chez beaucoup d'autres animaux, suivant l'âge et les saisons ; ordinairement grisâtre, plus foncé sur le dessus de la tête ; cette dernière est séparée dans le sens de sa longueur par une bande blanche ; le dessous du corps est blanchâtre, lavé parfois de gris ou de fauve ; la tête en dessous est blanche jusqu'aux yeux ; les jambes et une tache en avant de l'oreille, noirâtres ; la couleur grisâtre est le résultat d'un mélange de poils noirâtres, de blancs, de gris ou de fauves. Longueur, 22 ; queue, 5.
On assigne à cet animal, comme habitat dans les Etats-Unis, depuis le Wisconsin jusqu'au Texas, à Touest jusqu'au Pacifique et, dans l'ouest de l'Amérique britannique, jusqu'à la Baie d'Hudson à l'est, et vers le nord.
Le Dr Hall mentionne cet animal dans sa liste des mammifères du district de Montréal, (i) et c'est sur son autorité que je l'inclus parmi les mammifères de la province.
Fig. 27.— I,e Blaireau d'Amérique.
Le Blaireau est un animal aux habitudes nocturnes, dormant le jour dans son terrier et n'en sortant que la nuit pour chercher sa nourriture, laquelle consiste en œufs d'oiseaux qui nichent à terre, en petits serpents, insectes, et surtout en petits mammifères. Le petit rongeur qui s'enfonce dans sa retraite souterraine n'est pas toujours à l'abri de la dent meurtrière du Blaireau. Ce dernier le poursuit,
(i) Cayiadian Nat. GeoL Vol. VI, p. 294.
élargit très vite avec ses pattes le trou dans lequel le petit animal s'est caché, et il parvient alors à s'en emparer.
lyC Blaireau est doué d'une grande force musculaire comparativement à sa taille, aussi, à l'exception de riiomme, n'a-t-il pas d'ennemis à redouter dans ce pays, car il est de force à résister aux attaques des loups et des renards. Mais c'est un animal timide qui préfère, par mesure de prudence, se cacher dans son terrier, plutôt que de s'exposer à un combat inégal où les chances de succès lui paraissent douteuses. Toutefois, il ne manque pas de courage lorsqu'il est traqué de près, ou que sa retraite est coupée ; il se bat alors avec autant d'ardeur que de force, et il faut que son assaillant soit d'une grande capacité pour le vaincre, car il offre une résistance opiniâtre, ne calculant ni la valeur ni le nombre de ses ennemis, et les blessures qu'il fait sont sérieuses.
Au sujet de la force du Blaireau, Sir J. Richardson nous dit que deux jeunes gens forts essayèrent un jour de sortir un de ces animaux hors de son terrier, dans lequel il n'avait que la moitié antérieure du corps d'engagé ; les jeunes gens le tenaient par les pattes de derrière et par la queue, et quelques efforts qu'ils fissent, ils ne purent jamais réussir à le tirer de là (i).
Le même auteur, parlant de l'hibernation de cet animal dans l'Amérique britannique, depuis no-
(i) Richardson, Fauna Boreali-Americana. London, 1829. Vol. I, P- 39-
vembre jusqu'à avril, ajoute que, comme l'ours, le Blaireau ne semble pas perdre beaucoup de sa graisse durant cette période d'engourdissement puisqu'il en sort gras au printemps. Cependant Audubon, qui en a gardé un en captivité, dit qu'il ne paraissait pas vouloir s'endormir, bien qu'il fut séquestré dans un endroit assez froid pour faire geler l'eau qu'on lui donnait.
Comme le Blaireau est constitué pour la vie souterraine, et qu'en réalité il passe une grande partie de son existance dans son terrier, on ne connaît encore que bien imparfaitement ses habitudes.
On dit que la femelle met au monde trois ou quatre petits au printemps.
On capture le Blaireau au piège ou avec une trappe, en y plaçant un rat ou autre petit animal comme appât.
Le Blaireau est très rusé et déjoue souvent les plans du trappeur ; il retourne les pièges, les détend, puis il mange l'appât. De bonne heure au printemps, lorsque la terre est encore gelée, on peut le faire sortir de son trou en y versant de l'eau.