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Genre CASTOR, Linné.
Mêmes caractères que ceux de la famille.
Castor Canadensis, KuxL.
Le Castor du Canada.
Corps épais, massif, plus gros en arrière qu'en avant ; pieds courts, Surtout ceux de devant. Pelage épais, d'un brun roux, plus foncé en dessus, Longueur, 30; queue, 19.
Le Castor était autrefois très commun et se ren- Contrait dans toute l'Amérique du Nord, depuis le Mexique jusqu'aux extrêmes limites du bois au nord ; mais la chasse à Outrance qu’on lui a faite de tout temps pour sa fourrüre, en a énormément dimi. nué le nombre, et l’a même fait disparaître totale. ment de plusieurs localités du Canada, comme de la république voisine. Une autre cause qui contribue aussi, pour une large part, à son extinction graduelle ainsi qu’à celle de tous nos animaux des bois, est la disparition petit À petit de nos forêts. Toutefois cet animal est encore assez Commun dans certaines parties boisées de la province.
Les Castors sont des animaux nocturnes et socia. bles ; ils vivent en famille dans des cabanes qu'ils construisent au bord des Cours d'eau. Ils érigent aussi des écluses qui, de tout temps, ont fait l'admiration des personnes qui les ont vues.
Lorsqu'une colonie de Castors a choisi un cours d'eau sur le bord duquel elle peut ériger une cabane et trouver en même temps des matériaux pour la construction d'une écluse, afin de donser
Fig. 10.—Les Castors chez eux,
à l’eau une Plus grande Profondeur et un uiveau Plus égal, chacun se met à l’ variant de cinq à huit quefois beaucoup plus, qu’ils sont tom Puis ce dernier six pieds de longueur, eau où elles sont implant utre, dans des trous de la rivière.
ères végéta- Par les branches Souvent racine et Poussent des Tameaux. Si un accident survient À la digue, celle-ci est réparée la nuit suivante, car les Castors ne travaillent que la nuit, Il arrive
Quand le-travail de la digue est terminé, chaque
famille s'occupe de la construction d’une cabane
‘assez spacieuse pour la contenir, c’est sur une des rives en amont de l’écluse qu'elle sera érigée ; elle est souvent située si près de l’eau qu’une partie de sa base se trouve submergée. Cette cabane est construite avec des morceaux de bois, des branches,-de la mousse et de la boue, et offre ordinairement l’apparence d’un four ; elle est assez résistante pour bravet la pluie et les vents les plus impétueux.
Sous cette hutte, une ou plusieurs galeries obliques sont creusées et s'ouvrent sous l’eau, de sorte que ces animaux sont en communication constante avec l'élément qui est en quelque sorte toute leur vie. Cette cabane peut atteindre une hauteur de quatre à huit pieds et un diamètre de neuf à douze pieds. Klle est assez spacieuse pour: contenir un couple avec quelques petits ; il est rare qu’on en trouve un plus grand nombre réunis dans Ja même retraite.
Chaque Castor occupe un lit sur lequel il vient se reposer et dormir ; il est fait d'herbes sèches ou plus souvent de l'écorce fibreuse d'arbres rendue très molle par le froissement. Ces lits sont placés les uns à côté des autres et disposés en cercle près des parois intérieures de la cabane, le centre étant laissé libre. é
Quelques auteurs prétendent que les cabanes de Castors sont souvent construites au-dessus de l'eau. Elles sont alors bâties sur une espèce de pilotis, et
: l'un, entière.
ment sous l’eau, contient les amas de provisions pour l’hiver, et l’autre, situé au-dessus du niveau de l’eau, : un trou, et à l’eau par un autre orifice percé au centre de la cabane.
Il ne faut pas croire que les cabanes de Castors, Pas plus que leurs digues, sont construites avec symétrie, d'après un plan uniforme ; au contraire, tous les matériaux qui entrent dans leurs Constructions sont entassés pêle-mêle, sans ordre, et n'offrent de régularité que juste cé qu'il faut Pour que le but soit atteint. C’est ]à tout ce qu'ils demandent et tout ce qu’ils sont capables de faire,
Les Castors sont des animaux très propres et très actifs en même temps. Ils vont souvent visiter leurs digues afin de s'assurer que tout est dans l’or-
« C'est un fait sir parmi les Castors il
truire des cabanes, des arbres pour la provision d'hiver, Ceux qui sont laborieux battent ces Paresseux et les forcent à s’6. loigner, leur Tongeant parfois une portion de la queue ou les blessant sur une partie quelconque du COrps.
« Ces Castors au piège
'ils ont faim, ils e la nourritüre et sont procuré, pour
« Ils ne font jamais de digues ; ils habitent quelquefois cinq ou sept ensemble, et ce sont tous des mâles. 11 n'est pas du tout improbable que ces infortunés animaux ont, comme dans le cas des mâles de bien d’autres espèces d'animaux, été entraînés à se battre avec d'autres de leur sexe, et qu'après avoir été vaincus et chassés de leur demeure commune, ils sont devenus oisifs Par nécessité, Les Cas. tors laborieux, au contraire, vivent ensemble, mâles, femelles et jeunes, » (1)
Le Castor est un animal
(1) Audubon, Quairupeds Of NA. Vol 1, D. 352 (s)
de
avec lui tous ceux qui se trouvent dans les alentours. Cet animal n'a pas beaucoup d’ennemis à redouter, à part l'homme, car ses dents sont des armes terribles qu’il sait utiliser au besoin,
Le Castor se nourrit de l'écorce de divers arbres et arbustes, entr'autres du bouleau, du peuplier et du saule ; il affectionne anssi les racines de certaines Plantes aquatiques, comme celles des nénuphars qui croisent dans nos lacs. Il s'amasse pour l'hiver des provisions de branches grosses et petites, des espèces d'arbres ci-haut mentionnées, qu’il accumule sous l'eau, à proximité ou dans sa cabane, et dont il ronge l'écorce à loisir durant l'hiver.
La femelle met bas en avril ou mai de trois ou quatre petits. Le Castor prend quelques années avant d'atteindre son entier accroissement.
On le capture au moyen de pièges tendus sous l'eau avec des branches de peuplier ou de bouleau comme appâts, et dans cette circonstance il se noie ; mais si on lui tend des pièges sur le sol, et s'il s’y prend par une patte, presque toujours il la coupe avec ses dents pour recouvrer sa liberté,
plus un pouce rudimentaire : les postérieurs par cinq doigts; le front est large et aplati ; les yeux sont saillants et vifs ; la queue est assez longue, toujours velue et souvent touffue,
À l'exception des Polatouches, tous sont diurnes ; leur nourriture consiste principalement en fruits durs, tels que noix, faînes, noisettes, céréales ; quelque&uns cependant vivent d'herbes ; la plupart sont armés dongles forts et acérés ; ceux-là grimpent avec prestesse. et passent leur vie sur les arbres, ne descendant à tesre que rarement ; d'autres demeurent constamment syr le sol et habitent des terriers.
Les espèces arboricoles sont, sans contredit, les plus gaies et les plus agiles de tous les Mammifères.
L Genre AROTOMYX, Schreber.
Ces animaux sont de taille assez forte ; le corps est lourd et trapu ; les jambes sont courtes ; les ongles sont adaptés pour creuser dans le sol ; la tête est large et aplatie; les abajoues sont peu développées : la queue est plutôt courte, aplatie et touffue ; les oreilles petites.
Arctomyx monax, (LANNÉ).
La Marmotte du Canada.
Pelage entremêlé de noir brunâtre, de gris et de fauve, avec le sommet de la tête, le devant des pattes et la queue d'un noir brunâtre, mélangé quelquefois de grisâtre ; le dessous du corps variant du roux jaunâtre au brunâtre : les oreilles arrondies et ordinairement grisâtres. Longueur, 144 ; queue, 6.
La Marmotte, que l’on nomme communément Sifleur, se rencontre dans l'est de l'Amérique du Nord, jusqu'à la Baie d'Hudson au nord. Eile se plaît particulièrement dans les endroits recouverts
Sos
de roches, sur le’ versant des montagnes ou des petites collines, à la lisière des bois, dans les champs et même dans la forêt. Quoiqu’elle s'apprivoise très bien en captivité, elle est pourtant très farouche à l'état sauvage ; elle ne sort de-son trou qu'avec
” beaucoup de prudence, elle en inspecte les alentours, se dresse sur ses pattes de derrière, écoute et regarde de tous côtés afin de s'assurer que tout est tranquille dans son canton, et, si rien ne décèle la présence d'un ennemi, elle se décide alors à aller À la recherche de sa nourriture, saps toutefois s'éloigner trop de son gîte, afin de Pouvoir y entrer au moindre danger.
La Marmotte vit de bourgeons de diverses sortes, de feuilles, d’herbes de toutes espèces ; mais sa nourtiture favorite est le trèfle. Elle ne dédaigne pas non plus les céréales, voilà Pourquoi on la rencontre fréquemment dans les prairies et les champs cul. tivés. Lorsqu'elle inange, elle s’assied sur son train de derrière, dans une position verticale.
La Marmotte, à l'encontre des autres espèces de sa famille, ne grimpe Pas ou, si elle le fait, ce n'est que bien maladroitement et sur les branches inférieures des arbres seulement ; 1à elle se tapit pour y demeurer des heures quand elle n'est pas dérangée. Elle habite un terrier qui est presque toujours situé sur le versant de quelque montagne ; l'entrée en est ordinairement sous une roche ou entre les racines d’un arbre, Ce trou varie dans sa direction ; il est d'abord creusé ‘obliquement en montant, puis il
prend une direction horizontale Pour se continuer jusqu’à une vingtaine de pieds en décrivant une courbe quelconque, pour se termi: en un élargissement ou chambre d'environ ur pi:d de dixmètre ou plus. C'est dans cette chambre, tapiscée de feuilles et d'herbes sèches, que la Marinctte vit isolé, ou par couple, et dans laquelle elle dort durant l'hiver, enroulée sur elle-même, le ue: entre les pattes de derrière et la queue rame ec sir ces deruières, La galerie principale peut avoir deux ou plusieurs couloirs latéraux, dans lesqu:1: elle dépose ses excréments.
Lorsque la Marmotte est surprise elle laisse échap. per un sifflement aigu, fort et strident, qui choque l'oreille ; de 1à vient le nom de Siffleur qu'on lui donne. ve
Elle met bas de quatre à six petits, de bonne heu. re en été.
La Marmotte sort aussi bien le jour que la nuit ; elle passe souvent la plus grande partie de la journée à dormir à l'entrée de sa demeure, se chauffant au soleil. Lorsqu'elle est attaquée, elle se défend courageusement et ses morsures sont considérables. On la capture facilement au moyen de pièges tendus près de son trou.
Une sous-espèce 4. #». canadensis, (ERXL.) se verrait depuis Québec et l’ouest d'Ontario vers le nord ; elle serait plus petite et à pelage plus foncé,