‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 47 sur 84 · FAMILLE CERVIDÆ, CERFS, ELANS · texte numérisé non relu

FAMILLE CERVIDÆ, CERFS, ELANS

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Ces animaux sont bien caractérisés par la forme particulière de leurs prolongements frontaux qui prennent un développement plus ou moins considérable. Ces bois ou Cornes sont pleins sur toute leur longueur, et portent des ramifications ou andouillers plus ou moins nombreux : ils tombent annuellement et sont rempla ‘3 par d'autres qui, dans les premiers temps de leur croissance, sont revêtus d'une peau recouverte de poils courts; cette peau finit par se dessécher et tomber après quelques mois ; le

panache a alors atteint son entier accroissement, Ces bois sont l'apanage exclusif des mâles, à l'exception toutefois de quelques espèces où ils sont communs aux deux sexes, Un large espace existe entre les incisives et les molaires, Cependant un bourrelet cailleux remplace les incisives ‘ supérieures qui manquent : les pieds sont terminés par deux doigts enfermés séparément dans un sabot ;: et en arrière se trouvent deux petits ergots, vestiges de doigts latéraux ; le cou est bien développé et musculeux ; les Yeux sont grands et expriment la douceur ; des larmiers . . Presque toujours extérieurement au-dessous de œil.

Les Cervidés, de même que les bœufs et les moutons domestiques, ont la faculté de ramener dans la bouche, pour les mâcher de nouveau, les. aliments qu’ils ont déjà avalés une première fois, c’est ce que l’on appelle ruminer ; à cet effet, ils sont pourvus de quatre estomacs qui ont reçu les noms de Sanse, de bonnet, de feuillet et de catllette. Le premier et le plus grand des estomacs est la Panse, qui reçoit les aliments grossièrement concassés par une première mastication ; de ]à, ces aliments passent dans le bonnet où ils sont imprégnés d’un liquide sécrété Par ses parois ; puis, transformés en petites pelottes, ils remontent dans la bouche pour subir une dernière mastication, et enfin, descendent de nouveau dans l’æsophage en pénétrant de suite dans le feuillet, puis dans la caillette, qui correspond à l'estomac des autres mammifères,

et dont les parois sécrètent un liquide analogue au suc gastrique.

Ces animaux sont presque tous de grande aille ; leur corps est élancé, leurs mouvements sont aisés et leur course rapide. Ils vivent en troupeaux dans les grandes forêts ; ils sont d’un caractère timide, ce qui contribue à lerr faire aimer la solitude.

L Genre ODOCOILEUS, Rafinesque.

Taille ordinaire ; panache chez les mâles seulement et plutôt petit que grand, à ramures dirigées en avant ; queue plutôt longue; museau petit avec un large espace nu au bout ; oreilles grandes.

Odocoileus americanus, (ERXLEBEN).

Le Cerf d'Amérique. S

Pelage fauve ou châtain roux en été, avec le dessous du corps blanc, depuis le ventre jusqu'à l'extrémité de la queue en dessous, ainsi que le dedans des jambes antérieures ; en hiver le poil est plus long et plus fourni; il est d'un roux grisâtre supérieurement. Longueur, 4 pieds 6 pcs ; queue, 1 pied.

Les jeunes sont roux canelle avec taches de blanc sur tout le corps.

Le Cerf d'Amérique, communément nommé C#evreutl, est certainement le plus élégant et le plus beau des grands mammifères qui peuplent nos forêts. On le rencontre dans l'est des Etats-Unisjet du Canada ; mais dans notre province, son parcours géogr: phique ne s'étend pas aussi loin que celui de son voisin ie caribou ; il ne paraît pas dépasser la limite nord du fleuve St-Laurent en bas de Québec. Il était autrefois t:ès commun sur toute cette étendue de l'Amérique du Nord ; aujourd’hui on l'y ren-

€ nouveau en mai fu recouvre tombe, c'es plet accroissement.

«Le Cerf de Virginie, i udubon, est un animal nocturne, mac :

Prairies, et ]à o Matin et l’ap Il ne se repose « Dans les contrées de ] tinuellement chassé, i] ne quitte

gîte avant Je Coucher du soleil.

Plus souvent en été o

ier et pousse le velouté qui le

U au printemps qu’en hiver,

“ Dans les pays où cet animal est l’objet de poursuites incessantes, il laisse le chasseur approcher de son gîte plus près que 1à où il est peu chassé. Il reste couché, non qu’il dorme, mais Par crainte de se montrer et dans l’espoir d'échapper à l'œil de son ennemi. J'en ai vu qui étaient couchés, les jambes de derrière ramassées, prêts à Sauter, les oreilles rabattues sur la nuque, les yeux ne quittant pas l’importun, Dans ce cas le chasseur ne peut espé- Ter un succès qu'en tournant lentement l'animal, sans faire semblant de l’apercevoir, et en tirant subitement, pendant qu’il est encore dans son gîte. Avant d'avoir été Poursuivi, le cerf cherche, à l’approche du chasseur, à s'échapper en glissant dans le fourré.

{ La démarche du cerf de Virginie est variable. Lorsqu'il court, il baisse la tête, avance silencieusement et avec Prudence, en agitant continuellement la queue et les oreilles. L’individu le plus fort conduit la bande, les autres le suivent un à un ; Tarément on en voit deux de front. Quand ces animaux ne sont pas effrayés, ils vont lentement et au pas. Surpris mais non épouvanté, le cerf saute deux ou trois fois en l'air, et retombant avec une sorte de maladresse apparente sur trois jambes, se retourne vers l'endroit suspect, lève sa queue blan. che et l'agite. Puis, il fait quelques bonds, tourne la tête de côté et d'autre, et cherche ce qui a pu le troubler. Tout cela s'exécute avec une élégance qu'on ne peut assez admirer,

“Si, par Contre, l'animal gîte, un objet de terreur, la tête et la queue étant ten que le resie du corps,

aperÇoit, étant dans son il s'élance rapidement, dues dans Ja même ligne et parcourt ainsi plusieurs centaines de Pas, comme s’il voulait rivaliser de vitesse avec un cheval de course. M Pas cette allure; plus d’ <t dépassé par un Cavalier heure de chasse,

les joindre. Sur les côtes du sud, et pressé par les chiens s’élance dans les flots, s'éloi.

Sue à un ou deux milles du rivage, et revient ensuite d'ordinaire à l'endroit d’où il est parti.

du pied et Soupirait de

(1) Audubon. Voy. Brehm. Les Mammifères. Vol. 2, PP. 509-510,

bon 4e, Li :i

hautes herbes ; aussitôt que les petits peuvent mar- Cher, ils suivent leur mère.

En hiver on chasse le Chevreuil de deux manières, soit en le surprenant dans son ravage, soit en le poursuivant dans le bois ; on choisit à cet effet le moment où la neige est abondante et molle, ou bien celui où elle est couverte d'une couche de verglas; dans ces conditions l'animal enfonce beau. coup ou se blesse les jambes en passant à travers la couche de verglas, et ne peut aller bien loix sans se fatiguer. Alors le chasseur monté sur ses raquettes peut l'atteindre facilement et le tuer. Il arrive même quelquefois que l'animal est tellement épuisé que le chasseur le saisit par les cornes, et lui coupe la carotide avec un Couteau,saus qu’il offre beaucoup de résistance.

En été en peut encore le chasser la nuit, au bord de l’eau, au moyen d’un flambeau ; à cette fin, on alume un feu que l’on pose sur le devant du canot, de telle sorte que le chasseur reste dans l’ombre, puis, lentement et sans bruit, on côtoie le bord du bois; la vue de cette lumière inaccoutumée excite la curiosité du Chevreuil, qui s'approche de l’eau, et on peut alors faire le coup de feu. Cette manière de chasser le Chevreuil a quelquefois occasionné des erreurs regrettables, car en croyant faire feu sur cet animal, on a tué des animaux domestiques, que la lumière avait également attirés à cet endroit.

Aubudon, parlant des diverses manières de chasser le Chevreuil, dit que celle qui consiste à aller

tuer l'animal dans son gîte est la plus destructive, et, dans son style toujours pittoresque, il la décrit de la manière suivante :

“La chasse au repos est considérée comme un métier par nombre d'hommes de nos frontières. Pour être pratiquée avec succès, elle réclame une grande activité, une adresse Consommée dans l'usage de la carabine, et une connaissance approfondie de tous les réduits de la dorêt. Ajoutons qu’il faut que le chasseur soit parfaitement au courant de chaque habitude du cerf, non seulement aux diverses saisons de l’année, mais encore à chaque heure du jour, pour savoir €xactement quelles sont les diffé. rentes remises que le gibier préfère,et dans lesquelles, à tout moment, on a le plus de chance de le rencontrer....

« Toute scène pour frapper a besoin d’être présentée, s’il est possible, en pleine lumière ; je sup- Poserai donc que nous sommes Maintenant sur les pas de notre chasseur, du rai chasseur, comme on l'appelle aussi, et que nous le suivons au plus fourré des bois, À travers les marécages, les précipices, et là partout où le gibier peut se rencontrer plus ou moins abondant, au risque quelquefois de n’y rien trouver du tout. Le chasseur, cela va s’en dire, est doué de toute l’agilité, de toute la patience,de toute la vigilence enfin qu'exige sa délicate profession ; et nous, nous marchons à l’arrière-garde, épiant chacune de ses manœuvres, ne perdant aucun de ses mouvements,

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