‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 48 sur 84 · DUR. ER, OS AE LR · texte numérisé non relu

DUR. ER, OS AE LR

« Son équipement, comme Vous pouvez le voir, se de cuir, avec pantalon à l'avenant ; ses pieds sont chaussés de mocasi ; une ceinture lui relie les reins; sa Pesante carabine repose sur sa large épaule ; à l’un de ses côtés pend son sac à balles surmonté de la corne d’un vieux buffle, autrefois la terreur du trou- Peau, et qui sert maintenant à mettre une livre de poudre de chasse superfine,

« C’est 1à aussi qu’il a fourré il n’a pas même oublié son tom

‘hommes probable.

ment, si ce n’est vous et moi, pourraient Je suivre ; , »

mais nous avons résolu d’être témoins de ses sanglants exploits, et d’ailleurs le voilà qui s’arrête ;

il, son amorce, la pièce

Tayonne à travers les

les gouttes de rosée, perles liquides, scintillent à l'extrémité de chaque rameau. Déjà la couleur Émeraude du feuilla

chaudes des mois d’

marchant, a les yeux s jonchent à ses pieds la te ()

bien connues du sabot de quelque cerf. Maintenant, il se baisse vers le sol où quelque chose vient d'attirer son attention... Regardez, il change d’allure, hâte le pas ; bientôt il atteindra, là-bas, cette petite montagne. A présent, comme il marche avec précaution, faisant halte à chaque arbre, jetant les yeux en avant comme s’il était déjà à portée du gibier. 11 avance encore, mais lentement, lentement ; enfin, le voilà sur le penchant de cette éminence qu'éclaire le soleil dans toute la pompe de son réveil... Voyez, voyez ; il prend son fusil, découvre la platine, nettoie avec sa langue le tranchant de la pierre ; maintenant il se tient debout et fixe comme une statue ; peut-être mesure-t-il la distance entre lui et le gibier qu'il couve de l'œil ; puis sa carabine se relève tout doucement, le coup part, et le voilà qui court ! courons aussi... Lui parlerai-je, pour lui demander comment a réussi son début ? Certes oui, car c’est une de mes vieilles connaissances.

« Eh bien ! l'ami, qu’avons-nous tué? (lui dire : qu’avons-nous #r£? ce serait supposer qu’il 2 pu manquer, et risquer de le mettre en colère.) —Aï! pas grand’chose, un cerf.—Et où est-il ? —Ah ! il a voulu faire encore un ou deux sauts ; mais il n'est pas loin, je lai trop bien touché; ma balle a dû lui traverser le cœur. »

+ Nous arrivons au lieu où l'animal s'était mollement couché parmi les herbes, sous un bosquet de vignes d’où pendent des grappes enlacées aux branches da sumac et des sapins touffus. C’est là que,dans

un doux repos, il espérait passer le milieu du jour ! La place est couverte de sang, ses sabots s : soni profondément enfoncés dans le sol lorsqu'il bondissait dans l’agonie de la douleur. Mais le sang qui lui dégoutte du flanc trahit le chemin qu'il a pris. Enfin le voilà, gisant sur la terre, la langue pendante, les yeux éteints, sans mouvement, sans souffle. .I] est mort !...

‘ Si la saison eût été chaude, c'est du côté de la montagne où l'ombre donne, que le chasseur aurait cherché les traces du cerf. Au printemps, il nous eût conduits au plus épais d’un marécage couvert de roseaux, sur les bords de quelque lac solitaire où vous eussiez vu le cerf plongé jusqu’au cou, pour échapper aux insupportables piqûres des cousins. Si l’hiver, au contraire, eût recouvert la terre de neige, il se serait dirigé vers les bois bas et humides que tapissent la mousse et le lichen dont les cerfs se nourrissent en cette saison, et qui parfois encroûtent les arbres jusqu’à plusieurs pieds de hauteur. En d'autre temps, il eût remarqué les endroits où l'animal, frottant ses cornes contre les branches des arbrisseaux, les débarrasse de leur enveloppe veloutée ; ceux où il a coutume de creuser la terre de ses pieds de devant ; où bien, il l’eût attendu au lieu où abonde le pommier sauvage et le plaqueminier sous lesquels il s'arrête de préférence, parce qu’il aime à mâcher leurs fruits. Au printemps, dès les Premiers beaux jours, notre chasseur, imitant le bramement de la fenelle, parvient

souvent ainsi À s'emparer de la mère avec son faon...., (1) :

En captivité, le Chevreuil s'apprivoise facilement et il s'attache même à la personne qui en prenà soin.

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