‹ Les mammifèresChapitre 11 sur 38 · MARSUPIAUX. S · texte numérisé non relu

MARSUPIAUX. S

Virginie (fig. 1 1), ou Sarigue à oreittet bieoloret, appelée encore Opotswm par les Américains. L'Opossam a un goût lout particulier pour les œufs du dindon sauvage, et il recherche ce mets avec avidité, n s'introduit quelquefois dans les basses-cours, et y Tait un carnage e&oy&ble. S'il est surpris par le fermier flagranu deUcto, il se couche à terre, contrefait le mort et reçoit les coups de bâton sans sourciller ; mais dès que l'homme, croyant l'avoir assommé, tourne les talons, le larron déguerpit prestement et

Pig. 11. Sïrigus d« Virginie /«m«U« el >s> p«UU.

regt^e la forêt. L'Opossum est farouche et ne se laisse pas apprivoiser.

La Sarigue Crabier est une espèce de même taille à peu près que la précédente, et qui doit son nom à son régime alimentaire spécial. Habitant les bords de la mer, elle se nourrit principalement de crabes, qu'elle pèche fort adroitement. On la trouve au Brésil et & la Guyane.

BuSbn a décrit, sous le nom de petite Loutre de la Guyane, une espèce de Sarigue, à peine grosse comme le surmulot, et qui doit

aux palmatures de ses pattes de derrière la faculté de nager comme les loutres : c'est le Chironecte Oyapock des naturalistes modernes, qui l'ont élevé à la dignité de gmre, en raison de cette particularité.

On a également établi le genre Micouréy pour un certain nombre d'espèces, chez lesquelles la poche abdominale est remplacée par un simple repli de la peau, insuffisant à protéger les petits pendant la gestation mammaire. Le mode de génération est cependant le même chez ces Marsupiaux que chez tous les autres ; seulement, lorsqu'ils commencent à marcher et que quelque danger les menace, les jeunes, au lieu d'aller se réfugier dans le sein de leur mère, comme le font les petits Kangurous, Opossums, etc., montent sur son dos et s'y maintiennent en équilibre en enroulant leur queue autour de la queue maternelle. Ce spectacle excite vivement la curiosité des voyageurs qui en sont témoins pour la première fois.

ORDRE DES CETACES.

Les Cétacés sont des animaux essentiellement aquatiques qui ressemblent à des poissons, mais appartiennent bien réellement, par l'ensemble de leur structure, à la classe des Mammifères. Ce seraient, en effet, de singuliers poissons que ces êtres qui ont des mamelles pour allaiter leurs petits, qui ne respirent point par des branchies, mais par des poumons, qui ont un cœur muni de deux ventricules et de deux oreillettes.

Les Cétacés sont donc des Mammifères. Seulement, au lieu d'être organisés pour vivre sur la terre, ils sont admirablement adaptés aux conditions du milieu aquatique ; ils acquièrent des dimensions souvent énormes et sont les géants du règne animal.

Leur corps, taillé plus ou moins en forme de fuseau, se ter* mine en arrière par une queue, qui s*élargit de manière à constituer une nageoire ; cette nageoire est transversale et non verticale, comme chez les Poissons. Cette queue est le principal moteur de oes masses vivantes.

Sur le dos des Cétacés on voit fréquemment une autre nageoire, qui n'est qu'une modification de la peau. ' Les Cétacés n'ont pas de membres postérieurs. Leurs membres antérieurs sont transformés en rames natatoires, qui ont peu d'utilité pour la locomotion au sein de l'eau, et dont le rôle principal est sans doute d'équilibrer leurs mouvements. Ces membres antérieurs ainsi changés en rames présentent, au fond, la même structure que le membre correspondant chez d'autres Mammifères, la patte du chien, l'aile de la chauve-souris, etc.

Leurs narines s'ouvrent, en général, à la partie supérieure de la tète. Grâce à la disposition des narines qui sont plus superficielles

que la bouche, ces animaux peuvent aspirer Tair sans trop sortir de Teau. Ces mêmes organes remplissent encore un autre rôle, sur lequel nous reviendrons bientôt.

La peau des Cétacés est ordinairement dépourvue de poils, ce qui est rare chez les Hammifèfres. Leurs dents sont, en général, coniques, uniformes et nombreuses. Tous leurs tissus, mais surtout le tissu cellulaire sous- cutané, sont imprégnés de graisse. Leur sang est 'chaud. Leurs hémisphères cérébraux sont trèsdéveloppés et repliés en circonvolutions nombreuses.

Tels sont les principaux traits caractéristiques des Mammifères qui composent l'ordre des Cétacés.

Les animaux les plus gros sont petits comparativement à beaucoup de Cétacés ; cependant ces créatures colossales nagent avec une extrême rapidité. Grâce à Tair renfermé dans leur poitrine, à la grande quantité de graisse dont leurs tissus sont farcis, et à la vigueur de leur rame caudale, ils se meuvent aisément au sein des flots, y cherchent avec voracité les poissons, les mollusques et les crustacés, dont ils font une consommation énorme.

La chasse des grands Cétacés donne lieu à des expéditions nautiques d'une grande importance, et fournit à l'industrie des huiles animales, des fibres élastiques et de Tivoire.

On divise cet ordre en deux familles, qui se distinguent par leur régime, leurs dents et surtout par la position de leurs narines. Ce sont les Cétacés ordinaires ou souffleurs et les Cétacés herbivores. Ces deux familles comprennent environ quatre-vingts espèces, presque toutes marines.

Famille des Cétacés souffleurs. — Les Cétacés souffleurs ont les narines percées à la face supérieure de la tête, et leurs fosses nasales offrent une disposition particulière, qui permet à ces animaux de lancer une colonne d'eau au-dessus de leur tête. L'ouverture étroite des narines des Cétacés souffleurs a reçu un nom particulier : on l'appelle évent. Leurs mamelles sont placées près de la terminaison de leur corps. Leurs dents sont pointues, lorsqu'elles existent ; mais le plus souvent les dents sont remplacées par une armature toute spéciale de la machine dont nous aurons à nous occuper. Le régime de ces animaux est carnassier.

La famille des Cétacés souffleurs^ ou Cétacés ordinaires, se divise en deux tribus, qu'il est facile de distinguer par la grandeur relative de la tète : la tribu des BaUniens^ dans laquelle la tête constitue

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à elle seale le tiers on la moitié de la longaear totale de l'iDdiTida , et celle des Mj^inient, dans laquelle la tète est en proportioD ordinaire avec le corps.

Les Cétacés de la tribu des Baléniens doivent l'énorme développement de leur tête, non au cerveau ni au cr&ne, qui conservent leurs proportions ordinaires, mais bien aux os de la face, qui acquièrent des dimensions énormes. nscomprennentlegenrefiaMfw et le genre Cachalot.

Les Baleines se divisent en deux sections, les Aorgua/tetles Baleines propTCTnmt dites.

Les Horquals ont la téta moins ^osse que les Baleines, une nageoire plus on moins grande sur le dos, et des rides à la partie

inférieure de leur corps. La figure 12 représente le Aorqual, dont la peau, parfaitement conservée, occupe, sous une toiture et derrière un grillage, une vaste cour du Jardin des Plantes de Paris.

Les Baleines proprement dites ont la tète très-grosse, très-arquée, le dos sans nageoire et le dessous du corps lisse.

Les Baleines proprement dites sont la Baleine franche du Nord ou simplement la Baleine franche, et la Baleine franche du Sud ou Bal^tie du Cap.

La Baleine franche est l'objet spécial des convoitises des pécheurs, qui la poursuivent dans les deux hémisphères. Elle résiste moins que les autres aux attaques de l'homme, et depuis longtemps elle lui donne de très-abondants produits. Ce que nous allons dire des

Baleines s'appliquera donc particulièrement à la Baleine franche du Nord, *

Les Baleines franches sont les plus grands animaux de la mer, et même les plus grands animaux de la création contemporaine. On en rencontre fréquemment qui ont vingt mètres de longueur, et qui dans ce cas pèsent soixante-dix tonnes (soixante-dix mille kilogrammes). On en a vu qui avaient trente-cinq mètres de long, et qui pesaient plus de cent tonnes (cent mille kilogrammes).

D'après Lacépède, on ne saurait douter qu'il y ait eu, à certaines époques, des Baleines longues de près de cent mètres. Si Ton eût dressé contre Tune des tours de Notre-Dame cette prodigieuse masse vivante, elle se serait élevée de beaucoup audessus du sommet de cette tour. Les dimensions des Baleines varient d'ailleurs selon le sexe, Tàge, les parages qu'elles habitent. L'hémisphère nord fournit à beaucoup près les plus volumineuses.

Les Baleines ne sont pour le vulgaire que des masses informes, comme si ces êtres, qui s'éloignent des autres par leur grandeur et par leur masse, s'en écartaient aussi par l'absence des proportions que nous considérons comme liées à la beauté. Âpprochons-nous cependant de cette masse, informe en apparence, et voyons si elle ne présente pas au contraire un tout bien ordonné.

Le corps de la Baleine franche (fig. 13) a la forme d'une espèce de cylindre immense et irrégulier, dont le diamètre égalerait à peu près le tiers de sa longueur. La partie antérieure de ce cylindre démesuré est la tête, dont le volume égale le quart et quelquefois le tiers de celui de l'animal. Convexe par-dessus, cette tête représente à peu près une portion de sphère. Vers le milieu de cette voûte, et un peu sur le derrière, s'élève une éminence, dans laquelle sont percés les orifices des deux é vents.

La bouche est énorme ; elle se prolonge jusqu'au-dessous des orifices supérieurs des évents, et s'étend même vers la base de la nageoire pectorale. L'intérieur de cette gueule est si vaste que dans un individu qui n'était encore parvenu qu'à vingt-quatre mètres de longueur, deux hommes pouvaient se tenir debout.

Cette gueule, qui peut atteindre intérieurement trois mètres de largeur et quatre de hauteur, est dépourvue de dents. Elle porte à la mâchoire supérieure des lames étroites et longues, que l'on désigne sous le nom de fanons.

Chaque fanon est aplati, et assez semblable, par sa courbure, à la lame d'une faux. En eifei, il s'infléchit un peu dans le sens de sa longueur, diminue graduellement de hauteur et d'épaisseur, et se termine en pointe. Son bord concave est taillé en un tranchant garni de crins, qui forme une sorte de frange longue et touffue.

Le fanon est ordinairement noir et marbré de nuances plus claires. Il n'est pas rare de trouver des fanons de baleine longs de cinq mètres, et la gueule de la Baleine en renferme ordinairement sept cents. Ce que Ton nomme dans le langage ordinaire de l'industrie, baleine^ n'est autre chose qu'un de ces fanons, La valeur des fanons fournis par un seul individu n'est pas moindre de quatre à cinq mille francs.

Cette gueule, dépourvue de dents, mais richement garnie des organes qui les remplacent, renferme une langue énorme, qui atteint quelquefois jusqu'à huit mètres de longueur et quatre mètres de largeur. C'est comme une sorte de matelas épais, mou, rembourré de graisse, et qui fournit cinq à six tonneaux d'huile.

L'œil de l'animal est placé, chose assez singulière, immédiatement au-dessus de la commissure des lèvres, et par conséquent très-près de l'épaule. Il règne un grand écartement entre les deux yeux, de sorte que chacun de ces organes ne peut voir que les objets placés sur l'un des côtés de l'animal. L'œil est toutefois enchâssé sur une espèce de petite convexité, qui, s élevant au-dessous de la surface des lèvres, permet à l'animal de voir de ses deux yeux un objet un peu éloigné.

Mais ce qui est étrange, c'est la petitesse de cet œil, qu'on a sou vent peine à découvrir. Il est garni de paupières, comme l'œil des autres Mammifères; mais ces paupières, dépourvues de cils, sont tellement gonflées par la graisse huileuse qui en occupe l'intérieur, qu'elles sont presque dépourvues de mobilité.

De la structure de cet œil, Lacépède a conclu qu'il est parfaitement adapté aux milieux aquatiques. D'après ce naturaliste, les Baleines auraient une vue excellente.

Il faut ajouter que ce grand cétacé a l'odorat et l'ouïe trèssensibles, qu'il est averti de loin de la présence des corps odorants, et qu'il entend à de grandes distances des sons ou de faibles bruits.

La Baleine a deux nageoires pectorales, longues de trois mètres

3i MAMMIFÈRES.

et larges de deux mètres environ. Le tronc se distingue de la tête par une légère dépression. Au corps proprement dit s'applique la base de la queue, qui est conique, composée de muscles vigoureux, et se terminant par une grande nageoire horizontale. Celte nageoire de forme à peu près triangulaire, n'a pas moins de six à sept mètres de largeur.

La queue et la nageoire de la Baleine constituent son plus puissant instrument de natation ; mais il faut tenir compte aussi de ses bras, ou nageoire: pectorales, qui, par leur forme et leurs dimensions, peuvent ainsi jouer le rôle de rames.

La peau de la Baleine est forte, épaisse de plus de deux décimètres, percée de grands pores ; mais elle n'est pas garnie de poils comme celle de la plupart des Mammifères. L'épiderme qui la recouvre est lisse, luisant, huileux, et tellement brillant que l'animal, exposé aux rayons du soleil, resplendit comme une lame d'acier.

La couleur ordinaire de la Baleine est le noir. On en voit cependant d'un noir nuancé de gris. Souvent le dessous de la tète et le ventre sont blancs.

Après ce coup d'œil sur la charpente extérieure de ce grand cétacé, voyons quelles sont ses allures, son mode d'existence. Nous parlerons d'abord de ses mouvements, en prenant pour guidq l'intéressant ouvrage publié par le docteur Thiercelin sous ce titre : Journal d^un baleinier K

La Baleine passe une partie du temps à la surface de l'eau et Tautre partie au sein de la mer, à une profondeur de deux ou trois cents brasses. Lorsqu'elle s'apprête à sortir de ces abîmes, un large remous qui se dessine à la surface de l'eau annonce son arrivée. On voit d'abord émerger un point noir : c'est le bout de son museau. Bientôt apparaissent les évents, puis une surface plus ou moins longue de son dos, jusqu'à ce que la queue apparaisse à son tour.

Au moment où les évents arrivent à la surface de l'eau , une double colonne de vapeur blanche, plus ou moins épaisse, s'élève en forme de V, et monte à plusieurs mètres de hauteur dans l'air.

Après ce souffle les évents sont de nouveau immergés, et pendant trente ou quarante secondes, l'animal glisse à fleur d'eau, de

1. Journal d'un baleinier. Voyages en Océanie, 2 vol. in- 18. Paris, 1866.

telle manière que le spectateur peut apercevoir à travers l'eau qui le recouvre, la teinte bleuâtre de son corps. Une minute après, le point noir reparaît, puis les évents, puis le souffle.

Ce jeu alternatif de respiration et de progression à la surface de Teau dure huit à dix minutes. Pendant ce temps il y a eu sept ou huit jets de liquide. Le premier est plus épais que les suivants; le dernier, aussi épais et aussi prolongé que le premier, annonce que la Baleine va s'enfoncer. En effet, elle sort de Teau un peu plus qu'à ses souffles précédents, et arrive à n'avoir plus que la queue en l'air ; elle la balance plusieurs fois d'avant en arrière et descend dans la mer : c'est ce qu'on appelle les sondes de la Baleine. Elle y reste trente ou quarante minutes, et quelquefois plus, puis revient à fleur d'eau et reproduit ses souffles irréguliers et périodiques.

C'est ainsi, dit M. Thiercelin, que les Baleines passent leur vie, tantôt sur l'eau, tantôt au-dessous, le jour et la nuit, par le beau ou le mauvais temps, en toute saison. Aussi a4-on prétendu qu'elle ne dort jamais. Si la Baleine dort, ce qui est certain, ces mouvements alternatifs se feraient pendant son sommeil nécessité par les besoins de la respiration , et seraient dès lors automatiques, comme les mouvements respiratoires.

Quand la Baleine respire, le bruit de sa respiration s'entend à quelques centaines de mètres seulement, si elle est en état de calme. Mais lorsqu'elle est agitée par la crainte ou par la colère, le bruit de sa respiration s'entend jusqu'à plusieurs kilomètres. M. Thiercelin le compare au bruit d'une forte colonne d'air poussée par un très-gros soufflet de forge, dans un large tube de cuivre ou d'airain : c'est une note très-grave et très-forte, soutenue pendant huit ou dix secondes.

Suivant le même observateur, le souffle ne serait pas formé d'eau liquide : il se composerait tout à la fois de l'air chaud sortant de la poitrine, d'une certaine quantité de vapeur d'eau, mêlée à cet air, et de particules graisseuses. Aussi, par une température un peu élevée, par une mer calme, et surtout quand le soleil est près du zénith, ce souffle est-il invisible. Lorsque la vapeur de ce souffle est disséminée dans l'air, elle se dissout, tout disparait; il ne retombe que quelques gouttelettes de matière grasse. Ces gouttelettes étalées sur l'eau, et jointes aux exhalaisons de la peau, laissent sur la surface de la mer de longues traînées de taches huileuses, qiii indiquent le passage du cétacé. Dans tous les cas,

il y a toujours une certaine quantité d'eau, qui a pénétré dans le canal aérien terminé par Févent, et cette eau (un ou deux litres à peu près) se mêle, à l'état de poussière, à Tair aspiré, et se dissémine dans l'atmosphère, comme Thumidité pulmonaire.

En parlant plus haut des allures de lafialeine, nous n'avons indiqué, avec le docteur Thiercelin, que son allure de promeneuse, pour ainsi dire. Mais quelle est larapidité de sa course lorsqu'elle voyage? Lacépède prétend qu'elle parcourt 660 mètres par minute: elle irait plus vite que les vents alizés. Deux fois plus prompte, elle dépasserait les vents les plus impétueux ; trente fois plus rapide, elle franchirait l'espace aussi vite que le son.

En partant de cette hypothèse, Lacépède se livre encore à un curieux calcul. En supposant que douze heures de repos par jour sufflsent à la Baleine, il ne lui faudrait que quarante-sept jours pour faire le tour du monde, en suivant l'équateur, et vingt- quatre jours pour aller d'un pôle à l'autre le long d'un méridien. Ces calculs de l'illustre naturaliste français ont pour base une vitesse un peu exagérée de Fanimal. D'autre part, certains auteurs, se tenant sans doute en deçà de la vérité, ont prétendu que la Baleine ne faisait que trois lieues marines à l'heure. C'est ce qu'avance le trop ingénieux Boitard*.

Pour entretenir la vie dans l'ensemble immense de l'organisme delà Baleine, pour suffire à son mouvement continuel, pour conserver le souffle qui anime ces êtres extraordinaires, quelle quantité d'aliments, quelle nourriture particulière sont-elles donc nécessaires?

Cette nourriture ne se compose que de très-petits êtres. Selon Lacépède, la Baleine se nourrit particulièrement de mollusques et de crabes. Le nombre de ces animaux engloutis par le cétacé compense leur peu de substance.

Selon le docteur Thiercelin, dans les lieux de pêche, au prin- • temps et surtout en été, la mer est, par places, colorée en brun, coloration due à de petits crustacés qui ont la forme du homard, mais dont le grand diamètre ne dépasse pas deux millimètres. Ces crustacés constituent des bancs de matière animale, que les baleiniers appellent boëte^ et qui ont dix, quinze ou vingt lieues de longueur, sur quelques lieues de largeur, et sur trois ou quatre mètres d'épaisseur. Voilà une table dignement servie, sinon pour

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