‹ Les mammifèresChapitre 23 sur 38 · ÉDENTÉS · texte numérisé non relu

ÉDENTÉS

dionale, où ils se pratiquent des terriers, composés d'une chambre desservie par dififérentes galeries. Us se nourrissenf; en partie de végétaux, en partie de substances animales, particulièrement d'insectes et de cadavres.

Ils sont inoffensifs etstupides. En général leur taille est petite; la plus grande espèce, qui dépasse notablement les autres, n'a pas plus d*un mètre de longueur : c'est le Tatou géant. La plus faible a le volume d'un gros rat : on la nomme Chlamyphore (porte-manteau.)

Famille des Oryctéropes. — Cette famille a été créée pour un seul Mammifère, propre à diverses contrées de TAfrique et plus spécialement aux régions australes de cette partie du monde.

UOryctèropeest bas sur pattes; ses ongles épais, tranchants, presque semblables à des sabots, indiquent des habitudes essentiellement fouisseuses ; sa peau, dure, est garnie de poils rares et rudes. Une espèce de boutoir termine sa tète, qui est très-allongée; sa bouche est meublée de dents molaires d'une structure toute particulière. Ce sont de petits cylindres, à couronne plate et sans émail, d'un tissu moins dense qu a Tordinaire et en quelque sorte spongieux, car ils sont formés par l'agglomération d'un grand nombre de tubes microscopiques, adossés les uns aux autres dans le sens vertical. Lorsqu'on pratique sur une de ces dents une section horizontale, elle présente l'aspect d'un morceau de jonc.

L'Oryctérope mesure environ 1 mètre de long, non compris la queue, longue de 50 centimètres. Sa hauteur est de 50 centimètres. Il habite des terriers, et creuse avec beaucoup de rapidité. Lorsqu'il a la tète et les pieds de devant plongés dans le sol, il s'y attache avec tant de force, que l'homme le plus ^vigoureux ne saurait l'en arracher. Sa nourriture consiste en fourmis ou plutôt en termites^ insectes vulgairement désignés sous le nom de fov/rmis blanches, à cause de leur ressemblance avec de très-grosses fourmis. On sait que les termites se renferment dans de grands monticules de terre, affectant la forme d'un dôme, qu'ils ont eux-mêmes élevés. Lorsque l'Oryctérope sent venir la faim, il se met à la recherche d'une de ces gigantesques fourmilières; s'accroupissant à côté, il la fouille de manière à en entamer les parois. Aussitôt des légions de termites sortent pour défendre leur habitation menacée. Sans perdre un moment, le quadrupède darde sa langue, enduite d'une humeur visqueuse, au milieu de cette population remuante;

puis il la retire couverte de fourmis prises à ce piège et il recommence la même manœuvre, jusqu'à ce qu'il soit rassasié.

Cette nourriture exclusive communique à sa chair une saveur fortement acidulée ; néanmoins les Hottentots et les colons du cap de Bonne-£spérance la mangent avec plaisir, et font même, pour se la procurer, une chasse active à TOryctérope. Un petit coup de bâton sur la tète suffit pour le tuer.

On rencontre TOryctérope, non-seulement aux environs du cap de Bonne-Espérance, mais encore dans TAbyssinie et la Sénégambie.

Famille des Fourmiliers. — Comme leur nom l'indique, les Fourmiliers se nourrissent, ainsi que les Oryctéropes, de fourmis, auxquelles ils adjoignent pourtant d'autres insectes. Mieux encore que ces derniers, ils sont organisés pour ce genre spécial d'alimentation. D'abord ils manquent complètement de dents; ensuite leur tète se termine par un long tube, qui sert à loger une langue mince, très-extensible, analogue à un ver, dont la sortie se fait par une petite fente située à l'extrémité de cette sorte de fourreau. Projetée dans les fourmilières et dans tous les interstices où se réfugient des insectes, cette langue déliée ramène des proies nombreuses, engluées par la salive dont elle est imprégnée. Ajoutons, pour achever de caractériser les Fourmiliers, qu'ils sont armés d'ongles acérés, tout à la fois instruments de fouissage et de défense. Ils appartiennent aux contrées les plus chaudes de l'Amérique.

L'espèce la plus remarquable de la famille est le Tamanoir (fig. 129} , le plus grand des Fourmiliers et même des Ëdentés. Il atteint jusqu'à l~,50 de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue. Son pelage est rude, abondant et de couleur noirâtre. La queue, garnie de poils très-longs et extrêmement touffus, est susceptible de se relever en panache; elle a un mètre de longueur. Sa force est considérable : il se défend avec succès contre le féroce jaguar, qu'il étreint dans ses bras à la manière de l'ours, ou qu'il déchire de ses griffes puissantes.

C'est un animal nocturne, solitaire et nonchalant, qui se plait dans les forêts humides et les savanes marécageuses, où abondent les fourmilières. La femelle met bas un seul petit, qu'elle porte constamment sur son dos. La ménagerie de Regent's Parh, à Londres, qui en a possédé deux, les nourrissait avec du pain trempé dans du lait et avec des œufs; mais on acquit la certitude qu'ils

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