ORDRE DES INSECTIVORES
On a réuni dans cet ordre un certain nombre de Mammifères qui, avec les formes générales des rongeurs, ont pour caractère commun de se nourrir à peu près exclusivement d'insectes. Sous ce rapport, ils se rapprochent, on le verra plus loin, des Chéiroptères. Leur système dentaire est constitué pour ce mode spécial d'alimentation : ils ont les molaires hérissées de pointes coniques, et les autres dents (canines et incisives) ordinairement trèsaiguës.
En ce qui concerne leurs principaux traits extérieurs, ce sont des animaux de petite taille, à quatre membres onguiculés, qui sont disposés pour marcher, pour nager et pour creuser. Ils ont les mamelles placées sous le ventre, et ils posent, en marchant, toute la plante du pied sur le sol. Leur intelligence, très-peu développée, ne les rend guère susceptibles d'éducation, et ils échappent ainsi à la domination de Thomme, qui trouverait difGcilement d'ailleurs à en retirer quelques services.
Les habitudes des insectivores sont extrêmement variées, ce qui ne doit pas surprendre quand on considère la diversité de conformation des organes locomoteurs chez ces animaux. Ainsi les uns, comme les hérissons, cherchent leur nourriture à terre; d'autres, comme les tupaias, la poursuivent sur les arbres. Les taupes, au contraire, la trouvent dans la profondeur du sol, et mènent une existence entièrement souterraine. Enfin, les desmans et quelques espèces de musaraignes sont essentiellement aquatiques. Plusieurs de ces animaux s'engourdissent lorsque la température s'abaisse à un certain degré, et ils passent l'hiver en état de léthargie. C'est surtout dans les pays froids que les insecti-
vores tombent dans l'engourdissemeat hibernal; mais il parait qu'on l'observe également sous les latitudes chaudes.
On rencontre des insectivores dans toutes les parties du monde, excepté en Australie, oii ils sont représentés par les sarigues et d'autres marsupiaux. L'Amérique en est moins abondamment pourvue que l'ancien continent.
Nous diviserons cet ordre en trois familles, composées chacune d'un certain nombre de genres qui viennent se grouper eux-mêmes autour d'un genre type : les familles des Tavpa, des Musaraignes et des Hérissons.
Famille des Taupes. —Cette famille comprend quatre genres
très-voisins les uns des autres : les Taupes proprement dites, les Condylures, les Seatopes et les Chrysochlores. Nous nous étendrons seulement sur le premier, qui est le plus connu, et nous nous bornerons à faire ressortir les différences par lesquelles les trois autres s'en séparent.
Genre Taupe. — La Taupe est l'animal fouisseur par excellence. Toute son organisation témoigne de ses instincts de mineur. Ses membres antérieurs, très-courts et très-robustes, se terminent par de larges mains, à bord interne tranchant, et dont la paume, rude et calleuse, est tournée en dehors, de manière à permettre à l'animal, quand il fouille, de rejeter les déblais à droite et à
gauche. Les doigts, au nombre de cinq, sont peu apparents; mais ils supportent des ongles longs et puissants. Quant aux membres postérieurs, dont l'action est moins immédiate et moins décisive, ils sont plus faibles que les antérieurs, et sont armés d'ongles
plus grêles.
Le corps de la Taupe a Tapparence d'une masse cylindrique, terminée en cône à Tune de ses extrémités. Point de trace de cou; la tète succède brusquement au corps, sans dépression, sans amincissement. Au bout de cette tète, qui va diminuant en pointe, se voit une sorte de boutoir, soutenu par un petit os particulier, dans lequel sont percées les narines. Ce boutoir est tout à la fois un instrument de perforation, destiné à seconder l'action des pattes de l'animal, par un effet simultané, et un organe de tact très-délicat. Il est accompagné de moustaches. Le crâne, trèsaplati, allongé et pourvu de muscles vigoureux, est parfaitement disposé pour soulever la terre après qu'elle a été divisée. Le corps tout entier est couvert d'un poil fin, soyeux, épais, court, hérissé, noirâtre.
On a longtemps admis que la Taupe est privée de la vision. Créant pour elle une exception bizarre, on prétendait que la nature avait refusé des yeux à cet individu souterrain, parce qu'il pouvait s'en passer. Il fallut pourtant revenir de cette erreur, lorsque Isidore Geoffroy Saint-Hilaire eut découvert chez la Taupe deux yeux noirs, presque imperceptibles, il est vrai, et profondément cachés sous la sombre fourrure de l'animal, ce qui les avait tlérobés aux observateurs. Certains anatomistes, opiniâtres dans leur croyance, prétendirent alors que les yeux de la Taupe ne constituaient que des organes rudimentaires, tout à fait impropres â la vision. Mais des expériences ingénieuses ont démontré que la Taupe possède, à un certain degré, le sens de la vue. Ce sens s'exerce, il est vrai, fort imparfaitement chez cet animal, mais il existe, on ne peut plus en douter aujourd'hui.
Si la Taupe voit mal, en revanche elle a l'ouïe très-fine. La conque auditive externe lui manque complètement, mais Toreille interne est très-développée. L'odorat est également excellent. La bouche, très-largement fendue, est admirablement garnie : on n'y compte pas moins de quarante-quatre dents, réparties en nombre égal, â chaque mâchoire. Quand nous aurons dit que cet animal, ami des ténèbres, porte une queue courte, peu fournie, et a dix mamelles sous l'abdomen, nous aurons achevé son portrait.
Tout te monde connaît les habitudes de la Taupe : on sait qu'elle passe sa vie sous terre, occupée à creuser des galeries, au sein desquelles elle court avec une étonnante vitesse- C'est dans les terrains meubles et fertiles qu'elle s'établit de préférence. Les lieux humides ou pierreux ne lui conviennent pas ; ils seraient un obstacle à son travail. Fouillant de la tète et des pattes, elle sillonne rapidement et dans tous les sens son obscur domaine. Elle se crée
Flj. SI». Coupe d'un nid d« Taupe.
ainsi un système de voies de communication qui mérite d'attirer un instant notre attention.
Ce système (fig. 229) se compose d'une chambre centrale, creusée en forme de dôme, autour de laquelle rayonnent sept ou huit boyaux, qui, rectilignes à. l'origine, se ramifient ensuite en canaux tortueux, qui envoient des prolongements jusqu'à la surface du sol. Les points où ces galeries affleurent le sol sont marqués par ces petite séminences de torre, nommées taupinières, qu'on ren-
contre si fréquemment dans les prairies, et qui ne sont autre chose que les déblais rejetés par Tanimal. La pièce centrale est le gile ordinaire de la Taupe. C'est là qu'elle vient se remiser, lorsqu'elle veut prendre du repos. Pour y arriver, elle doit d'abord entrer dans une galerie circulaire, située de plain-pied avec les galeries rayonnantes ; puis s'engager dans Tun quelconque des cinq conduits qui montent obliquement vers une autre galerie circulaire, de circonférence moindre que la première et placée un peu plus haut; enfin pénétrer dans la forteresse par Tunique entrée du logis, laquelle s'ouvre sur cette dernière galerie. Nous disons Tunique entrée, pour ce qui concerne la galerie supérieure, car il en existe une autre diamétralement opposée. Celle-ci débouche à la partie inférieure et au centre même de la chambre; elle est la tète d'un tunnel qui s'infléchit fortement sous la ligne des autres travaux, et qui se relève ensuite pour venir aboutir à Tune des voies principales qui se concentrent au gîte de l'animal .
Quelle est la raison de ce dédale compliqué? C'est là un point qui n'a pas encore été éclairci. La supposition la plus probable, c'est que la Taupe n'agit ainsi que pour se dérober plus facilement aux poursuites de ses ennemis. Traquée en un point, elle peut s'enfuir dans une direction opposée, et répétant plusieurs fois cette manœuvre, déjouer longtemps les calculs de ses persécuteurs.
La Taupe travaille en toutes les saisons ; mais c'est au printemps qu'elle déploie la plus grande activité. Durant une grande partie de Tannée, elle vit solitaire ; mais aux mois de mars et de juillet elle recherche un individu de l'autre sexe. La rencontre se fait, soit dans l'intérieur de la terre, soit à la surface du sol. Ensuite chacun se sépare, et reprend ses habitudes solitaires. La femelle ne porte pas longtemps; elle met bas ordinairement quatre ou cinq petits, quelquefois moins, qui naissent très-gros, eu égard au volume de la mère et à celui qu'ils atteindront plus tard.
La Taupe soigne sa jeune famille avec beaucoup de sollicitude; elle a disposé préalablement, pour recevoir ses petits, un asile confortable. C*est une chambre située dans la partie la plus élevée de son domaine, et le plus souvent à la rencontre de plusieurs galeries. Le toit de cette chambre, soutenu, de distance en distance, par des espèces de piliers, forme une voûte assez vaste, dont la face intérieure a été vivement battue, et peut ainsi résister aux infiltrations de Teau. Le sol est recouvert d'une épaisse couche
d'herbes et de feuilles ; c'est là que demeurent les petits, tant qu'ils sont incapables de chercher euxrmëmes leur nourriture.
La nourriture des Taupes se compose surtout d'insectes et de vers de terre; mais elles mangent aussi des mollusques, et même dés cadavres de petits mammifères et d'oiseaux. Elles aiment également les grenouilles, et en prennent beaucoup dans les campagnes.
C'est qu'en effet la Taupe est éminemment carnassière. Aucun animal, même parmi les bètes fauves les plus redoutables, n'éprouve peut-être, au même degré, le besoin de détruire et de se repaître d'une proie vivante. « La Taupe, dit Etienne Geoffroy Saint-Hilairei n*a pas faim comme tous les autres animaux ; ce besoin est chez elle exalté : c'est un épuisement ressenti jusqu'à la frénésie. » Elle attaque sa victime par le ventre, plonge sa tète tout entière dans les entrailles palpitantes, et s'y délecte avec une joie immense. Prenez deux Taupes de même sexe, et mettezles en présence dans une chambre; bientôt la plus forte aura dévoré la plus faible.
Après avoir assouvi sa faim, la Taupe est prise d'une soif ardente et cherche tous les moyens de la satisfaire.
Les Taupes viennent rarement à la surface du sol, si ce n*est lorsqu'elles changent de canton ou lorsque les deux sexes se cherchent l'un l'autre. Elles changent de position suivant les saisons.
Durant la période pluvieuse, par exemple, elles se réfugient dans les lieux élevés, pour redescendre dans les vallons lorsque arrive la sécheresse. Malgré ces précautions, elles sont quelquefois victimes d'un redoutable fléau : l'inondation. Quand les rivières débordent, on en voit de grandes quantités fuir à la nage, et s'efforcer de gagner les terres que l'eau n'a pas envahies. Beaucoup périssent dans ces circonstances ; quant aux jeunes, elles sont noyées dans leur nid.
Bien que les Taupes détruisent énormément de larves et d'insectes parfaits, on ne les considère pas moins comme très-nuisibles à l'agriculture, à cause des ravages qu'elles commettent en creusant leurs galeries parmi les plantes cultivées. Elles ne se nourrissent point des racines des végétaux, comme on l'a souvent prétendu; elles les coupent, pour se frayer un passage, et bouleversent aussi, d'une déplorable manière, plantations et semis. De plus, lorsqu'elles préparent leur nid, elles saisissent les plantes par
la racine, et les tirent lentement sous terre, pour en faire une couche à leur progéniture; On a trouvé dans un seul nid de Taupe 402 tiges de blé tirées au dedans avec leurs feuilles. Enfin les taupinières qui parsèment le sol, créent une difficulté pour le faucheur, en empêchant de couper la plante aussi près du sol qu'on le voudrait.
Tels sont les griefs que Tagriculture formule contre notre fouisseur; ils ne manquent pas d'une certaine force, mais on peut y répondre: d'une part, en invoquant les services que rend la Taupe comme insectivore ; de Tautre, en montrant que ces galeries qui sont déclarées nuisibles, constituent des canaux naturels de drainage, incontestablement utiles.
Après avoir bien pesé le pour et le contre, peut-être reconnàîtrat-on que la somme du bien l'emporte sur celle du mal, et qu'en résumé la Taupe doit être classée dans la catégorie des animaux sinon utiles, du moins inoffensifs.
Il faut dire pourtant que cette opinion est loin d'être générale parmi les agriculteurs, car ils poursuivent les Taupes à outrance. Il y a même dans les campagnes des hommes voués spécialement à cet office de destruction. Le taupier connaît sur le bout du doigt les habitudes de son gibier. II le suit dans ses galeries, avec les yeux de l'expérience; il sait que telle motte, plus haute que les autres, abrite son nid; que telle autre recouvre son gîte. A-t-on requis ses services, il arrive de bon matin, heure où la bête travaille le plus volontiers; il se met en observation, et lorsqu'il voit remuer la terre, il coupe vivement avec une bêche, derrière l'animal, le boyau dans lequel il se trouve; il lui interdit ainsi la retraite, et peut la chercher à coup sûr dans la taupinière en voie de formation.
Pour les occasions difficiles, le taupier a des pièges de divers genres, qu'il place dans la galerie la plus récente de la Taupe, après avoir pratiqué préalablement une coupure dans le terrain.
Le piège le plus usité est celui de Delafaille (fig. 230, A A'). Il consiste en un cylindre de bois creux, de 25 à 30 centimètres de long et d'un diamètre à peu près égal à celui des galeries de Taupe. A chaque extrémité se trouve une soupape qui s'ouvre de dehors en dedans, mais non du dedans au dehors. On comprend ce qui doit arriver, quand le piège est placé le long d'une des galeries. La Taupe, voulant réparer sa galerie endommagée, s'ap-
proche du tube, pousse la soupape, qui se referme derrière elle, et la tient prisonnière. L'inventeur da ce piège Ta perfectionné encore en le munissant d'une mince tige, placée verticalement dans le tube, et qui se termine au dehors par un peu de papier. Le taupier, averti par l'agitation du papier, de la prise d'une victime, accourt et relève le piège.
Deux autres dispositions de pièges à Taupes se voient sur la même figure 230 (B, G). Ce sont des espèces de souricières que
Fig. 230. Pièges à Taupe.
l'on place, non à l'intérieur des galeries, comme le piège de ûelafaille, mais à l'extérieur, aux abords de la taupinière.
On choisit de préférence, pour chasser les Taupes, le moment où les petits viennent de naître. .Dès qu'on a reconnu Texisterice du nid, les taupiers se placent en nombre tout autour ; ils coupent avec une bêche les diverses galeries qui y aboutissent; puis on attaque le logement, et Ton anéantit la nichée.
On se débarrasse encore des Taupes par le poison, en introduisant dans leur terrier des insectes et autres matières animales imprégnées de substances vénéneuses.. Quelquefois on se contente de les chasser par de fortes odeurs, en arrosant leurs galeries d'une infusion d'ail dans de l'huile de pétrole.
Il est fort difficile de conserver des Taupes en captivité, car on ne se procure pas sans peine l'énorme quantité d'insectes que cet animal absorbe quotidiennement. Ajoutons que la Taupe ne saurait s'accommoder d'un domaine restreint ; l'enfermer dans une boîte ou môme une chambre, c'est vouloir sa mort. Eihe est bientôt prise de la nostalgie du sous-sol, et s'éteint, faute d'aliments à sa fébrile activité.
496 MAMMIFERES.
Le docteur Franklin raconte pourtant qu'un Américain, M. Titian Peale, avait réussi à en apprivoiser une. Cette Taupe mangeait et buvait beaucoup; son régime consistait en viande cuite ou crue. D'un naturel assez gai, elle suivait la main de son maître, à l'odeur, allait se promener quelque temps sous terre, puis revenait demander de la nourriture. Son boutoir, si remarquablement flexible, lui servait à fourrer les aliments dans sa bouche.
La chair de la Taupe n'est pas comestible; elle exhale une odeur répugnante, et se corrompt promptement. Sa fourrure ne peut être, vu sa petitesse, d'une grande utilité. Sous le règne de Louis XV, les femmes de la cour en firent pourtant une application imprévue : on les vit, pour corriger la parcimonie de la nature, remplacer leurs sourcils par des bandelettes de peau de Taupe. C est un artifice auquel nos élégantes ne pensent pas, et que nous croyons devoir leur signaler.
Les Taupes habitent les régions tempérées de l'ancien et du nouveau continent; c'est en Europe qu'elles sont le plus répandues. On en connaît trois espèces : la Taupe commune, dont il existe plusieurs variétés; — la Taupe aveugle, ainsi nommée parce que ses yeux sont réduits à de petits trous, qui ne sont pas plus visibles qu'une piqûre d'épingle; elle habite ritalie;— enfin la Taupe t^ooz/wra, indigène du Japon.
Genre Condylure, — Les Condylures, animaux de l'Amérique méridionale, ont une grande ressemblance avec les Taupes ; mais ils ont Tavant-train beaucoup plus développé, relativement à celui de derrière ; leur queue est aussi plus longue et plus fournie, et leur boutoir est terminé par des appendices membraneux qui figurent une espèce d'étoile. Leurs mœurs sont les mêmes que celles des Taupes. La seule espèce connue est le Condylure étoUè.
Genre Scalope. — C'est surtout par le système dentaire que les Scalopes se distinguent des Taupes. Ils n'ont que trente-six dents, dont vingt à la mâchoire supérieure et seize à la mâchoire inférieure Leur queue est très-courte et complètement nue. Ils aiment le voisinage de l'eau : on les trouve constamment dans les lieux marécageux, ou près des ruisseaux. Sous ce rapport, ils diffèrent beaucoup des Taupes ; mais l'ensemble de leurs habitudes est le même.
Genre Chrysochlore. — Les Chrysochlores sont les représentants des Taupes dans l'Afrique australe. Leur aspect est très-singulier. Ils n'ont qu'un rudiment de queue, et leur boutoir, brusquement
tronqué, est loia d'être aussi développé que celui de la Tnupe : aussi u'aperçoit-on tout d'abord, lorsqu'on abaisse le regard sur un de ces animaui, qu'une masse informe, à laquelle on ne sait attribuer une destination. 11 faut voir cette masse se mouvoir, pour reconnaître qu'on a devant soi une créature vivante. On aperçoit alors des membres qui dépassent à peine le corps, et qui se terminent, ceux de devant par trois doigts armés d'énormes grifTes recourbées et tranchantes, ceui de derrière par cinq doigts, comme dans les autres genres de la famille ; les premiers doigts n'ont pas cette disposition en pelle particulière aui Taupes et aux Scalopes.
Le pelage des Chrysochlores présente ces reflets irisés et chatoyants qu'on ne rencontre que cliez les oiseaux et les poissons. C'est cette circonstance qui leur valut, au dernier siècle, le nom de Taupes dorées.
Les Chrysochlores creusent comme les Taupes, et passent leur existence sous terre.
Famille des Musaraignes. — Les animaux rangés dans ce tte fa-
Flg. 911. MuiiTtigne.
mille ont une certaine ressemblance avec les rats ; mais leur museau est une sorte de trompe, pointue ou aplatie, qui les sépare nettement de ces rongeurs. Us ont des habitudes très-diverses, suivant les genres.
Ces genres sont au nombre de cinq : les vraits Mwaraignes, les Soléiiodontes, les Macroscilides, les Rhynchocyons et les Desmans.
Genre Uusaraigne. — Un observateur superficiel confondrait la Musaraigne {ùg. 231) avec la souris. Ce sont à peu près les mêmes
498 MAAIMIFÈRES.
formes et la même taille ; mais, chez la Musaraigne, la tète est plus effilée, les oreilles plus courtes et la queue un peu moins longue. De plus, les caractères tirés de la dentition mettent une barrière infranchissable entre le Rongeur et l'Insectivore. C'est parmi les Musaraignes qu'on trouve les mammifères les plus exigus: certaines espèces sont plus petites que la souris.
Ces animaux sont, comme les taupes, très-mal doués sous le rapport de la vue : leurs yeux sont si petits, qu'il est impossible d*en distinguer la pupille. De longues moustaches contribuent à Tornement de leur museau. Leur poil est soyeux, épais, et d'une couleur qui varie entre le gris et le brun ; il est très-court sur la tète, la queue et les pattes.
Les Musaraignes se nourrissent de vers, d'insectes, de petils mollusques, et de grains à l'occasion. Elles vivent solitairement, dans des trous qu'elles trouvent tout faits, ou qu'elles creusent elles-mêmes; et elles en sortent peu pendant le jour. Dans l'hiver, quand les vivres sont rares, elles s'introduisent dans les granges, les écuries, etc. Mais toutes les espèces ne se plaisent pas dans les mêmes lieux. Les unes affectionnent les bois et généralement toutes les régions sèches ; les autres ne sont à Taise que dans les prairies humides et sur les bords des ruisseaux. Quelquesunes nagent avec facilité, à l'aide de leur queue, aplatie en forme de rame, et cherchent leur subsistance au sein des eaux.
Les Musaraignes portent sur les flancs une glande, entourée de poils raides sécrétant une matière grasse, dont l'odeur pénétrante rappelle le musc. Cette odeur est tellement forte, qu'elle répugne même aux autres animaux. Les chats poursuivent les Musaraignes et les tuent, mais ils ne les mangent pas. On a cru longtemps que la morsure faite par ces petits insectivores aux animaux domestiques des étables était venimeuse. C'est une erreur; leurs morsures sont complètement inoffensives.
On a retrouvé, mêlés aux momies égyptiennes, des os de Musaraigne, ce qui prouve que les habitants de l'ancienne Ëgjpte la plaçaient au rang des animaux sacrés. Plutarque explique ce fait en disant que la Musaraigne est privée de la vue, et que, suivant les Égyptiens, les ténèbres étaient plus anciennes que la lumière. L'explication est aussi obscure que le fait.
Les Musaraignes sont répandues sur toute la surface du globe ; on en rencontre sur les deux continents et à toutes les latitudes. Toutefois c'est en Europe, particulièrement en France et en Aile-
magne, qu'elles sont le plus nombreuses. Les principales espèces sont la Musaraigne commune, ou Musette^ qui habite l'Europe centrale et méridionale; — la Musaraigne étrusque^ propre au midi de la France et à certaines régions de l'Italie ; c'est la plus petite espèce du genre : elle ne mesure pas plus de six centimètres, tête et queue comprises ; — la Musaraigne à queue de rat, ou Musaraigne géante, la plus grosse du genre ; sa taille atteint celle du rat ; elle habite l'Inde et l'archipel Indien ; l'odeur qu'elle exhale est, diton, si forte qu'elle fait fuir les serpents et qu'elle suffit pour infecter l'eau contenue dans un vase près duquel a passé l'animal ; — enfin la Musaraigne d'eau et la Musaraigne porte-rame^ dont les mœurs sont aquatiques, qu'on trouve dans toute l'Europe, et qui est connue aux environs de Paris.
Genre Solénodonte. — Les Solénodontes diffèrent très-peu des musaraignes ; c'est surtout la dentition qui les en distingue. Ils ont la queue longue, nue et écailleuse, et habitent le nouveau monde, c'est-à-dire les îles d'Haïti et de Cuba. On n'en connaît qu'une seule espèce, le Solénodcnle paradoxal.
 côté des Solénodontes, il convient de placer un petit animal découvert au Japon il y a une vingtaine d'années, et pour lequel quelques auteurs ont créé un genre nouveau. C'est VUrstriche, dont les principaux caractères sont, avec les formes générales des musaraignes, une trompe allongée, mobile, et une queue longue et touffue.
Genre Macroscélide. — Des distinctions bien tranchées isolent ce genre des précédents. Les Macroscélides sont des animaux essentiellement sauteurs ; c'est le type de la gerboise transporté parmi les insectivores. Us ont les membres postérieurs beaucoup plus longs que les antérieurs ; de là leur nom qui, d'après l'étymologie grecque, signifie grandes jambes (uaxpoç, grand; (jxéXoj;, jambe). Leurs yeux sont plus apparents que ceux des musaraignes et des taupes ; leurs oreilles sont assez développées, et leur museau se prolonge en trompe au-dessus de la mâchoire inférieure. Le corps est gros et court, la queue longue et peu garnie. Leur taille est très-petite : dix centimètres au plus lorsqu'ils sont debout. D'un naturel aimable et d'allures gracieuses, ils savent se concilier la sympathie de l'homme, et se soumettent volontiers à la domesti cité. Ils sont d'ailleurs faciles à nourrir, leur régime étant à la fois insectivore et herbivore.
Les Macroscélides habitent l'Afrique; ils se tiennent dans les
lieux arides et rocailleux. Ou eo compte trois espèces, dont deux particulières à la Cafrerie, et une aux États barbaresques. Cette deruiëre estle Macroscélide de Rozet. assez commun en Algérie, prin-
cipalement aux environs de Bone et d'Oran, où il est connu sous le nom de rat à trompe.
Genre Rtiynchocyon. — Les Bhynchocyons sont des animaux sauteurs comme les macroscélides ; ils ont également le train de derrière plus élevé que celui de devant, mais leur corps est plus élancé, et leur taille est plus forte. De plus, ils sont tétradactyles, c'est-à-dire que leurs membres se terminent par quatre doigts seulement.
La seule espèce du genre que l'on connaisse appartient au Mozambique ; on ne sait rien de ses habitudes.
Genre Deitnan. — Les Desmans sont spécialement organisés en vue d'une existence aquatique. Leurs pattes de derrière sont palmées et leur queue est aplatie dans une certaine portion de sa longueur, de manière à remplir l'ofûce de rame. Leurs yeux sont très-petits, et leurs oreilles presque nulles. Le corps est assez allongé et recouvert de poils soyeux, à reflets irisés. A la base de la queue existent de nombreuses glandes, qui laissent suinter une odeur excessivement pénétrante, Le museau se termine par une petite trompe comprimée ; les pattes sont à cinq doigts et munies d'ongles robustes.
Les Desmans vivent sur les bords des lacs et des rivières; ils poursuivent dans l'eau des insectes, des mollusques, des gre-
nouilles et même des poissons. On en connaît deux espèces qui sont propres à l'Europe : le Derman moKwUe et le Desman des Pyrinéet.
Comme son nom l'indique, le Desman moscovite (fig 233) se trouve en Russie. Sa taille est à peu près double de celle de notre rat d'eau; l'odeur qu'il exhale est telle, qu'elle se communique à la chair des poissons assez voraces pour se nourrir des cadavres de cette espèce.
Le Desman des Pyrénées est beaucoup plus petit que le précé-
Flg. 33S- DesmaD moicovile.
dent; il est commun dans les petits cours d'eau du département des Hautes-Pyrénées.
Famille des Hérissons. — C'est à cette famille qu'appartiennent les plus gros insectivores, et ceux qui présentent le moins de bizarreries dans les formes. Ils difîèrent beaucoup les uns des autres par les habitudes ; mais ils ont pour caractères communs de se nourrir de la même façon et de présenter la même dentition. Les principaux genres sont : les Hérissons proprement dits, les Tan- Ttcs, les Tvpaias et les Gymnures.
Genre Hérisson. — Les Hérissons doivent leur nom à la singulière contexture de leurs poils, véritables épines, susceptibles de se dresser à la volonté de l'animal. Ils ont le corps allongé, les membres très-courts, et leurs pattes comprennent chacune cinq doigts, armés d'ongles relativement faibles. Leur museau est pointu,
et se termine par un mufle, sur lequel s'ouvrent les narines. Un petit appendice charnu, situé à Textrémité, est sans doute destiné à donner plus de Qnesse au sens olfactif, qui est d'ailleurs excellent. Les yeux sont petits et la vue a peu d'étendue. La queue est nue, grêle et fort courte. Les dents sont au nombre de trente-six, dont vingt à la mâchoire supérieure et seize à la mâchoire inférieure; elles ne comprennent pas d'incisives.
Le trait le plus curieux de l'histoire du Hérisson consiste dans la faculté que possède cet insectivore de se rouler en boule, et de s'envelopper tout entier d'une forêt de baïonnettes lorsque quelque danger le menace. Est-il inquiété, soit par un bruit insolite, soit par l'approche de Thomme ou d'un animal, il se pelotonne aussitôt, se ramasse sur lui-même, et ramenant sous le ventre sa tête, ses pattes et sa queue, il dresse ses poils, auparavant couchés en arrière» et ne présente plus au regard étonné qu'une espèce de boule bardée de toutes parts de piquants, sur laquelle Fassaillant n'a aucune prise. Il est très -difficile de le forcer à se développer; le renard y parvient, mais après de longs efforts, et non sans mettre en sang sa gueule et ses pattes. Pour arriver à son but, le renard manœuvre contre la région ventrale de son ennemi, qui, étant défendue par un nombre moindre de piquants, est, jusqu'à un certain point, vulnérable.
On dresse des chiens à ce genre de chasse. Mais il est un moyen infaillible de vaincre la résistance de l'animal : c'est de le plonger dans l'eau. On le voit alors reprendre son état normal, pour essayer de se sauver à la nage. Il n'éprouve, en effet, aucun embarras dans l'eau, et il n'hésite pas à s'y jeter, lorsqu'un danger pressant l'exige. Il parait même qu'il peut plonger pendant douze ou quinze minutes, sans qu'il en résulte pour lui le moindre accident : circonstance d'autant plus remarquable que, chez presque tous les animaux à sang chaud, l'immersion détermine l'asphyxie, après un laps de temps très-court.
Une autre particularité singulière de la vie de cet insectivore fut révélée, au dernier siècle, par le naturaliste Pallas ; le Hérisson peut manger des centaines de cantharides sans en être incommodé le moins du monde, tandis que l'homme et la plupart des animaux carnassiers ne peuvent manger deux ou trois de ces insectes sans éprouver les effets d'un véritable empoisonnement.
L'observation faite par Pallas de la faculté qu'a le Hérisson de
dévorer les cantharides sans en être incommodé, a conduit un naturaliste allemand, Lentz, a découvrir que le même animal est inaccessible aux effets du venin de la vipère.
Lentz introduisit une vipère dans une caisse qui contenait un Hérisson femelle, avec ses petits. La vipère, qui était grande et vigoureuse, s'enroula au fond de la caisse, loin du Hérisson. Mais celui-ci s'approcha lentement, flaira la vipère, et se retira tout d'abord quand elle se dressa, pour lui montrer les dents. Comme il approchait une autre fois sans précaution, il fut mordu au museau, et une goutte de sang sortit; il recula, lécha sa blessure, puis revint à la charge. Il reçut une seconde morsure à la langue; mais, sans se laisser intimider, il saisit le serpent par le corps. Les deux adversaires étaient devenus furieux ; le Hérisson grognait, se secouait; la vipère, de son côté, lançait morsure sur morsure, et de ses crochets se blessait aussi souvent qu'elle atteignait le Hérisson. Tout à coup le Hérisson lui saisit la tète, la broya et dévora de suite, sans autre signe d'émotion, la moitié antérieure du reptile, puis retourna tranquillement à ses petits pour les allaiter. Le lendemain, il mangea le reste de la vipère.
Cette expérience fut répétée maintes fois, et eut toujours le même résultat ; ni le Hérisson ni les petits ne furent malades un seul instant.
Un journal de médecine, le Courrier des familles^ qui rapporte ce fait d'après les conférences de M. Yogt, ajoute :
c II est donc bon de ne pas tuer les Hérissons, surtout dans le Limousin, où ils abondent. Sur les bords de la Vienne, aux environs de Limoges, et dans les plus beaux parcs, si vous vous promenez à Theure de midi, vous voyez une foule de queues rentrer dans des trous. Ce sont- des vipères. Les allées sont des écumoires. A Fontainebleau, avant 1848, on payait des chercheurs de vipères qui recevaient 1 franc par tête de cet hôte incommode. Le Hérisson est bien plus économique. »
Les Hérissons sont des animaux nocturnes. Ils se tiennent cachés pendant une grande partie du jour, dans les trous qui leur servjent d'abris, soit sous les pierres, soit aux pieds des arbres vermoulus, soit dans quelque autre refuge, œuvre du hasard ou de la nature. Us sont alors plongés dans un état de somnolence, dont ils ne sortent que pour se livrer à la recherche de leur subsistance. C est alors que commence leur vie active. Ils parcourent le sol, quêtant du nez et fouillant la terre avec leur mufle. Leur nourriture consiste principalement en insectes, en moUus-
ques, en crapauds, en grenouilles et en petits mammifères. Lorsqu'ils ne trouvent pas autre chose, ils se contentent de racines et même de fruits tombés ; car ils ne vont pas les chercher sur les arbres, comme l'ont dit certains naturalistes. Il faut regarder comme un conte ce fait que les Hérissons se serviraient de leurs piquants comme d'une broche pour transporter des fruits dans leur retraite, car, d'une part, on ne voit pas de quelle manière ils se débarrasseraient de leur fardeau une fois arrivés à destination, et il est reconnu, d'autre part, qu'ils ne font point de provisions.
Le Hérisson est un être prévoyant. Il sait fort bien qu'il n'a que sa cuirasse à opposer à ses ennemis, et qu'il aurait, par conséquent, de grandes chances d'être dévoré s'il était surpris sans défense-par les putois, les martres et autres méchantes bêtes qui lui veulent du mal. Avant de s'endormir, il se met donc en boule pour parer à toutes les éventualités; en cet état, il peut goûter, sans inquiétude, le charme du repos.
Pendant l'hiver, les Hérissons tombent en léthargie. Dès que la température s'abaisse à 6 ou ?• au-dessus de zéro, ils se retirent dans leurs trous, et restent engourdis jusqu'au printemps suivant. Ils sont, à cette époque, entourés d'une épaisse couche de graisse, qui sert à leur vie respiratoire pendant toute la durée du sommeil hibernal,
On ne connaît pas la durée de la gestation de ces animaux, mais on sait que les nouveau-nés ne se montrent pas avant la fin du mois de mai. La portée est de trois à sept petits. Sur leur peau blanche apparaissent des points noirs, qui indiquent la place des piquants.
Le Hérisson est d une intelligence très-bornée, et on ne parvient que difficilement à l'apprivoiser. Il paraît cependant que, sur les bords du Don et du Volga, on l'élève dans les maisons comme le chat. On le laisse courir dans les jardins, et il s'y emploie utilement, en détruisant un grand nombre de petits animaux nuisibles. Il n'y cause d'ailleurs aucun dégât.
On connaît deux espèces de Hérissons.
Le Hérisson commun (fîg. 234) est fort répandu en Europe. C'est à cette espèce qu'il faut rapporter les détails qui précèdent. Cet animal n'a plus d'intérêt aujourd'hui, mais il recevait jadis de destinations assez diverses. Les anciens lui faisaient une chasse très-acLive, pour s'emparer de ses piquants, qui servaient à carder la laine. Plus tard, la médecine l'employa dans diverses
maladies, notamment contre l'incontinence d'urine et l'hydropisie.
Le Hérisson à lojigues oreilles se disUogue du précédent, noa-
. Hériatoa lominuD.
seulement par une plus grande ampleur de la conque auditive externe, mais par d^ yeux plus grands, des jambes un peii plus longues, une queue ^lus courte et des piquants moins acérés. Il habite l'est de la Russie, la Sibérie occidentale et la Tartane. Moins bien protégé que la première espèce, il tombe plus facilement au pouvoir de ses ennemis. Les oiseaux de proie en détruisent une grande quantité sur les bords de l'Oural.
Genre Tanree. — Les Tanrecs sont des animaux de Madagascar, qui ont une grande analogie avec les Hérissons, tant sous le rapport des formes que sous celui des habitudes. On les distingue en vrais Tanrecs et Tendracs.
Les Tendracs ne ditCèrent presque pas des Hérissons. Ils ont, comme ceux-ci, le corps très-épineux, et se mettent également en boule; mais ils sont un pEU plus petits.
Les Tanrecs (fig. 235) sont plus sveltes, plus élancés, leurs pi-
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quants sont moins raides et mêlés de poils soyeux, et Us n'ont pas la faculté de se rouler complètement en boule ; leur queue est nulle. On les trouve non-seulement à Madagascar, mais aux Sles Bourbon et Maurice. Quelques auteurs ont affirmé que les Taorecs s'engourdissent pendant les grandes chaleurs, comme font les Hérissons sous l'induence du froid; mais c'est un fait qui n'a ^ pas été prouvé. Ce qu'on peut assurer, c'est que ces animaux
dorment pendant le Jour, et vont la nuit à la recherche de leur nourriture.
Genre Gymnure. — Les Gymnures s'éloignent d'une manière notable des Hérissons et des Tanrecs. Chez eus. point de trace d'épines ; leur pelage est soyeux dans toutes ses parties. Leur museau est allongé, leur queue aussi longue que le corps, et leurs formes sont gracieuses. On n'en conoait qu'une seule espèce, le Gymmirt de Raffles^ qui habite Sumatra, et dont les moeurs n'ont pas été étudiées: il est à peu près de la taille du Hérisson commun.
Genre Tupaia. — Les Tupaias, qui habitent l'Inde et les iles de la Sonde, ressemblent beaucoup aux écureuils ;ils ont leurs allures, et vivent également sur les arbres. Leur nourriture consiste en insectes et en fruits. Ils ont le poil doux, abondant, la queue longue et bien garnie Leurs doigts se terminent par des griffes acérées, qu'ils enfoncent dans l'écorce des arbres, pour y grimper et s'y maintenir en équilibre. Ce sont les plus élégants des Insectivores.
A côté des Tupaias, il faut ranger les Hytomyn et les PiUocerques, qui habitent les mêmes régions, et qui s'en distinguent, les premiers par une queue rudimentaire et presque nue, les seconds par une queue également longue, mais garnie de poils seulement dans son dernier tiers.