‹ Les mammifèresChapitre 3 sur 38 · MONOTRÈMES. U · texte numérisé non relu

MONOTRÈMES. U

£réatioDs appartenant aux époques les plus anciennes de notre globe.

Famille des Ornithorhvnques. — lies Omithorhynques {bec d'oiseau, des deui mois grecs ifin, oiseau, et p^-r/j^i, bec) sont des animaux organisés pour la vie aquatique. Leurs pieds comportent cinq doigts terminés par des ongles robustes. Les pieds de devant sont complètement palmés, et la membrane interdigitate y est même très-développée, car elle s'étend au delà des ongles. La

Fig. I. Ornilborhjnquc paradoxal.

queue est large, de moyenne longueur, et aplatie en dessous pour faciliter la natation. Le bec est aplati et peut être comparé, sans tropd'invraisemblance, àceiui du cygne ou ducanard. Deux grosses excroissances cornées, placées à chaque mâchoire, tiennent la place des molaires. Le pelage est assez bien fourni et d'un brun plus ou mois roussàtre.

Chez les mâles, le talon des membres postérieurs est armé d'un ergot, percé d'un trou à son extrémité. Cet ergoV laisse échapper, à la volonté de l'animal, une liqueur, sécrétée par une glande qui

est située le long de la cuisse, et avec laquelle l'ergot communique par un larçe conduit sous-cutané. On a fait diverses conjectures sur le rôle de cet éperon et de la liqueur qu'il fournit. On a pensé longtemps qu'il constituait une arme offensive et défensive, et que la sécrétion en était venimeuse, comme celle des crochets de certains serpents. Ce qui avait donné lieu à cette interprétation, c'était le récit d'un accident survenu à un chasseur, à la suite d'une piqûre d'Ornithorhynque, récit qui fut transmis en 1817 à la Société linnéenne de Londres par Sir John Jameson, résidant alors en Australie. On racontait que le bras du chasseur s'était enflé immédiatement après la blessure, et que tous les symptômes d'un empoisonnement par un venin analogue à celui des serpents s'étaient déclarés. Le mal avait cédé à l'application extérieure de l'huile et à l'usage intérieur de l'ammoniaque ; mais l'homme avait mis plus d'un mois à recouvrer une entière liberté de mouvements.

Beaucoup de voyageurs modernes nient que l'ergot de l'Ornithorhynque soit une arme dangereuse; quelques-uns mêmes afGrment que l'animal n'en fait jamais usage pour se défendre. La vérité réside, sans doute, dans la relation de M. J. Verreaux. Selon ce naturaliste, le liquide sécrété par la glande communiquant avec l'ergot n'a rien de venimeux. L'organe en question, très-dé veloppé chez les mâles, est tout à fait rudimentaire chez les femelles, où il disparait même complètement avec l'âge.

En résumé, rien de plus singulier que l'organisation de cet animal, qui tient de l'Oiseau, du Poisson, du Reptile, du Mammifère, et qui semble créé pour faire le désespoir des classiflcateurs.

Les Ornithorhynques habitent les bords des lacs et des rivières de la Nouvelle-Hollande et de la Terre de Van Diémen. Ils se creusent des terriers et n'en sortent guère pendant le jour. Cependant ils ne sont pas absolument nocturnes. Lorsqu'ils ont une famille à élever, l'énergie de leurs besoins s'accroissant, ils affrontent trèsbien la lumière du soleil. Ils nagent à rendre jaloux les poissons eux-mêmes, et courent sur terre avec une non moins grande facilité. Seulement, ils sont obligés de venir fréquemment â la surface de l'eau, pour respirer. Ils se nourrissent de larves aquatiques, de vers et de mollusques. La vase même peut servir â les sustenter, à défaut d'autres aliments. Lorsqu'on veut les prendre, ils cherchent â mordre ; mais leur bec ost trop faible pour être nuisible.

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