‹ Les mammifèresChapitre 4 sur 38 · MONOTRÈMES · texte numérisé non relu

MONOTRÈMES

C'est au fond de leur terrier, dans une sorte de nid formé de racines entrelacées, que les femelles déposent leurs petits. M. J. Yerreaux a, le premier, signalé leur mode d'allaitement. Il parait que la mère se fait suivre dans Teau par les jeunes, et qu'elle répand son lait autour d'elle ; la liqueur surnage et est promptement humée par les petits. Cette manière de procéder, qui n'a d'analogue dans aucun autre ordre de Mammifères, suffirait à elle seule pour faire de l'Ornithorhynque une des plus étonnantes bizarreries de la nature.

Cet animal paraît s'accommoder fort peu de l'esclavage. M. Bennett a possédé deux petits qu'il avait pris lui-même dans un terrier ; et bien qu'il ne les eût pas enlevés à leur pays natal, bien qu'il leur prodiguât les soins les plus assidus, il ne put les conserver : ils moururent au bout de cinq semaines de captivité. Ils étaient, dit M. Bennett, d'humeur très-folâtre et jouaient comme de jeunes chats ; ils aimaient à barboter dans un plat rempli d'eau et orné d'une touffe d'herbe ; ils dormaient beaucoup, surtout pendant le jour. Leur nourriture consistait en pain trempé dans l'eau, en œufs durs et en viande hachée très-mince.

On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule eçpèce d'Ornithorhynque : VOmithorhynque paradoxal^ animal de la grosseur d'une petite loutre, désigné par les colons australiens sous le nom de Taupe de rivière. Aucun exemplaire vivant n'en a encore été amené en Europe.

Famille des Échidnés. — Les Échidnés ont le corps ramassé et bas sur pattes, la queue très-courte, le bec et la langue étroits et allongés, les doigts armés d'ongles fouisseurs, le dos couvert de piquants, plus durs que ceux du hérisson et entremêlés de poils soyeux. Les mâles portent l'éperon, comme les Ornithorhynques. Ils habitent les terrains sablonneux, s'y creusent des terriers et se nourrissent de fourmis, qu'ils capturent en projetant leur langue, enduite d'une humeur visqueuse, dans les demeures de ces insectes. De là le nom de Myrmécophages (mangeurs de fourmis) qui leur avait été donné, mais qu'on leur a retiré pour qu'on ne soit pas tenté de les confondre avec les fourmiliers.

On ne possède pas d'autres renseignements sur les Échidnés. Quelques-uns de ces animaux ont vécu quelques semaines en captivité à bord de différents vaisseaux, entre autres de la Favo-

Ik MAMMIFÈRES.

rite et de VAstrolabe. Ils restaient, la plupart du temps, plongés dans une espèce d'engourdissement, enroulés sur eui-mômes, à la manière des hérissons. Mais ils n'étaient pas farouches, et semblaient prendre plaisir à recevoir des caresses. MM. Quoy et Gaimard, qui rapportaient sur leur navire, l'Astrolabe, un de ces animaux, le nourrissaient avec des liquides sucrés. M. Eydoux, qui

en conserva un pendant quelque temps sur la Favorite, pense qu'on pourrait facilement amener des Echidnés vivants en Europe, parce qu'ils s'engourdissent au moindre froid.

h'ÉchUIné épineux, la seule espèce de cette famille, est deux ou trois fois gros comme le hérisson ; on le rencontre dans les mêmes îles que l'Ornithorhynque.

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