‹ Les mandats internationauxChapitre 24 sur 70 · PIE CONS 6 EURT AN) EUR APR · texte numérisé non relu

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aux élèves un enseignement professionnel qui contribuera à la prospérité future de la Syrie. |

Passant au progrès matériel que les délégués de la France mandataire ont fait faire au pays, nous signalerons l'effort matériel sans précédent qui, sous une vigoureuse impulsion, a été donné à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.

L'industrie de la soie y est présentement en pleine prospérité, le ver à soie trouvant en Syrie des conditions particulièrement favorables à sa croissance et à sa reproduction. Il s'agirait, maintenant, d’enseigner aux populations à ouvrer elles-mêmes cette soie, au lieu de l’exporter sous forme de cocons et de filés; nous croyons savoir que le mandataire y pourvoit.

Le développement de l’agriculture, qui doit constituer pour la Syrie la ressource la plus sûre et la plus rémunératrice, ne pouvait échapper à la vigilance des autorités mandataires. Dans un pays calciné par le soleil en été, et sans régime de pluies régulières, l’agriculture est conditionnée par l'irrigation des terrains à l’aide d’eau puisée aux rivières. L’hydraulique agricole conditionne l’agriculture. C’est pourquoi la Direction de l’Agriculture à été rattachée à celle des Travaux publics. On peut attendre de cette réunion des deux services dans une même m in les meilleurs résultats : le Directeur des Travaux publics ne perdra ainsi jamais de vue que sa tâche principale est de fournir de l’eau aux campagnes et il dirigera en premier lieu ses efforts de ce côté.

Des travaux publics pris en eux-mêmes, dans le sens où on

les entend en France, il est superflu de parler longuement.

Plusieurs routes ont été remises en état, les ports ont été améliorés et les lignes de chemins de fer réparées ; il convient d’attendre encore, maïs sans impatience, l’ère des grands travaux publics. Pour le moment, l’effort doit porter sur l’envoi aux campagnes d’eau qui multipliera les richesses.

Le régime foncier s’organise. On n’exagérera jamais les conséquences, bonnes ou mauvaises, d’un régime foncier. C’est par la possession et l’utilisation du sol que les Etats

européens se sont constitués, — ces Etats que la mobilité de la

fortune tend aujourd’hui à dissocier. C’est par la terre et ses

possesseurs que l’ordre et la sécurité régneront dans l'Etat. Les autorités mandataires l’ont si bien compris qu’un de

leurs premiers soucis a été l'établissement d’un cadastre qui

précise l’objet de la propriété, et d’une immatriculation qui fournit des garanties au droit de propriété. Les immeubles seront immatriculés : cela facilite la transmission de la propriété foncière, cela la mobilise, comme on dit, lui donne une souplesse que nous ne lui connaissons pas en France (1).

Et à la faveur de cette œuvre inlassablement poursuivie

par le mandataire, le pays prend conscience de lui-même ; il p se redresse et progresse.

Ceux de ses chefs qui étaient d’abord hostiles au mandat, parce qu’ils croyaient y voir un moyen déguisé, pour le mandataire, de se substituer à l’Empire ottoman, ont compris très. vite qu’ils avaient fait erreur et se sont ralliés rapidement au mandat. D’autres n’y adressent plus que des objections de forme, que l’on croirait plutôt dictées par la fausse honte d’avouer franchement qu’ils s'étaient ou avaient été trompés. Les quelques nationalistes qui demeurent hostiles à tout com-

promis, intransigeants, ont l’air plutôt de se donner une atti-

tude que d’obéir à une règle de conduite dictée par la raison...

Quant aux masses, la meilleure preuve qu’elles ont depuis longtemps adhéré cordialement au mandat, a été administrée par les élections aux Conseils réprésentatifs qui ont eu lieu au mois d’octobre 1923: plus de 70% des électeurs inscrits sont allés voter, et les renseignements qui nous sont parvenus. ont montré l’étonnement de ces électeurs quand ils se sont aperçus qu’ils pouvaient voter librement (2). |

Leur étonnement s’accroîtra sans doute et l’hostilité des derniers réfractaires au mandat tombera d’elle-même, quand

(1) On trouvera des renseignements plus détaillés dans le rapport à la Société des Nations sur l’exercice du mandat de la France en Syrie, quoi qu’on puisse se plaindre que la modestie de ses auteurs ait cru devoir tant l’abréger.

(2) Voir Asie Française, décembre 1928.

ils verront la France exécutrice loyale de son mandat, en même temps que fidèle à l’idéal politique qui a toujours été le sien, leur transmettre, un à un, les attributs du pouvoir et s’effacer. :

Si nous nous sommes étendus volontiers sur l’exercice du mandat de la France en Syrie, ce n’est pas que nous ayons voulu insinuer que la Grande-Bretagne n’a fait que proportionnellement à ce que nous en disons dans les pays confiés à son mandat.

Evidemment, au point de vue politique et administratif, elle a compris son mandat d’une facon autre que ne le comprend la France. Mais elle n’en a pas moins accompli des efforts marqués dans le sens du bien-être matériel et moral des habitants. Nous ne pouvons que renvoyer aux rapports qu’elle a fournis sur ce sujet, et dont la liste est donnée. dans notre bibliographie. |

Dans les colonies placées sous mandat B ou C, une œuvre considérable à été également accomplie.

Convaincus, ainsi que le disait le Haut-Commissaire de France au Togo, dans des paroles que pourraient faire leurs toutes les puissances colonisatrices, « que le substratum de toute civilisation morale et intellectuelle est un certain bienêtre matériel », les mandataires se sont attachés d’abord à donner ce bien-être aux habitants.

A cet effet, le régime des terres a été à peu près partout l’objet de mesures diverses et nombreuses de la part des autorités mandataires. Dans l’état pasteur et agricole où vivent encore les indigènes de ces colonies, il était expédient de leur garantir la jouissance paisible de leur champ, qui est le plus sûr moyen de les enraciner pour leur plus grand profit individuel, lequel coïncide, en ce cas, avec l’intérêt de toutes les nationé. | |

En même temps qu'était édictée une réglementation foncière tendant à assurer le droit de propriété, on enseignait aux indigènes à faire valoir leurs propriétés. Les efforts ont

LES MANDATS INTERNATIONAUX | porté sur l'extension des st vivrières, | complémentaires l'une de l’autre, c’est-à-dire dont les produits peuvent se substituer les uns aux autres. ; On leur a aussi distribué, notamment dans les pays de mandat français, des graines de plantes industrielles, dont le produit exporté leur donnera une monnaie d’échange Par nie leurs importations. à C’est aussi dans les colonies sous mandat fran que 4 tentatives intéressantes ont été faites pour assurer à à chaque Jo famille indigène son petit troupeau. On prête aux particuliers ia ‘une ou plusieurs têtes de bétail, qui doivent être rendues au A prêteur, mais dont le produit et le croît sont laissés à l'emprunteur ; il y a là une initiative extrêmement intéressant et digne d’être mise en application ailleurs que dans à colonies sous mandat. Fi 1eE Ces efforts, accomplis dans un but matériel, ont été Levi sement accompagnés d'efforts visant à atteindre un but plutôt moral. C’est dans cette seconde catégorie que nous rangerons toutes les mesures adoptées dans un but d’hygiène publique, de lutte contre les maladies, d’enseignement publie, ete. Nou ne pouvons faire, ici, qu'indiquer et renvoyer aux rapports fournis par les mandataires à la Société des Nations. La listé de ces rapports est donnée dans notre bibliographie. La Commission permanente des mandats, qui a examiné les efforts de chaque mandataire, qui les a pesés, passés au crible d’une critique sévère et comparés les uns avec les autres, s’est, dans l’ensemble, déclarée satisfaite. Elle a même félicité certains | mandataires (voir les procès-verbaux de ses séances). On peut donc conclure assurément que, dans à peu près les onze pays sous mandat B ou C, le souci de protéger et d’éduquer, d’enrichir et de faire accéder à la civilisation a été le principe directeur des mandataires.

Le *

satrices, la France notamment, n’avaientpas attendu les mandats pour considérer les indigènes comme des membres de la grande famille humaine, ayant le seul tort d’être arriérés, et pour professer que la colonisation doit consister principalement à amener ces indigènes à elles, à les faire collaborer avec elles, les mandats ont eu cette heureuse conséquence de généraliser ces sentiments, de les codifier et de leur donner le fondement contractuel qui leur faisait défaut. C’est pourquoi on peut dire que les mandats coloniaux amorcent un véritable renouvellement du droit colonial.

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