INTRODUCTION
seraient modifiés par sa seule présence. Ils présenteraient un
nouvel aspect, requerraient une nouvelle forme d’analyse. De
même, ceux qu’elle aurait à entretenir avec chacun de ses membres seraient complètement nouveaux. Mais ici, avec l’article 22, ce qui est créé, c’est un nouveau lieu d’interdépendance entre Etats, un nouveau moyen d’action d’une puissance sur un territoire qui n’est pas le sien et avec introduction de la Société des Nations dans le jeu de ce moyen d’action. C’est, en un mot, un nouveau rapport qui a cette singularité d’être à trois termes : voilà qui est entièrement original.
C’est à l’étude de ce rapport que le présent ouvrage est consacré. Nous nous attachons d’abord à montrer comment l’idée du mandat est née, et comment elle a été réalisée. Puis nous cherchons à analyser la valeur en soi de cette création, et, sans vouloir vaticiner, nous examinons ce que l’avenir peut en attendre.
Nous n’avons pas la prétention d’avoir épuisé la question. TI] eût fallu, notamment pour que la partie historique fut traitée définitivement, que les procès-verbaux du Conseil Suprême, de qui émanent les décisions du 30 janvier 1919 et du 6 mai 1919, eussent été rendus publics. Il eut convenu aussi d’étudier chaque mandat séparément, pour dégager ensuite les éléments communs à tous et enfin construire un système.
Cela nous a été impossible pour plusieurs raisons. Mais si réduit que soit ce travail, il nous semble qu’il est suffisant pour
donner une idée des mandats internationaux et que rien d’essentiel n’y à été omis.