C.P.M., 25, 1934, pp. 11 et suiv
Se faisant gérant d’affaires des Puissances, le Conseil risquerait de voir sa gestion ne pas être validée. Cette question n’est pas exclusivement théorique, certains pays ont réclamé, et réclament encore des mandats.
En 1925, l'Allemagne, avant d’entrer dans la Société des Nations, a posé la question 1. Le mémorandum annexé à la lettre signée du Docteur Stresemann, que le Gouvernement allemand adressait le 12 décembre 1924 au Secrétaire général de la Société des Nations, contient la remarque suivante : « L'article 22 du Pacte prévoit que la tutelle des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes sera conférée aux Nations développées, qui, en raison de leurs ressources et de leurs expériences, sont le mieux à même d’assumer cette responsabilité. Exclue de toute activité coloniale depuis sa défaite, l’Allemagne attend que la Société des Nations l’appelle en temps voulu à participer activement au système des mandats »?.
Le régime hitlérien a semblé, tout d’abord, renoncer aux revendications coloniales. Mais, bientôt, l’entente s’est faite entre nationaux-socialistes et vieux coloniaux et le troisième Reich de réclamer en 1935, non pas des mandats, mais les anciennes colonies et celles dont l’Allemagne a besoin pour se procurer les matières premières nécessaires à son industrie ÿ.
L'Italie qui estime n’avoir pas été aussi bien partagée que les autres Puissances victorieuses, au cours des années qui ont suivi immédiatement la guerre, n’a cessé de diriger une active propagande en faveur d’une redistribution des. mandats. À cet égard, un article, publié en 1932 dans la Revue politique que dirige M. Mussolini, relatait une discussion au Sénat du royaume‘, sur le bilan du Ministère des Affaires étrangères, où il fut parlé des mandats internationaux, et de la condition dans laquelle se trouve l'Italie à leur sujet, des droits qu’elle peut espérer