Delpech et Laferrière, op. cit., t. V
sance de remplir les devoirs qui lui incombent jusqu’à l'expiration du mandat 1.
Le régime parlementaire ne fonctionne pas non plus en Syrie de façon parfaite; en 1934, le Haut-Commissaire a dû suspendre les délibérations dela Chambre syrienne en matière budgétaire. La Commission Permanente dans son rapport au Conseil a noté à regret les irrégularités qui se sont produites dans le fonctionnement du régime parlementaire ?.
L’autorité du Gouvernement syrien s’affermit cependant d’année en année et, au printemps de 1934, le Président de la République, Mohamed Ali Bey el Abed accompagné du Cheik Taggeddine, Président du Conseil et du Ministre des Finances a accompli pour la première fois depuis son élection un voyage officiel dans le Nord syrien. Ces hautes personnalités ont reçu partout un accueil enthousiaste. Les assemblées locales, notamment à Alep, ont déclaré leur confiance et leur gratitude envers le Gouvernement syrien, envers la France et son représentant le Comte de Martel. Quelques extrémistes, soucieux de se manifester, lancèrent plusieurs bombes sans faire aucune victime, mais des sanctions immédiates rassurèrent une opinion publique indignée ÿ.
Le jour paraît approcher où un pas de plus pourra être fait qui accordera à la Syrie une indépendance complète. C’est le but du traité d’amitié et d’alliance signé entre la France et la Syrie le 16 novembre 1933 mais qui n’a encore été ni ratifié, ni soumis à l’approbation du Conseil de la Société des Nations #.
La carte politique du Levant sous mandat français présente aujourd’hui l’aspect suivant : deux Etats à vocation internationale, le Liban qui accepte le mandat, la Syrie dont la Puissance Mandataire s’efforce de satisfaire les aspirations, enfin les autonomies locales instituées en exécution du mandat, Gouvernements du Lattakieh et du Djebel Druse.