‹ Les manifestations catatoniques dans les pyélonéphrites à colibacille des petits enfantsChapitre 13 sur 17 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

I — S'agit-il d’un syndrome catatonique ?

Le diagnostic positif reposera sur les quatre symptômes cardinaux de la catatonie : catalepsie, négativisme, hyperkinésies, troubles organo-végétatifs.

Le diagnostic différentiel se fera chez le nourrisson et le petit enfant avec :

a) Un syndrome méningé banal qui peut provoquer une raideur de la nuque pouvant aller jusqu’à l'attitude en « opisthotonos ». D'autre part, un syndrome catatonique peut s’accompagner de vomissements et d’hyperesthésie. .

C’est la ponction lombaire qui fera le diagnostic. Elle a été pratiquée dans les observations 1 et 3 : la tension était

normale, il ne fut constaté ni hyperalbuminose ni leucocytose.

b) Un accès de tétanie : le syndrome catatonique avec sa contracture généralisée en hyperextension, le spasme carpopédal, souvent présent, peut le simuler parfaitement. Mais l’accès de tétanie est en général apyrétique, l’état général est excellent, il existe des signes d’hyperexcitabi-

ue on rec) nas is et 74 pd an Cd Lai

lité musculaire. Dans nos trois observations, il y avait fièvre et atteinte de l’état général — le signe de Chvostek s’est toujours montré négatif pour Madeleine et Janine — la calcémie dosée au plus fort des troubles nerveux chez Madeleine, s’est révélée à 0 gr. 126.

c) Le tétanos : il est rare chez le tout petit enfant, une fois la porte d’entrée ombilicale fermée. L’attitude en opisthotonos de Janine pouvait y faire penser, mais il n’y avait chez elle ni porte d’entrée ni trismus au début ; létat de coniracture au lieu de s’aggraver diminua progressivement pour faire place à une demi-somnolence.

‘d) L'accès tétaniforme de la maladie de Shilder-Foix qui est capable de réaliser une contracture généralisée en hyperextension. Il s’agit d’une encéphalite péri-axile diffuse, maladie familiale, frappant les enfants d’une même famille au même âge, précédée de signes importants, oculaires et cérébelleux, et s’accompagnant à la période d’état de signes oculaires et de signes de paralysie pseudo-bulbaire (C. Vogt).

e) La catalepsie physiologique : elle est admise par certains auteurs chez le petit enfant entre 17 et 28 mois. En fait, Baruk a montré que, si quelques petits rachitiques peuvent parfois présenter une certaine conservation des attitudes, la catalepsie n’en est pas moins toujours pathologique.

IT. — Le syndrome catatonique est-il dû à une toxi-infection colibacillaire ?

Cela revient à étudier quelles sont les maladies capables de déterminer un syndrome catatonique au même titre que la colibacillose chez le petit enfant :

OPA DEL a) L’encéphalite léthargique : Le diagnostic sera aiguillé par les troubles du sommeil, les signes oculaires, les algo-

myoclonies, une dissociation albumino-cytologique possi-

ble à la P. L.

b) La fièvre typhoïde : elle est très rare chez l’enfant avant deux ans; elle prend la forme d’une méningite aigué ou d’une gastro-entérite aiguë, les taches lenticulaires manquent le plus souvent. Hémo-culture et séro-diagnostic

feront le diagnostic.

c) Le paludisme : Il est très rare dans nos régions. Son diagnostic reposera sur la périodicité des accès, l’anémie vite intense, la splénomégalie et surtout sur la présence

d’hématozoaires dans le sang.

d) La grippe grave, les infections pulmonaires graves. Toutes ces maladies, pratiquement, ne réalisent que très rarement le syndrome catatonique chez le petit enfant.

En conséquence, chez un petit enfant hyperthermique présentant un état général très touché et dont l'examen est à peu près négatif, l'apparition d’un syndrome catatonique doit orienter, à coup sûr, le diagnostic vers la colibacillose. Celle-ci, chez le nourrisson et le petit enfant, se manifeste le plus souvent par une pyélonéphrite.

En fait, le diagnostic au début d’une pyélonéphrite erre souvent ainsi que le montrent l'observation 3 où Madeleine entre à l'hôpital avec le diagnostic de méningite et l'observation 1 où l’évolution fait penser à une bronchopneumonie avec pourtant des signes pulmonaires discrets non en rapport avec l'atteinte de l’état général.

C’est pourquoi nous voudrions, en terminant, insister sur la nécessité d’une prise aseptique d’urine avec examen bactériologique et mise en culture du culôt de centrifugation, chez tout petit enfant hyperthermique, dont l’état

général est touché et chez qui l’examen clinique reste à peu près négatif. Cet examen bactériologique révèlera souvent une infection colibacillaire. Sans doute, le syndrome catatonique est un très bon élément de diagnostic, mais son apparition traduit une intoxication déjà massive de l'organisme et en particulier du système nerveux central. Un examen bactériologique des urines pratiqué tôt permettra un diagnostic précoce et surtout la mise en œuvre d’une thérapeutique qui peut sauver le petit malade.

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