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une zone de tissus beaucoup plus souples. Sur une coupe antéro-postérieure, on constate, en effet, que les portions les plus dures, aussi bien en haut qu’en bas, correspondent à des amas jaunâtres diffus. Cependant, çà et là, se trouvent des foyers jaunes à centre un peu diffluent ; leur volume est à peine celui d’une lentille. Le noyau de la partie inférieure a le volume d’un gros pois ; il est beaucoup moins diffus, presque circonscrit et, sur le pourtour, on constate une sclérose de tissu séminifère dont les tubes sont indistincts et dont l’aspect est presque hyalin et un peu transparent.
» Du reste, en aucun point de la glande, même dans les parties qui paraissent les plus saines, les tubes séminifères ne sont distincts les uns des autres ; ils sont solidarisés en une masse grisàtre, parcourue par des travées plus épaissies et irriguée par des vaisseaux visibles à l’œil nu.
« La gomme volumineuse que nous venons de décrire a bien 7 millimètres dans tous les sens. Elle est franchement jaune et son centre, qui logerait un grain de blé, est rempli par une matière diffluente verdâtre. »
Parfois, comme nous le verrons plus loin, l’épididyme peut être intéressé également.
Dans la syphilis héréditaire précoce, comme d’ailleurs dans la syphilis acquise, le fongus du testicule est d’une particulière rareté. Il n’en existe dans la
littérature qu'un nombre très restreint. Personnellement, nous ne l’avons jamais rencontré.
Comment se déroule le processus aboutisant à un fongus ? Un testicule, chez un enfant hérédo-syphilitique, est notablement augmenté de volume, indolore ; la tumeur grossit, devient adhérente au scrotum et, dans un espace de temps variable, un abcès se forme. D’un petit orifice circulaire percé dans le scrotum, sort alors une masse fongueuse, rougeâtre, assez grosse. Il peut, dans d’autres cas, y avoir abcès et nécrose du testicule. On observe alors une fistule scrotale qui conduit dans une cavité purulente, de grandeur variable, creusée dans le parenchyme glandulaire.
Nous venons d'étudier les lésions de la glande testiculaire elle-même dans l’hérédo-syphilis précoce. Nous allons maintenant examiner les altérations de l’'épididyme, du déférent et de la vaginale.
$ 4 — L’Epididymite.
La syphilis héréditaire précoce peut intéresser l’épididyme.
C'est Wilks qui, le premier, en 1865, a montré l’existence de lésions de cet organe chez les enfants atteints d’hérédo-syphilis. D’autres auteurs, tant en France qu’à l'étranger, ont vu également ces altérations, mais elles ont été particulièrement bien étudiées par Seringe.
Et d’abord, quelle est la fréquence de l’épididymite dans la syphilis héréditaire précoce ?
« L’affection intéresse parfois l’épididyme », disaiton avant Seringe ; mais ce dernier auteur a apporté des chiffres probants Sur une centaine de jeunes hérédo-syphilitiques, il a trouvé 16 fois un sarcocèle, et dans 8 de ces cas, l’orchite était associée à lépididymite. Dans un de leurs articles, Salès et P. Vallery-Radot, sur 11 observations de sarcocèle avec hydrocèle, ont, après ponction, trouvé seulement 2 fois participation de l’épididyme aux lésions testiculaires. Nous-même l’avons vu seulement trois fois.
Mais si on a signalé l’épididymite associée au sarcocèle, on a trouvé aussi l’épididymite existant isolée, sans aucune lésion appréciable cliniquement du testicule.
Comment se présente l’épididyme lésé ?
Il est augmenté de volume, soit dans sa totalité, soit en partie, auquél cas la tête est surtout lésée. La tuméfaction, rarement considérable, est lisse ou bosselée, ferme, dure, indolore ; Taylor signale la pression parfois douloureuse.
Seringe a bien étudié, au point de vue microscopique, les lésions de l’épididyme. Il fait d’abord remarquer le défaut de parallélisme qui existe entre les lésions du testicule et celles de l’épididyme dans un même cas donné. Dans un cas, il trouve un testicule très malade et un épididyme intact ; dans d’autres cas, c’est l'inverse, épididyme très lésé, testicule intact ou presque ; le testicule enfin est malade, l’épididyme aussi, mais Celui-ci à un degré moindre. Sur les coupes, il trouve dans le tissu interstitiel de cet organe
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de nombreuses traînées de cellules de nouvelle formation, aux noyaux volumineux, tranchant par l’intensité de leur coloration sur ceux des cellules voisines. Çà et là, dans l'intervalle des tubes, des amas de cellules embryonnaires forment des groupes disposés autour de la lumière d’un vaisseau, sortes de petites gommes microscopiques à leur stade de début et analogues à celles qu'Hutinel a décrites dans le tissu conjonctif interstitiel du testicule dans l’hérédosyphilis précoce. Dans la tête de l’épididyme, cette prolifération conjonctive, sous forme de traînées cellulaires, est surtout riche au niveau des travées conjonctives qui séparent les cônes efférents et qui sont épaissies et plus larges qu’à l’état normal. D’innombrables cellules rondes y dessinent le trajet des vaisseaux au milieu des cloisons. Dans l’albuginée épididymaire, on trouve des traînées de cellules rondes ou de lymphocytes disposées dans son épaisseur ou sous sa couche profonde. D’autre part, la vascularisation de l’épididyme lui a semblé riche, principalement au niveau de la tête et de la queue. Les parois des vaisseaux, celles des tubes épididymaires et leur épithélium lui ont paru sains.
Parfois, l’'épididyme peut présenter d’autres lésions que celles de sclérose. C’est ainsi que Parrot a trouvé « un testicule présentant des gommes miliaires superficielles disséminées sur la surface de l'organe et de l’épididyme. D’autre part, Carpenter a rapporté une observation d’Abott, où, chez un enfant hérédo-syphilitique, âgé de 9 semaines, existait une gomme énorme
ayant pour siège l’épididyme.
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$ 5. — Lésions du Canal déférent.
La syphilis héréditaire précoce peut intéresser le canal déférent, mais d’une façon assez rare.
Dans ces cas, on trouve, chez des hérédo-syphilitiques, une orchi-épididymite qui peut s’accompagner d’une augmentation, en général peu marquée, mais cependant nette, de volume du canal déférent, que l’on peut aussi percevoir plus dur que normalement. . C’est ce que montrent les observations recueillies dans la littérature, c’est aussi ce que nous avons pu personnellement constater, au moins une fois .
Des auteurs ont signalé, dans la’syphilis héréditaire précoce, des hydrocèles enkystées du cordon.
À ce propos, Seringe s’est demandé si elles ne seraient pas sous la dépendance d’une lésion du canal déférent. Cet auteur a parfois trouvé, au microscope, dans des cas où il y avait lésions épididymaires, des traînées de cellules rondes de nouvelle formation entourant le canal déférent au voisinage de la queue de l’épididyme.
$6. — Lésions de la tunique vaginale. — Hydrocèle.
Fréquemment, le sarcocèle, considéré comme manifestation de la syphilis acquise de l’adulte, s’accompagne d’un épanchement séreux de la vaginale. On trouve ceci dans le quart ou même la moitié des cas, suivant les auteurs. Dans la syphilis héréditaire, dans sa forme précoce en particulier, le sarcocèle peut coexister avec un degré variable d’hydrocèle.
Est-ce fréquent ? Les opinions varient. Hutinel et Parrot le nient. Bumstead, Taylor, Seringe, Carpenter l’affirment. Mais seuls Seringe et Vaglio apportent des chiffres. Ce dernier, sur 115 enfants manifestement hérédo-syphilitiques, a trouvé 20 cas d’hydrocèle, soit un peu plus de 17 %. Seringe, sur 95 observations de sarcocèle dù à la syphilis héréditaire, a trouvé 25 fois de l’hydrocèle, soit plus du quart des cas, Ce qui nous rapproche du pourcentage obtenu dans la syphilis acquise. Dans l’exposé de nos recherches, nous montrerons que nous avons obtenu sensiblement les mêmes chiffres, peut-être un peu plus élevés (un tiers des cas).
Comment va se présenter cette hydrocèle ? Elle peut succéder à l’hydrocèle bilatérale irréductible coïncidant avec la crise génitale du nouveau-né ou bien l'attention est attirée, un jour, par une augmentation, plus ou moins importante, du volume des bourses, augmentation survenant à des époques variables, mais avec un maximum de fréquence au deuxième et au troisième mois.
L'hydrocèle est-elle unilatérale ou bilatérale ? Seringe, dans les 25 cas. dont nous avons déjà parlé, constate que 5 fois l’épanchement était bilatéral et 20 fois unilatéral, dont 13 fois à droite et 7 fois à gauche. Vaglio l’a vu 18 fois sur 29 à droite. Salès et P. Vallery-Radot l'ont trouvé 2 fois bilatéral et 9 fois unilatéral, dont 6 fois à droite et 3 fois à
gauche.
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Le volume de l’hydrocèle est très variable. Elle peut être légère, mince lame liquide entourant le testicule ; le plus souvent, elle est moyenne, atteignant le volume d’une petite noix ; rarement, elle est très abondante et irréductible.
C’est une tumeur fluctuante, transparente, indolente, qui permet plus ou moins de palper le testicule et l’épididyme. La peau des bourses est normale et glisse bien sur les plans sous-jacents.
Quelle est l’évolution de cette hydrocèle ? Pour Seringe, l’hydrocèle, si le traitement spécifique intervient, peut disparaître rapidement en 8 à 15 jours, avant la guérison des lésions testiculaires. I l’a vu également disparaître, sans traitement, mais il ne précise pas au bout de combien de temps. Les travaux les plus récents sont d’accord et insistent sur la longue durée de l’hydrocëèle. Elle est persistante, durant des mois, dit Marfan ; elle s’éternise pendant plusieurs mois ; elle a pu être observée au delà du cinquième et même du dixième mois, disent Salès et P. Vallery-Radot. Mais, malgré cette persistance, elle se résorbe au bout d’un temps variable. Leredde, cependant, possède l'observation d’un homme de 40 ans, hérédo-syphilitique, atteint d’une hydrocèle gauche, depuis le début de son enfance.
À quoi est due cette hydrocèle ? On peut la considérer comme une complication ‘de la lésion testiculaire et la traduction d’une irritation chronique de
la vaginale, entretenue par la sclérose du testicule.
Si on incise la vaginale ou si on la ponctionne, on
obtient une quantité variable de liquide clair, citrin. En général, la proportion de fibrine est excessive, le liquide se coagulant en masse sitôt après ponction, si l’on ne prend pas la précaution de le recueillir dans. un tube citraté. L'examen cytologique montre habituellement quelques rares lymphocytes et polynucléaires ; dans deux cas, il a été trouvé une lymphocytose considérable, Dans ce liquide, on a fait la recherche des réactions de Bordet-Wassermann et de Hecht. Vaglio, sur un très grand nombre d’enfants, n’a trouvé que 4 fois le Bordet-Wassermann positif. Gonez (Obs. XIT) l’a trouvé une fois. Salès et P. Vallery-Radot, sur 11 enfants, l’ont vu 10 fois hégatif et une seule fois positif.
Dans la syphilis héréditaire précoce, nous pourrons avoir de l’hydrocèle unilatérale, irréductible et non communicante, persistante, rarement de volume considérable, donnant parfois une réaction de Bordet- Wassermann positive.
$ 7. — Ectopies.
Nous n’insisterons pas sur les anomalies ou les défauts de migration du testicule. Ces notions sont classiques. On sait que ces organes sont formés, dans l'abdomen, en dedans des reins ; ils sont alors lombaires. Vers le troisième mois de la vie fœtale, ils descendent dans la fosse iliaque et, vers le sixième mois, arrivent à l’orifice profond du canal inguinal. Ils le parcourent et, à la naissance, viennent se loger au fond des bourses. |
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Dans certains cas, au cours du développement intra-utérin du fœtus, le testicule s’immobilise dans son trajet et c’est ainsi que l’on peut avoir les ectopies lombaire, iliaque, inguinale ; cette dernière avec ses trois variétés : interne, interstitielle ou externe, suivant le point du canal où le testicule s’est arrêté. Dans d’autres cas, la glande, avant de s’engager dans le canal inguinal, est déviée de son trajet ; on obtient ainsi les ectopies rétro-vésicales et crurales profondes. Enfin, à sa sortie du canal inguinal, le testicule peut être dévié de son chemin et, au lieu de descendre dans les bourses, va se loger sous la peau d’une région voisine.
On a donné .de nombreuses explications à ces anomalies de migration ; la pathogénie en reste malgré tout obscure.
Depuis Ed. Fournier, on sait que l’ectopie n’est pas rare chez les hérédo-syphilitiques.
Il est intéressant de signaler que le testicule ectopié peut, dès la première enfance, présenter des lésions d’atrophie à leur stade initial. Nous verrons l’importance de ces diverses données au chapitre Pronostic. \
$8. — Arrêts de développement.
Chez des sujets hérédo-syphilitiques d’un certain âge, on peut trouver des testicules de forme, de consistance normales ; ils sont seulement petits. « On dirait des testicules d'enfants sur des jeunes gens
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ou des. adultes ». Souvent, ces sujets présentent le tableau de l’infantilisme.
Il n'y a pas que la syphilis qui puisse créer ces arrêts ou défauts de migration ou de développement; il faut cependant y penser, surtout quand on se trouve en présence d’hérédo-syphilitiques.