CHAPITRE II
Les manifestations génitales que nous avons rencontrées.
Leur Fréquence. — Nos observations.
Nous avons consacré le précédent chapitre à la description des divers accidents que la syphilis héréditaire précoce peut causer au niveau du testicule et de ses annexes.
Quelles sont, parmi ces lésions, celles que nous avons rencontrées ?
Nous avons été en présence du sarcocèle. Nous avons trouvé des testicules parfois augmentés de volume, d’autrefois petits, mais toujours bien caractérisés par leur dureté excessive. Dans la plupart de nos cas, les deux testicules nous ont paru être lésés; le plus souvent, d’un côté, le testicule était gros, de l’autre il était petit, mais tous les deux donnaient cette sensation de dureté, qui semble être le symptôme le: plus important pour affirmer que l'organe est ma-
lade.
Nous n’avons pas vu le fongus ni la gomme.
Souvent, la tuméfaction testiculaire s’est accompagnée d’un épanchement séreux de la vaginale. Mais alors que nous trouvions les deux testicules malades, l’hydrocèle, chaque fois, s’est montrée unilatérale. Ceci pourrait peut-être s'expliquer de la façon suivante : les deux testicules sont lésés, mais l’un d’eux l’est plus que l’autre, d’où réaction particulière de la séreuse vaginale. Nous n’avons jamais été en présence de grosses hydrocèles ; il s'agissait, dans la plupart de nos cas, d’une lame de liquide, irréductible, persistant, entourant le testicule.
Nous avons également rencontré, associée à l’orchite et parfois même seule, l’épididymite, caractérisée par une augmentation de volume d’une partie de l’épididyme, surtout la tête, et par une dureté excessive.
Nous avons aussi été en présence de lésions du ca-. nal déférent. Nous avons, dans ces cas, senti parfaitement bien que le cordon, d’un côté, était plus gros et plus dur que celui du côté opposé.
Dans nos recherches, à la consultation du Professeur Favre, nous avons donc pu mettre en évidence, chez des nourrissons hérédo-syphilitiques, toutes les lésions que l’on, peut rencontrer au niveau de l’appareil génital mâle, sauf la gomme et le fongus.
Mais, maintenant, deux questions importantes se posent. D’une part, quelle est la fréquence de ces accidents génitaux dans la syphilis héréditaire précoce ? D'autre part, parmi ces lésions, quelles sont celles que l’on rencontre le plus fréquemment ?
Re + Part
Il est difficile de répondre à la première question, car, Souvent, on se trouve devant l’impossibilité de donner des chiffres établis sur des bases certaines. La plupart des auteurs signalent qu’ils ont rassemblé un certain nombre de cas où ils ont mis en évidence telle ou telle lésion, mais ils ne donnent point le total des malades sur lesquels les observations ont porté.
Cependant, Seringe dit avoir trouvé 16 fois le sarcocèle, sur un nombre total d’une centaine de jeunes hérédo-syphilitiques.
Vaglio, sur 115 enfants atteints de syphilis héréditaire, a trouvé 20 fois de l’hydrocèle, soit dans un peu plus de 17 % des cas. Au cours de nos recherches personnelles, nous avons rencontré 265 enfants, nés de femmes syphilitiques, traitées pendant leur grossessé ; nous avons été 16 fois en présence de stigmates génitaux, soit dans environ 6 % des cas. Notre pourcentage est faible vis-à-vis des chiffres donnés par les deux auteurs sus-mentionnés ; mais peut-être cela est-il dû à ce que les enfants sur lesquels ont porté nos observations sont issus de mères, spécifiques certes, mais particulièrement bien suivies et traitées
pendant leur gestation.
Il nous faut maintenant répondre à la seconde question que nous nous sommes posée au début de ce chapitre : Quelles sont les fréquences relatives des divers accidents génitaux dans lhérédo-syphilis pré-
coce ?