PURE
est vive, des convulsions se produisent parfois ct, sans une intervention énergique, le système nerveux bientôt épuisé par les désordres exagérés de toute sa sphère d’aclivité, en arrive à un élat d'anéantissement complet, à un collapsus absolu dans lequel la mort peut survenir très vite, en quelques heures ; il faut donc bien savoir intervenir dans ces cas-là, et aussi rapidement que possible.
À côté de ce delirium fremens ou accès de manie aiguë, au cours d’une intoxication chronique, il y a encore d’autres désordres ; soit un délire caractérisé par de la satisfaction, du contentement de soi-même, une tendance à l’orgueil, par des idées de richesse, de bonheur (Voisin) ; soit de la lypémanie, Ici l'agitation est moindre et les conceptions délirantes offrent ceci de particulier qu’elles sont empreintes d’un certain degré d'inquiétude et de profonde tristesse ; le malade devient sombre, défiant, soupçonneux, jaloux ; il se croit accusé, poursuivi, persécuté, condamié, attaqué dans sa vie morale ; parfois même ses qualités physiques sont altérées ; une partie de son corps malade est devenue pour lui uni objet de dégoût. Ce qui domine dans ce délire, c’est tantôt la tristesse, tantôt la honte, tantôt la douleur, tantôt le repentir ; les conceptions délirantes dominantes sont les idées de persécution, de culpabilité, d'influence magnétique, jointes à des hallucinalions {errifiantes et injurieuses (Voisin). Ce délire lypémaniaque a une marche et une durée variables ; parfois il procède par accès durant plus ou moins longtemps ; d’autres fois plus lent dans sa marche et plus continu dans son évolution, il dure des mois ou des années, mais alors les malades ne tardent pas à tomber dans Pimbécillité, la démence et la paralysie générale, Ces modes symplomatiques qui dans quelque cas ne sont que la conséquence pour ainsi dire obligée de l’une ou de l’autre des
variétés précédentes, se montrent dans d’autres circonstan-
ces, sans avoir été précédés de désordres intellectuels du moins notables. L’obtusion, la faiblesse, la diminution graduelle de toutes les facultés intellectuelles pouvant aller jusqu’à l’abrutissement sont la caractéristique de cet état ; l'hébétude, la tristesse, la stupidité sont peintes sur la physionomie du malheureux malade ; chez lui les conceptions sont lentes, les idées difficiles, la conversation traînante, incerlaine ; 1l est obtus sans être indifférent ; bientôt le peu d'énergie qui lui reste disparait ; il tombe dans un état de profonde apathie, il s'inquiète peu du lieu où il se trouve, ilexécute machinalement tout ce qu’on Jui commande ; peu à peu ses idées manquent de sens, de précision, et par degrés successifs il arrive à l’état d'enfance, d’imbécillité ou même de démence, il pleure ou rit sans motifs, connait à peine les personnes qui l’entourent, tombe dans une sorte de torpeur intellectuelle, laisse échapper ses matières et finit par succomber, après avoir présenté le plus ordinairement les phénomènes d’une paralysie plus où moins généralisée (Lasègue).
Ya-t-il bien paralysie générale dans ces cas-là, ou bien pseudo-paralysie générale, comme le soutiennent encore bien des auteurs? Pour M. le professeur Joffroy l'existence de la véritable paralysie générale d’origine alcoolique n’est pas douteuse. I admet que l'alcool peut, chez des prédisposés, produire la folie paralytique et enseigne que l'alcoolisme est, au mème titre que la syphilis, les chagrins prolongés, etc... un facteur essentiel de la paralysie générale.
L'intoxication chronique par l'alcool et, chez certains prédisposés, une intoxication aiguë peuvent réaliser un ensemble symptomatique dont les allures ressemblent parfois à celles de la paralysie générale. On à englobé sous
la dénomination de pseudo-paralysie générale alcoolique des
Par
espèces morbides très diverses en réalité au point de vue clinique. Elles peuvent être réparties dans trois groupes.
Le premier de ces groupes comprend les sujets qui, à la suite d’excès alcooliques prolongés, sont devenus paralytiques généraux. Dans un autre groupe prennent place les alcooliques chroniques tombés dans la démence. Dans un troisième se rangent les prédisposés qui sous l'influence d’excès de boissons peuvent, en l'absence de renseignements et à ne les considérer qu'à un moment de leur évolution, paraître atteints de paralysie générale, mais qui guérissent rapidement.
L’alcoolique chronique s’achemine habituellement de chute en chute vers la démence. On voit Pintelligence et a mémoire s’affaiblir, l'imagination s’éteindre, le cours des idées se ralentir, le jugement devenir moins sûr, les sentiments moraux et affectifs s’émousser, le caractère se modifier. À ce moment se montrent aussi des fourmillements et des crampes dans les membres, de petits ictus apopleeti formes (étourdissements) ou épileptiformes, s’accompagnant tantôt d’une parésie passagère d’un membre, tantôt d’empâtement et de gène de la parole. Le patient entre parfois à l'asile, stimulé par un accès passager de délire alcoolique, lequel en outre des hallucinations caractéristiques, peut s'accompagner encore de préoccupations hypochondriaques, d’excitation maniaque, d'idées ambitieuses, mélancoliques, ou de persécution; Pempâtement de la parole associé au tremblement alcoolique peut ressembler à l'hésitation caractéristique du paralytique général, parfois aussi les pupilles sont inégales. Le diagnostic dans ces cas-là est véritablement difficile. À un degré plus avancé la vie intellectuelle de l’alcoolique chronique s'éteint chaque jour ; indifférent, apathique, hébét6, le sujet ne prend aucun soin de sa personne, n'a nul souci de ses affaires,