‹ Les manifestations nerveuses de l'alcoolismeChapitre 6 sur 28 · LEE · texte numérisé non relu

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res distinctes de l’hystérie vulgaire ; c’est l'hystéro-saturnisme, c’est l'hystéro-alcoolisme, etc... Charcot, Letulle, Brissaud, Guinon, au contraire, considèrent le poison comrne un agent provocateur de l'hystérie vulgaire chez des sujets individuellement prédisposés, candidats à l’hystérie sinon déjà hystériques.

Pitres, de Bordeaux, est plus éclectique. On peut rencon- Fe trer, pense-t-1l, chez les alcooliques des troubles hystériques vrais et des troubles hystériformes résultant de l’action du toxique.

Troubles de la motilité.

Les troubles des mouvements le cèdent peu en fréquence aux désordres sensitifset, comme nous le verrons plus loin, aux désordres intellectuels : le tremblement, les soubresauts, les crampes, la contracture, les convulsions, la paralysie, l’ataxie sont les principaux modes d’altération de la motilité.

Le tremblement est lun des plus vulgaires et des plus connus. Qui n’a pas fait asseoir sur son lit, les mains étendues, les doigts écartés, lé malade soupçonné d'alcoolisme, pour découvrir le témoignage accablant de ses habitudes pernicieuses ? Et pourtant la valeur du symptôme est très relative, et cela d'autant plus qu'il est fort inconstant.

Ce tremblement Peulapparaitre dès les premières atteintes du toxique ; ce phénomène se manifeste tout d’abord le matin au moment du lever où quelques heures après lorsque l’alcoolique s’est tonifié de quelques verres de son excitant habituel, puis il disparait : à Ja longue il s’installe définitivement, devient constant; il se manifeste alors par une série de petites secousses rythmées, saccadées et symétriques, s'effectuant dans

le sens horizontal lorsque les mains sont étendues et les doigts écartés, d'autant plus marquées que

le malade s'efforce de préciser davantage ses mouvements. Souvent ce tremblement s'accompagne d’une maladresse inaccoutumée elle malade se plaint de perdre son habileté ; - il s’y joint de la faiblesse musculaire.

D’après Lasègue, son intensité est variable suivant les sujets et ne donne pas la mesure exacte de leur alcoolisme ; pendant la fièvre le tremblement augmente considérablement et même se généralise ; 1l se transforme, dit Lasègue, en un véritable frisson.

Où siège ce tremblement ? Aux mains où il débute le plus souvent, aux lèvres, à la face où il atteint particulièrement le zygomatique, l’élévateur de l'aile du nez, le risorius de Santorini. Aussi, dès que le malade ouvre la bouche pour parler, ce tremblement se manifeste sous la forme de fines oscillations, égales, rapides, de peu d'amplitude, régulières, qui partent de Paile du nez, suivent le sillon naso-génien et irradient vers les lèvres. Ces secousses trahissent le buveur, même à distance, en sorte qu'il suffit souvent de le voir parler ou rire pour être mis sur la voie de ses habitudes.

Les muscles de la langue aussi sont agités de secousses fibrillaires, et il°en résulte de l’hésitation de la parole, un bégayement intermittent, continu, léger ou porté si loin que la prononciation devient inintelligible.

Des soubresauts de tendons, des tiraillements spasmodiques accompagnent d'ordinaire le tremblement ; ils se manifestent habituellement la nuit, dans les muscles du mollet ; souvent indolores, ils sont quelquefois accompagnés d’une sensation douloureuse allant jusqu’à troubler le sommeil et provoquer chez les malades des sensations et des mouvements analogues à ceux que produisent des secousses électriques ; plus rarement ces accidents apparaissent dans le jour et seulement lorsque le malade se trouve dans la posi-

tion assise où couchée, jamais lorsqu'il marche ou se tient debout.

Les crampes sont le fait de l’éréthisme musculaire pro-

voqué par l'alcoolisme ; elles sont très violentes, très dou-

loureuses, et torturent le malade ordinairement pendant ia nuit; elles ne se font jamais sentir dans les membres supérieurs ; elles siègent d'habitude dans les membres inférieurs (principalement aux mollets) et à la région lombaire ; ces accidents affectent, en général, une sorte de périodicité ; éveillés par une forte émotion morale, ils coïncident habituellement avec un état d’hallucination.

La raideur et la contracture ne sont pas extrêmement rares ; elles s'observent encore aux extrémités, et de préférence au niveau des extenseurs.

Tous ces accidents sont minimes. Il y en a de beaucoup plus graves ; ce sont les convulsions du type épileptiforme ou choréiforme. L'apparition de ces convulsions n’a pas de période fixe ; elles sont souvent précédées de céphalalgie, avec bourdonnements dans les oreilles et scintillements devant les yeux, quelquefois d'hallucinations.

Les convulsions épileptiformes sont très fréquentes et graves ; elles se voient surtout dans l’absinthisme chronique à la suite d’un excès d’absinthe : il s'agirait d'absinthisme aigu au cours d’un absinthisme chronique.

L'épilepsie alcoolique survient en général dans l’âge adulte ; elle est presque toujours précédée ou accompagnée par quelques-uns des symptômes ci-dessus énoncés. C’est er général après des accès réitérés de delirium tremens, et consécutivement à un état vertigineux qu'elle se déclare, ou

à la suite d'un excès aigu d'alcool. D'ordinaire, cela se passe: ainsi : quelques heures ou quelques instants après un excès :

de liqueur absinthique, le malade s’agile, crie, se plaint, perd connaissance en partie, et alors apparaissent des phéno-

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