‹ Les Manifestations Oculaires de la LèpreChapitre 10 sur 60 · CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

CONJONCTIVE

Les manifestations de la lèpre au niveau de la conjonctive sont exceptionnellement primitives (Tiscornia).

Jeanselme et Morax, après Hansen et Bull, admettent que la conjonctive n’est prise que secondairement à des lésions selérales sous-jacentes et les soi-disant tubercules conjonctivaux ne seraient que des tubercules de l’épisclère soulevant la muqueuse conjonctivale.

Elles sont d’ailleurs envisagées de facon variable, suivant les auteurs qui ne sont même pas d’accord sur leur fréquence.

Alors que certains, tels Hansen, Bull, Borthen, Bistis, Morax, les considèrent comme rares, d’autres, tels Babès, Calderaro, les considèrent comme fréquentes.

L'aspect clinique peut emprunter le tableau de simple hyperhémie conjonctivale, diffuse ou localisée (Santanastaso), avec augmentation du diamètre des vaisseaux rappelant la kérato-conjonctivite phlycténulaire (Tiscornia), de conjonctivite banale (Fernandez), pouvant se compliquer d'infection secondaire banale (Tiscornia), que rien, a priori, ne permet de rattacher à la lèpre, si ce n’est la mise en évidence de bacille de Hansen dans le sac conjonctival (cas de Gyototku): encore faut-il noter, avec Babès et d’autres auteurs, que sans qu’il y ait de phénomène inflammatoire, on peut faire cette constatation. Morax n’a trouvé de bacille de Hansen dans le sac conjonctival que chez un dixième de ses malades. Hulaniki a observé de petites taches rondes d’un blanc jaunâtre sur la conjonctive tarsale.

Si De

Les troubles de la sensibilité: hypo ou anesthésie, sont fréquents au niveau de la conjonctive et traduisent des lésions des filets nerveux.

Santanastaso constate dix-neuf fois de l’anesthésie, douze fois de l’hypo-esthésie soit au niveau de conjonctives malades, soit au niveau de conjonetives apparemment saines ; cette anesthésie paraît contribuer à l’allure torpide des lésions conjonctivales (Tiscornia).

Il faut donc faire une piace importante à l’hyperhémie conjonctivale et rechercher systématiquement les troubles de la sensibilité.

Dans un stade plus avancé, la conjonctive s’épaissit, notamment au niveau du limbe, prenant un aspect légèrement jaunâtre et donnant l’image d’un œdème gélatineux localisé.

Plus typique est l’apparition de lépromes, de petites tumeurs arrondies, de dimensions variables, de coloration jaune, siégeant non loin du limbe et beaucoup plus rarement sur la conjonctive tarsale (Lagrange, Albertotti, Breda, Tiscornia).

L’examen au biomicroscope est particulièrement intéressant au début des lésions; elle permet notamment (Santanastaso) d’observer alors un pointillé jaunâtre très dense, voisin des vaisseaux superficiels (on sait que le léprome se développe à partir d’un vaisseau). Les vaisseaux sont eux-mêmes modifiés dans des lésions de voisinage, mais montrent parfois, à l’état isolé, des modifications de calibre et du courant sanguin.

Dans le diagnostic des lésions lépreuses de la conjonctive, il faut toujours penser à la tuberculose et à la syphilis, mais il faut aussi, dans certains cas, penser à la conjonctivite printanière, dans sa forme limbique, qui

sal TROUS

ressemble fort à certains cas de léprome diffus péri- Kkératique.

L'évolution de telles lésions peut parfois provoquer des symblépharons.

Rappelons que la lagophtalmie lépreuse, comme les autres lagophtalmies s’accompagne des lésions bien connues de la conjonctive.

Le xérosis conjonctival est également assez fréquent (Bistis), rarement isolé, habituellement associé À d’autres manifestations.

Pedraglia, de Vincentiis, ont décrit des lésions con. jonuctivales à forme de ptérygion.

Mais il est habituellement difficile de préciser ce qui revient à la conjonctive bulbaire et ce qui revient à l’épiclère ou à la sclérotique.

Il est à noter que les expériences de Marchoux et de ses collaborateurs sur l’inoculation de la lèpre murine par voie conjonctivale, montrent l’absence de chancre d’inoculation et l’absorption à travers la paroi du bacille de Stéfansky par les globules blancs sans aucune lésion tissulaire.

En somme, les lésions lépreuses de la conjonctive sont rares, habituellement elles sont peu importantes. Un seul des malades que nous avons pu examiner présentait une hyperhémie de la conjonctive, aucun ne présentait de léprome conjoncetival.

Page 1