APPAREIL LACRYMAL
Dans la lèpre, le larmoiement est fréquent; il peut être en rapport avec la lagophtalmie, par éversion des points lacrymaux ou avec une hypersécrétion lacrymale réflexe; Jeanselme et Morax signalent un larmoiement intense malgré la perméabilité des voies lacrymales; il est plus souvent en rapport avec des lésions obstructives des voies lacrymales (Fernandez, Bistis), siégeant au niveau de l’ahouchement à la muqueuse nasale (Tiscornia). Santanastaso a vu six dacryocystites chroniques ; Tiscornia, Sauvineau et Morax, une fistule lacrymale.
Carron du Villards, dès 1856 décrit l’obstruction de ces voies et tous les auteurs insistent sur cette question du rôle des voies lacrymales dans la lèpre, bien que pour Calderaro, les voies lacrymales soient habituellement saines.
On sait que les bacilles de Hansen pullulent au niveau de la muqueuse nasale et dans la sérosité nasale, aussi a-t-on incriminé une origine nasale par voie lacrymale ascendante à la lèpre oculaire (Bistis, F. Fernandez). Calderaro, Santanastaso n’ont pas rencontré de bacilles lépreux dans les voies lacrymales, malgré leur présence dans le mucus nasal. D’autre part, Santanastaso insiste sur la fréquence de la présence de ces bacilles dans le sae conjonctival même quand le globe est sain. Il a pratiqué plusieurs ablations du sae et a observé, même dans le cas des voies perméables, une infiltration considérable du tissu conjonctif sous-muqueux.
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Cet auteur pense que les bacïlles pourraient, par voie descendante, à travers les voies lacrymales, gagner les fosses nasales et y pulluler, et il eroït que l’ablation du sac est une bonne chose pour essayer de localiser l’affection.
Les expériences récentes de Marchoux et ses collaborateurs sur la lèpre murine viennent à l’appui de cette opinion.
En terminant, signalons que parmi les malades que nous avons examiné, deux seulement présentaient du larmoiement, un par lagophtalmie.