‹ Les Manifestations Oculaires de la LèpreChapitre 13 sur 60 · IRIS ET CORPS CILIAIRE · texte numérisé non relu

IRIS ET CORPS CILIAIRE

L’inflammation de l'iris est très fréquente dans la lèpre, surtout dans la lèpre tuberculeuse.

Elle peut être, mais rarement, observée isolément; en général, elle est associée à d’autres lésions du globe oculaire, particulièrement à des lésions de la cornée, à tel point que pour Moratal, pour Pedraglia et pour d’autres auteurs, il n’y a jamais d’iritis sans kératite concomitante.

D'autre part, l’association de cyelite est habituelle et c’est un peu arbitrairement que l’on peut proposer une classification schématique.

Cette iritis se présente pour Santanastaso: 1° sous forme d’iritis séreuse aiguë (Bull, Borthen, Lopez, Raïgio, ete), ou subaiguë; 2° sous forme d'’iritis interstitielle et 3° sous forme d’iritis modulaire qui est la plus caractéristique (Yudkin.…) Cette forme d’iritis nodulaire est l’objet de discussions. Lie et d’autres nient l’existence de nodules isolés; Beda, Bistis, ne l’ont jamais rencontrée, non plus que Tiscornia; Vood, au contraire, admet cette forme, mais reconnaît la difficulté qu'il peut y avoir à mettre les nodules en évidence; Calderaro admet qu’elle existe dans 1 % des cas; Stitt la déclare d’observation banale; Hirschberg l’a décrite dans un cas où les nodules iriens apparaissaient ou disparaissaient, suivant l’état de nodules épiscléraux.

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Ces nodules sont habituellement arrondis, de la dimension d’une tête d’épingle et sont en nombre variable; ils siègent de préférence au niveau du grand cercle de l’iris et surtout dans la partie inférieure (de Vincentiis), mais ils peuvent siéger aussi sur le bord pupillaire (Peter Luther), où Santanastaso les a vus uniquement; parfois ils peuvent augmenter de volume, occuper la chambre antérieure et même provoquer des staphylomes ciliaires (Santanastaso).

Ces nodules sont d’une grande valeur pronostique, ils témoignent de la gravité de l’affection qui met en jeu l’œil et même la vie du malade.

Cette forme nodulaire a pu être examinée du point de vue anatomique, par Kuricks, par exemple.

Les lépromes de l'iris sont, les uns petits, miliaires, sans siège fixe, jaunâtres, globuleux, les autres grands, beaucoup plus rares, très douloureux, avec injection périkératique et diminution de la chambre antérieure (Tiscornia).

Le léprome diffus, est situé vers la base de l'iris, :l a des contours imprécis, une coloration jaunâtre, il évolue chez des sujets atteints souvent déjà d’iritis plastique (Tiscornia).

Parmi les lépromes de l'iris, signalons l’observation de Jeanselme et Morax, qui ont vu, à l’œil gauche, en bas et en dehors, dans l’angle irido-cornéen, deux masses fuselées d’un jaune grisâtre, rappelant les gommes syphilitiques ou tuberculeuses.

Nève signale aussi avoir observé ces lépromes dans l’angle camérulaire et très rarement dans le petit cercle de l'iris.

Lyder Borthen et Lie admettent la rareté des lépromes de l'iris.

L'iritis séreuse ou plastique, à évolution très torpide, indolore, banale dans son aspect, est extrêmement fréquente. Le myosis, par adhérences iriennes, est d’observation courante, et le champ pupillaire est obstrué par des exsudats et des dépôts pigmentaires.

On observe toutes les transitions entre l’iritis séreuse et l’iritis exsudative, qui, en général, lui fait suite, amenant une séclusion pupillaire complète, avec iris en tomate, trouble de l’humeur aqueuse et, bien, entendu, abolition des réflexes pupillaires.

L'évolution peut aussi se faire, mais exceptionnellement, de facon aiguë, avec phénomènes objectifs d’inflammation et phénomènes subjectifs intenses: douleur, photophobie, ete...

On sait que les troubles de la pigmentation sont an premier plan dans l’affection lépreuse et on retrouve souvent, comme signe de début de la lésion oculaire, des irrégularités dans la pigmentation de l’iris avec accumulation de pigment tout autour de la pupille (Santanastaso). On peut aussi voir des grains de pigment à la face postérieure de la cornée ou sur la cristalloïde antérieure, ainsi d’ailleurs que des cellules inflammatoires dans l’humeur aqueuse (Vood).

Plus souvent, on observe une atrophie diffuse de la portion superficielle du tissu irien décoloré et réduit à une mince lamelle transparente, dont les cryptes sont très diminuées ou disparues, état atrophique sur lequel insiste Vood et qui peut d’ailleurs être précédé d’un aspect œdémateux. Nous avons fréquemment retrouvé cet aspect atrophique chez les malades que nous avons vus.

Quant aux formations micro-nodulaires, elles sont groupées près de l’orifice pupillaire sans aucun rapport

avec les lésions du limbe ou bien, au contraire, dans une région moins centrale de l’iris et en regard alors des lésions périphériques qui sont souvent des nodules lépreux.

Iirschberg a fait dés constatations de cette nature, mais il a observé aussi des iris normaux alors que le Himbe et la cornée sont gravement atteints.

Iritis lépreuse à grains blancs. — Une place à part doit être réservée à une forme d’iritis sur laquelle insistent particulièrement Cange, puis Tiscornia, qui a été vue d’ailleurs par Düring et Trantas, par Morax, etc...

Sur la face antérieure de l’iris, on observe, soit à l’œil nu, soit plutôt au biomicroscope (Cange, Morax), des corpuscules blancs punctiformes, ayant l’aspect de petits granules de craie et ce pointillé d’un blanc éclatant a pour ces auteurs, une valeur pathognomonique (voir la planche en couleurs de l’article de Morax: An. d’Oc., 1924, p. 317).

Nous avons observé, nous-même, cette iritis à grains blancs qui ne ressemble évidemment à aucune autre forme d’iritis et nous a vivement frappé.

Les examens anatomiques de Gabriélidés ont montré que ces lésions étaient constituées par l’amas de nombreux bacilles de Hansen. (Morax n’avait pu être formel pour les lésions iriennes qu’il avait examinées après iridectomie, par suite des modifications apportées par l’intervention de la pièce examinée.)

De cette iritis lépreuse à grains blancs, doit être ranprochée l’iritis miliaire, décrite par Jeanselme et Morax qui l’ont observée deux fois, sous forme d’un semis de petits points grisâtres à la surface de l'iris, plus fréquents dans la région sphinctérienne, avee une légère

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