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En février, le tracé se révèle normal

Aïnsi chez un intoxiqué à l’oxyde de carbone on a constaté des troubles très importants de la contractilité myocardique sur les tracés électriques. Ces altérations électrocardiographiques sont variables d’un jour à l’autre, labiles, multiples et profondes. :

Le premier tracé permet d’invoquer une altération très diffuse du myocarde, débordant sur le septum et même sur le myocarde auriculaire.

Les tracés 2, 3 et 5 rappellent la thrombose corona-

rienne, le tracé 4 la péricardite.

Le retour complet à la normale n'est pas moins surpre-

nant.

À côté de cette observation très complète, nous reproduisons ci-dessous une série d’observations qui montrent la grande multiplicité des altérations du tracé électrique du cœur; on rencontre aussi bien des troubles du rythme que des altérations du complexe ventriculaire, du segment ST, de l’onde T, et parfois un tracé rigoureusement normal.

On verra d’autre part que l’importance de l’intoxication, les signes électriques et même l’évolution ne sont absolument pas en rapport avec les modifications de l’électrocardiogramme.

IT) M”*° Suzanne S.., âgée de 41 ans, est amenée le 15 janvier 1941 en état d’intoxication au gaz d'éclairage. à la clinique médicale Saint-Antoine.

À son entrée, la malade se trouve dans un coma complet. la température est à 37° — le pouls bat à 100.

L'examen de l’appareil cardio-vasculaire ne révèle pas d'augmentation de la matité cardiaque. Les hruits dn cœur sont sourds. Il n’y a pas de souffle —— on note quelaues extra-systoles. La P. A. est de 11 1/2-8. L’auscultation des poumons décèle quelques râles disséminés à la base des deux champs pulmonaires.

Un dosage d’urée dans le sans est nratiqué. il donne 1.02 gr. par litre. Le même jour. un examen électrocardiaosraphique montre une lévère déviation droite de l’axe électrique avec inversion et bas voltase de T, et décalase anpérienr du segment ST en dérivation TIT.

Les globules rouves sont à 4.080.000 st les hlanes à 4.800. Le taux d’hémoglobine atteint 80 %. Te BR. W. est nésatif dans le sang.

Par la suite la malade sortit guérie de l'Hôpital anrès avoir fait des manifestations rénales®: urée à 1.02. P. S, P. 18 % et présence d’hématies dans les urines.

IT) M. et M°° H.. sont amenés à la clinique médicale de l'Hôpital Saint-Antoine. Ils ont été trouvés dans leur chambre, le robinet à gaz ouvert.

AN, rs

À son entrée, le mari (âgé de 35 ans) était dans un état très confusionnel, et soumis à une agitation marquée. L’exa- - men n’apportera pas de renseignements précis. L'appareil cardiaque se révélait normal. La P. A. était de 10-7. Un examen électrocardiographique est pratiqué (vitesse 2,5). Il montre un aplatissement de T.

IV) M"° H.. (âgée de 37 ans) se trouve dans un état voisin du coma. La respiration est bruyante. Cependant, l'examen des divers appareils ne présente rien de pathologique.

Les bruits du cœur sont réguliers, bien frappés. La P. A. est de 11 1/2-7. Le pouls bat à 114. Pas de troubles nerveux.

L’électrocardiogramme pris dans l'après-midi, à la vitesse 2,5 montre une petite onde Q:, et une tachycardie sinusale.

V) M Georgette J… est amenée à la clinique de l'Hôpital Saint-Antoine pour intoxication au gaz d'éclairage. Elle est âgée de 44 ans et a été trouvée inanimée dans sa chambre où régnait une forte concentration de gaz d’éclairage, causée par une fuite. Elle a reçu du carbogène, et on a pratiqué sur elle une saignée de 250 cc.

À son entrée, la malade est assez bien éveillée, son faciès est rose, la respiration calme et régulière. L’auscultation du cœur est normale. Le pouls bat à 96. Les poumons sont clairs. Pas de signes neurologiques. L’azotémie s'élève à 1,08. Un électrocardiogramme permet de reconnaître un élargissement des complexes avec P négatif en dérivation III. On note également une prépondérance gauche (vitesse 5).

L'état général ira en s’améliorant et la malade sortira

guérie une dizaine de jours après son accident.

VI) M. L.., âgé de 53 ans, a été victime d’une intoxication oxycarbonée durant une dizaine d’heures environ. À son entrée, il se trouve dans un état somnolent. De fortes

excitations le tirent de son sommeil. L’examen clinique est peu éloquent, aucun trouble cardiaque, réflexes tendineux faibles, légère -hématurie.

L'examen électrique du cœur permet de noter un élargissement de Q RS dans les 3 dérivations, et une onde Q°

(vitesse 2,5).

VIH) M°”° T.., âgée de 20 ans, est amenée dans un état rave à la clinique médicale de l’hôpital Saint-Antoine. Le coma est complet, le réflexe cornéen est aboli, la respiration profonde et stertoreuse. Les poumons sont clairs, les bruits du cœur sont sourds et rapides. Pas de souffle, pas d'augmentation de la matité cardiaque, la P. A. est de 8-6 et le pouls bat à 140. Les réflexes tendineux sont faibles, on note un Babinski bilatéral. Les urines sont rares. Un électrocardiogramme, pris à la vitesse 5, révèle un élargissement du complexe ventriculaire dans les 3 dérivations et une tachycardie sinusale.

Par la suite, la jeune malade succombera à l’intoxication

aiguë.

VIII) M. H.. âgé de 72 ans, est amené à la clinique médicale de l'Hôpital Saint-Antoine, en état d’intoxication oxycarbonée.

L'examen du malade à son entrée permet de constater son état comateux. Les poumons sont encombrés, les bruits du cœur sont réguliers : on entend un léger souffle systolique de la pointe. Le pouls est très rapide, il bat à 120. L'azotémie est à 1,50 gr. Un électrocardiogramme, pris dans la soirée à la vitesse de 2.5, montre une déviation vauche, image en miroir, et une tachycardie sinusale. Un dosage du CO dans le sang fait ressortir un taux de 43 par litre.

Malgré le carbogène administré à plusieurs reprises le

malade succombera le lendemain à son intoxication.

IX) M" B. âgée de 42 ans, est amenée également en état d'intoxication. À son entrée, elle est dans un coma lé-

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