‹ Les manifestations pathologiques du cœur dans l'oxycarbonémie aiguëChapitre 19 sur 48 · A) MANIFESTATIONS FONCTIONNELLES DU CŒUR · texte numérisé non relu

A) MANIFESTATIONS FONCTIONNELLES DU CŒUR

En ce qui concerne les manifestations fonctionnelles du cœur, il faut remarquer qu’il s’agit surtout de crises angineuses, parfois de myocardite, parfois plus simplement de dilatations du cœur.

ZONDECK a noté cette dilatation qui serait de nature tonogène ou moygène suivant qu'il s’agit de cœurs sains ou déjà tarés. KROETZ et LITZNER ont décrit, eux aussi, des modifications dans le volume du cœur. BECK et SUTTER ne l’ont noté qu’une fois. Mais cette opinion n’est pas partagée par de nombreux auteurs. LEWIN, LŒWwY, LŒMPE, STEARNS, DRINKER et SHAUGHNESSY ne l’ont pas observé. Dans nos observations, elle n’a jamais été constatée. CACCURI note cependant une légère augmentation de la matité cardiaque dans une de ses observations publiées cidessus.

Cette matité est donc loin d’être constante, comme les autres manifestations cardiaques. Elle régresse rapidement au 3° ou au 4° jour.

En ce qui concerne l’appareil cardio-vasculaire, les troubles présentés par les victimes d’intoxication aiguë par l’oxyde de carbone né sont pas toujours les mêmes. KŒLSCH, dans son rapport sur les altérations cardiaques dues à des intoxications professionnelles, a présenté au 9 Congrès allemand des maladies de la circulation (Bad Nanheïm, 1936), plusieurs tableaux morbides devant certainement être rapportés

OP EES |

à l’intoxication par l’oxyde de carbone. Parmi les cas cités, il faut noter celui d’un ouvrier qui, après avoir iravaillé pendant trente minutes sur une locomotive, présenta une dyspnée avec toux opiniâtre et expectoration abondante, troubles à la suite desquels il dut cesser son travail pendant 14 jours. Ayant repris ses fonctions, il tomba malade peu après, et un an plus tard, il succombait à une myocardite : dans ce cas. l’oxyde de carbone avaii simultanément frappé les deux appareils cardio-vasculaire et respiratoire.

La myocardite, successive à l’intoxication à l’oxyde de carbone, a été signalée et bien décrite par les auteurs américains BECK et SUTTER, dans leur remarquable étude clinique portant sur 136 personnes exposées à l’oxyde de carbone.

Mais, comme le fait remarquer LEWIN, ces troubles fonctionnels peuvent se traduire par une symptomatologie tellement pauvre, que l’intoxiqué continue son travail et ce n’est que plus tard qu’on constate l’appa-

- rition de graves altérations qui peuvent même en-

traîner la mort. Cette opinion, en vérité, n’est pas partagée par KŒLSCH pour le même cas, signalé par LEWIN, et dans lequel la mort était survenue après six mois et demi, sans que le malade ait présenté un trouble sérieux quelconque après l’intoxication, si bien qu’il avait pu reprendre son travail. L’autopsie ne mit d’ailleurs en évilence aucune lésion caractéristique.

Mais l’élément important est qu’à la suite d’inhalation d’oxyde de carbone, il se formerait un syndrome très analogue à celui de l’angine de poitrine, ou à celui de l’infarctus du myocarde.

Dans certains cas, l’apparition des troubles est immédiate, associée à une insuffisance cardiaque, rapidement progressive, comme l’a relaté Kæzscx. Dans d’autres cas, elle ne se manifeste que plus tard comme l’ont fait remarquer BECK et SUTTER, ainsi que KROETZ.

La première description d’angor pectoris imputable à l’oxyde de carbone a été décrite par ZANDER en

Depuis, de nombreux auteurs ont signalé de pareilles manifestations pathologiques. Entre autres Woop et HEDLEY, MASTER, DACK et JAFFE, PAVIOT, KŒLSCH. |

NAGEL rapporte deux cas survenus à la suite de tentative de suicide au gaz d'éclairage. Le syndrome angineux n'est apparu que 6 ou 7 jours après l’accident.

STEINMANN, dans son étude portant sur 38 cas, ne relève qu’un seul malade présentant un véritable état angineux, tandis que les autres avaient accusé une légère douleur dans la région précordiale, qui s'était rarement répétée les jours suivants:

KROETZ rapporte six cas d’angine de poitrine dont

trois personnels, un de ZANDER, un de PICTRUSKY et un de HEDINGER. Pour les six cas, entre l'inspiration

du gaz et le début de l’état angineux, il s’est écoulé

un intervalle de 24 à 72 heures. Chez un seul de ces malades, les troubles se sont manifestés au cours même de l’asphyxie, mais il y a lieu d’observer que ce dernier malade avait déjà inspiré du gaz le jour précédent. ;

L'auteur estime en effet que les phénomènes angineux ne surviennent qu'un certain laps de temps après l’intoxication. En réalité, eroit-il, les sujets étant dans l'impossibilité de ressentir ces troubles objectifs, ceuxci ne sont accusés qu’au bout de quelques jours, alors que ces malades sont tirés de leur état d’inconscience.

Cependant PARADE et FRANKE font remarquer que s’il en était ainsi, les tracés électrocardiographiques devraient traduire dès les premières heures ces manifestations d’angor pectoris.

Ce même auteur. en 1936, a décrit un cas intéressant. Il s’agit d’un conducteur de locomotive, obligé

is

47 mn.

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