DONNEES
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de passer constamment sous un tunnel depuis de longues années. Îl y passe jusqu’à 48 fois par jour. Ce tunnel renfermait une abondante fumée, aussi ve conducteur avait-il éprouvé à plusieurs reprises des intoxications par loxyde de carbone, l’obligeant à abandonner fréquemment son travail. Les troubles qui, au début, avaient le caractère d’étouffement et d’oppression, prirent de plus en plus les caractéristiques d’une véritable attaque d’angine de poitrine. A 55 ans il dut abandonner définitivement son service, époque où il fut examiné pour la première fois par Kroerz. Celui-ci reconnut une augmentation de volume du ventricule gauche avec dilatation de Parc aortique et insuffisance myocardique. Il porta le diagnostie d’angor. Trois ans après, l’ouvrier ne pouvait toujours pas reprendre son travail.
Selon KRoETZ, il faut, dans ce cas, écarier l’origine syphilitique et rattacher ce tableau morbide aux asphyxies répétées par l’oxyde de carbone. C’est pourquoi l’auteur admit la nature professionnelle de l’incapacité de travail.
Mais, à côté de ces manifestations angineuses franches, l’auteur allemand, dans son article : « Les troubles cardiaques à la suite d’intoxications à l’oxyde de carbone », fait des remarques intéressantes sur des manifestations bâtardes de l’angor pectoris. Il dit notamment que la véritable douleur précordiale peut manquer. Au début d’une intoxication, le sujet peut être envahi par une grande agitation intérieure : il est anxieux et brusquement il peut s'effondrer. Cet effondrement, qui ne doit pas être confondu avec la
perte de la conscience, rappelle langine de poitrine
qui arrête le malade dans sa marche. Généralement,
ces troubles ne sont pas décrits, car le malade est inca-
pable d'interpréter et d’exprimer ce qu’il ressent. De son côté, PAVIOT rapporte une observation assez
curieuse. Il s’agit d’un ouvrier employé dans une fonderie de cuivre, qui fut pris de vertige pendant son
AO
travail. Rentrant chez lui, il ressentit le long du chemin une forte douleur rétro-sternale à la suite de laquelle il perdit connaissance pendant un temps d’ailleurs très court. Arrivé chez lui, quelques heures de repos suffirent pour qu'il se remette complètement, si bien qu'il put reprendre son travail. Dans la soirée, il eut une nouvelle crise douloureuse présentant les mêmes caractères, crise que jugulent les inhalations de nitrite d’amyle et une injection de morphine. PAvior lui conseilla alors de chercher une autre occupation, rattachant les troubles accusés à l’intoxication par l’oxyde de carbone. Après six mois de repos, l’ouvrier retourna à la même fonderie où, au bout de quelques jours seulement, une nouvelle crise anginoïde le frappa d’une manière beaucoup plus grave. Transporté dans une clinique, il mourut peu après. L’autopsie pratiquée ne décela aucune lésion de
l'aorte, des coronaires ou du musele cardiaque. Il
s'agirait, d’après PAVIOT, d’un cas d’oxycarbonisme latent à forme d’angine de poitrine.
Ce fait est en faveur des manifestations angineuses imputables à l’intoxication chronique. Il dépasse le cadre de notre étude, Les troubles fonctionnels du cœur sont en effet fréquents dans l’oxycarbonémie chronique. BECK et SUTTER lui imputent la myocardite, Woop et HEDLY la thrombose des coronaires. Ces auteurs estiment même que l’oxyde de carbone serait un des facteurs expliquant l’augmentation saisonnière de cette maladie. Ils ont enregistré en effet 95 cas en hiver pour 14 en été. Leurs conclusions sont partagées par MasTER, DACK et JAFFE qui, sur 61 cas de thrombose, notèrent 12,2 % en janvier et 10,3 % en décembre. Ces auteurs attirent l’attention sur une plus grande possibilité d'intoxication par l’oxyde de carbone due aux appareils de chauffage et également aux vaz d'échappement des automobiles et autobus.
Cette source nouvelle d’intoxication a fait l’objet de nombreux travaux, spécialement ceux de TANON,
pa
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CAZENEUVE et NEVEU, BLONDEL, GAULÉJAC et DEr- VILLÉE, HAYHURST, HEIM DE BALzAc, CAMBIER. RAn- WEZ, etc...
WATENBERG rapporte des cas d'intoxication à forme de thrombose des coronaires cités par KUNTZEN.
En résumé, nous voyons que la dilatation du cœur, les manifestations angineuses, la myocardite, peuvent succéder à l’intoxication oxycarbonée. Mais elles sont loin d’être constantes. Ainsi nous n’avons pas rencontré de tels tableaux au cours de nos observations. Elles sont néanmoins intéressantes à connaître au point de vue médico-légal, car elles permettent de rattacher ces manifestations à leur vraie cause qui est l’oxyde de carbone. |
Celui-ci est responsable également de modifications de la pression artérielle.