B) ETUDE DE LA TENSION ARTERIELLE
Celle-ci a été faite par de nombreux auteurs, spécialement STAEMMLER et PARADE ont consacré un solide article sur les rapports de l’oxyde de carbone et de l'hypertension.
D’après ces auteurs, celle-ci serait fréquente. Elle résulterait de l’hyperfonctionnement de la médullo surrénale sous l’action de l’oxyde de carbone, d’où sécrétion exagérée de l’adrénaline et augmentation de la pression sanguine.
Mais cette opimion est fortement controversée. Ce mécanisme est peut-être à retenir dans certains cas, mais le plus souvent on rencontre une tension normale ou basse, comme le fait remarquer Caccurr. Et KAYSER, en étudiant le réflexe sino-carotidien, a remarqué son inversion sous l'effet de l’oxycarbonémie, entraînant alors de l’hypertension. Ce phénomène serait surtout marqué sur des chats. GRÔTSCHEL a noté
de l’hypo ou de l’hypertension. LITZNER écrit que l’hypotension est la règle. au début des accidents. ZONDECK a constaté lui aussi de l’hypotension; lors d’un cas mortel, il a enregistré les chiffres de 7-5.
Parmi nos observations, nous n’avons trouvé que deux fois. une tension normale (observations XII et XIV). Dans les autres cas, la tension était généralement basse. Chez une jeune malade, elle atteignait même les chiffres de 8-6. L’intoxication était massive. Dès le lendemain, la malade succombait (obs. VIT).
Au cours de la lecture d’observations prises à la clinique médicale de l'Hôpital Saint-Antoine chez des intoxiqués à l’oxyde de carbone, nous avons relevé 18 cas où la tension était normale, 17 où 1l existait de l’hypotension, et seulement un cas d’hypertension, chez une femme de 39 ans, présentant un coma profond. Dès le lendemain, la tension était redevenue
normale (12-8).
Ainsi, l’étude de la tension artérielle au cours de l’oxycarbonisme ne permet pas de conclure à des modifications constantes dans un sens ou dans l’autre et ne permet sans doute pas de porter un pronostic suivant les chiffres de la tension.
Ces modifications ne sont donc pas caractéristiques ; elles sont même d’importance secondaire devant les troubles du rythme causés par l’oxyde de carbone.