PAT
ou une bradycardie légère. Après un séjour de 5 à 19 minutes à l’air libre, on notaït souvent de la tachycardie.
En ce qui concerne le comportement des différentes ondes. l’auteur a remarqué un aplatissement de P et de T, notamment dans les deuxième et troisième dérivations. Dans quelques cas, ces ondes se présentaient même dédoublées. Ces modifications disparurent par la suite, petit à petit. -
Cependant, lorsque lintoxication avait été encore davantage prolongée, comme l’auteur a pu le faire pour un certain nombre de lapins, il est apparu sonvent, à la fin de l’intoxication., de la bradycardie qui alla en augmentant après l’exposition du lapin à Pair libre pendant 10 minutes. Et c’est alors que sont apparus les troubles du rythme.
Aïnsi, chez le lapin N° 7 qui présentait sur son électrocardiogramme, pris avant l’intoxication, un espace PQ — 0,06”, QRS — 0,06” et ST — 0,10”, on a noté après l’intoxication un abaissement de P et de T dans les 2° et 3° dérivations, et aussi l’apparition d’un tremblement, d’où les nombreuses dentelures sur le tracé. On a noté également la différence du graphique des voltages qui, petits avant l’intoxication, deviennent amples immédiatement après.
Quelques minutes après s’est installée une bradvycardie considérable, mais il y a lieu d’observer que les systoles auriculaires ne sont pas toutes suivies de systoles ventriculaires. La fréquence du sinus est de 120, tandis que celle du nœud est de 30. Chaque fois que l’impulsion sinusale parvient à atteindre le nœud de façon à produire la contraction ventriculaire, l’espace PR présente constamment les mêmes valeurs (0,08”), et, dans ces cas, on a PQ — 0,14”, QRS — 0,06” et ST — 0,14”. I y à de la sorte une plus grande ampleur de PQ et ST. La première dérivation se présente toujours avec un voltage très bas. Aucune anomalie du complexe ventriculaire.
Chez un autre lapin, on a observé une bradycardie d’origine sinusale, avec T négatif dans les trois dérivations. R; négatif et R; nettement positif (style gauche). Maïs ensuite est apparu un bloc auriculoventriculaire 2/1; dans ces conditions, le lapin a succombé.
2° INTOXICATION SUBAIGUÉ.
Dans cette série de recherches effectuées sur quatre lapins, l’intoxication réalisée de la même manière a été d’une durée moindre (3 à 5 minutes) et limitée à l’apparition des premiers signes de souffrance, sous forme de contractions tonico-eloniques.
Généralement, dans ces expériences, la fréquence cardiaque n’a pas présenté de modifications notables, on bien n’a consisté qu’en une bradvcardie modérée. C’est ainsi que chez un lapin. la fréquence qui était de 300 avant l’intoxication, s’est abaïssée à 240. Cette bradycardie a toujours été de nature sinusale, c’està-dire qu’il y a eu un nombre modéré d’impulsions partant du sinus. On notaïit en effet un allonsement de l’espace TP, tandis que PR et RT ne présentaient aucune modification.
En ce qui concerne les ondes, il existait un abaïissement de P et de Q dans les trois dérivations, diminution de $;, et un R; positif.
Ces modifications ont duré 15 minutes, même après exposition des animaux à l’air libre, et ont ensuite diminué petit à petit.
Sur quelques lapins fut pratiquée une deuxième intoxication, toujours de la même durée, et à un court intervalle de temps après la première. Les mêmes modifications furent trouvées que lors de la première intoxication.
Des tracés enregistrés le lendemain ont montré que toutes les modifications avaient disparu.
HO
CAccuRI a voulu étudier d’autre part le comportement électrocardiographique des lapins intoxiqués par l’oxyde de carbone et exposés ensuite à l’action de l’adrénaline, du bleu de méthylène, de la vagotomie, ou bien de l’inhalation d’un mélange d’anhydride carbonique et d’oxygène.
A) Action de l’'adrénaline.
Lorsque chez un lapin. intoxiqué par l’oxyde de carbone, se manifesta de la bradycardie, il fut pratiqué une injection d’adrénaline par voie hypodermiaue. Elle ne détermina aucune modification du rythme, comme si le myocarde n’avait aucune nossibilité de réagir à l’action de ce médicament.
À deux des lapins. la piqûre fut pratiquée dans le cœur à la dose de 1/2 mmer. I s'établit une fibrillation ventriculaire d’une durée de 0.64”, suivie d’un long arrêt ventriculaire, tandis que lon notait des contractions auriculaires (une par seconde). Dans ces cas on doit, d’anrès CALABRERL admettre une inhibi- Hon de l’automatisme du myocarde ventriculaire sous l’action d’une stimulation anormale de fréqnence très élevée. A la fin est apparu le rvthme nodal, avec quelques extra-svstoles, quelques R; positifs et R. néeatifs, faisant donc partie du tyne ventriculaire cauche.
B\ Action du bleu de méthylène.
De nombreuses recherches expérimentales et même cliniques ont démontré l'efficacité du bleu de méthylène dans l’oxycarbonisme, si bien que dans certains pays, en Belgique, dans les usines où cette intoxication est possible, il est fait obligation aux employeurs d’avoir à leur portée du bleu de méthylène. Sur les lapins intoxiqués, l’auteur a pratiqué une in. jection intraveineuse de bleu de méthylène en solution à 1 % et à la dose de 5 cc par kilogramme de poids.