‹ Les manifestations péritonéales du rhumatisme articulaire aiguChapitre 15 sur 20 · RENE · texte numérisé non relu

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rouge foncée; le ventre redevient souple et non douloudeux. Les vomissements ne se produisent plus. L’évolution se fait ensuite vers un rhumatisme spinal avec réaction méningée. Le traitement salicylé amène la sédation de tous ces signes. Seul, l’endocarde avait souffert. À l'entrée, il n’y avait qu’un souffle systolique mitral, puis un souffle diastolique aortique.

OBSERVATION VII GREVET (Presse Médicale, 1915).

Un malade fit des accidents péritonéaux alors que la crise aiguë se terminait et à l’occasion d’une rechute légère. Il se plaignit d’une douleur assez vive dans la fosse iliaque droite sans avoir de vomissements. Il y avait contracture musculaire de la fosse iliaque droite, douleur plus marquée à la pression de la région du point de Marc Burney. La fièvre était remontée avec l’apparition de ces signes, simulant une appendicite.

OBSERVATION VII GREVET (Jbid.).

Ce deuxième malade présenta des symptômes semblables, exactement au début de la crise arthralgique : même douleur, même contracture à droite. La pression réveillait une douleur plus vive dans les parages du point de Mac Burney. Il est à remarquer que la localisation au point de Mac Burney est beaucoup moins nette que dans l’appendicite. La douleur à la fois moins vive est plus diffuse. Ces deux malades ne furent pas mis à la diète et ils guérirent néanmoins fort bien : le salicylate fit disparaître en même temps les anthropathies et la réaction péritonéale.

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OBSERVATION IX Cosrepoar (Soc. Médicale des Hôpitaux de Paris, 1929).

Une jeune fille de 20 ans fut prise brusquement le 18 août 1928 de vives douleurs, d’abord diffuses, dans tout l'abdomen, puis prédominant bientôt dans sa moitié droite, et dans l’étage supérieur plus particulièrement, ne s’accompagnant ni de diarrhée ni de vomissements; elles durèrent deux jours, puis s’atténuèrent. La température s’était élevée à 39°. Le 21, apparurent en même temps un point de côté à l’hémithorax gauche et une douleur à l’épaule du même côté; la fièvre, qui s'était apaisée, reprit, et la température atteignit pendant deux jours 39° et 40°. Les douleurs s’étendirent au bout d’une semaine de l'épaule aux autres articulations (épaule droite, coude, poignet, doigts, genoux), où elles demeurèrent subaiguës jusqu’au milieu d'octobre. Le chirurgien qui examina la malade le 18 octobre à son entrée à l’hôpital trouva : l’abdomen souple mais sensible à la palpation, surtout dans la région céoco-appendiculaire. Il proposa de pratiquer une appendicectomie qui fut effectuée le 30. L’appendice était un peu long, congestionné, mais n’était ni gros, ni perforé, ni entouré d’adhérences. Les douleurs abdominales spontanées disparuren. La température, qui depuis le 18 octobre était restée normale, s’éleva progressivement à partir du 5 novembre pour atteindre 39° le 8; en même temps se réveillèrent des arthralgies à l'épaule et au genou gauche, et un point de côté thoracique. Au cœur, on constate un souffle proto-systolique de la pointe se prolongeant vers l’aisselle. Il n'existait aucune altération clinique ou radiologique des poumons. La sudation était exagérée. Le traitement salicylé fut aussitôt institué. Son action fut immédiate; la température s’abaissa rapidement et, le 13, redevint définitivement normale; les arthralgies s’ef-

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facèrent. Mais, deux semaines plus tard, elles reparurent, atténuées, puis s’apaisèrent. Le souffle systolique avait disparu.

OBSERVATION X Worms (Société de Chirurgie, 1930).

En novembre 1923, un jeune soldat entra d’urgence au Val-de-Grâce avec tous les signes d’appendicite aiguë. Il avait été pris quelques heures auparavant, au décours d’une angine, pour la première fois et brusquement, de violentes douleurs dans la fosse iliaque droite et de vomissements; le ventre était douloureux.à la pression, très tendu. La douleur était surtout marquée dans la région appendiculaire. La température était de 39°, le pouls assez petit à 120. L'intervention paraissait s’imposer d’emblée. À l’incision faite sur le bord externe du droit, on vit s’évacuer un peu de liquide citrin ressemblant à de l’ascite, mais sans qu’il existât de granulations sur l'intestin ou le péritoine pariétal. La séreuse était seulement injectée, mais sans adhérences, ni anciennes ni récentes. L’appendice déclive, mais libre, d'apparence saine, ne présentant à sa surface aucune trace d’inflammation, fut excisé et la plaie fermée sans drainage.

L'examen histologique de cet appendice pratiqué ultérieurement montra qu’il ne présentait aucune lésion inflammatoire.

Les symptômes locaux cédèrent rapidement. Douleur, tension abdominale disparurent; le malade éprouva de ce côté un grand soulagement, mais la fièvre continuait d’osciller aux environs de 39° quand le malade se plaignit de douleurs aux épaules, aux coudes, qui imposèrent le diagnostic de rhumatisme articulaire aigu. Sous lPinfluence de l’administration journalière du salicylate de soude, tous les troubles disparurent en quelques jours.

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OBSERVATION XI (bid.)

Il s'agissait encore d’un soldat entré d’urgence au Val-de-Grâce (mars 1925) pour des accidents abdominaux. La crise avait débuté brusquement le matin par des douleurs vives localisées dans la région sus-ombilicale, et par des vomissements.

Le ventre était ballonné et sensible sur toute sa surface, mais surtout au niveau du creux épigastrique. Le palper, d’ailleurs fort malaisé à cause de la douleur, révélait une contracture nette. L’auscultation thoracique, et en particulier celle des bases pulmonaires, s’était montrée négative. La température était de 88°5, le pouls petit à 108.

On'ne trouvait rien de notable dans l’histoire antérieure du malade, sauf de fréquentes amygdalites suivies de poussées articulaires, de nature rhumatismale. Dans lé mois qui avait précédé le syndrome péritonéal actuel, le malade, à deux reprises différentes, avait souffert assez violemment des genoux et des chevilles.

À l'intervention, en explorant estomac, vésicule, duodenum, on ne trouva rien d’anormal, mais un état congestif du périloine sans pouvoir en découvrir la cause. On referma la plaie opératoire.

Les accidents aigus disparurent quand, trois jours après, survinrent une arthrite du cou-de-pied et de l'épaule droite, un souffle mitral et une ascension nouvelle de la température qui signèrent la nature rhumatismale de la maladie. Tout céda en quelques jours à la médication salicylée. in

OBSERVATION XII Worms (Société de Chirurgie, 1930).

Il y a trois semaines, était évacué sur mon service un malade qui venait d’être opéré par mon collègue

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Bonnet dans les conditions suivantes : B.. (Pierre), 2° classe, 182° R. A. L. A souffert maintes fois de douleurs lombaires et d’arthralgies fugaces: rhumes fréquents avec laryngiye.

En janvier 1930, hospitalisé pour « angine phlegmoneuse ». À sa sortie de l’hoôpital, ressent quelques douleurs au niveau des genoux qui s’intensifient le lendemain mais ne s’accompagnent pas de fluxions articulaires.

Le 5 février, se trouvant en convalescence dans sa famille, les arthralgies persistent encore très vives, quand brusquement le malade est pris d’une douleur en coup de pistolet au niveau du flanc droit. Intolérance gastrique absolue, vomissements alimentaires, puis bilieux, céphalée intense, abattement, délire, tendance à la constipation.

Le 9 février 1930, hospitalisé d'urgence au Val-de- Grâce.

A l'entrée, syndrome péritonéal aigu, persistance des vomissements, ventre de bois sus-ombilical. Température 40°4; pouls 120.

Intervention le 9 février 1930. Anesthésie au balsoforme. Incision médiane sus-ombilicale. Exploration attentive de l’abdomen : absence de péritonite. Péritoine sensiblement normal, face antérieure de l’estomac et vésicule normales.

Par décollement colo-épiploique, on vérifie la face postérieure de l’estomac et l’arrière cavité des épiploons : rien. Gros intestin, grèle et région appendiculaire normaux. Fermeture en un plan au fil de bronze.

Le 10 février 1930 : détente des symptômes abdominaux, les vomissements ont cessé. Température 39°.

Douleurs articulaires aux genoux et aux cous-de-pied.

Cœur : bruits normaux et réguliers; pouls 90; tension artérielle 12/7 au Vaquez.

Dane :

Poumons normaux.

Présence d’albumine dans les urines et d’urée dans le sang.

Administration journalière de salicylate de soude (6° gt): :

Cinq jours après, disparition des douleurs, chute de la température, plus d’albumine dans les urines, urée sanguine normale (0:30 gr.).

OBSERVATION XHH Pizop et MEERSMAN (Soc. de Médecine Milaitaire, 1928).

Le 6 mars 1928, ce malade entre à lhôpital de Rouen pour angine aiguë. Il y reste quatorze jours, puis est envoyé en permission de convalescence. -

Le 24 mars, il présente brusquement une fièvre élevée (39°), de la courbature avec douleurs fugaces dans les articulations des membres supérieurs et inférieurs, une sensation de constriction dans la région précordiale et surtout une douleur abdominale très vive, prédominant dans la fosse iliaque droite sans vomissements ni constipation. Les arthralgies disparaissent. La douleur abdominale semble se localiser électivement au point de Mac Burney et le malade est dirigé le 29 mars sur un service de chirurgie.

L'intensité de la douleur et la défense péritonéale généralisée décident le chirurgien à intervenir aussitôt. On trouve un appendice turgescent avec une légère con-

gestion péritonéale. Appendicectomie, suture sans drainage.

La fièvre persiste après l’opération. Les douleurs articulaires reparaissent et s’accentuent rapidement. Le malade est évacué le 5 avril sur le deuxième fiévreux. À l'entrée, température 39°, pouls à 100.

Vives douleurs dans les articulations des membres

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supérieurs, moins marquées au niveau des genoux et des cous-de-pieds; rougeur, sans gonflement. Sensation de constriction thoracique rendant la respiration pénible. Sueurs abondantes; facies pâle et angoissé. L'examen de l'appareil cardio-vasculaire révèle l’existence d’une péricardite sèche se traduisant par des frottements systoliques dont le maximum siège aü niveau de la partie interne du troisième espace intercostal gauche. La tension artérielle est de 13.5-6 au Pachon Gallavardin. L'examen pleuro-pulmonaire ne décelait à l’entrée que quelques frottements pleuraux à la base droite. Mais le 14 avril, en même temps que la température, qui s'était abaissée, remontait à 39°, on constatait l’existence à cette même base droite de signes de cortico-pleurite avec épanchement de faible volume. Ce petit épanchement s’est résorbé en quatre jours; les manifestations abdominales avaient totalement disparu.

Sous l'influence du traitement salicylé, tous ces phénomènes, abstraction faite de l'insuffisance aortique, ont

progressivement disparu.

OBSERVATION XIV (Résumé) Tricor (Gazette des Hôpitaux, 1908).

A la suite d’une marche forcée. H.… est atteint. de courbatures s’accompagnant de douleurs assez vives dans les membres. Les jours suivants, cet état s'aggrave; un peu de fièvre apparaît. On le fait entrer dans un service de médecine, le 28 janvier, avec le diagnostic d’ « embarras gastrique fébrile ». Le malade se plaint de courbatures, de céphalalgie et surtout de douleurs abdominales particulièrement localisées dans la moitié droite de l’abdomen et au creux épigastrique.

La palpation décèle une sensibilité diffuse de tout l'abdomen, plus marquée dans l’hypocondre droit et à

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l’épigastre. Il existe un peu de météorisme abdominal. Pas de diarrhée: lel foie, la rate, le poumon, le cœur ne présentent aucune particularité. La température est de 37°7 le matin et 38°6 le soir. Les jours suivants, les symptômes abdominaux ne changent pas. Les urines sont rares, troubles, rougeâtres et renferment 7 gr. d’albumine. Le diagnostic porté est celui d’une néphrite aigué.

Le 2 février, le malade présente une température aux environs de 38°, une insomnie et agitation extrêmes; les douleurs abdominales, particulièrement dans le flanc droit, sont devenues intolérables. Elles sont exaspérées par la pression, mais sans localisation précise.

Le 3 et le 4 février, la température oscille autour de 38°, le pouls autour de 110. Les douleurs abdominales sont devenues tellement vives que le malade ne supporte même pas le poids des couvertures. La région appendiculaire est particulièrement douloureuse; mais la palpation de la fosse iliaque ne révèle rien; le toucher rectal reste négatif.

Le matin du 5 février, le malade présente un vomissement alimentaire, puis bilieux.

Devant ces symptômes manifestement péritonéaux, on décide de tenter une laparatomie exploratrice, qui est pratiquée le 5 février.

En sectionnant le péritoine, on constate que la grande cavité péritonéale contient une petile quantité de sérosité claire. Le péritoine est nettement injecté, Pappendice et le cœcum sont libres et d'apparence normale. On pratique cependant lappendicectomie. Une exploration de la cavité abdominale ne révèle absolument rien. Le ventre est refermé sans drainage. L'intervention fut suivie d’une remarquable sédation des symptômes douloureux, mais ni la marche de la température ni celle du pouls ne furent sensiblement modifiées.

Les 6, 7 et 8 février, la température oscille entre 38°

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et 39°. Les douleurs abdominales ont beaucoup diminué, les vomissements ont cessé.

Le 9 février, le malade se plaint de douleurs articulaires dans les deux épaules. On pense au rhumatisme aigu intercurrent et l’on prescrit 4 gr. de salicylate de soude par jour. Le lendemain, le coude droit est un peu douloureux, le poignet du même côté est douloureux et gonflé.

Le 12 février, l1les douleurs articulaires ont beaucoup diminué. Le ventre est redevenu souple. Le malade présentant une intolérance au salicylate, on le supprime, mais, deux jours après, la température remonte à 38°, les douleurs articulaires reparaissent. Le péritoine semble participer à cette crise car l’abdomen devient douloureusement sensible. On note à l’auscultation du cœur un très léger souffle systolique à la pointe. Le salicylate de soude est repris à la dose de 4 gr. par jour.

Les jours suivants : régression progressive des symptômes. Les douleurs articulaires et abdominales diminuent. La température revient à la normale. Le pouls redescend à 70. L’albuminerie disparaît complètement.

OBSERVATION XV CHAUFFARD (Archives générales de Médecine, juin 1863).

Après trois ou quatre jours de maladie caractérisée par des vomissements bilieux suivis d’une abondante diarrhée, un jeune homme de 17 ans, de constitution médiocre, entre, un dimanche d'octobre 1861, à l'hôpital de la Pitié. ;

Lundi matin, le facies du malade est profondément altéré, pâle et exprime les souffrances abdominales; la peau est chaude; le pouls, faible et précipité, bat à 120 pulsations; la parole coûte des efforts; le malade répond très brièvement ou se tait pour ne pas réveiller

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