‹ Les Manifestations précoces du Génie MusicalChapitre 22 sur 39 · PR ER · texte numérisé non relu

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ble d’exciter les centres auditifs : les phénomènes visuels se transformant ainsi en « audition colorée ». Les difficultés que nous éprouvons à expliquer de pareils faits ne sauraient nous empêcher de les constater. Cette hypothèse n’est pas un simple paradoxe : Beaucoup de musiciens, en effet, ont éprouvé des « pseudo-sensations »; il existe un très grand nombre d'observations de telles anomalies physiologiques dans plusieurs générations de musiciens ; il suffira de les signaler, leur explication dépassant les limites de notre sujet. 4

Jusqu'à présent, nous avons envisagé la précocité du musicien comme liée à une hérédité spéciale de l'oreille, elle-même étroitement en rapport avec certains centres corticaux ou sous-corticaux. Nous avons ensuite précisé quelles étaient les véritables fonctions de l'oreille dans les divers processus psychophysiologiques de l’audition musicale. Mais nous ne devons pas oublier, que si, de très bonne heure, les premiers cris de l’enfant sont d'ordre musical, si les aptitudes musicales sont cependant inexistantes chez d’aucuns, néanmoins ces dernières peuvent s’acquérir et se développer chez beaucoup. L’enseignement de la musique peut se faire méthediquement par un entraînement de l'oreille. M. Gédalge a récemment montré que tous les éléments qui constituent lintelligence musicale peuvent en effet:s’acquérir. « Cette acquisition est non seulement possible aux seuls individus doués naturellement pour la musique, elle l’est aussi pour le plus grand nombre. En effet, ce qui constitue véritablement le musicién, c’est l’aptitude

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à reconnaître à l’audition et se représenter mentalement les rapports de hauteurs créés par la succession des sons musicaux, où à un degré plus éminent d’entraînement, par leur simultanéité, à les reproduire exactement avec la voix, tels qu’on les entend intérieurement, quand 6 les voit figurés par des signes. De tels processus psychiques sont en somme analogues à ceux qui se produisent pour la voix parlée et pour leur reproduction avec là voix quand on lit Iés signes qui les représentent. On peut donc assimiler la formation du langage musical ét le développement des centres qui lui correspondent à celle du langage articulé, et à la connaissance des signes qui le représentent. Or, la plus simple logique veut que quiconque peut acquérir là connaissance du langage des sons musicaux, si l’on restreint à cette conception limitée la définition de la musique, aïnsi opposée en tant que langage, au langage des sons articulés. » (Gédalge).

On sait que l’enfant n'arrive à parler qu’à la suite d'une véritable éducation d’où dérive le langage : « L'enfant doit d’abord être exercé à observer, à distinguer les choses qu'on lui montre en les lui nommant ; peu à peu, il reproduit les sons qu’il entend, il les assemble ; il associe des mots qu’il forme ‘ainsi aux objets dont ils sont la représentation. Mots ‘et images des objets s'unissent inséparablement ‘dans sà mémoire; plus tard, et au prix d'essais répétés, ïl apprend à décomposer ces mêmes mots en Îles ranmrehant aux éléments dont il les à formés, à associer ‘cés éléments, à des signes écrits auxquels il les rattache,

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