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Avec,Probst, on devrait accepter les faits suivants : La compréhension du langage musical siégerait le plus souvent sur l’hémisphère gauche, ce centre occuperait la partie tout à fait antérieure de la première pariétale. Les centres moteurs, qui, par leur altération entraineraient l’amusie motrice, siègeraient au niveau de la deuxième frontale ou dans son voisinage, à droite ou à gauche, suivant les sujets. Enfin, la cécité musicale aurait un siège très voisin de la cécité verbale; et, probablement, les lésions en foyer profondes et localisées à gauche pourraient à elles seules déterminer la cécité musicale (Nathan et Dupré). Ingegnièros, enfin, affirme que les centres physiologiques du langage musical sont spécialisés dans les centres du langage ordinaire et restent en relation avec eux, comme une partie avec le tout. Pour cet auteur, ces centres sensoriels sont deux, et recueillent les images sensitives de l’ouïe et de la vue; ces centres moteurs sont trois et contiennent les images motrices du chant, de l’écriture musicale et de l'exécution instrumentale. Ce dernier centre fonctionnel varie selon les groupes musculaires qui interviennent dans chaque ordre d’exécution. Le type fonctionnel revêt des caractères divers suivant les individus. L'éducation exerce une influence très grande sur le développement et la complexité du langage musical. Les images auditives, visuelles, phonétiques et graphiques constituent des «sous-centres», compris dans les centres de Wernicke, de Küssmaul, de Broca et de Exner. Les images motrices de l’exécution instrumentale, localisées dans la zone motrice,
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forment des centres physiologiques variables, puisque leur association systématique varie pour l’exécution de chaque instrument.
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En face d’opinions aussi peu concordantes, émanant des auteurs les plus autorisés au sujet de l’existence réelle et du siège anatomique exact des centres musicaux; de plus, étant constaté que la clinique et l'anatomie pathologique divergent dans beaucoup d'observations d’amusies; tenant compte également, dans une large mesure, du fait que l’enseignement de la musique peut se faire chez des non-musiciens par un entraînement méthodique de l’oreille (la fonction développant l'organe ; enfin, la faculté musicale s’acquièrant par des processus analogues à ceux qui forment le langage articulé, tous les centres musicaux ne doivent pas exister innés, préformés à la naïissance. On aurait tort d’autre part d’en préciser le siège exact à l’âge adulte. En conséquence, nous inclinons à admettre pour l’origine et le développement du langage musical une explication analogue à celle que M. P. Marie a fournie pour le langage parlé. Il n’y aurait pas plus de faisceaux de fibres du langage musical, qu'il n’y a « de faisceaux de fibres du langage parlé ou écrit », à la naissance de l'individu faisceaux qui, partant d’un centre cortical viendraïent dans la protubérance et le bulbe innerver le groupe de cellules nerveuses tenant sous leur dépendance les organes d'exécution de ce langage (lèvres, langue, mains, etc..). Une seule restriction, néanmoins, doit
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être faite en faveur des facultés musicales, l’étude des manifestations précoces du génie, musical et les problèmes de l’hérédité qui en dérivent nous l’imposent : l'individu, en naissant, doit posséder une zone cérébrale « toniqte » pour Fensemble’ des sons musicaux. Cette sphère musicale de lintonation serait plus ou moins développée; atrophiée chez l’idiot musical; mieux eonformée chez celui qui s’entraïine à la musicalité par Féducation de l'oreille, elle serait vraisemblablement hypertrophiée, avec des degrés, chez le musicien-né. Par la suite, se constitueraient d’autres centres (un pour les images visuelles, un autre pour les images auditives des sons, etc.) de toutes pièces, et c’est dans la zone pariéto-temporale gauche que ceux-ci s’établiraient. La raison est que les éléments nerveux de l’hémisphère gauche se développent un peu avant ceux de l’hémisphère droit, que les processus intellectuels commencent à se produire dans l'hémisphère gauche et forment pour ainsi dire « un centre de cristallisation et une base pour les associations d'idées qu’ils provoquent. Ainsi s’établirait dans l'hémisphère gauche un substratum associatif qui se spécialiserait dans une certaine mesure, et vers lequel notre cerveau aiguillerait, de lui-même, une très importante partie de son activité psychi-
que ».
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Schéma figurant sur la face externe de l'hémisphère cérébrale gauche, la localisation de la zone et de l'échelle toniques, (approximative), sphère musicale de l'intonation, vraisemblablement préformée chez le musicien-né. (d’après LARIONOFF.)
En exposant dans un chapitre précédent les particularités de l’hérédité sensitivo-sensorielle et motrice des musiciens, nous avons nécessairement sous-entendu que les grands maîtres, dont le génie est incontesté, ont possédé, en naissant, un organe périphérique de l’audition « musicalement hyperesthésié » et étroitement en rapport avec une zone tonique corticale particulièrement bien développée. Ce centre auditif unique siège bien dans l’hémisphère cérébral gauche au niveau de certaines circonvolutions temporo-pariétales; mais on ne peut guère, au point de vue phrénologique, lui assigner un siège mieux déter-
miné. Par l'exercice, par le déchiffrage, et par le jeu instrumental, qui impliquent un effort d’attention visuelle et auditive et de mémoire tonique, d’autres zones cérébrales assez éloignées peuvent se développer plus ou moins rapidement. Ainsi s’expliquerait le phénomène de la virtuosité précoce du musicien génial. C’est la seule conclusion, précise et logique, que l’on puisse adopter, croyons-nous, sur l’existence et le développement des localisations cérébrales successives des facultés musicales, dans l’état actuel de nos connaissances scientifiques. |
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