LUTHER
‘Dans l’esquisse que nous avons l'intention de tracer du génie musical, nous tâcherons de saisir par l’analyse psycho-médicale les traits particuliers de l’artiste musicien. “
La musique s’adresse avant tout à notre sensibilité et, comme telle, « ne se propose pas l’expression des idées ; elle ne passe point par l'intermédiaire des facultés représentatives, elle parle un langage cgmpréhensible, ne nécessitant nullement l’interventiom de concepts : elle est directe, immédiate » (Bazaïllas).
Dans cet art « émotionnel » une sensibilité ardente est le trait caractérisant en premier lieu le tempérament de l'individu. Le langage « compréhensible » de la musique expressive, reflète en effet, par un système
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symbolique ‘de phrases esthétiquement sonores, des états émotifs de l'être humain. Les inflexions intimes de l’âme, des sentiments subtils peuvent se traduire par des élans de musique passionnée, un adagio dégageant plutôt la profonde gravité d’une tristesse. La musique peut même exprimer davantage : Par des imitations de bruits naturels, par certains rythmes objectifs, elle peut, dans son mouvement, être tour à tour descriptive, narrative. En un mot, pour employer un langage plus médical : elle peut éveiller dans son expression complexe « par l’intermédiaire des centres auditifs supérieurs, dans les centres émotifs et intellectuels, des états psychiques en rapport avec le caractère des sons perçus ». Enfin, suivant Nathan et Dupré, le langage musical, lié essentiellement à l’intonation, doit être en outre considéré comme bien antérieur au langage articulé : « C’est pourquoi le tout jeune enfant, avant même de balbutier, se fait comprendre par des inflexions vocales. Il est logique de supposer que la cause de ses précoces dispositions musicales réside là. Comme tout langage, le langage musical comprend deux ordres de processus : les processus moteurs et les processus sensoriels:Les premiers sont les processus actifs d’expression ; les seconds sont les processus passifs de perception. »
Il apparaît donc qu’en premier lieu, les phénomènes acoustiques de vibration, d’ordre physique, procurent une illusion subjective : la sensation physiologique. C’est la sensation brute du son. L’impression dynamique est transmise à un certain nombre de