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LES BATIMENTS

Au fond de la cour d’Antin s’ouvre une seconde cour, la cour Marigny, dans laquelle un bâtiment isolé, dit pavillon jVIulard, du nom de l’artiste qui l’habitait au début du xix° siècle, contenait jadis un atelier de fonderie. Ce pavillon, dont l’escalier a conservé une ram{)0 à balustrcs de bois, fut autrefois l’atelier du sculpteur-fondeur Jean-Baptiste Tuby, parent de Charles Le Brun. Il est poi'té sur le

Le grand atelier du Nord et l’ancienne liabitation do ,Ians.

plan delà lin du xviC siècle, conservé au Cabinet des Estampes dans les papiers de Robert de Cotte. Sur une copie existant à la manufacture on peut constater que les principales constructions de l’établissement n’ont guère changé depuis deux siècles et demi. Le périmètre du terrain présente les mômes contours qu’au dix-septième siècle. L’atelier de haute lisse de J ans longe la rue Croulebarbe comme autrefois ; l’instalhition du teinturier Josse vanden Kercliove, le contemporain de Louis XIV, a été remplacé par l’atelier de teinture actuel ; enfin les bâtiments situés à droite de la grande cour d bon-

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neur, à la suite du bâtiineut occupé par Le lîrun, bâlimeiits qui contenaient jadis les ateliers des orfèvres, des ciseleurs, des mosaïstes, ont conservé certains détails très visibles encore, faisant remonter leur construction au règne de Louis XllI. Ces souvenirs de Tbistoire des Gobelins ont leur éloquence, et les personnes qui ont le culte et le respect du passé comprendront qu’il vaut mieux les entretenir que d’élever à la place des ateliers insignifiants n’offrant peut-être même pas l’avantage de la commodité. Avant 1870, en face de l’aile édifiée sous Louis XIV, s’élevait une construction parallîde, formant une sorte de perspective au fond de laquelle appai aissait la cbapelle. Ce bâtiment contenait divers services, un atelier de haute lisse, des salles d’école. En 1871, comme il paraissait à l’abri des obus prussiens, on y entassa plusieurs centaines de tapisseries déposées ou appartenant à la manufacture. La plupart ont péri par le feu à la fin du mois de mai; mais toutes n’ont pas été détruites par l’incendie.

Tout contre la grille d’entré, s’ouvre la porte du Musée, (instruite précipitamment, à la veille de l’Exposition universelle de 1878, pour faire disparaître les vestiges de la Commune, cette galerie devait subsister quelques années à peine. Comme toujours, le provisoire a duré plus longtemps qu’on l’avait prévu, et voici trente ans que des objets d’art d’une valeur inestimable sont entassés dans une sorte de grange obscure, humide, exposée à toutes sortes de dangers. Quand on pourrait élever une galei'ie de plus de quatrevingts mètres de long, allant de la maison portant le numéro 40 sur l’avenue des Gobelins à la rue Croulebarbe, capable de recevoir une centaine de spécimens des chefs-d’œuvre de la tapisseiâe depuis ses origines jusqu’à nos jours, n’est-il pas déplorable que les Gobelins n’aient jamais eu leur part de ces libéralités si largement distribuées depuis trente années à la manufacture de Sèvj’es, à la Sorbonne, aux écoles de Droit, de Médecine et des Beaux-Arts, à quantité d’établissements publics.

Et cependant, il y aurait là une œuvre magnifique à réaliser, de nature à séduire l’imagination d’un ministre artiste, comme il s’en rencontre parfois. Avec une dépense relativement minime, les Gobelins deviendraient un musée d’art décoratif sans rival, un centre

La grande galerie du musée.

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artistique capable d’exercer la plus heureuse indueuce sur la direction et le développement du goût public, c-omine à répo(|ue de Louis XIV et de ses successeurs.

La galerie principale actuelle mesure environ 30 mètres de long, sur 6 de large et autant de bauteur, proportions tout à fait insuffisantes pour les tapisseries. Trois pièces peu spacieuses viennent à la suite de la galerie. Les murs des ateliers ([ui out aussi reçu des tapisseries et des modèles continuent cette exposition rétrospective.

On a cherché à présenter, par le choix des pièces exposées, un échantillon de la fabrication de la tapisserie à toutes les époques, et surtout au xvii*' et au xviii'' siècles. La galerie principale est réservée aux tentures les plus célèbres de Le Brun, V Automne , le Mariage d' Alexandre et de lioxane, la Danse des Ngmphes, le Triomphe de Minerve. Deux pièces de l’Histoire du Boi, la Visite de Louis XIV aux Gohelins oiV Audience du Cardinal Chigi y représentent, avec une tapisserie des Résidences rogales, les suites les plus célèbres de l’épo(|ue. A l’entrée, le Sacrifice d' Abraham et le Ravissement d’Elisée, rappellent la manufacture de Louis XIII, l’atelier des Conians et des de la Planche. Avec une la galerie prolongée tout le long de l’avenue, au lieu de douze ou (juinze pièces, on pourrait en monti'er (juarante et les l'emplacer de temps en temps par d’autres sujets de façon à étaler successivement toutes nos richesses sous les yeux du public.

Une seconde salle assez obscure, servant de passage, contient un panneau des Chasses de Louis XV, d’après Oudry, le Limier, et deux sujets de la Tenture des Indes, de Desportes, d’une bonne exécution, mais entourés de pauvres bordures. Sur la gauche, s’ouvre une ])ièce, dite salon carré, où sont groupés quelques-uns des plus beaux échantillons du Musée. Tout ce qui se trouve ici, le détail à son prix, est la propriété de la manufacture et provient d’acquisitions, de dons ou de legs.

Le salon carré contient trois tapis persans du xvP siècle, d’une réelle beauté et d’une valeur énorme ; l’un d’eux est entièrement tissé de soie. Deux de ces tapis furent légués au Musée par Albert Goupil, le troisième par Elie Delaunay, le peintre distingué, de son vivant membre de la commission des Gohelins. D’Albert Goupil vieil-

Ll'; MUSEE ET LES ATELIERS

lient aussi ces deux précieuses tapisseries du début du xvU sii'cle, V Annonciation et V Adoration des Mages, seuls spécimens que le Musée possède de l’art flamand parvenu à son apogée. M. Spitzer a donné la grande scène de la levée du siège de Dole, exécutée dans un atelier de Bruges, vers 1480. Cette belle page représente très honorablement Fart de la fin du moyen Age. Elle porte une inscription qui

a plus d’une fois fourni à nos dessinateurs de précieux modèles de caractères gothiques. Nous arrivons à la Renaissance avec la tapisserie décorée d’arabesques faisant face au siège de Dole. Celle-ci a été acquise par la manufacture. La Pietà, placée sous le tapis deprière en soie, provient d’un legs de M. Davillier, l’amateur bien connu. Le Sanglier de Calgdon, avec ses tons violents, son dessin un peu lourd et sa marque, composée de deux C enlacés, nous reporte au premier atelier des Gobelins et à la direction de Charles de Comans. Enfin, les quatre copies réduites des Actes des Apôtres, de

Le salon carré du musée.

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Raphaël, sortiraient de l’atelier fondé à Maincy par le surintendant Fouquet, où Charles Le Brun fit ses débuts. Ce salon ofi're ainsi connue un résumé sommaire de l’histoire de la tapisseiâe avant Louis XIV.

Dans la salle précédant immédiatement l’entrée des ateliei's, le hasard a réuni ([uatre pièces, fort intéressantes toutes quatre, mais d’époque et d’inspiration bien différentes : d’abord, celte scène musicale du début du xvC sciècle, acquise il n’y a pas l)ien longtemps, véritable type d’exécution libre et savante; puis, un panneau attribué à l’atelier de Fontainebleau, rappelant les grotes({ues et les rinceaux de Ducerceau. La verdure à grands feuillages découpés tendue à contre-jour, représente ici toute une famille de panneaux très décoratifs dont l’origine n’a pas été bien fixée jusqu’ici. Enfin, la g]’ande composition de Parrocel, pièce uni(jue dans son genre, V Arrivée de F ambassade turque dans le jardin des Tuileries, démontre qu’un artiste même secondaire, pour peu qu’il possède le sens de la décoration, sait fournir aux tapissiers les éléments d’un chef-d’œuvre. C’est ici l’occasion de le faire remarquer : une tapisserie exécutée par d’habiles artisans est souvent très supérieure au modèle qu’elle reproduit. Cette constatation, nous l’avons faite bien souvent; elle s’applique à l’admirable pièce de Vénus aux forges de Vulcain, exposée un peu plus loin dans les ateliers. Cozette qui a signé cette tapisserie en 1771 a ajouté à l’œuvre de Boucher exposée au Louvre un charme que le tableau ne possède pas au même degré.

Pénétrons maintenant dans les ateliers de haute lisse. Le premier, dit atelier de Berry, ne contient que trois métiers; celui qui vient à la suite, au bas de quelques marches, aujourd’hui appelé atelier du Nord, fut jadis occupé par Jean Jans, le plus fameux des tapissiers de Louis XIV. Dans cetatelier, le plus grand de la manufacture, sont réunis huit métiers de différentes tailles. Nous rencontrerons encore trois autres métiers de vastes dimensions et un plus petit dans les salles prenant jour sur la ruelle des Gobelins ; soit, en tout, quinze métiers de haute lisse. Plusieurs ont servi jadis à la fabrication des tapis. Le travail du tapis ou de la Savonnerie occupe encore quatre métiers. Le nombre des tapissiers de haute lisse est actuellement de

quarante-neuf; les travailleurs employés à la fabrication du tapis sont réduits à douze.

Dès l’entrée de l’atelier, plusieurs particularités causent un vif étonnement au visiteur. Le tapissier, assis derrière son ouvrage, ne voit pas le travail en cours d’exécution ; il peut seulement le suivre au moyen d’une glace installée devant la chaîne sur une tige ({ui

Le métier de liaute lisse. Atelier de Berry.

s’allongea volonté. La position du travailleur est imposée parla nécessité d’avoir sous la main les broches chargées des laines de différentes nuances, à l’aide desquelles est reproduit le modèle. La peinture servant de modèle est suspendue au mur du fond, et le travailleur doit se retourner pour la consulter. Il n’y aurait pas d’autre place possible pour ce carton ; mais le contour a été calqué sur l’original et reporté sur les fils de la chaîne au moyen d’un trait noir indiquant la silhouette des figures et des accessoires. Enfin, les personnages et les détails de la composition sont tissés, non dans leur sens ordi-

LA MANUFACTURK DES GOBELINS

naire, mais en travers. Cette position ajoute encore k la (lifliculté du travail; elle est imposée par des nécessitées teclini(|ues. Le sens des hachures n’est pas indillerent. Dans toutes les tapisseries anciennes la hachure qui produit le modelé dans la tapisserie se présente verticalement, jamais horizontalement. Des traits horizontaux troubleraient le dessin ; aussi, l’emploi des liachures verticales a-t-il été de prati([ue constante dans les ateliers de tapisseries k toutes les époques. Cette obligation de dessiner et de modeler une tête penchée de côté cause souvent des erreurs (|ui ne se remai'quent que lorsque la ligure reprend sa position normale.

Les Gohelins ne travaillent qu’en haute lisse. En 1827, quand l’atelier de la Savonnerie, autrefois k Cliaillot, fut réuni k celui de la Bièvre, nos derniers métiers de basse lisse furent transportés k Beauvais où ce procédé est aujourd’hui seul en usage. Ajoutons (pie la haute lisse n’est plus guère pratiquée qu’aux Gohelins.

Nous croyons inutile de donner une description du métier de tapisserie et d’insister sur la signification des termes jumelles, ensouples, verdillons, bâton de croisure, etc. Il suffira d’indiquer sommairement la disposition des fils sur lescpiels s’opère le travail. La tapisserie est une véritable étoffe, et, de même que toute autre étoffe, elle est formée de rentre-croisement de fils de chaîne et de fils de trame. Pour la chaîne on emploie exclusivement la laine. Beauvais fait usage de chaîne de coton. Notre manufacture a constaté que le coton présentait des graves inconvénients et y a renoncé.

La laine emj)loyée pour la trame est un peu plus grosse aux Gohelins qu’k Beauvais. Elle se compose de la torsion de trois brins de laine ; celle de Beauvais n’en compte que deux. Dans certains ouvrages de dimension exceptionnelle, comme la Glorification de Colbert, d’après M. Jean-Paul Laurens, la laine a été doublée, ce qui abrège la durée de l’exécution et permet de réunir sur la même broche deux tons différents pour rompre la monotonie des grandes surfaces. La matière propre kla tapisserie est par excellence la laine; la soie n’y trouve qu’un emploi plus restreint. On a tissé des pièces entières en soie, ce qui ne donnait qu’un médiocre résultat, tandis que beaucoup de tapisseries tout en laine, sans aucune addition de soie, présentent un excellent aspect. Le fil d’or, ou plutôt d’argent

doré, a servi à donner plus de richesse aux tentures du moyen âge, du xvÉ et même du xvii° siècle. Son emploi a été presque complètement abandonné depuis le règne de Louis XV. Le prix élevé de cette matière y a fait renoacer.

La chaîne formée de la torsion de trois brins de laine est tendue sur deux rouleaux, et divisée en deux nappes distinctes qu’on pour-

L’atclier du Nord. Vue inlürieuro.

rait désigner par les numéros pairs et impairs : 1, 3, 5, 7, etc. ; 2, 4, (), 8. A chacun des hls de l’une de ces deux nappes est attachée une cordelette appelée lisse, qui sert à manœuvre]- la moitié des hls de chaîne. Au reste, toutes les explications ne sauraient remplacer la vue du métier et de sa disposition.

Le tapissier se sert d’un petit nombre d’outils très simples, qui n’ont guère varié depuis des siècles. Le principal est la broche sur laquelle s’enroule la laine qui va se transformer en dessins variés. La broche, arrondie d’un côté pour traverser aisément les interstices

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des fils, se termine à l’autre extiamiité par une pointe servant à régulariser le tissu.

Chaque travailleur a sous la main un peigne en ivoire pour tasser la trame, une paire de ciseaux et une petite boîte à compartinnmts et à tiroirs, contenant son assortiment de laines.

Tel est à peu près routillage complet du tapissier des Gobelins. Seulement, tel modèle n’exige qu’un très petit nombre de couleurs et par conséquent de broches, tandis que tel autre multiplie à l’infini les tons. Empressons-nous d’ajouter que les tapissiei's d’aujourd’hui comprennen t la nécessité de réduire le plus possible le nombre des nuances. Un progrès très mar(|ué a été réalisé dans ce sens; au lieu d’employer une dégradation insensible de luiit à dix tons pour le modelé d’une draperie par exemple, nos jeunes artistes arrivent, comme les artisans de la bonne époque, comme les auteurs des admirables tentures de la Couronne d’Espagne, à se servir de trois couleurs seulement : un clair, une demi-teinte et un ton foncé. Habilement employé, le procédé des bacbures ménage les transitions et produit sans dureté le passage de la lumière à l’ombre. Le principal secret du métier de tapissier consiste dans l’emploi judicieux de la hachure. Est-il besoin d’ajouter que pour avoir droit au titre d’artiste, tout tapissier doit savoir le dessin et posséder un œil exercé à l’harmonie des colorations?

Il semble inutile de passer en revue les diverses tapisseries actuellement en cours d’exécution; plusieurs touchent à leur achèvement et quitteront sous peu l’atelier; on ne saurait indiquer à l’avance les modèles destinés à les remplacer. Cependant, s’il est possible de prévoir le départ imminent delà grande tapisserie de M. Laurens sur Colbert, dont nous avons indiqué plus haut les dimensions exceptionnelles et l’exécution rapide, si la copie du Printemps de Botticelli touche à sa fin, les scènes de la Vie de Jeanne d’ Arc, d’après M. Laurens occuperont encore nos tapissiers pendant plusieurs années , la Bataille de Fonlenoy, d’après une toile peinte du xviiC siècle restera encore sur le chantier un an environ; enfin, les compositions de M. Edouard Toudouze pour la grande chambre du palais de justice de Rennes ne seront pas achevées avant un temps assez long, tout comme les sujets des Métamorplioses d’Ovide

interprétés par M. Albert Maignan pour la grande galerie ilu palais du Luxembourg.

La chapelle des Gobelins transformée en musée.

Les visiteurs ne luantjueront pas, en traversant les ateliers, de jeter un coup d’œil sur les modèles pendus aux murs. La plupart datent du xviii“ siècle ; ils représentent pres(jue exclusivement des

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fleurs. Ces bouquets et ces guirlandes ruonlrenl une précision de dessin, une science de coniposilion et d’arrangement dont peu d’artistes modernes possèdent le secret. On leur reprocbera peutêtre des silhouettes dures, découpées; c'est précisément une excellente condition pour un modèle de tapisserie. Un dessin incertain, peu précis, cause un grand embarras au tapissier, tandis que ces formes nettes, arrêtées, des Heurs de Tessier et de Jaccjues

Le métier du lapis ou de Savonnerie.

s’assouplissent tout naturellement dans Texecution. La laine leur prête un fondu, une mollesse dont les modèles ne donnent pas 1 idée.

Toutes ces peintures, comme les dessins de Van der Meulen exposés un peu partout dans les ateliers, les bureaux, les escaliers, la chapelle, étaient entassés naguère dans des magasins obscurs et humides. Ils sont aujourd’hui préservés de la destruction; mais que de services ils rendraient aux industriels, aux fabricants de tapisseries ou d’étoffes, s’ils étaient réunis dans des salles biens éclairées, à la disposition de ceux qui viennent les consulte!-! Tout est à créer aux Gobelins pour faciliter l’emploi de véritables trésors amassés par plusieurs générations d’artistes supérieurs.

LIi MUSEE ET LES ATELIERS

lül

L’atelier de la Savonnerie ou du tapis a produit dans le passé des œuvres magnifiques. La suite des quatre-vingt-dix tapis exécutés sous Louis XIV pour la galerie d’Apollon est un monument d’art unique en son genre; mais, aujourd’hui, tout manque pour assurer l’existence de cette belle industrie. Elle n’a plus d’emploi depuis la suppression de la monarchie, et elle n’a pas trouvé son

Le cabinet de l'administrateur et le bureau de Le Brun.

mode d’expression dans la tentative de rénovation appelée style moderne. Un vaste tapis pour la grande chambre de la Cour de cassation, d’après le modèle de M. Hannotin, constitue l’œuvre la plus importante entreprise depuis des années. Sur un métiei’ inoccupé on voit exposé, dans l’atelier, un tapis à lleuis et à rinceau.x dont le dessin a été fourni par M. Lihert. Ce sont là d’honoraldes tentatives. Mais elles ne sauraient suffire à vivifier une fabrication désormais sans application pi’atique et sans emploi. Il est à craindre que l’atelier de la Savonnerie, malgré tous les etforts tentés en

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ces dernières années })Our le défendre, ])érisse liientôl d’anémie.

Au surplus, l’invasion du tapis d’Asie Mineure ou de Perse fait, depuis un demi-siècle, une terrible concurrence au tapis français. 11 faut le reconnaître, ces admirables mosaïques de tons colorés, si brillants, si chauds, si harmonieux en même teni])S, qui gardent comme un rellet du soleil d’Orient, font bien pâlir les Heurs et les rinceaux atones de nos décorateurs.

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