‹ Les manufactures nationales de tapisseriesChapitre 20 sur 28 · LA DIRECTION DE BÉIIAGLE · texte numérisé non relu

LA DIRECTION DE BÉIIAGLE

vent que les tupissiers de ce temps-là étaient parvenus à une véritable maîtrise. Mais, c’est peut-être dans la facture des bordures enguir-

Triomphes marins, d’après Berain, aux armes du comte de Toulouse.

landées de fleurs que s’aflirme leur véritable supériorité, car l’atelier de Beauvais s’est toujours signalé par l'exécution des fleurs et des ornements. A cette époque, la haute lisse aurait été pratiquée à Beau-

LA MANUFACTURE DE BEAUVAIS

vais, conciuTeinment avec la basse lisse : elle ne lut abandonnée coniplètenient que sous la direction du peintre Oudrv. La haute lisse servit peut-être à l’exécution de ces grandes tentures qui semblent vouloir rivaliser avec les ouvrages des Gobelins et qui caiaictérisent la direction de Bébagle. Des Actes des Apôtres il faut rapprocher les Conquêtes de Louis le Grand, dont fait partie cette bataille de Cassel conservée au musée de Versailles, et aussi les Aventures de Télémaque, d’après les cartons d’Arnault, V Histoire d’Achille, les Grotesques à fond jaune et les Triomphe des Divinités marines, d’après Derain. On a vu tout récemment une suite en quatre pièces de ces Triomphes, avec la signature de Bebagle, dans la vente après décès du baron de Hirsch. Cette tenture avait été tissée pour le comte de Toulouse, dont les ai-mes reparaissent deux fois au bas de cha(|ue pièce.

Le si)lendide catalogue des tentures de la Couronne de Suède, rédigé avec tant de science par le D'' John Bottiger, a révélé l’existence et raconté l’iiistoire de quatre grandes pièces bistorifjues conservées dans la collection royale de Stockholm. Martin, l’élève préféré de Van der Meulen, avait été chargé de représenter les hauts faits de la campagne du roi Charles XI contre le Danemark ; les bordures étaient l’œuvre de Berain. Les sujets choisis représentaient le Siège de Malmæ, le Combat de Landskrona, dont nous donnons ici une reproduction, et deux épisodes de la Bataille de Lund. L’exécution en tapisserie fut conliée à Bébagle. Le siège de Malmæ était terminé en 1699, la même année que la bataille de Landskrona qui porte la signature de Bébagle, ainsi que la troisième journée de la bataille de Lund. Sans cette signature, sans les documents mis au jour par le D'' Bottiger, il serait diflicile de reconnaître dans ces tapisseries un ouvrage de l’atelier de Beauvais. Un des épisodes du combat de Lund est signé D. Lacroix, ce qui donne à supposer que l’ancien entrepreneur de basse lisse des Gobelins travailla quelque temps chez Bébagle.

Au surplus, notre entrepreneur n’avait rien négligé pour développer les talents de ses ouvriers. Persuadé que le dessin est la base fondamentale de toute œuvre décorative, il créa dans la manufacture une école de dessin. Le succès couronna ses intelligents elforts et.

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