ET LE PREMIER EMPIRE
harles-Axel Gn rumor, qui succeda aupeintre Pierre. comme directeur des Gobelins, 6tait an architecte de grand talent, en meme temps qu'un homme de tele et de coeur. Ne en 1730, a Stockholm, de parents francais, il s'etait fait connaitre a Paris par la construction d'un certain nombre d'edifiees publics, qui passerent alors pour elre remarquablement amenages et qui 1'urent surlout construits avec une louable economic Les casernes de Courbevoie, de Rueil et de Saint-Denis, notamment, avaient rendu son nom presque populaire. Les immenses travaux de consolidation du ciel des catacorabes acheverent de fixer l'attention sur lui. Membre de 1'Academie d'architecture, il avail ete nomme intendant des Bailments du roi. En avril 1789, on lui offrit la direction des Gobelins, qui ne pouvait alors etre, en aucune facon, regardee comme une sinecure. La situation du personnel, que nous avons vue si compromise, s'aggravait de jour en jour. L'organisme de la Manufacture se detraquait. A bout de ressources, 1'administrateur precedent avait, peu de jours avant sa mort, pris deux mesures desastreuses : La suppression de l'academie ou les
jeunes gens apprenaient le dessin, et celle du seminaire des apprentis. C'etait provoquor a bref delai la fermelure des Gobelins, car lc recrutementdes ouvriers devenait de cetle facon a pen pros impossible. GuillaumoL, administrateur liabile, so preoccupa, des son entree en fonctions, de rendre confiance aux ouvriers et a leurs chefs. Tout le personnel de la Manufacture, comme nousl'avons dit precedemment, frit mis a solde fixe. On partagea les artistes tapissiers en quatre classes, d'apres leur valeur personnelle, et on mit a leur tete, dans chaque atelier, un chef qui remplaca l'ancien entrepreneur. Ce nouveau regime. — celui-la meme qui fonctionne encore aujourd'hui, — fit l'objet d'un reglement, qu'on appliqua, a partir du 23 d6cembre 1790.
Cette transformation, qui constituait une v6ritable revolution administrative, fut alors diversoment jugee, et depuis, si elle a trouve des partisans convaincus, elle a rencontiv aussi des adversaires implacables. Sans vouluir trancher ce debat souvenl agite, nous devons faire remarquer, que, au moment ou elle so produisit, la transformation cut pour resultat immodial do sauvor la Manufacture dune mine imminonte. Sans cela tout etait perdu. Obtint-on ce qu'on esperail surtout, e'est-a-dire une main-d'u;u\ro plus soignee que par le pass6? Le fait est probable. Par contre, I'activite et I'ardeur du personnel
parurenl se trouver in menl tres attiedies par cette certitude de tou-
cher les memes emoluments, quelle que fat L'importance du travail execute. Aussi, serait-on dispose a blumor la mesurc, si Ton n 'etait convaincu que l'assurance d'un salaire tnodeste sans doute, mais certain et regulier, otait a pcu pres le soul moyen a cette 6poque de retenir aux Gobelins des artistes de grande valeur, d'une babilete unique, que, sans cela, l'industrie privfee, 6mancip6e par la Revolution, n'aurait pas manque d'attirer a elle. (Test encore a cotlr independance relative, a cette existence calme, simple, exempte dc toute occupation etrangere a leur art, el conforme aux traditions de la maison, qu'il faut attribuer l'inebranlable fidolito de tant d'artistes, d'un talent exceplionnel, rotribuos bion au-dessous de lem1 merite. Aujourd'hui, si, apres un siecle de bouleversements sociaux, politiques et administratifs, les Gobelins possedent encore un personnel d'olito, unique au monde, on ne peut nier que ce soit a cette organisation particuliere que nous en soyons rodevables.
Mais le mal si pressant, auquel Guillaumot avail pare par son 6ner-